N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

lundi 27 août 2007

O.L.N.I.

     Et ce sont les chats qui tombèrent
     de Tom McCarthy (2007)
     traduit de l'anglais par Thierry Descottignies
     éditions Hachette

- lu pour le prix du roman Fnac -
Et ce sont les chats qui tombèrent 

Je ne sais pas encore dans quel ordre seront mis en ligne mes avis liés au prix Fnac (chacun ayant été rédigé immédiatement après lecture, en juillet), mais je peux quand même dire que ce roman fut le dernier que j'ai lu. Il me tentait, pourtant, mais justement : je voulais me garder quelque chose de bon pour la fin. J'ai été assez déroutée.
L'histoire est "simple" : après avoir été victime d'un terrible accident, un homme obtient un dédommagement de plusieurs millions de livres (pour être précise, plus de huit millions). Qu'est-ce qu'un homme normal, banal, peut faire avec autant d'argent ? Il décide de reconstituer des bribes de souvenirs qui surgissent dans son cerveau. Pour donner un exemple précis, il se souvient d'un immeuble où il peut avoir vécu (sa mémoire est un peu défectueuse) et où il avait pour voisins une femme qui cuit du foie à longueur de journée, un pianiste, un motard (etc)... Il décide, grâce à son aisance financière, de racheter un immeuble entier, ainsi que des gens pour incarner les personnes de son souvenir. Il lui suffit de claquer des doigts, et le pianiste est obligé de jouer, la femme de cuire du foie dans une poêle, l'homme de démonter sa moto... Devant le succès de son entreprise, il n'hésitera pas à aller beaucoup plus loin...

Etrange, non ?
J'avoue ne pas avoir saisi toute la portée du propos, je suis sûre qu'une couche métaphorique, philosophique, se cachait quelque part, mais je n'ai jamais été douée pour les devinettes quand il n'y a pas assez d'indice. Le narrateur se cherche, il est obsédé dès le début par l'envie d'être réel, de faire les bons mouvements au bon moment, comme De Niro au cinéma. La mémoire altérée après son accident (je crois qu'il a pris la foudre), il se met en scène pour approcher cette vérité qu'il tente de créer d'après son passé. Pour cela, il n'agit pas seul : il est secondé par une immense équipe de "techniciens" et autres, qui travaillent pour que les reconstitutions soient possibles. Le ton du roman est assez flegmatique, on ne sent pas d'angoisse de la part des personnages, ni même de rythme trépidant (du moins jusqu'à un certain point du récit, la dernière partie étant assez vive), mais la situation et les propos sont en eux-mêmes déroutants pour le lecteur. On n'a pas l'habitude de croiser un quidam qui dépense son argent pour reconstituer un commerce de pneus...
Doucement (très doucement - la lenteur est le grand défaut de ce roman), l'histoire bascule de manière inattendue et immorale. Je n'en dirai pas plus - mais on se sent vraiment mal à l'aise, dépassé par la quête du narrateur, par ses envies démesurées.

On ne peut nier l'originalité d'un tel roman, son inventivité. Bien écrit, maîtrisé par son auteur (dont c'est le premier texte fictionnel), attisant la curiosité, Et ce sont les chats qui tombèrent (j'adore le titre !) est un roman neuf, qui ne peut pas laisser indifférent (même si son apparente neutralité peut lasser). Une découverte étonnante, assurément.

_______________
PS d'aujourd'hui : avec quelques semaines de recul, je confirme que c'est un roman à découvrir. L'intrigue est déroutante et inattendue, mais c'est justement fort agréable d'avoir une telle surprise, une telle innovation dans la littérature actuelle. Les événements restent en mémoire, ce n'est pas qu'un feu de poudre. Vraiment intéressant !

Posté par erzebeth à 09:45 - lecture - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    une folie bien banale

    Je l'ais lu...

    Veuillez excuser mes fautes...je vis à l'étranger et n'utilise plus le français de façon quotidienne...

    Histoire originale, du moins au début...mais la fin est d'un prévisible!! Naturellement que le héros va sombrer dans le crime! Dés la reconstitution des scènes de crimes ça devient évident!
    De plus le style est lourd, les descriptions interminables des états d'âmes du héros plombent le livre et le lecteur s'ennuit (ou survole des paragraphes)...


    Le seul interêt de l'histoire est de découvrir un héros couvert d'argent et placé devant un champ de possibilité immense mais paradoxalement complètement dépouillé d'appétits mortels.
    Celà agace, ça prend un lecteur, lui non dépourvu d'envies terres à terres, à rebrousse-poil...et c'est ça qui est interessant...

    Un livre qui ne tient pas ses promesses...mais néammoins intéressant.

    Posté par pragmatique, mercredi 4 novembre 2009 à 13:37
  • bon bon je note mais...il est vivant lui...pffffffffff )))

    Posté par lamousmé, vendredi 31 août 2007 à 21:03
  • Je pourrais te dire que, vu la longueur de ta LAL, quand tu te décideras à le lire, il sera peut-être mort )
    Puis tu n'es pas en train de lire Pullman avec ton fils, hmmm ?!!

    Tu veux que je te le prête ? Si tu n'en as pas envie en ce moment, ça peut être plus tard, mais tu peux retenir cette option

    Posté par erzébeth, samedi 1 septembre 2007 à 10:13
  • ça a l'air très intéressant... Je note pour quand je reviens en France! Je ne vais peut-être pas l'acheter, mais je peux essayer d'emprunter...

    Posté par céline, samedi 1 septembre 2007 à 17:32
  • Tom McCarthy et la France t'attendent !
    (enfin, ils peuvent bien attendre quelques mois, ok !!)

    Posté par erzébeth, samedi 1 septembre 2007 à 18:24
  • ça me tente mais j'attendrai qu'il sorte en poche...

    Posté par cathulu, dimanche 2 septembre 2007 à 10:14
  • C'est une bonne alternative aussi ! Il mérite le coup d'oeil.

    Posté par erzébeth, dimanche 2 septembre 2007 à 11:34

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