mercredi 26 décembre
An affair to remember
« Je pris sa main dans la mienne et nous quittâmes ces ruines; et, comme les vapeurs du matin s'étaient levées depuis longtemps la première fois que j'avais quitté la forge, de même les vapeurs du soir s'élevaient maintenant, et dans la vaste étendue de lumière tranquille qu'elles me dévoilaient, aucune ombre invisible ne vint suggérer que je serais à nouveau séparé d'elle. »
(Charles Dickens, De grandes espérances)
Si vous le croisez, dites-lui qu'il me manque.
Dernier inventaire avant liquidation
J'avais promis dans ce message-ci que j'avais une mauvaise nouvelle à annoncer, et quoi de mieux que de le faire juste après Noël, alors que certains s'en veulent encore d'avoir trop mangé d'huîtres (et en même temps, comment peut-on manger des huîtres ?) ?
En réalité, ce n'est pas une vraie mauvaise nouvelle, je veux dire : elle ne l'est pas pour vous, uniquement pour moi. Le genre de nouvelle qui vous fait soupirer de soulagement, le genre d'événement qui n'arrive qu'aux autres. J'avais déjà évoqué dans ces pages la magnifique poisse qui me colle aux chaussures depuis quelques semaines (/mois). Parfois ce n'est pas bien grave, il s'agit juste d'exploser quatre oeufs frais sur le sol de la cuisine (mais ça ne m'a pas fait plaisir quand même, ce jour-là). Le genre de petite poisse qui fait rire les autres quand on la raconte.
Je trouvais que rester à ce niveau-là n'était bon que pour les amateurs alors, après un terrible acharnement, j'ai atteint un niveau supérieur dans la poisse.
Je me souviens, quand je m'étais abonnée à Télé 2, et qu'il y avait un souci... on m'avait dit que ce serait réparé sous dix jours. J'avais dit à ma mère, qu'avec la chance que j'ai, ça ne marcherait toujours pas au bout de ce laps de temps. Elle s'était moquée de moi, de mon "éternel pessimisme".
Les jours, les semaines - les mois ont passé. Me connectant deci-delà, de manière inconfortable. Prenant mon mal en patience, parce que je ne pouvais rien faire d'autre.
Les soucis se sont enchaînés, cela n'aurait aucun intérêt de tout expliquer. Je vais en arriver à la conclusion : actuellement, il est totalement impossible d'installer internet chez moi. Le technicien de France Telecom en était désolé. "C'est un cas très rare, et c'est tombé sur vous".
Comme c'est étonnant.
J'ai décidé de fermer ce blog, parce que cela n'a plus aucun sens. Ce n'est pas très grave en soi, c'était un lieu où j'étais de toute façon bien trop absente depuis quelques mois. Ce n'est pas ça qui me chagrine le plus, mais j'ai décidé de me censurer totalement, comme je le fais depuis un certain temps.
Cette coupure virtuelle n'est pas éternelle et définitive, j'ose encore espérer que des choses vont bouger pour moi dans les trois premiers mois de l'année prochaine, dans différents domaines, d'ailleurs... oui, il faut que ça bouge.
En attendant, donc, plus de blog. Je me connecterai de temps en temps pour consulter mes mails. Il va falloir trouver quelques occupations pour remplir ma vie. Je compte devenir téléspectatrice, travailler quelques concours. Ca va être difficile, mais ça n'a aucune importance d'en parler ici.
Alors encore une fois, je me tais. Ce billet est vilain, j'en mettrai un dernier en ligne, pour finir en beauté. D'ici la fin de la semaine, je quitterai mon lieu de vacances (lieu connecté, mais ça, vous l'aviez compris).
Je vous remercie, tous, d'être passés sur mes si modestes pages, vos commentaires m'ont fait beaucoup de bien. Vous allez me manquer.
Je ne sais pas si certains sont superstitieux, mais il paraît que ça porte malheur d'annoncer des voeux avant le 1er janvier. Alors, je ne dis rien, même si je le pense. Je dirai juste : prenez soin de vous.
EDIT du 29.12 : il y a des jours (depuis que j'ai posté ce billet, à vrai dire) que je m'en veux, parce que j'ai joué les filles ingrates et égoïstes. Il était temps de remettre les choses en ordre, avec des remerciements.
Oui, merci à Céline la Renarde, Lamousmé et à Holly, parce qu'à l'origine, ce blog a été créé pour elles (et grâce à elles). Je leur dois bien plus que ça, mais je me suis interdit de m'étendre sur l'année 2007, d'esquisser le moindre bilan. Elles sauront, de toute façon.
Merci aussi, évidemment, à tous les lecteurs qui les ont rejointes au fil du temps, ça n'a l'air de rien, mais je dois beaucoup, à chacun d'entre vous.
mardi 25 décembre
Santa, can you hear me ?
Il n'y aurait pas dû avoir de billet aujourd'hui, ou du moins pas de cet ordre-là, mais finalement, je ne résiste pas. Après tout, c'est Noël et j'ai bien le droit de me faire plaisir, encore un peu. Dans le top 3 de mes chansons préférées de Britney Spears (...), on trouve My Only Wish (This Year)
Chaque année, je me promets de mettre en place une chorégraphie sur ce morceau, chaque année j'oublie. Heureusement, oui, je sais.
Toujours dans la série "chanson de Noël qui me fait sourire (et dieu sait qu'elles sont rares)", on trouve l'incontournable Billy Mack, chanteur drogué et irrésistiblement drôle de Love actually, avec Christmas is all around
Exquis.
Que tout cela ne vous empêche pas de passer de joyeuses fêtes !
dimanche 23 décembre
Happy swap !!!
Vous aviez tous cru que j'avais disparu dans les limbes de la cruelle vie moderne ? Eh bien non, pas encore. (et je dois répondre à tous les gentils commentaires, je sais... j'essaierai de le faire dans la journée. En tout cas, merci de ne pas m'avoir oubliée !)
J'ai une (très) bonne nouvelle, et j'en ai une (très) mauvaise, mais je propose de garder celle-ci pour un prochain billet, ou cela gâcherait la douce ambiance de fêtes qui règne sur les blogs aujourd'hui. Car la très bonne nouvelle, évidemment, concerne l'ouverture (ENFIN !) des colis swap scandinave (organisé par les merveilleuses Kali & Flo). Pour rappel, je faisais partie des premières personnes gâtées, l'attente a donc été très longue. Mais elle valait vraiment le coup.
Le colis m'était envoyé par Marie, du forum Parfum de livres. Je pense qu'il n'est pas inutile de préciser que ma merveilleuse expéditrice habite à Tahiti...
Déjà, en ouvrant le colis, j'ai poussé un WAOOOOOW émerveillé :
(on voit mal, la faute au mauvais flash). Le papier cadeau doré m'a enchantée; j'avoue avoir pris deux-trois photos de tous les paquets (et ils sont nombreux !) mais le résultat est détestable et ne rend pas du tout hommage au côté féérique du colis, alors j'ai vite abandonné (surtout que je mourais d'envie d'ouvrir les cadeaux, hé, ma patience n'est pas infaillible !).
Je me suis jetée sur les paquets, parfois accompagnées de petites cartes hivernales adorables (et non dénuées d'humour). Je suis allée de sourire en sourire... et j'ai découvert la devise de Marie : "pourquoi s'arrêter là alors qu'on peut en mettre plus ?"
Vous allez bientôt comprendre pourquoi; tous les cadeaux ne rentraient pas sur une seule photo (quand je dis que je suis très gâtée, c'est vrai !) alors procédons petit à petit :
... où l'on aperçoit : trois superbes marque-pages, un calendrier de Tahiti (sachez que je prends le prochain avion !), une très jolie carte postale, et trois mini-cartes qui accompagnaient des paquets.
Et sur quoi reposent toutes ces jolies choses ? Sur une écharpe bleue, toute douce, qui faisait aussi partie du colis... j'ai une franche passion pour les écharpes, alors je ne pouvais être que comblée...
On continue ?
Hmm... des chocolats - et vous remarquez que Marie, au lieu de mettre une boîte, en glisse trois...! Dans un intérêt purement scientifique, je me suis immédiatement proposée pour goûter un chocolat. Mon verdict : très bon. Penser à cacher les boîtes pour que personne ne m'en mange (ben quoi ?).
Marie a eu l'excellente idée de m'offrir une "guirlande locale" fleurie - vous aurez la chance de la voir allumée sur une autre photo, je suis personnellement conquise.
Au milieu de tout ça, vous trouvez mon grand coup de foudre (qui m'a valu aussi un grand éclat de rire) : le Père Noël tahitien !!! en maillot de bain et lunettes de soleil (il a aussi une bouée), il me fait totalement craquer (et il est bien moins gros que ce que j'avais imaginé, dis donc !).
On continue...?
... les livres !!!!
Marie s'est souvenue que je ne connaissais pas Henning Mankell et que je souhaitais combler cette lacune; ce sera chose faite avec Le fils du vent, qui se passe en Suède à la fin du XIXe, et qui me fait très envie !
Le second titre (Une vie bouleversée d'Etty Hillesum) m'était totalement inconnu, et ça tombe bien : j'adore les découvertes ! Celle-là ne sera probablement pas hilarante (c'est le journal qu'une femme juive a tenu à Amsterdam, de 1941 à 1943), mais c'est le genre de témoignage qui m'intéresse beaucoup.
Et le petit dernier me donne faim et soif ! Le goût du chocolat compile des textes qui sont, bien évidemment, dédiés au chocolat... Dire que je vais pouvoir le savourer en dégustant un chocolat d'Hawaï, moi je dis : quelle chance !!
On continue...?!
Vous apercevez ici quelques cadeaux déjà mentionnés. Mais qu'y-a-t-il de nouveau ?
La guirlande est allumée, trèèès bien.
Le Père Noël est toujours aussi craquant, je le sais (mais arrêtez de le regarder comme ça, il est à moi).
Alors, ce qu'il y en a plus, c'est...
... une écharpe rose.
Marie doit avoir le souvenir d'hivers très frileux en métropole. Elle est aussi terriblement généreuse, alors au lieu de se contenter d'une écharpe, elle m'en envoie deux. Toutes les deux dans des tons très doux, toutes les deux bien chaudes. Le. Rêve. !!!!
Si on fait un récapitulatif, on remarque que :
- j'ai été terriblement gâtée
- Marie a très bon goût
- je suis séduite par tout ce que j'ai reçu
- la prochaine fois que je déménage, je sais déjà où je vais
- je vais rêver toute l'année prochaine, avec un calendrier aux photos paradisiaques (non mais c'est photoshopé, ça ne peut pas être aussi beau naturellement, je n'y croirai que quand je le verrai moi-même...!)
- ce swap est génial
Tellement génial qu'il est temps de remercier trois personnes :
- Kali et Flo, les deux organisatrices en or, qui ont mis en place un swap original et vraiment, vraiment agréable
- Marie, qui m'a fait plaisir de A à Z. J'ai eu une chance inouïe d'être aussi bien gâtée, j'en suis presque gênée. Merci, beaucoup...
Quant à moi, j'ai envoyé un petit colis à Jo Ann...
Très (très) belles fêtes à tous !
samedi 15 décembre
Me, myself and I
Moi. Histoires de ma vie
de Katharine Hepburn
traduction de Françoise Cartano
Outrepassons le titre légèrement égocentrique de cette autobiographie, et concentrons-nous plutôt sur le contenu. Je ne vais surprendre personne en écrivant qu'il est question ici de la vie de Katharine Hepburn - j'adore enfoncer des portes ouvertes, surtout quand ça remplit une critique, parce qu'à vrai dire, je ne trouve rien à commenter sur ce livre. Ou plutôt devrais-je dire : c'est un recueil d'anecdotes délicieux, qui dévoilent au fur et à mesure le tempérament de l'intrépide Katharine. La grande actrice a été élevée dans un milieu aisé, original (son père coinçait une corde au niveau du coffre de la voiture, Katharine s'y tenait, à plat ventre sur la route, et en avant dans les rues enneigées), un milieu engagé (sa mère s'est énormément impliquée dans les droits des femmes, soutenue par son mari - ce qui était très rare pour l'époque). Bref, il y avait de l'amour, de la bonne humeur, une éducation peu ordinaire. Katharine pourra se fier à ses repères toute sa vie.
Ce qui étonne dans cette autobiographie, c'est l'absence de plaintes. L'actrice se fait très pudique sur certains événements tristes de sa vie (comme la mort mystérieuse de son frère), et en tire toujours une note positive. Les disparus continuent de vivre en elle, et elle est heureuse d'avoir pu les connaître. Définitivement optimiste, têtue, fidèle dans ses sentiments, Katharine Hepburn est une femme entière, qui ne rêve que d'une chose : devenir actrice. Par tous les moyens. S'il faut commencer dans de minuscules rôles, s'il faut essuyer des commentaires moqueurs de la presse (une journaliste, à ses débuts, écrira "Courez au Martin Beck, Katharine Hepburn y décline le registre complet de l'émotion, de A à B"), s'il faut investir son propre argent pour qu'un producteur ne perde pas d'argent à cause de son jeu tâtonnant, Katharine acquiescera et continuera. Obstinée, elle ne semble jamais baisser les bras. Son parcours cinématographique prouve qu'elle a eu raison...
Elle vante la joie de vivre de Cary Grant, l'intense amitié qui la lie à George Cukor, le charisme de Spencer Tracy (son seul coup de foudre - son grand amour), le plaisir qu'elle a à jouer, pour le théâtre ou pour le cinéma. Certains de ses souvenirs peuvent paraître dérisoires, réellement anecdotiques; mais c'est aussi le charme de ce livre. La chronologie n'est pas totalement respectée, des périodes sont brièvement évoquées; l'ensemble, finalement, met en lumière deux aspects de la vie de Katharine Hepburn :
- sa ténacité à toute épreuve, son envie d'avancer, constamment
- la place qu'elle donne à ses proches. Elle a beau se dire timide et totalement égocentrique, elle a aussi un grand coeur, et son entourage lui est indispensable.
En somme, c'est une autobiographie très vivante, qui devient émouvante sur les dernières pages, quand elle parle de son amour pour Spencer Tracy. Je ne saurais pas vous dire pourquoi (de plus, je n'en ai pas envie), mais les mots de l'actrice, à ce sujet, m'ont vraiment touchée.
Je la connais vraiment mal, Katharine Hepburn, et je ne suis pas sûre de beaucoup mieux la connaître maintenant; j'ai néammoins passé un excellent moment en lisant cette autobiographie, à la fois espiègle et attachante. L'actrice a gardé, j'en suis sûre, beaucoup de secrets pour elle, et elle a eu raison.
"Une des premières fois où je suis allée chez George [Cukor], la première fois, en fait, il a servi du cheese cake comme dessert. J'ai trouvé ça répugnant mais, bien sûr, je l'ai avalé. Une bouchée pour Papa - une bouchée pour Maman - une bouchée pour - vite - sans respirer entre les deux. "Oh ! Kate, on dirait que vous aimez ! Parfait ! Myrtle, je vous prie, resservez un morceau à Miss Hepburn. - Non, non... merci !" Mais on m'a donné une autre part, que j'ai mangée. A la suite de quoi, pendant des années - oui, des années, chaque fois que je suis venue dîner : "Nous avons prévu votre dessert préféré." J'ai fini par avouer la vérité."
jeudi 13 décembre
"Bonjour, je m'appelle Forrest, Forrest Gump"
Des fleurs pour Algernon
de Daniel Keyes (1959)
traduction de Georges H. Gallet
Le titre de ce billet vous rappelle discrètement que je ne me suis toujours pas améliorée dans ce domaine, mais si vous connaissiez l'histoire de ce beau roman (ce qui sera bientôt le cas, je ne vais pas écrire une introduction à rallonge), vous comprendriez que l'allusion à Forrest Gump n'est pas si stupide que ça.
Il s'appelle Charlie Gordon, et son grand rêve est de devenir "un telijen". Malheureusement pour lui, il est un attardé mental, rejeté par sa famille, humilié par ses collègues de travail qui ne se privent jamais de se moquer de lui. Lui, il ne s'en rend pas compte; il nettoie les locaux de la boulangerie en souriant. Jusqu'au jour où deux éminentes personnes du milieu médical, le Pr Nemur et le Dr Strauss, lui offrent la possibilité de réaliser son rêve - en subissant une opération, il pourrait devenir intelligent. Cela a été une grande réussite sur la souris Algernon, il ne manque plus qu'un cobaye humain...
Et voici donc le docile Charlie embarqué dans une course vers le savoir - mais qu'il se dépêche, car le temps lui est compté...
Ce qui est bien, avec moi, c'est que mes résumés de livres sont toujours très succints. Hum.
Le roman est entièrement vu par Charlie Gordon, qui raconte toute l'expérience dans une sorte de journal. Les premières pages sont très dures à lire, parce que constamment jalonnées de fautes d'orthographe, mais les effets de l'opération sont très rapidement visibles. Charlie apprend à une vitesse folle, et cet accès au monde des "humains normaux" va lui permettre d'ouvrir les yeux sur beaucoup d'événements de son entourage. Hormis l'équipe de chercheurs, personne ne sait qu'il a été opéré; il continue d'être traité comme un débile, et il se remémore petit à petit ce qui a été sa vie d'enfant, avec la honte et le rejet de sa mère. C'est un roman poignant qui soulève beaucoup d'interrogations, notamment sur l'exclusion, le pouvoir de la science (peut-on tout tenter, sous prétexte d'améliorer une situation ?), la connaissance et son lien avec les émotions (Charlie reste longtemps un enfant dans ce dernier domaine), etc... Si j'étais professeur de philo, j'aurais tiré des sujets de réflexion de ce roman, car il s'y prête vraiment bien.
Des fleurs pour Algernon est captivant, au point de se sentir proche de ce pauvre Charlie, et de cette horrible expérience à laquelle il coopère... C'est un roman humain, grâce donc à cet attardé qui deviendra plus que surdoué et grâce aussi à la figure féminine d'Alicia Kinnian, une psychologue - professeur (pour adultes attardés), qui incarne réellement l'altruisme et la bonté désintéressée. Mon avis ne serait pas complet si je n'ajoutais pas que la dernière partie du roman est particulièrement émouvante, sans que cela ne tombe dans le pathos larmoyant.
Encore une chose : Des fleurs pour Algernon est classé en science-fiction, que cela ne rebute personne ! la seule touche de SF est l'opération elle-même, alors ceux qui rechignent devant ce genre littéraire n'ont plus aucune excuse pour ne pas lire ce très bon roman !
J'ai d'ailleurs pu le lire grâce à Suny, qui me l'a offert lors du swap Thé & Littérature... elle a suivi son propre coup de coeur, comme elle a eu raison ! Merci pour cette belle découverte.
(ps : tu avais bien fait, finalement, de ne pas glisser de mouchoirs dans le colis - je n'en ai pas eu besoin ;-) )
(je sais que Suny l'a critiqué sur son blog, elle n'est peut-être pas la seule... mais je n'ai malheureusement pas le temps d'ajouter un lien maintenant, je le ferai... plus tard)
mardi 11 décembre
Once upon a time
Il y a certaines choses qui donnent le sourire, comme recevoir un colis qu'on n'a pas le droit d'ouvrir, manger du bon fromage, ou voir certaines belles décorations lumineuses dans les rues (et je dis bien certaines) alors qu'on rentre d'une séance de cinéma qui donne le sourire.
Mon statut de fille m'interdisait de passer à côté du dernier Disney, Il était une fois. La première fois que j'ai vu la bande-annonce, je suis restée de marbre. La seconde fois, je me suis dit qu'il serait dommage de passer à côté d'une occasion de se moquer.
Seulement, j'ai failli à ma mission, puisque je n'ai même pas eu le cœur à me moquer, tellement c'était agréable de voir ce film décalé qui m'a rappelé ces beaux souvenirs d'enfance où je rêvais d'avoir la superbe chevelure de la Belle au bois dormant (entre nous : j'en rêve toujours).
Tout démarre dans le monde féérique d'Andalasia; le Prince trouve la femme de ses rêves, mais sa belle-mère refuse cette union car ça lui ferait perdre le trône. Alors, par pure maladresse, elle envoie la jeune fille (Giselle !) dans un monde où elle sera perdue pour le prince. Et voilà Giselle (!) qui perd sa belle frimousse de dessin animé pour rejoindre la jungle terrible qu'est New York City. Elle y rencontrera Robert (!), qui s'occupera d'elle en attendant l'arrivée du prince Edouard. Parce qu'il viendra. Les princes viennent toujours.
L'ingéniosité du film est donc de mêler l'aspect mielleux des contes de fées (et leur bonne humeur permanente) avec la réalité, faite de séparations et de colère. Et oui, sur terre, on ne vit jamais heureux et amoureux jusqu'à la fin des temps (apprendre ça m'a totalement minée).
J'ai déjà écrit plus haut le mot-clé du film : décalage. C'est de là qu'il puise tout son humour. Dans les contes de fées, les personnages aiment bien se lancer dans la chanson, entourés d'animaux dociles et gentils, mais cela prend une toute autre couleur quand on est une fille perdue, candide, et qu'on pousse de la voix dans le salon d'un appartement new-yorkais. Je ne vais pas m'amuser à recenser toutes les scènes qui valent le détour, ce serait fastidieux et pas drôle du tout pour le coup. Il suffit de se prendre au jeu, et la magie opère (par contre, si vous y emmenez un homme lors de votre premier rendez-vous, attendez-vous à ce qu'il ne vous recontacte plus jamais).
Quant à la fin... ah, la fin ! Allez, je range ma légère grimace et mes éventuelles petites réserves (oh qu'il m'a énervée, l'homme à la botte de la belle-mère ! en plus, il a déjà joué Peter Pettigrow dans les HP alors je m'attendais à voir Harry Potter surgir d'une bouche d'égout).
C'est rafraîchissant, et ça m'a donné envie d'avoir des cheveux longs. Ça tombe bien - je les ai déjà.
ps : vous avez vu, je me suis abstenue de tout commentaire sur les prénoms. Mais quand même, Robert et Giselle...
pps : écrit hors connexion, ce billet mérite quand même un peu plus d'informations officielles : Il était une fois est un film de Kevin Lima, joué par Amy Adams et Patrick "Dr Mamour" Dempsey, l'homme qui ressemble à Sean Penn, mais en moins bien quand même, ce qui est déjà pas mal.
dimanche 09 décembre
Voir le Sinistros est un présage de mort
Le chien des Baskerville
de Sir Arthur Conan Doyle
traduction de Bernard Tourville
Je ne pouvais pas vivre plus longtemps dans la honte et l'opprobe; il me fallait lire Conan Doyle. Désormais, un petit air de satisfaction illumine mon visage. Hum.
Tout le monde a déjà lu Le chien des Baskerville, alors je peux me dispenser de critique, non ? Non ?
Bon.
Cette épineuse enquête trouve son origine au XVIIIe siècle. Hugo de Baskerville mène une vie très légère, et il en sera puni un soir de dépravation : traversant une lande isolée pour rentrer dans son domaine, il trouve la mort, blessé par un chien de l'enfer.
Depuis, la malédiction règne sur sa famille, et s'il y a bien une bêtise à ne pas commettre, c'est sortir de chez soi, en pleine nuit, et de s'aventurer sur la lande. Malheureusement, Charles Baskerville meurt brutalement, et des traces de pattes de chien sont retrouvées près de son corps... alors, quand son unique héritier est invité à prendre possession du domaine, le médecin du coin contacte Sherlock Holmes pour mener l'enquête et protéger le dernier Baskerville.
Si j'avais encore besoin de preuves pour montrer que je suis peureuse, la lecture de ce roman l'a confirmé. Cette donnée est relativisable : je n'étais pas tétanisée, mais l'atmosphère brumeuse de la lande anglaise où les rares maisons sont isolées ne m'a pas mise en confiance - quelle idée ont les personnages de s'y promener en pleine nuit !
Pour ma première rencontre avec l'immense détective, j'ai été finalement déçue de le croiser aussi peu pendant le roman; l'essentiel de l'enquête se déroule sans lui, laissant à son fidèle associé Watson le soin de suivre le dernier Baskerville et de relater tous les événements importants.
J'étais très curieuse de connaître le dénouement de cette histoire et j'ai été comblée; c'est à la fois tordu, intelligent, introuvable (forcément - même s'il a des doutes sur un personnage, le lecteur ne peut jamais deviner son mobile, ce qui, personnellement, me plaît), et les questions que je me posais trouvent des réponses à la hauteur.
Cette lecture a donc été charmante, et je compte m'intéresser aux autres enquêtes de Sherlock Holmes. Il faut bien combler ses lacunes...
vendredi 07 décembre
I believe I can fly
Il était une fois un aviateur totalement fou, passionné, qui investit tout son argent (et il est très millionnaire) dans l'accomplissement de ses rêves. Evidemment, le nom d'Howard Hughes ne m'évoquait rien avant que Martin Scorcese ne réalise un film autour de ce personnage fantasque et atypique. Aviator est sorti en 2005, et l'on y trouve Leonardo di Caprio dans le rôle-titre. Pour avoir été collégienne au moment de la sortie de Titanic, il a fallu, comme toutes mes copines, que je tombe amoureuse de Leonardo (sinon : lynchage) - j'avoue (honteusement) qu'il n'a pas fallu beaucoup me forcer pour que je succombe. Dieu soit loué, on se lasse vite à cet âge, donc je n'ai pas été atteinte trop longtemps par ce fléau. Quoiqu'il en soit, je n'ai pas vraiment suivi la carrière du jeune acteur par la suite, ce qui est peut-être une erreur.
Aviator se veut donc film biographique; Howard Hughes est suivi sur près d'une vingtaine d'années, ce qui permet au spectateur d'être témoin de son évolution (professionnelle, amoureuse, etc...). L'homme était aviateur (vous vous en doutiez, non ?), producteur de cinéma, homme d'affaire, mais aussi terriblement riche, misanthrope, séducteur, reclus. Qu'une seule personne concilie autant de qualités est presque douteux, mais les miracles existent parfois.
Le film souligne bien le caractère démesuré du personnage, son excentricité, son jusqu'au-boutisme. Il perdra par exemple un nombre inconsidérable de millions lors de la réalisation des Anges de l'enfer, qui sera un vrai gouffre financier pendant plusieurs années.
Je ne vais pas reprendre point par point les différents événements relatés dans le film, ce serait assez fastidieux, l'essentiel étant de dire que l'ensemble est à la fois homogène et passionnant. Aviator met l'accent sur le soin extrême que Howard Hughes portait à l'hygiène, soin qui virera à l'obsession (gentille manière de dire qu'il était victime de T.O.C. absolument terribles) - les dernières années évoquées dans le film sont d'ailleurs très dures; voir la déchéance de cet homme, qui refuse tout contact avec l'extérieur, est pathétique.
Bien sûr, avant d'en arriver là, il en aura bien profité, le petit Howard. Entouré des plus belles femmes de l'époque, il n'a pas dû connaître de grandes périodes de célibat : Bette Davis, Ava Gardner, Jean Harlow, Rita Hayworth, Katharine Hepburn, Janet Leigh notamment sont tombées dans ses bras; trois d'entre elles sont incarnées à l'écran, mais je ne souhaite pas m'étendre sur Ava Gardner (jouée par Kate Beckinsale) et Jean Harlow (Gwen Stefani), car les actrices n'ont pas le quart du charme des femmes qu'elles incarnent. Quant à Katharine Hepburn, elle est interprétée par Cate Blanchett
Au premier abord, le lien entre Hepburn et Blanchett me paraissait totalement obscur; mais j'ai fini par accepter le personnage, d'autant plus que je ne le connaissais finalement pas. Katharine Hepburn apparaît comme une femme merveilleusement fantasque, décidée, étonnante. Elle m'a d'ailleurs tellement intriguée que je me suis offert par la suite son autobiographie (mais je ne l'ai pas encore lue, évidemment). A vrai dire, le film est réellement porté par Leonardo di Caprio, et Cate Blanchett. Tous les deux sont irréprochables, et bien que j'étais déjà convaincue du talent de la demoiselle, j'ai aussi eu la preuve que Leonardo a grandi (et plutôt bien) depuis la fois où je l'ai vu monter clandestinement dans le plus grand paquebot du monde.
Le destin d'Howard Hughes est à la fois tragique et merveilleux, ses passions l'auront brûlé (au propre et au figuré), et je regarde désormais les avions d'un oeil différent. Je compte bien me renseigner sur cette figure mythique, Aviator ayant piqué ma curiosité.
C'est une oeuvre vraiment passionnante à mes yeux, du grand spectacle admirablement maîtrisé, un film qui m'a fait passer un excellent moment. Je le recommande aux retardataires !
mercredi 05 décembre
Toutes les filles sont des princesses
Princess Bride
de William Goldman (1973)
traduction de Jean-Pierre Pugi
Spectatrice passive de nombreux forums et blogs depuis une paire d'années, je ne pouvais ignorer la réputation de Princess Bride. A chaque fois que j'en entendais parler, c'était en bien. Qu'un livre soit bon et drôle, avouez que c'est tentant, non ? (je ne parlerai pas de l'adaptation cinématographique, puisque je ne l'ai pas vue). J'ai cédé cet été, en m'offrant le livre, qui vient de rejoindre ma bibliothèque de livres lus.
Bouton d'Or n'a pas vraiment l'allure d'une princesse; d'abord, elle vit dans une ferme où l'or ne coule pas à flot. Ensuite, elle a tendance à oublier de prendre des bains, de se coiffer les cheveux, de prendre soin de ses tenues. Elle préfère se promener avec Cheval, son cheval (comme le dit l'auteur : "l'imagination ne fut jamais un trait marquant de Bouton d'Or"). Puis un jour, elle ouvre les yeux et tombe amoureuse du garçon de ferme, Westley. Celui-ci étant fou de la demoiselle depuis des années, il décide de partir faire fortune en Amérique, pour épouser sa bien-aimée à son retour et vivre aisément.
Seulement, il est tué en route par Robert le Redoutable Pirate. Bouton d'Or, devenue la plus belle femme du pays de Florin (elle a découvert les vertus de l'eau et du savon), est aussi la plus triste; mais elle décide malgré tout d'épouser le Prince, ne pouvant résister à sa demande si romantique : "vous avez le choix entre m'épouser, devenir la femme la plus riche et la plus puissante à des milliers de lieues à la ronde, pouvoir distribuer des dindes à Noël et me donner un fils, ou mourir à brève échéance dans d'atroces souffrances. Que décidez-vous ?"
Mais sa décision ne sera pas sans conséquence, et débute alors une folle aventure, pleine de rebondissements, de méchants, et d'amour (mais je n'en dévoile pas plus, préservant ce suspense insoutenable).
William Goldman s'amuse avec son lecteur dès la préface, inventant de toutes pièces des souvenirs qu'il resitue dans son enfance : son père lui aurait lu un magnifique roman, The Princess Bride, de S. Morgensten (le plus grand écrivain florinois), alors qu'il souffrait d'une pneumonie. Après avoir recherché un exemple de ce roman, William Goldman (adulte) décide d'en éditer une version abrégée et d'insérer de temps en temps des commentaires personnels, identifiables car tapés en italique. Bien entendu, le fameux S. Morgensten n'existe pas, et Goldman est le seul auteur de ce roman. Cela rappelle cette merveilleuse époque où Choderlos de Laclos feignait avoir trouvé une vieille correspondance dans un grenier...
Princess Bride est un roman qui prend un certain recul face aux vrais contes de fée; de fait, c'est aussi beaucoup plus drôle. Cette parodie, efficace et entraînante, est aussi marquante par sa forme originale. J'avoue malgré tout avoir été plus intéressée et amusée par le début du roman, que par la fin, peut-être parce que c'était à la fois trop long et trop précipité à la fois (et j'écris n'importe quoi si je veux !).
Pour en parler plus justement, je devrais laisser la parole à William Goldman (enfant) et son père :
" - Ca parle de quoi ? De sport ?
- Duels. Combats. Tortures. Poison. Amour. Haine. Vengeance. Géants. Chasseurs. Hommes mauvais et bons. Belles dames. Serpents. Araignées. Fauves de toutes espèces et apparences. Souffrances. Mort. Héros. Lâches. Force. Faiblesse. Poursuites. Evasions. Mensonges. Vérité. Passions. Miracles."
Et c'est vrai : il y a vraiment tout ça dans ce roman détonnant. Il serait franchement dommage de se priver d'un tel condensé d'aventures, et n'essayez même pas de lire les presque 400 pages sans rire : vous n'y arriverez pas.







