vendredi 23 novembre 2007
Vite fait -
Ce message risque de s'auto-détruire, donc les éventuels commentaires ne sont pas nécessaires, je voulais juste faire un nouveau point :
- toujours pas internet
- toujours pas de fac (ce point-là va peut-être s'arranger mardi)
Je nage dans un océan de bonheur, et si je peux me connecter actuellement en coup de vent, ça ne sera pas le cas du week-end (contrairement aux autres semaines), donc je reste toujours aussi fantômatique et lointaine. J'aime, j'aime. A force, ça marchera.
Ou pas.
Aucun chien n'a été maltraité pendant le tournage
(surtout qu'il n'y en a pas dans le film; mine de rien, ça aide)
Il était une fois un génie du cinéma qui s'appelle Quentin Tarantino. Un jour, il décide de réaliser un film (ce qui concorde plutôt avec l'idée de génie du cinéma, on peut dire que ce billet a de la suite dans les idées), un film comme il sait si bien les faire, avec : des dialogues mythiques, une certaine dose d'hémoglobine, des acteurs cyniques et charismatiques, une réalisation et une BO soignées.
Le film dont je veux vous parler, Reservoir dogs, ne déroge évidemment pas à la règle, et fait même mieux : il pose le décor, puisque c'est le premier film du petit Quentin.
Pour son premier film donc, l'intrigue est assez tendue. Messieurs White, Blonde, Orange, Pink, Brown et Blue sont des cambrioleurs de la grande école. Ils poussent même la classe à s'habiller en costard-cravate lors d'un hold-up. A ce sujet, leur dernier en date a mal tourné. La police est arrivée tellement tôt sur les lieux qu'il n'y a plus de doute : un traître se cache parmi eux. Mais qui, et pourquoi ?
Toute l'action (passées les dix premières minutes) se passe dans un immense hangar, où sont censés se retrouver les hommes après s'être remplis les poches dans une grande bijouterie. Le lieu est austère, Mr. Orange (Tim Roth) pisse le sang tandis que Mr. White (Harvey Keitel) tente de le réconforter, en lui assurant que les autres vont bientôt arriver, et qu'il sera bientôt soigné. Tu parles, Charles !
Le huis-clos se fait de plus en plus oppressant, à mesure que la mare de sang s'aggrandit, et que les doutes se posent sur diverses personnes du clan. Tour à tour, les hommes apparaîtront dans le hangar (sauf Mr Brown, joué par Tarantino himself, qui a une bonne excuse : il est mort pendant le braquage), se questionneront, hausseront le ton, et basculeront doucement vers la paranoïa.
Le résultat est étonnant; hormis son dernier, je dois avoir vu tous les films de Tarantino, et il aura à chaque fois réussi à m'embarquer dans ses histoires (horribles) pour me faire passer un excellent moment de cinéma (mon dieu, la fin de cette phrase ressemble à une mauvaise pub. Pardon). Il est toujours intéressant de voir quelques humains (dé)battre dans un lieu clos qui paraît sans issue (sortir équivaut à la prison) et où tout se joue pour eux, pour leur avenir. Les acteurs oublient d'être mauvais; faut dire qu'entre Harvey Keitel, Michael Madsen (que l'on retrouvera dans Kill Bill 2), Steve Buscemi, Chris Penn (le frère de Vous-savez-qui), Tim Roth (entre autres), il y avait de quoi faire, et ils le font bien (ça aussi, ça sent la mauvaise pub, mais c'est volontaire). J'aurais du mal à cacher un petit penchant pour Madsen et Roth, que j'aime beaucoup dans l'absolu, et qui ne m'ont pas déçue dans ce film-là, où l'inquiétude monte plan après plan.
Les âmes sensibles sont dispensées de voir Reservoir dogs, parce qu'il y a quelques scènes où le spectateur ne peut s'empêcher de compatir au sort des malheureux, et ça fait mal - mais cela ne refroidira pas les amateurs de Tarantino, j'en suis sûre (en réalité, je pense surtout que les fans ont déjà vu ce film depuis des lustres, mais que voulez-vous, je suis toujours en retard).
Efficace, percutant, parfois drôle et parfois douloureux, Reservoir Dogs est un film qui vous laissera la gorge sèche jusqu'à la toute dernière image... Puissant !



