N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

dimanche 28 octobre

Y'a pas de raison !

chris_appelhans Un petit vent de vacances s'engouffre dans la blogosphère; sur mon lieu de travail; je ne suis malheureusement pas concernée directement (comprendre : on a oublié de me donner une semaine de congés - sacrilège absolu, n'est-ce pas ?), mais j'ai décidé de l'être indirectement.
Ce blog s'offre une semaine de vacances. Je suis trop fatiguée et trop occupée pour vous préparer des billets à distiller dans la semaine, donc : silence ! Je reviendrai ensuite, certainement pas plus reposée, mais j'espère avec un ou deux billets... Il faut juste que je lise; que je ne m'endorme pas devant un film; que j'aie suffisamment de temps pour lire, et regarder des films. Je suis sûre que ça relève encore de mes compétences.
J'ai été particulièrement gâtée lors de cette première semaine dans mon nouveau chez-moi, et ça a été formidable; je ne saurais pas dire la chose sans être niaise, mais vraiment, cela m'a touchée. Maintenant, je vais savourer tout ça.
Je vous souhaite une excellente semaine, n'oubliez pas de prendre soin de vous !

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vendredi 26 octobre

Les gens sont formidables

Et croyez-moi, je ne pensais pas écrire ça un jour.
Je suis en réalité de très très bonne humeur ce soir (ce soir correspondant à jeudi soir, c'est-à-dire hier soir. Mais j'ai beau être de bonne humeur, je n'ai toujours pas internet chez moi, merci de votre compréhension).
En réalité, la journée a été bien corsée. Je sais : on dit toujours ça. Mais là, j'ai travaillé 8h non-stop (ok, ok : j'ai eu droit à deux pauses de 20 minutes), et au bout d'un moment, quand il est sur-sollicité (hum), mon cerveau crame. Donc, aujourd'hui, il a cramé. Que voulez-vous, je suis une petite nature.
Mais en rentrant, que vois-je, dans ma boîte aux lettres (qui est absolument adorable, et qui a un superbe point commun avec mon studio, lui aussi absolument adorable : l'un comme l'autre sont minuscules) - je disais donc, que vois-je ?
Ma première facture !
N'est-ce pas irrésistible ? Je dois être très spéciale, puisque j'étais réellement contente de trouver ce courrier-ci. Hormis le fait qu'EDF va me prélever dix euros de plus qu'annoncés au téléphone, c'est le premier courrier officiel que je reçois, à mon adresse, avec mon nom. Et cela me fait plaisir.

Ce qui a aussi dû jouer en faveur de mon engouement, c'est que ce n'était pas le seul courrier contenu dans ma minuscule (mais adorable) boîte aux lettres. L'un d'eux ne sera pas évoqué ici, puisqu'il ne vous concerne absolument pas.
En revanche, le second...
... me venait de Madame
Fashion victim. Souvenez-vous, c'est en partie grâce à moi qu'elle a atteint son plus grand nombre de commentaires sur un seul billet, puisque lors du Jeu de la PAL, j'ai totalement monopolisé son blog. Il faut dire que le jeu m'amusait beaucoup (mais ça, je crois que ça s'est vu). Je n'ai pas gagné (Flo est imbattable !), mais Fashion a malgré tout tenu à récompenser ma ténacité. L'idée était déjà adorable; le contenu de son paquet l'était encore plus :

de_la_part_de_Fashion

Vous y voyez un calepin, une carte postale/questionnaire de Proust et un adorable petit stylo violet (que je suis censée accrocher à mon calepin ? à mon porte-clés ? tu sais que j'en suis totalement capable ?).
Quand j'ai vu tout ça, je me suis dit : c'est dingue le hasard. Car j'aime Proust (beaucoup - c'est mon petit côté intellectuelle), le violet (beaucoup aussi - mais ça, c'est plutôt mon côté fille), quant au carnet...
... J'ai dû réfléchir, récemment, à quel paysage j'aimerais être (et que les organisatrices du swap scandinave ne se sentent absolument pas visées par cette allusion à leur questionnaire ;-) ). Seulement, je n'aspire pas vraiment à être un paysage, alors j'ai bloqué, et j'ai regardé les images stockées dans mon ordi. Je suis tombée sur la Branche d'amandier en fleurs de Van Gogh, et j'ai pensé que j'aimerais être ça; sauf que ce n'est pas un paysage, alors j'ai abandonné l'idée. Tout ça pour dire que ce tableau-là, je l'aime (beaucoup). Que Fashion m'en offre justement une reproduction en calepin m'a surprise et enchantée.

La morale de cette histoire est que, la prochaine fois que Fashion organise un concours sur son blog, je ne change pas ma tactique : je monopolise les lieux !
Merci, beaucoup !

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Les Horcruxes...

Aujourd'hui est le grand jour. Je prévois même de partir en courant de mon travail à midi, profitant ainsi de la pause-déjeuner pour aller m'offrir l'ultime tome des aventures d'Harry Potter. Le problème étant que cela risque de fortement me dissiper pendant l'après-midi, ce qui ne serait pas très professionnel.

Quoi qu'il en soit, au programme aujourd'hui sur ce blog, nous trouvons un extrait du sixième tome, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. Je ne dis pas que ça va être intéressant de (re)lire ça, mais je ne savais pas quoi mettre en ce vendredi à propos d'HP. Je voudrais bien agrémenter la chose d'un extrait musical, mais programmant ce billet depuis ma bibliothèque, je préfère rester discrète.

Le chapitre dont est tiré l'extrait est le 23e, et s'appelle comme par hasard Les Horcruxes. Tom Jedusor, futur Voldemort, discute avec Slughorn, un de ses professeurs à Poudlard.

" - Comment fait-on pour séparer son âme en deux ?
- Eh bien, dit Slughorn, mal à l'aise, il faut comprendre que l'âme est censée rester entière et intacte. La diviser est une violation, quelque chose contre nature.
- Mais comment fait-on ?
- Par un acte maléfique - l'acte maléfique suprême. En commettant un meurtre. Tuer déchire l'âme. Le sorcier désireux de créer un Horcruxe tourne à son avantage cette destruction : il enferme la partie arrachée...
- Il l'enferme ? Mais comment...
- Il existe un sortilège, ne me demandez pas lequel, je ne le connais pas ! répliqua Slughorn en hochant la tête comme un vieil éléphant importuné par des moustiques. Est-ce que j'ai l'air de quelqu'un qui a essayé... est-ce que j'ai l'air d'un tueur ?
- Non, monsieur, bien sûr que non, s'empressa de répondre Jedusor. Je suis désolé... Je n'avais pas l'intention de vous offenser...
- Mais pas du tout, pas du tout, je ne suis pas offensé le moins du monde, assura Slughorn d'un ton bourru. Il est tout naturel d'éprouver de la curiosité pour un tel sujet... Les sorciers d'une certaine envergure ont toujours été attirés par ce genre de magie...
- Oui, monsieur, dit Jedusor. Ce que je ne comprends pas, cependant - il s'agit d'une simple curiosité de ma part - c'est... est-ce qu'un seul Horcruxe aurait beaucoup d'utilité ? Ne peut-on séparer son âme qu'une seule fois ? N'obtiendrait-on pas un meilleur résultat, une plus grande force, si l'on parvenait à diviser son âme en plusieurs morceaux ? Par exemple, le chiffre sept n'est-il pas celui qui possède la plus grande puissance magique, est-ce que sept...
- Par la barbe de Merlin, Tom ! glapit Slughorn. Sept ! N'est-il pas suffisamment horrible de penser qu'on peut tuer une seule personne ? Déchirer son âme est déjà une idée épouvantable... Alors, la déchirer en sept morceaux..."

Et pourtant...

Bonne lecture magique à tous les Moldus !

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mercredi 24 octobre

Le swap rend heureux !

J'interromps la semaine d'Harry Potter pour la meilleure raison qui soit : j'ai reçu mon colis du swap Thé & Littérature !
Et j'en suis tellement heureuse que je vais probablement partir dans tous les sens dans mon billet...! J'ai réceptionné le colis lundi soir, bien qu'il soit arrivé chez mon frère samedi dernier (je rappelle aux étourdis qui n'écoutent pas que j'ai emménagé la semaine dernière - et que le colis ne pouvait donc pas arriver directement chez moi...).
Dès que j'eûs le colis entre les mains (jolie conjugaison, n'est-ce pas ?), je me suis empressée de regarder le nom de l'expéditeur - mais cela ne m'évoquait personne, ce qui a augmenté le suspense de 53% en moins de dix-huit secondes. C'est beaucoup.
Ensuite, les choses s'enchaînent rapidement : je rentre chez moi - j'ouvre le colis - je décachette la petite enveloppe pour y découvrir une petite carte adorable, et aussi (surtout !) l'identité virtuelle de ma swappeuse ! Figurez-vous que c'est
Suny, et qu'elle m'a gâtée au-delà de la décence. Après avoir lu le petit mot,j'arrive à prendre une photo des paquets non déballés (et croyez-moi, il m'en a fallu, du courage, pour ne pas tout ouvrir d'un seul coup !) :

colis_swap

J'étais déjà conquise en voyant ce paquet cadeau vert amande, et la feuille de soie violette...
J'étais même presque gênée de voir que tous ces cadeaux étaient pour moi; gâter autant une inconnue, c'est pas franchement merveilleux ?
Ça l'a été encore plus quand tout fut déballé, et là attention, vous allez être jaloux :

collage2

Suny m'a offert un thé qui porte bien son nom, Soft cashmere : il est aromatisé à la cannelle et aux pétales de rose. Je l'ai goûté de suite, c'est un délice, doux et parfumé, je n'y connais rien mais en boire une gorgée ressemble à une caresse. Et son odeur ! ah, je ne m'en lasse pas. Un régal !
Quant aux livres,
Suny a été parfaite; je crois me souvenir que mes réponses au questionnaire était assez vague, et Suny a jonglé avec ça pour me faire découvrir des livres qu'elle a lus, et qui lui ont plu (c'était un de mes souhaits : que mon swappeur me fasse découvrir ce qu'il aime). J'étais absolument ravie en voyant ça, j'aime beaucoup rencontrer les goûts des autres... merci !!
Chaque livre était accompagné d'un adorable petit mot qui m'expliquait le choix opéré par la gentille
Suny ... Je détaille le contenu :
- Mémoires de porc-épic d'Alain Mabanckou, que j'avais vraiment envie de découvrir, parce que j'aime les œuvres originales, et parce que je me suis un peu intéressée, dernièrement, à cette foire que sont les prix littéraires... Ce titre me tentait, et
Suny a vu très juste en me l'envoyant !
- Pourquoi j'ai mangé mon père de Roy Lewis; ce livre-là, je l'ai déjà lu il y a quelques années. J'en ai peu de souvenirs, sinon que c'est un roman qui donne le sourire, et quand j'ai ouvert le paquet, je me suis dit que c'est exactement le genre de lecture qu'il me faut en ce moment ! Alors, je suis ravie d'avoir un exemplaire pour moi (celui que j'avais lu appartenait à mon frère - encore lui, oui !), je vais ainsi pouvoir me replonger dans cet univers loufoque et j'en frémis d'impatience !
- Des fleurs pour Algernon de Daniel Keys.
Suny, tu m'as dit que ce livre pouvait donner la larme à l'oeil, je suis choquée que tu ne m'aies pas fourni un paquet de mouchoirs avec ! ;-) Comme le sous-entend la couverture, c'est un livre de science-fiction; je suis persuadée d'avoir déjà vu ce titre quelque part, mais où ? En tout cas, j'ai lu la 4e de couv', et j'ai été conquise. Sûr que ça me plaira !
- je termine avec Fleur de Neige de Lisa See, agrémenté d'un titre et d'une couverture totalement charmants et dépaysants. Et là, je ne sais plus quoi dire tellement
Suny a bien choisi, tellement je suis tentée par chacun des titres qu'elle m'a offerts.
Le plus dur va être de savoir par quoi commencer ! Je ne sais pas où donner de la tête, tout me tente; d'autant que je suis quasiment certaine que ces quatre romans vont me plaire, c'est impressionnant de tomber aussi juste, alors que
Suny ne me connaissait pas !
Je suis aussi très heureuse de voir des titres aussi différents, cela correspond bien à mon envie de tout découvrir...
Suny, je suis vraiment touchée et comblée par ton colis, tu m'as tellement gâtée... Merci, merci, merci ! Tu as fait une heureuse, sois-en convaincue !

Pour ceux qui n'auraient toujours pas cliqué sur le blog de ma merveilleuse swappeuse, en voici encore un lien.

Le swap était organisé par Loutarwen, que je remercie chaleureusement pour l'initiative, pour les découvertes que cela engendre, et pour tout le reste !

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Autour d'HP

Cette saga ayant dépassé les bornes du raisonnable en terme de succès, il est normal que soient apparus nombreux dérivés - je ne parlerai pas des films (oh mon dieu, ça y est, j'ai envie de les revoir), des jeux vidéos, des figurines ou que sais-je... non, je vais rester dans le domaine virtuel, en listant quelques liens plus ou moins incontournables.

Le premier élément est bien sûr Le site officiel de J. K. Rowling.
La page principale, qui représente un bureau légèrement bordélique, a tendance à me mettre en confiance chaque fois que je me perds là-bas (c'est-à-dire, honnêtement : presque jamais). Quelques fois, lorsque la sortie d'un livre est imminente par exemple, J.K.R. permet aux internautes d'ouvrir une porte (fermée habituellement) pour y découvrir un bonus. J'ai jamais réussi à aller sur le site à temps pour voir ça (ne me dites pas que je suis une mauvaise fan : la suite va vous prouver le contraire)

Moldunet
Voici un forum entièrement consacré à HP, et qui s'intéresse aux études élaborées par une certaine Galadriel Waters (dont je ne suis même pas sûre que ça soit une femme, d'ailleurs). Je me suis inscrite sur ce forum pour avoir accès à tous les messages, mais je n'y ai jamais rien posté, tant l'atmosphère y manque cruellement d'humour à mes yeux. De plus, lire les élucubrations d'une personne qui a écrit des "livres d'analyse" sur l'univers d'Harry Potter, bof. Mais il y a un mais, qui se trouve d'ailleurs tout en haut de la page d'accueil : un quizz ! Il est constitué de 401 questions, et on n'a le droit de se tromper que trois fois (sinon : on reprend tout depuis le début). J'ai passé des heures à jouer, en cherchant tous les indices possibles dans les livres et autres sites. C'est assez difficile, et éphémère, puisque si on gagne, ce n'est précisé qu'un mois - ensuite, ils remettent les compteurs à zéro. Ca m'a bien occupée pendant des vacances ennuyeuses...

EHP : L'Encyclopédie Harry Potter
Un incontournable absolu, tant ce site est une mine d'informations. On dirait un arbre multi-centenaire, dès qu'on observe une branche, on voit qu'elle est reliée à des dizaines d'autres... l'exploration est sans fin, minutieuse. Un point de repère essentiel !

Poudlard.org
Ce site regroupe à la fois des informations autour d'Harry Potter (que cela concerne les livres, l'auteur, ou les adaptations cinématographiques) et une école de sorcellerie en ligne. Je n'ai pas testé cette dernière (c'est vraiment un procédé qui ne m'intéresse pas), mais le site vaut le coup d'œil pour rester informé...

La Gazette du Sorcier
Même principe que pour le lien précédé : reprenant le titre du journal que l'on croise dans Harry Potter, La Gazette collecte toutes les informations susceptibles d'intéresser les lecteurs & spectateurs de la saga. Je préfère ce site-ci à celui lié juste au-dessus, mais je reconnais que c'est totalement subjectif...

Maintenant que j'ai listé quelques liens, j'ai envie de me pencher sur deux sites précis, consacrés à des dessins relevant de l'univers potterien. J'aime beaucoup observer comment ces deux dessinatrices ont su s'approprier les mots de JK Rowling pour les interpréter avec leur imaginaire.
Je commencerai par
La Pensine d'Harry Potter, qui m'émerveille. On peut suivre l'évolution du dessin, au travers de quelques crayonnés et du résultat final... Mettre en ligne les premiers pas, les recherches dessinées sous différents angles, je trouve ça passionnant. J'ai sélectionné deux travaux pour vous :
- le premier concerne les sirènes, effrayantes créatures de l'eau...
- et le second est dédié au
Baron Sanglant, que je trouve superbe !
Allez jeter un œil par vous-mêmes... La jeune est en train de créer
un site personnel un peu plus officiel, je vous le conseille aussi, ses galeries sont réussies.

Enfin, le dernier lien est en anglais; je sais, c'est horrible, mais la beauté des dessins vous fera oublier ce détail. Il s'agit d'Art Dungeon, où les personnages ont tous l'air gentil et beau. Je suis à court d'arguments mais, même si on peut trouver certains reproches à faire, je trouve cette vision charmante, candide et rassurante. Si vous cliquez ici, vous trouverez l'illustration de la confrontation de Dumbledore et Drago Malefoy. Je vous laisse découvrir le reste !

Ma petite vision tronquée des sites potteriens se termine ici, en vous précisant toutefois qu'il m'arrive quand même d'avoir d'autres préoccupations que de surfer sur ces sites-là, et que je n'ai pas encore totalement vendu mon âme à JKR ! (mais ça ne saurait tarder ?)

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lundi 22 octobre

En attendant la fin...

(s'il existe encore des personnes qui ignorent le contenu du livre évoqué ci-dessous, qu'elles prennent soin à ne pas lire l'article, où je raconte la fin)

Après un grand débat avec moi-même, j'ai décidé de rebaptiser cette semaine : La Semaine d'Harry Potter (mais ne vous attendez à rien d'exceptionnel, ou vous seriez déçus). Vendredi, des montagnes d'Harry Potter et les Reliques de la Mort vont envahir les librairies, les piles atteindront des hauteurs indécentes. On le sait, c'est la même mascarade à chaque fois; ça me donne l'impression que c'est Noël, et je ne m'en plains pas. Dès la semaine prochaine, je sais que le livre pullulera dans le métro... si ça peut remplacer les stupides journaux gratuits, je suis pour.
Pour patienter jusqu'à la sortie de l'ultime tome, l'unilingue que je suis a relu :

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
de J.K. Rowling (2005)
traduit de l'anglais par Jean-François Ménard

harry_potter_and_the_half_blood_prince

J'ai remarqué qu'il était presque logique, pour ceux qui ont lu le dernier volet cet été, de raconter comment ils en étaient arrivés à lire Harry Potter. Je ne vais pas m'en priver non plus : sans entrer dans les détails, j'ai découvert Harry Potter par ennui et par déprime. C'était un soir, à la Fnac, je puais du moral, je m'étais autorisée à dépenser vingt euros en livre. J'ai dépassé le quota, en prenant (je m'en souviens très bien alors que c'était il y a quatre ans, est-ce grave ?) le premier tome des aventures du petit sorcier, Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino (sympathiquement surprenant) et un gros livre dont vous n'avez jamais entendu parler, Blanc de Claire Cros. Je n'ai toujours pas fini ce dernier alors que c'est une oeuvre extra-ordinaire, mais ce n'est pas mon propos du jour. Petit à petit, j'ai suivi le cycle potterien, en m'empiffrant de bonbons, allongée sur mon lit. Je suis devenue addict de ce G.R.M. (Grand Remonte-Moral - j'expliquerai cette dénomination une autre fois). J'ai vu les films. J'ai acheté les films. Je relis les livres dès que j'en ressens le besoin. Je ne suis rien qu'une sentimentale. Pfff.

Je ne vous ferai pas l'affront de résumer Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (qu'on va appeler par la suite HP6, ce sera bien plus commode). Aussi, tout le monde sait que Dumbledore est mort (personnellement, je le soupçonne d'être un ersatz (ce n'est pas péjoratif dans cette situation) de Gandalf, alors je croise les doigts pour qu'il revienne, gris ou blanc, je lui laisse le choix).
(avec un billet aussi bordélique depuis le début, j'ai perdu tous mes lecteurs, non ?)

Dans ce sixième volet, Harry se retrouve encore plus orphelin qu'avant, puisque son magnifique parrain Sirius Black est mort. D'une manière générale, ce tome-ci explore le passé : nous rencontrons le Voldemort enfant, puis le Voldemort jeune adulte, afin de comprendre son évolution, son enfoncement dans la tyrannie la plus cruelle. Le passé est aussi interrogé quand Harry se retrouve en possession d'un livre de potions particulièrement bien griffonné (en suivant les instructions ajoutées par une main inconnue, il deviendra le meilleur élève de ce cours) et cherche à qui il a pu appartenir...
Je résume mal, mais j'ai le droit, c'est la première fois de ma vie que je parle d'un HP. Ce
sixième volet est beaucoup plus placé sous le signe de la réflexion que de l'action, mettant ainsi en place tous les éléments nécessaires à l'explosion finale, qu'on attend pour le septième tome. Des interrogations trouvent enfin une réponse, on comprend le cheminement de l'auteur, et ce qui lie autant Harry à Voldemort... La lutte sera acharnée, je voudrais bien parier sur qui va survivre mais je vais m'en abstenir publiquement, puisque j'ai lu la fin du dernier tome en librairie (ne criez pas - c'est une vieille habitude enfantine qui me reprend de temps en temps) et je sais donc qui sera l'Ultime Survivant... Mais on n'en est pas encore
là.
HP6 développe certains thèmes, tels que l'amour (que cela concerne les élèves ou les adultes,
on se sent dans une belle ambiance de printemps où le coeur chante, chante), les liens forts de l'amitié (certes, on le savait déjà : mais la fidélité de certains proches permettra d'éviter quelques catastrophes), le choix de son propre destin, la bravoure... rien de nouveau donc, mais pourtant le ton évolue. Je me demande même si ce tome a plu au jeune public autant que les précédents... personnellement, j'ai encore succombé. L'intrigue se resserre, la fragilité de certains devient touchante (qui aurait pu s'imaginer éprouver de la compassion pour Drago Malefoy ?) et la quête dans laquelle se lancent Dumbledore et Harry Potter est à la fois inquiétante, captivante, tragique et nécessaire. Détruire le mal demande des sacrifices, et le courage de ces deux-là semble sans faille. Dois-je préciser de quoi il s'agit ? Le grand directeur de Poudlard a découvert le secret de Voldemort pour rester éternel : il a fractionné son âme en plusieurs morceaux, et les a cachés dans divers objets/lieux qui étaient suffisamment nobles, à ses yeux, pour mériter d'abriter une part de lui. Ce sont des Horcruxes, et Voldemort ne pourra jamais disparaître totalement tant qu'ils ne seront pas tous détruits. Les atteindre coûte beaucoup, et le danger est constant. Mais Harry est prêt à tout pour enfin
vivre paisiblement...
Je ne m'attarde pas sur le coup de théâtre final, qui a arraché des larmes à plus d'un lecteur
(non, je ne fais pas partie de ceux-là, sinon je l'avouerais sans honte) et qui a soulevé plus d'une interrogation. Rogue, sur qui pèsent les plus terribles soupçons depuis le début de l'aventure, est-il du côté du Bien, ou du Mal ? L'ambiguïté distillée par JKR tout au long des tomes successifs atteint son paroxysme ici; je persiste à croire qu'il n'a pas trahi la confiance que Dumbledore lui a accordée. J'aurai cette réponse (et bien d'autres !) dans quelques jours désormais. Le septième volet risque d'être riche en rebondissements et autres surprises (parfois mauvaises, je le sais aussi !). Vivement !

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samedi 20 octobre

Ca, c'est fait

En ces temps troublés où je n'ai justement plus le temps de m'ennuyer, je m'amuse à dresser des listes de tout ce que je dois faire, pour en oublier le moins possible. Je répartis les choses en deux colonnes, ce qui est urgent et ce qui ne l'est pas.
Tout est écrit dans la case Urgent.
Je stabylote en jaune-violet-orange ce qui a été accompli, c'est un bonheur presque aussi grand que d'arracher un grand morceau de papier peint (cf Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain).
Tout ça pour dire que j'ai accompli ce matin une de mes priorités, à savoir : envoyer mon colis pour le swap LiThérature. La postière, enveloppée dans une écharpe polaire rouge (c'est dingue comme il fait froid ce matin, ça pique les yeux) m'a gentiment expliqué que l'envoi devrait arriver à destination lundi ou mardi. C'est bizarre, j'ai comme le trac. Surtout que, si ça ne plaît pas du tout, je n'ai plus assez d'argent pour quitter le pays, et me cacher honteusement - j'ai tout investi dans mon emménagement. Plus qu'une solution : que ça plaise ! Un peu, en tout cas. J'espère !

J'ai voulu prendre le colis en photo, mais une fois le tout emballé, j'ai renoncé : mon emballage est un carnage. Que mon/ma swappé/e ne s'en formalise pas trop...

J'en profite pour vous prévenir - je m'impose gentiment chez quelqu'un le week-end, histoire de me connecter, mais la petite pause internet prendra fin demain midi. Je prévois quand même, pour la semaine prochaine, quelques billets que je vais programmer. Ne vous étonnez pas, donc, si je ne réponds pas aux commentaires... J'irai quand même faire un tour sur la toile mercredi après-midi (je planifie tout, c'est merveilleux).
Vous aurez donc l'impression que je suis là mais c'est seulement un leurre - astucieux, non ? A bientôt, et ne soyez pas trop sages !

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vendredi 19 octobre

A Shadow-Bride

Aujourd'hui, c'est Tolkien qui est l'honneur, parce que c'est vrai, il n'y a pas de raison. Alors je vous propose un petit poème, issu des Aventures de Tom Bombadil. Ce n'est pas malin, ça me donne furieusement envie de relire Le Seigneur des Anneaux, mais c'était un risque à prendre. Je me tais, et vous laisse lire :

     La femme de l'ombre

   Il y avait un homme qui vivait seul,
   Et se tenait aussi tranquille qu'une statue
   Au fil des jours et des nuits
   Sans même projeter d'ombre.
   Les blancs hiboux perchaient sur sa tête;
   A la lune d'hiver
   Ils s'y firent le bec
   Aux étoiles de juin
   Pour mort ils le laissèrent.

   Puis, un beau jour, vint une dame vêtue de gris
   Dont les cheveux s'entrelaçaient de fleurs.
   Dans la lumière crépusculaire
   Elle s'attarda un moment.
   Alors il se réveilla, il bondit de la pierre.
   Il avait brisé le maléfice qui le liait :
   Il l'étreignit fort - et la chair et les os -
   Et il s'enroula dans son ombre.

   De ce jour plus jamais elle ne va son chemin
   Sous le soleil, la lune ou les étoiles;
   En bas elle repose, là où jamais il n'y a
   Ni jour ni nuit.
   Mais une fois l'an, quand bâillent les cavernes
   Et que les secrets cachés se réveillent,
   Ensemble et jusqu'à l'aube
   Ils dansent à nouveau
   Et à eux deux ne font qu'une ombre.

Pour les puristes, la version en VO

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mercredi 17 octobre

En passant - perturbations en vue

Après un mois et demi de recherche, je viens de trouver un logement. Ca ne change rien pour vous, mais pour moi, si. Seulement, ce petit bouleversement personnel risque de perturber la bonne conduite de ce blog puisque mes finances ne me permettent pas de demander de suite un abonnement internet et dès que je le pourrai, cela mettra un certain temps avant de se mettre en place. Pendant cette période transitoire, j'approcherai évidemment des ordinateurs connectés (on est drogué ou on ne l'est pas !) mais à quelle fréquence, mystère. Un billet était déjà prévu pour vendredi, je le maintiens évidemment. Mais ensuite, je ne réponds plus de rien. Il ne devrait pas y avoir de nouveautés la semaine prochaine.
J'emménage demain et j'ai peur.
Je n'oublie pas le swap LiThérature de Mlle Loutarwen, le colis partira demain matin si la Poste n'est pas en grève (on ne sait jamais). Sinon, ce sera fait vendredi (et après, je croise fort les doigts pour ne pas m'être trop trompée !). Que mon/ma swappeur(/euse) ne s'inquiète pas : son colis n'arrivera pas dans mon chez-moi, mais il sera extrêmement facilement récupérable, foi de fille impatiente !
Je vais aller me ronger les ongles, et vous dis à bientôt. J'espère.

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lundi 15 octobre

"Achetez-en, sinon ça ne se vendra pas"

Figurez-vous que je me suis enfin décidée à aller voir 99 F (de Jan Kounen). Mais je ne peux pas commencer ce billet sans parler de moi (étonnant, sur un blog, non ?). Seulement, je ne sais pas s'il va me rester beaucoup de lecteurs une fois qu'ils auront lu ceci : j'aime beaucoup Frédéric Beigbeder (et je ne plaisante pas). Comment une fille aussi délicate, raffinée, kultivée (ahem) que moi peut-elle apprécier un auteur de cette trempe ? peut-être justement parce que je ne suis ni délicate, ni raffinée, et que ma kulture est totalement défaillante.
Beigbeder, je l'ai vu pour la première fois chez Ardisson, dans feu Tout le monde en parle. Je devais avoir seize ans. Deux portes ont été ouvertes ce soir-là : celle qui m'a guidée vers
Lolita, et celle qui m'a amenée à découvrir Beigbeder. Dès qu'il est question de personnes riches, droguées, fêtardes, surtout en littérature, ça m'intéresse (mais alors, qu'on soit d'accord : je n'achète aucun tabloïd). J'ai lu les romans de Beig' (sauf les deux derniers), et 99 Francs doit faire partie de ceux que j'aime le moins. Je ne saurais expliquer pourquoi, ma lecture est trop lointaine; je sais que la fin m'avait déplu, que le tout manquait de mordant, ou... que sais-je. Mais je ne pouvais décemment pas rater un film avec un Jean Dujardin relooké comme ça :

Dujardin

et avec une affiche de ce genre :

affiche_99_F

Non, je ne pouvais pas.
Maintenant, il serait peut-être intéressant de parler un peu du film. Comme cela va très vite se comprendre avec mes commentaires, je préfère annoncer la couleur de suite : j'ai totalement adoré. Voici quelques raisons :
- le film est beigbedien, du début à la fin; si vous n'aimez pas l'auteur, cela ne sert à rien d'insister. Ses phrases incisives, son humour débile, ses complexes, son côté odieux qui nous le rend paradoxalement attachant, tout est là. Beigbeder se mettait en scène dans son personnage de roman, et la délicieuse mise en abyme continue, avec un Jean Dujardin remarquable qui incarne à la fois le personnage de fiction, et la personnalité réelle.
Dujardin_supermarch_ - l'esthétique est impeccablement réussie; mais là encore, si vous aimez les films conseillés par les Cahiers du cinéma, ne dépensez pas d'argent pour 99 Francs. On est en plein dans le monde de la pub, les couleurs sont criardes, les images froides de vie, Octave (le protagoniste, donc) se retrouve dans un supermarché à chaque fois qu'il angoisse, entouré de rayons de marchandises aseptisées. Dans les pubs, les filles sont belles, peu vêtues, provocantes. On le sait, c'est l'apparence qui compte, et le film joue totalement sur le côté high-tech du monde de la pub, d'où une ambiance fashion et kitsch à la fois. Déroutant.
- de sympathiques allusions sont faites à l'égard du romancier : déjà, Octave se transforme en Beigbeder chaque fois qu'il part en bad trip; la scène où il voit son reflet doté d'un menton proéminent est d'ailleurs très drôle... J'ai aussi retrouvé l'une de mes deux phrases préférées du livre, "Vous trouvez ça anxiogène ?" - dit comme ça, ce n'est pas drôle du tout, mais dans le contexte, c'était un bonheur. Ensuite, de véritables références au passé de publicitaire de Beigbeder sont distillées; quand Octave Parango se vante, au début, d'être le créateur du slogan Wonderbra "Regardez-moi dans les yeux. J'ai dit, les yeux", il incarne le véritable Beigbeder, à qui on doit cette jolie trouvaille.
Autre allusion : le chef d'Octave s'appelle... Marc Marronnier. Cela évoque-t-il quelque chose dans vos esprits ? C'est le nom du héros récurent de Beigbeder, son double fictif.
- la critique du monde de la pub est parfaite; notamment dans une scène d'anthologie (oui, parfaitement) où Octave et son associé Charlie (Jocelyn Quivrin, qu'on n'attendait pas dans ce genre de rôle, mais qui y excelle) pondent en trois minutes une pub pour un yaourt. C'est à mourir de rire, et tellement réaliste...
- les acteurs : il est difficile de trouver un reproche à faire à ce niveau-là. La bande qui entoure Octave est géniale : on y trouve l'associé-branleur (Jocelyn Quivrin, parfait), le collègue-looseur (Patrick Mille, mais si,
vous le connaissez, terriblement drôle), la superbe jeune femme qui rendra fou Octave (Vahina Giocante, superbe jeune femme), l'odieux patron de Madone (quoi ? ça ressemble à un nom de yaourt existant ?), etc... et bien sûr, Jean Dujardin, détestable et pourtant adoré, qui tient là un rôle de fumiste au grand cœur, un mec richissime et paumé, un homme amoureux qui perdra les pédales. Cet homme sait tout jouer, il est l'un de nos meilleurs acteurs français actuels.

Maintenant que j'ai dit toutes ces gentilles choses, il faut quand même ajouter une petite mise en garde : ce film est vraiment gore, notamment grâce à un superbe festival de vomi. Je sais, c'est écœurant de préciser ça, mais comme j'ai dû cacher précipitamment mon visage plusieurs fois pendant la séance (et ce, dès le début, qui nous met bien dans le bain... c'est le cas de le dire, hum), c'est un détail non négligeable. Ce film est sale. Mais il est une excellente adaptation, servie par des acteurs qui incarnent merveilleusement leurs personnages. C'est à la fois drôle, cruel, nul, touchant, et drôle (oui, je le dis deux fois). La fin alternative peut dérouter, oui il y a des défauts à tout cela, forcément, mais j'ai passé une soirée tellement bonne avec ce film que je me demande si je ne vais pas aller le revoir.

"C'est peut-être ça qui sauvera le monde : accepter de s'ennuyer. Pas facile."

Posté par erzebeth à 08:26 - pellicule - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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