vendredi 28 septembre
La sous-location, un art difficile
Parlons cinéma, puisque j'ai pu voir récemment un film agréablement étonnant. Il s'agit de Ladykillers, un remake des frères Coen (et je pourrais même préciser qu'il est sorti en 2004, voilà, c'est dit). Nous y rencontrons le Docteur Goldthwaith Higginson Dorr, diplômé de la Sorbonne et joué par Tom Hanks, qui loue une chambre chez une bonne vieille dame pieuse et parano avec son chat (vous comprenez, il ne doit pas sortir de la maison). Seulement, les intentions de D.G. (= Docteur Goldthwaith. Vous ne croyiez quand même pas que j'allais m'amuser à réécrire en permanence son horrible nom ?!) ne sont pas très honorables : avec une bande d' "experts" (les guillemets sont très importants quand on sait comme ils sont doués), il manigance le casse du siècle, celui d'un casino. Pour arriver à l'endroit ultra-protégé, ils passent par la cave de la bonne vieille dame, Mrs Munson, et creusent un tunnel...
Mais (est-ce nécessaire de le préciser ?), tout ne se passera pas comme prévu, notamment à cause de leur hôtesse qui est très vite soupçonneuse...
Comme je l'ai dit plus haut, c'est un remake d'un film de 1955, dont le titre français était Tueurs de dames, et le réalisateur Alexander Mackendrick (et là, j'ai envie de dire : merci Allociné). Je n'ai pas vu l'original, donc impossible pour moi de comparer, de cerner les ajouts, modifications, suppressions... En soi, Ladykillers est un bon film; ce qui est presque normal quand on voit la filmographie des frères Coen (on ne peut pas dire que ces deux-là sont dénués de talent). Même si je n'y connais rien, j'ai été sensible à la qualité photographique de l'image (et en plus, je dis ça pompeusement...), on y voit une gamme de tons presque désuets, charmants, passés... normalement, la photo inclue dans ce petit billet devrait être plus parlante, du moins je le souhaite pour vous. A cela s'ajoute la performance de Tom Hanks qui est loin de faire partie de mes acteurs préférés. J'aurais même tendance à me méfier quand je le vois à l'affiche, mais là, il est parfait : son look, son vocabulaire, sa prestance, son rôle de chef décalé (bien qu'il soit le seul à penser, il est loin d'être brillant dans ses calculs), tout concourt à faire de lui un personnage marquant, et drôlement réussi. Car évidemment, Ladykillers est drôle; pas hilarant, mais on sent toute la bonne volonté des acteurs, et les gags (plus ou moins délicats) s'enchaînent. Celui qui sauve tout, toujours, c'est Tom Hanks - il faut me croire quand je dis qu'il est parfait ici !
Pas question de s'appesantir sur les rebondissements, la toute fin m'a étonnée elle aussi (et là, j'aimerais savoir si elle est identique dans le classique de 1955). Mais quand on y réfléchit, c'était une très bonne manière de terminer comme ça.
Ladykillers n'est pas un chef-d'oeuvre, mais il permet de passer un bon moment avec une bande de dingues (et je peux vous dire que la petite vieille n'est pas en reste !), et d'admirer Tom Hanks dans un rôle qui lui va à ravir... mais ça, je l'ai peut-être déjà dit, non ?
mercredi 26 septembre
Les souffrances d'une jeune violette
Pour le plus grand bonheur de Lamousmé, voici un poème de Goethe, que j'avais eu la chance d'étudier. C'était d'ailleurs très drôle, puisqu'on avait dû en faire un commentaire composé, et que j'avais été totalement hors-sujet. Je n'en garde rancune à personne, c'est dire si je suis clémente envers ma prof de l'époque, et le petit Johann Wolfgang. Pour éviter de passer une nouvelle fois à côté de l'essentiel, je ne dis rien et vous laisse lire :
La violette
Une violette dans un pré,
Anonyme, la tête penchée :
Mignonne était la violette.
S'approche alors une jeune bergère,
Humeur joyeuse, démarche légère,
Chantonnant par les prés.
Que ne suis-je, se dit la violette,
La plus belle des fleurs !
Serait-ce un tout petit peu,
Le temps que la belle me cueille
Et m'écrase contre son coeur,
Ne serait-ce qu'un petit quart d'heure !
Lorsque la jeune fille arriva,
N'eut cure de la violette,
Simplement la piétina.
Fauchée, mourante, la violette
Se réjouit encore : certes, je meurs,
Mais c'est par elle, à ses pieds.
Pauvre violette ! Mignonne était la violette.
Das Veilchen
Ein Veilchen auf der Wiese stand
Gebückt in sich und unbekannt;
Es war ein herzig's Veilchen!
Da kam ein' junge Schäferin
Mit leichtem Schritt und munterm Sinn
Die Wiese her und sang.
Ach! denkt das Veilchen, wär' ich nur
Die schönste Blume der Natur,
Ach, nur ein kleines Weilchen,
Bis mich das Liebchen abgepflückt
Und an dem Busen mattgedrückt,
Ach, nur ein Viertelstündchen lang!
Ach, aber ach, das Mädchen kam
Und nicht in Acht das Veilchen nahm,
Es trat das arme Veilchen!
Es sank und starb und freut sich noch:
"Und sterb ich denn, so sterb ich doch
Durch sie, zu ihren Füßen doch!"
Das arme Veilchen!
Es war ein herzig's Veilchen!
lundi 24 septembre
A eux de nous faire préférer le train
Orient-Express
de Graham Greene (1932)
traduit par Denise Clairouin
Le postulat de départ est assez simple : le temps d'un trajet dans l'Orient-Express (qui part ici de Londres et arrive à Constantinople), G. Greene s'attache au destin de quelques personnages, qui sont amenés à se côtoyer bien qu'ils viennent de différents milieux sociaux. C'est ainsi que le lecteur fait la connaissance de Myatt, un commerçant juif spécialisé dans le raisin sec et qui voyage pour affaires, Coral Musker, danseuse de revue qui part trouver un nouvel emploi, un clergyman, un écrivain au succès foudroyant, un couple (dont le mari apprécie énormément le charme de la jeune Coral), sans oublier le docteur John (dont ce n'est pas la véritable identité) et un couple de femmes (l'une d'elle est une journaliste totalement alcoolique). Tout ce beau monde cohabite, se querelle, se rapproche, pendant un voyage qui va changer la vie de beaucoup d'entre eux.
Je disais donc que l'idée de faire agir quelques personnages dans un lieu fermé n'est certes pas originale, mais c'est une thématique qui me plaît beaucoup, car elle permet toujours de mettre à nu les véritables identités de chacun, de soulever des conflits et d'observer ainsi une tranche de la population. En cela, le romancier a bien travaillé : les personnages venant de milieux très différents, on assiste à une belle peinture des mœurs de l'époque, avec notamment le Juif qui veut toujours dépenser plus pour qu'on le respecte, un rebelle communiste qui souhaite libérer son pays (la Serbie), la petite naïve qui croit que sa situation précaire n'est que passagère et qu'elle va vivre le grand amour, la journaliste minable qu'on n'envoie que sur des petits sujets, etc... Tous ces caractères posent une ambiance électrique dans le train, ce qui va évidemment avoir des répercussions sur le voyage...
Chaque partie du livre correspond à une ville où l'Orient-Express s'arrête, ce qui est aussi l'occasion de descendre virtuellement du train, et de s'intéresser à ce qui se passe dans les gares et leurs environs. Certains personnages descendent, d'autres montent. Il y a parfois des complications, des malentendus - mais le train arrivera bien à destination, offrant d'ailleurs une dernière partie où l'on suit dans Constantinople les derniers passagers.
La thématique initiale me plaisant, je partais avec un bon a priori; seulement, le roman souffre de quelques longueurs, les questionnements des personnages étant trop ressassés et le tout manque parfois d'action. Dommage de ressentir de l'ennui avec un livre qui n'est pas si long que ça (250 pages), mais certains chapitres sont vraiment laborieux. Toutefois, les quarante dernières pages m'ont semblé apporter un souffle nouveau, ce qui m'a permis de terminer ma lecture avec plaisir.
J'éprouve donc un sentiment mitigé, je relirai probablement Graham Greene dans ma vie, mais pas tout de suite...
"Je suis en vie, se disait-il, car j'ai conscience de la mort comme d'une possibilité dans un proche futur; j'en ai une quasi-certitude, ils ne peuvent guère me laisser échapper cette fois, même si je me défends, moi et les autres, avec l'éloquence d'un ange." Des visages qui lui étaient familiers se levèrent à son passage, mais ils ne l'arrachèrent pas à sa méditation. "J'ai peur, se disait-il, triomphant, j'ai peur !".
jeudi 20 septembre
Super Nanny a pris des muscles
Un des petits bonheurs de la vie est de voir de beaux mâles entreprendre une carrière cinématographique; ça facilite le quotidien des petites gens (dont je fais partie). En effet, quoi de plus réjouissant que la perspective de voir et revoir (dès lors qu'on possède un lecteur dvd ou une carte de ciné illimitée), dès qu'on le désire, le physique avantageux d'un bel éphèbe du septième art ? Je commence à réaliser, depuis hier soir, que Clive Owen n'a rien à envier à quiconque niveau plastique; passez une heure trente en sa compagnie, et vous penserez comme moi.
D'habitude, je choisis avec soin ce que je vais voir au cinéma; j'en arrive même à ne sélectionner que des films qui sont sûrs à 85% (minimum) de me plaire (cela limite les dégâts). Mais en cette pénible période de rentrée, un film con s'imposait, et non pas un film roumain sur l'avortement. Profitant d'un alibi en béton pour choisir un film con (il fallait que ça plaise au frère), Shoot'em up (de Michael Davis) a été le grand gagnant de la soirée.
Que faites-vous lorsque, confortablement assis à un arrêt de bus, vous voyez une femme sur le point d'accoucher dévaler la rue, poursuivie par un homme armé qui, visiblement, préfèrerait l'amener à la morgue plutôt qu'en salle d'accouchement ?
Le beau Mister Smith, lui, rouspète dans sa barbe de trois jours, se lève nonchalamment et permet ainsi au film de commencer avec une belle scène de tuerie, histoire de mettre les spectateurs immédiatement dans le bain. Voilà qu'en moins d'un quart d'heure, il se retrouve père adoptif d'un nouveau-né orphelin qu'une bande de vilains tueurs (dirigée par Paul Giamatti) cherche à liquider. Puisque c'est trop de responsabilité pour un seul homme, Smith embarque une prostituée (une certaine Monica Bellucci) au grand coeur (dans tous les sens du terme) dans sa sanglante aventure.
Sûr que cela tire à chaque coin de rue et que les personnages n'ont pas le temps de mourir de vieillesse dans ce film au rythme endiablé. Mise en scène efficace, scènes d'action hilarantes, Shoot'em up n'est pas un film à prendre au premier degré. Vous y apprendrez à tuer un homme avec une carotte, et à apprécier les super héros en veste en cuir et mitaines noires. Le scénario tient sur un ticket de métro, certains gags sont légèrement lourds, mais l'ensemble est efficace, et permet de passer un moment divertissant où aucune de vos neurones ne sera sollicitée. Peut-on continuer à vivre normalement sans avoir vu ce film ? la réponse est oui, mais vous comprenez bien que je devais en parler ou il n'y aurait pas eu de billet aujourd'hui.
mardi 18 septembre
Derrière les barreaux
J'adore les associations d'idées; au départ devait paraître aujourd'hui un article qui ne viendra finalement que la semaine prochaine mais, alors que j'y réfléchissais, mes pensées ont continué à remonter le fil invisible de mes idées, pour finalement me conduire jusqu'à Rainer Maria Rilke.
D'abord, on ne se moque pas de ses prénoms, il n'y est pour rien. Ensuite, il faut me croire quand je clame ma passion pour ce poète autrichien (1875-1926). Je l'ai connu grâce au poème qui suit; c'était en cours d'allemand, on l'a étudié, décortiqué, appris par cœur. C'était à la fois simple et beau. Je pourrais dire qu'ensuite, les Lettres à un jeune poète ont eu un fort retentissement dans ma vie; ça en fait une œuvre particulière pour moi, une œuvre presqu'essentielle. Mais gardons ça pour une autre fois...
Je ne résiste pas à l'envie de vous mettre la version allemande, puis la traduction.
Der Panther
Im Jardin des Plantes, Paris
Sein Blick ist vom Vorübergehn der Stäbe
so müd geworden, dass er nichts mehr hält.
Ihm ist, als ob es tausend Stäbe gäbe
und hinter tausend Stäben keine Welt.
Der weiche Gang geschmeidig starker Schritte,
der sich im allerkleinsten Kreise dreht,
ist wie ein Tanz von Kraft um eine Mitte,
in der betäubt ein großer Wille steht.
Nur manchmal schiebt der Vorhang der Pupille
sich lautlos auf -. Dann geht ein Bild hinein,
geht durch der Glieder angespannte Stille -
und hört im Herzen auf zu sein.
Rainer Maria Rilke, novembre 1902
La Panthère
Jardin des Plantes, Paris
Son regard du retour éternel des barreaux
s’est tellement lassé qu’il ne saisit plus rien.
Il ne lui semble voir que barreaux par milliers
et derrière mille barreaux, plus de monde.
La molle marche des pas flexibles et forts
qui tourne dans le cercle le plus exigu
paraît une danse de force autour d’un centre
où dort dans la torpeur un immense vouloir.
Quelquefois seulement le rideau des pupilles
sans bruit se lève. Alors une image y pénètre,
court à travers le silence tendu des membres -
et dans le cœur cesse d’être.
dimanche 16 septembre
Diamonds are girl's best friends
Pierre de Lune
de W. Wilkie Collins (1868)
traduit de l'anglais par L. Lenob
"Non seulement je suis persuadé de la culpabilité de Herncastle, mais j'ai assez d'imagination pour croire qu'il regrettera un jour son acte, s'il garde le diamant. Je crois également que d'autres personnes regretteront d'avoir accepté la Pierre de Lune, si jamais il leur en fait présent."
Je ne dévoile absolument rien de grave en commençant mon billet avec cette citation, car si Herncastle est bien coupable, c'est du premier vol de la Pierre de Lune, avec lequel s'ouvre le roman. En effet, le soldat étant partir se battre aux Indes, il ne résiste pas, un soir de bataille, à dérober un superbe diamant qui ornait un dieu hindou. Seulement, on ne touche pas à ses choses-là sans conséquences, et c'est ce que ses descendants, cinquante ans plus tard (en 1848), vont apprendre à leurs dépens...
En effet, la Pierre de Lune est offerte à Rachel Verinder le soir de son anniversaire... quelques heures plus tard, elle est dérobée. Trois questions se posent : qui l'a volée ? comment ? pourquoi ? Mais les réponses ne viendront que plus tard, après une enquête minutieuse, haletante, et longue de deux ans...
Dans mon mini-résumé, j'ai insisté sur l'aspect policier du roman, tout simplement parce que je le trouve moins "rebutant" que le côté exotique décrit par la quatrième de couverture; celle-ci insiste sur le pays d'origine du diamant, et sur ces trois mystérieux Hindous envoyés en Angleterre pour récupérer (par tous les moyens possibles) leur bijou si précieux. De fait, je m'attendais à un genre de chasse aux trésors, de roman d'aventure un peu foireux. Pourquoi prendre ce livre alors que je partais avec un a priori, mais je vais vous le dire : parce que je voulais découvrir Wilkie Collins, et que le simple titre de Dame en blanc me fait peur (je sais, il n'a pas écrit que deux romans, mais j'avais décidé de le lire pour la première avec l'un de ces deux titres (puis je fais ce que je veux, oh !)). Tout ça pour dire que Pierre de Lune a gagné le duel, et que je ne l'ai pas regretté un seul instant.
La structure du récit est déjà étonnamment charmante : tour à tour, des témoins de l'histoire prennent la parole et écrivent consciencieusement ce qu'ils ont pu voir/entendre/découvrir lors de leur implication dans l'affaire. On a donc droit aux mémoires du vieil Betteredge, adorable intendant de la famille Verinder, qui soigne chacune de ses contrariétés en lisant Robinson Crusoé; ensuite, une vieille fille pieuse (trop pieuse) raconte comment elle a partagé le quotidien de certaines personnes liées au drame, etc. On a donc les témoignages d'un intendant, d'une cousine démodée et hystérique dans sa foi (personnage très haut en couleur, un bonheur !!), d'un avocat, d'un médecin, etc... Le puzzle prend forme petit à petit, chacun éclairant à sa manière des zones d'ombre, et cette progression toute en mystère est un pur régal.
Wilkie Collins écrit tellement bien que je buvais du petit lait à chaque page, et il excelle dans tous les genres qu'on croise ici, le mystère (car il y en a beaucoup, croyez-moi !), l'humour, la peur, l'amour, etc... Pierre de Lune contient une palette d'émotions conséquente, le tout étant constamment d'une justesse remarquable.
Les quatrièmes de couverture aiment bien dire aussi que Dickens était admiratif (jaloux ?) du talent de Wilkie Collins; honnêtement, n'ayant jamais lu ce Charles-là (en espérant que Holly ne relèvera pas ce détail...!), je ne sais pas s'il y avait de quoi être jaloux, mais admiratif, ça, c'est certain. De tout cela, il faut retenir deux choses :
- si mon commentaire vous laisse sceptique, n'écoutez pas mes phrases balbutiantes, et décidez-vous, dans les prochaines semaines à lire Collins si ce n'est pas déjà fait;
- Pierre de Lune est un roman excellent, on pourrait même dire magistral. Bouder son plaisir serait une absurdité sans nom.
A voir : l'avis de Caroline
vendredi 14 septembre
C'est tout pour aujourd'hui !
Normalement, si j'avais été moins fainéante, une double critique de livres aurait dû être mise en ligne aujourd'hui; seulement, comme Benjamin Biolay, "A mesure que le temps passe, je mesure le temps qui passe" et j'en oublie de prendre le temps d'écrire quelques mots. Pas de livre aujourd'hui, donc; j'aurais pu me rabattre sur des anecdotes de ma vie fantastique, mais je ne suis pas assez inconsciente pour encore me laisser aller, de fait cette hypothèse est aussi écartée. Mais que faire, que dire ? (est-ce que je mime correctement l'angoisse, ou je ne suis pas encore très crédible ?)
J'ai en tout cas trouvé une réponse : laisser les autres parler de nous (/moi). C'est là qu'interviennent les Shadoks. Alors, pourquoi eux plus que d'autres, honnêtement, ça ne vous regarde pas (surtout que je n'ai pas la réponse) et puis, argument irréfutable : les Shadoks, c'est bien. La preuve en images :

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Voilà qu'en toute innocence, j'ai pu parler de moi; le troisième dessin est un hommage à mon travail actuel, qui me pétrifie d'ennui.
Tout ça, c'est bien beau, mais ça manque de mouvement, alors histoire d'être un peu plus précise, je ne résiste pas à l'envie d'inclure le premier épisode de la série (à l'origine, la vidéo était intégrée dans le billet, ce n'est visiblement plus possible, toutes mes confuses)
Celui qui arrive à le regarder sans sourire une seule fois n'a pas de coeur (j'ai cherché une véritable menace, en vain comme vous avez pu le remarquer. Je suis très nulle en menaces, je promets de rapidement progresser).
mercredi 12 septembre
Au clair de la lune...
... un poème d'un auteur que j'ai étudié il y a quelques années. Rouvrir le recueil m'a donné envie de garder quelques mots ici.
Romance de la lune, lune
La lune vint à la forge
avec ses volants de nards.
L'enfant, les yeux grands ouverts,
la regarde la regarde.
Dans la brise qui s'émeut
la lune bouge les bras,
dévoilant, lascive et pure,
ses seins blancs de dur métal.
Va-t'en lune, lune, lune.
Si les gitans arrivaient,
ils feraient avec ton coeur
bagues blanches et colliers.
Enfant, laisse-moi danser.
Quand viendront les cavaliers,
ils te verront sur l'enclume
étendu, les yeux fermés.
Va-t'en lune, lune, lune.
Je les entends chevaucher.
Enfant, laisse-moi, tu froisses
ma blancheur amidonnée.
Battant le tambour des plaines
approchait le cavalier.
Dans la forge silencieuse
gît l'enfant, les yeux fermés.
Par l'olivette venaient,
bronze et rêve, les gitans,
chevauchant la tête haute
et le regard somnolent.
Comme chante sur son arbre,
comme chante la chouette !
Dans le ciel marche la lune
tenant l'enfant par la main.
Autour de l'enclume pleurent
les gitans désespérés.
La brise qui veille, veille,
la brise fait la veillée.
Federico Garcia Lorca, Romancero gitan
pour la version originale, c'est par ici
lundi 10 septembre
Ca larsen
(non mais un jour, je m'améliorerai en titre, c'est promis...)
L'aiguille creuse
de Maurice Leblanc (1909)
Entre Arsène Lupin et moi, ça avait très mal démarré. Je ne parle même pas de l'adaptation cinématographique avec Romain Duris (ça n'en vaut pas la peine), mais d'Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur, que j'ai lu cette année et qui m'a profondément déçue (voire ennuyée). Malheureusement, j'ai tendance à ne pas réfléchir, et à acheter en même temps plusieurs livres d'un auteur que je n'ai jamais lu. Alors, après cette lecture dispensable, j'étais gênée de voir qu'un autre Leblanc m'attendait. J'ai laissé passer le temps, et j'y suis donc revenue. Idée judicieuse puisque cette fois, Arsène Lupin m'a été bien plus agréable.
Tout commence au château du comte de Gesvres, avec un vol mystérieux puisque rien n'a disparu. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'un des fuyards a été gravement blessé par la nièce du comte; mais où se cache-t-il ? Il est impossible de se volatiliser de la sorte - mais impossible n'est pas un mot qui existe dans le vocabulaire de Lupin... ni dans celui de son petit adversaire, Isidore, un lycéen largement inspiré de Rouletabille (personnage de Gaston Leroux), un jeune homme curieux et fort perspicace... Les énigmes se succédant sans relâche, qui va avoir le dernier mot ? Qui fera un faux pas ?...
Je qualifierais L'aiguille creuse de roman divertissant et sympathiquement captivant. Il est difficile de trouver soi-même certaines clés, tant les raisonnements sont complexes et ne s'éclairent que petit à petit, mais cela ne gâche rien au plaisir. Arsène Lupin est soi-disant le plus fort mais il a du fil à retordre avec le petit Isidore Beautrelet et ce face-à-face est savoureux. Je ne veux pas trop en dire sur l'intrigue elle-même, puisque le titre du roman est déjà suffisamment parlant aujourd'hui sans que j'en rajoute... mais même si l'on sait à quoi correspond cette aiguille creuse, le mystère n'est pas entièrement dévoilé, puisqu'il faut découvrir son lien avec l'histoire, et tout le chemin qui y mène... En tout cas, cette lecture aura suffit à me réconcilier avec l'auteur et son héros, et à me changer les idées pendant quelques heures. Que demander de plus ? J'aurais tendance à dire "une fin un peu moins mélodramatique", mais un happy end absolu aurait-il été possible ? (oui)
En somme, une lecture rafraîchissante !
samedi 08 septembre
Informations inutiles
J'aurais certainement pu me passer de ce billet, parce qu'il est inutile mais c'est justement ce dernier point qui me le rend indispensable.
Comme je suis incapable de faire les choses simplement (ce n'est pourtant pas faute d'essayer), ma propre rentrée ne déroge pas à la règle, ce qui me fait que mon quotidien risque d'être compliqué dans les temps à venir (comprenez : de lundi à un jour mystérieux que j'espère le plus proche possible, priez Sainte Rita pour moi). Autrement dit : ma présence virtuelle sera sporadique, de fait que je travaillerai la journée loin d'une connexion internet (un scandale) et qu'une fois la journée terminée, je ne serai pas chez moi (c'est un lieu que je (re)cherche encore) mais chez une adorable personne qui accepte de me supporter pendant cette merveilleuse période intermédiaire. Mais cette personne est greffée devant son ordinateur (premier inconvénient) et elle doit absolument ignorer ma double vie bloggesque (second inconvénient). J'ai malgré tout prévu de mettre automatiquement en ligne quelques billets dans la semaine (il ne me reste plus qu'à les écrire), même si je ne serai pas totalement là; je ferai de mon mieux pour vous lire, dans vos différents lieux respectifs.
Je voulais terminer sur une infime touche d'optimisme, mais finalement, je ne trouve pas cela raisonnable.

