N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

dimanche 9 mars 2008

Pêle-mêle

D'une manière totalement étonnante, j'ai continué à lire pendant ma virtuelle absence - mais je n'ai pas poussé le vice à écrire des notes de lecture, qui auraient été prêtes pour une publication. Alors, forcément, avec quelques semaines de décalage, les souvenirs s'émoussent un peu, et je ne me sens pas d'attaque pour écrire de vrais commentaires (surtout que j'ai un doute : vais-je encore savoir les écrire ? ce suspense est abominable); pour autant, je n'ai pas non plus envie de passer sous silence toutes mes lectures - d'où un billet commun.

J'avoue, j'ai peu lu. Pour deux raisons :
1. j'étais occupée à préparer un concours (n'insistons pas sur le sujet, merci)
2. je lis peu
Si ce ne sont pas deux bonnes excuses, ça !
Mais passons aux choses sérieuses :

Ni d'Ève, ni d'Adam - Amélie Nothomb (2007). N'y allons pas par quatre chemins : ce n'est pas son plus mauvais livre, ce n'est pas non plus son meilleur. Alors que la célèbre Belge nous racontait dans Stupeur et tremblements son expérience professionnelle dans une entreprise japonaise, elle s'épanche ici sur l'autre versant de cette époque de sa vie, versant sentimental puisqu'il y est question de sa relation "amoureuse" avec un Japonais aussi original qu'elle (bien que différemment). Un bon moment de détente, avec quelques sourires à la clé; c'est de toute façon tout ce que je demandais à l'auteure. Petite citation :
"Emmener qui que ce soit chez moi a toujours été une épreuve horrible. Par définition, pour des motifs dont l’explication me dépasse, chez moi n’est pas un lieu fréquentable."
C'est tout à fait pareil pour moi (dois-je m'en inquiéter ?)

Ellen Foster - Kaye Gibbons (1987). Je vais aller un peu à contre-sens des critiques qu'on a pu voir ici et là sur les blogs, car voilà : ce ne fut pas un coup de cœur magistral pour moi. Attention, je reconnais que ce roman a de grandes qualités, l'écriture cogne et on peut difficilement rester insensible devant l'épouvantable quotidien de cette petite fille de onze ans, dont la mère vient de mourir et dont le père est alcoolique, mais voilà : trop, c'est trop. Je caricature un peu, surtout que je suis loin d'avoir trouvé ça mauvais... il y a de très belles (et poignantes) pages. C'est Cuné qui m'avait donné envie de lire ce livre, et quand je revois son avis, je culpabilise presque de ne pas y avoir décelé le même joyau qu'elle.

Et si on partait un peu en Grèce ? Je vous propose deux titres du même auteur, Vassilis Alexakis.
Commençons avec Paris-Athènes (1989), roman autobiographique où l'auteur (parfaitement bilingue) évoque son œuvre, les choix qui s'imposent à lui quand il écrit (doit-il le faire en grec ? en français ?), ses premières années en France, ses retours en Grèce... etc. Très intéressant, je dois le dire. Alexakis se lit avec aisance, et dresse un autoportrait attachant du déraciné (volontaire) qu'il est, partagé entre le pays de son enfance (la Grèce, donc) et le pays de l'enfance de ses enfants (la France). Une bien belle découverte, assurément. Une citation :
"Cavafy parle d’un homme qui se sent bien malheureux dans sa ville et cherche à s’en aller vivre ailleurs. Il n’y a pas d’ailleurs, lui dit le poète. Ta vie, telle que tu l’as faite, te suivra partout. Où que tu ailles, la ville te suivra."

Le second titre, Talgo (1983), raconte une rupture amoureuse. Eléni, la narratrice, a beau être mariée, elle a succombé au charme de Grigoris (lui aussi marié). Ils vont vivre quelques mois de passion (en ne se voyant qu'une fois, le temps d'une semaine : lui est à Paris, elle en Grèce), jusqu'à ce qu'il lui envoie une lettre de rupture... Eléni décide alors d'écrire ce qu'ils ont vécu, d'écrire ce qu'elle ressent, asphyxiée par le manque. C'est tout à fait le genre d'histoire que je fuis depuis quelques mois, mais que voulez-vous, je souhaitais découvrir plus cet auteur, et j'ai été récompensée. Son roman est sensible, très juste, et fort émouvant. Cela m'a donné d'en lire plus sur cet auteur, que je recommande à tous !

Voilà pour commencer. Certains autres titres méritent des billets bien distincts (même si Alexakis aurait pu avoir cette honneur-là; mais que voulez-vous, je suis délicieusement fainéante), donc :

A suivre...!

Posté par erzebeth à 11:01 - lecture - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    Ah, c'est dommage pour "Ellen Foster", un roman que j'ai beaucoup aimé aussi (et tous les romans que j'ai lus de Kaye Gibbons m'ont emballée d'ailleurs). Je ne connais pas cet Alexakis, je note! (je n'ai rien à lire, c'est normal))

    Posté par fashion victim, dimanche 9 mars 2008 à 19:18
  • C'est vrai que tu me fais beaucoup de peine, une lectrice comme toi qui n'a rien à se mettre sous les yeux...
    Je retenterai probablement un jour Kaye Gibbons mais bon, pas cette année ! et tu fais bien de noter Alexakis, je t'en aurais voulu autrement

    Posté par erzébeth, lundi 10 mars 2008 à 08:58
  • Je n'ai lu que la suite concernant Ellen Foster (la vie qui m'entoure) et j'ai malgré tout bien envie de lire la première surtout qu'il paraît qu'elle est meilleure...

    Posté par florinette, lundi 10 mars 2008 à 15:49
  • Contre toute attente, ta critique que je viens de lire - et qu'on trouve ici :
    http://www.leslecturesdeflorinette.com/article-6097333.html - m'a donné envie de connaître cette suite ! Je serais capable de préférer ça au premier livre
    Merci d'être passée, Florinette !

    Posté par erzébeth, lundi 10 mars 2008 à 17:44
  • Rencontré

    Ah, Vassilis Alexakis... rencontré l'an dernier dans le train Berne-Fribourg, alors que je lisais un de ses livres - que je recommande: "Ap. J.-C.", qui offre une vision dérangeante des monastères du Mont Athos.

    Posté par Daniel Fattore, vendredi 6 novembre 2009 à 11:06
  • * Daniel Fattore, quelle expérience troublante pour un écrivain de tomber justement sur une personne qui lit un de ses romans ! et quelle étrangeté pour le lecteur aussi, de voir l'auteur se matérialiser devant lui...
    Vous êtes-vous parlés ?
    J'ai rencontré V. Alexakis lors d'une "conférence" à l'université, mais je ne l'ai pas approché. Il venait de sortir "Ap. J.-C." dont l'assemblée disait du bien, tout comme vous. Il faudra que j'y jette un oeil...

    Posté par erzébeth, vendredi 6 novembre 2009 à 19:31

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