N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

lundi 16 avril 2007

Stupidité

Une page à tourner, alors qu'elle devrait l'être depuis longtemps. Stupidité de croire que les gens nous attendent éternellement. Valse incessante où untel prend la place du fuyard. Pointe de regret ou de jalousie. Zazie a raison, on oublie. On oublie vite. Et celle qui a fui se retrouve dans les bois, à la nuit tombée, elle a froid et ne sait pas vers où se diriger, elle attend quelques instants, entend les bruits qui l'entourent, l'encerclent, elle n'a pas peur mais elle aperçoit un moineau qui lui apporte la nouvelle, on l'a déjà oubliée. Tu peux crever dans ton bois, à présent. Et elle se rend compte qu'à chaque fois qu'elle fuit, elle nourrit l'espoir insensé de revenir,  elle ne demande pas d'être appelée, suppliée, elle n'avait pas le choix et devait partir, mais elle fustige silencieusement l'amnésie de l'homme. Il oublie vite. Elle sait qu'elle a perdu quelque chose, elle a perdu sa douce place dans un salon où brillait un feu de cheminée, maintenant le bois l'entoure et il est toujours vivant, il n'est pas sec dans un panier, et elle a changé. Elle a changé mais elle regrette. Elle sait qu'elle ne pourra pas revenir. Je déteste parler de moi à la troisième personne, mais je n'y peux rien, je m'imagine vraiment comme une gamine paumée dans une forêt, et cette gamine, c'est elle. Je m'en veux de ce temps que j'ai passé à donner, non, ce n'est même pas ça, je ne peux pas regretter cette amitié à sens unique, je donne, je donne, et tu vas voir ailleurs dès que tu vas mieux. Non, je ne regrette pas. Il y a juste des hommes qui se conduisent mal. Il m'a blessée, longtemps. Il m'a oubliée. Qu'il vogue, loin de moi, je sais que nos chemins ne se recroiseront pas. Je ne le regrette pas. Mais il y a aussi cette fuite, j'ai laissé de vagues traces dans ces lieux que je ne fréquenterai plus. Les traces s'effacent, je ne m'en fais pas. Mais la gamine des bois se sent un peu orpheline. C'est elle qui y perd, pas les autres. Elle était là aux débuts, et depuis le monde a changé. Elle a peur, la gamine au nez qui coule, elle a peur parce que depuis sa fuite, elle s'est engagée dans un chemin piégé. Elle guette l'explosion d'une bombe, qui mettra fin à toute lumière.
En attendant, la gamine aux genoux écorchés se trouve bien nulle, bien seule. Elle vient de perdre la clé d'un lieu qui lui était précieux. Elle s'en veut.

Posté par erzebeth à 16:27 - égocentrisme - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    Ceux qui nous aiment REELLEMENT attendent éternellement. C'est une certitude absolue pour moi. J'ai toujours pensé que l'on ne cesse pas d'aimer les gens. Quand on dit "je n'aime plus", cela signifie que l'on a jamais aimé. Je crois en l'immortalité des sentiments. D'amitié ou d'amour. C'est la même chose à ce niveau.
    Ce n'empêche pas la forêt, le noir, la peur, la tristesse, de la personne qui a été abandonnée ou oubliée. Je suis peut-être un peu brutale, je ne sais pas parler à froid de ces choses-là.
    Il faut laisser à la peine le temps de s'écouler.
    Mon commentaire est inutile mais il se veut preuve d'amitié et témoignage de mon admiration pour tes mots.

    Posté par Holly G., mardi 17 avril 2007 à 08:10
  • Non, tu n'as rien dit d'inutile. Au contraire, je suis touchée.
    J'aimerais croire comme toi en l'immortalité des sentiments. Tes mots me réchauffent, j'en ai vraiment besoin en ce moment, ils me répondent sur ce "texte" et sur une autre partie de ma vie.
    Merci beaucoup...

    Posté par erzébeth, mardi 17 avril 2007 à 18:14

Poster un commentaire