N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

samedi 25 août 2007

A l'assaut de l'imaginaire

     José
     de Richard Andrieux (2007)
     édition Héloïse d'Ormesson

- lu pour le prix du roman Fnac -
José

J'attendais au moins un bon petit livre de cette expérience de critique amateur, et vous savez quoi ? Le voilà.
C'est un roman tout simple. Avec une écriture qui va à l'essentiel, avec des phrases épurées, sans point virgule et sans rallonge. José a neuf ans, et parce que le monde ne lui convient pas, il le réinvente à sa manière, en renommant les objets de manière plus appropriée. Son lit est "voyage", son plafond "nuage", le frigo "pingouin", le miroir "cinéma"... et il leur parle, aux objets. José n'aime pas les gens, il s'isole dans son monde imaginaire. Sa mère qui l'élève seule s'inquiète, ils ne communiquent plus ensemble. Sombrant dans une dépression alcoolisée alors que son fils s'éloigne de plus en plus, José va se retrouver confronté à des bouleversements qui ne seront pas sans conséquence sur lui...
José est un roman sensible, court (118 pages), aéré, où la sensibilité prône à chaque page, emmenant le lecteur dans un univers inconnu et réconfortant, où la réalité est corrigée par deux petits yeux d'enfant.

"José et sa mère ne partagent plus que les silences des repas du soir.
Pas le moindre signe, pas le moindre sourire. Si au moins elle le savait heureux. Mais jamais rien chez lui ne transpire, ni joie, ni peine. Etrange petit bonhomme, impénétrable et seul.
Dans son monde, ses amis et ses histoires lui appartiennent; il ne les partage pas, il les protège.
Son aventure est intérieure et son intérieur n'est qu'aventure."

C'est le premier roman de Richard Andrieux qui est, comme chacun le sait, auteur-compositeur (vous le saviez vraiment ? moi pas). Il a même fait du théâtre. Et il a eu raison d'écrire autre chose que des chansons. Sa plume, qu'on pourrait juger naïve, n'est qu'un filtre pour emmener en voyage ceux qui le méritent vraiment. Une émotion pudique se cache derrière les mots, qui abordent simplement des sujets difficiles, voire tabous. Les personnages sont attachants et malheureux, certains se perdent et d'autres se trouvent. José est un roman sans prétention, tendre et émouvant. Une petite pépite à tenir dans la main sans l'écraser.

Posté par erzebeth à 10:49 - lecture - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    J'ai trouvé que c'était une lecture qui faisait du bien. Roman simple et original.

    Posté par Isa, mardi 9 décembre 2008 à 18:29
  • Bienvenue Isa ! Je partage entièrement votre avis, bien que mes souvenirs s'estompent... c'est un joli livre, fort agréable.

    Posté par erzébeth, mercredi 10 décembre 2008 à 10:43

Poster un commentaire