mardi 18 mars 2008
Fi des livres !
Aujourd'hui, on va parler films, parce que les Français qui n'ont pas de carte illimitée (non, je ne suis pas jalouse !)pouvaient fêter dans la joie et l'allégresse le Printemps du Cinéma, profitant du prix modique des places pour s'enfermer trois jours dans des salles obscures. En général, j'aime bien ça, je me débrouille pour voir plusieurs films, mais cette année un grand manque de motivation s'est emparé de moi (il faut dire aussi que les programmations ne m'attiraient pas vraiment), alors je me suis contentée de deux films, histoire de dire que j'ai quand même participé.
Commençons par Les femmes de l'ombre (de Jean-Paul Salomé), qui développe un sujet légèrement consensuel au cinéma, à savoir : le courage extraordinaire des femmes engagées dans la Résistance. Tout commence ici avec une première mission, sauver un agent britannique arrêté par les Allemands, ce qui peut être très gênant parce que l'homme préparait le débarquement en Normandie, et qu'il ne doit surtout pas parler. Cette première mission, donc, est orchestrée par Louise (Sophie Marceau) et quelques autres filles recrutées pour leurs talents divers. Seulement, un colonel allemand (Moritz Bleibtreu) nourrit quelques soupçons sur le projet de débarquement, et la mission se complique : cet homme doit mourir...
La résistance est traitée avec beaucoup d'académisme, cela reste conventionnel tant par le traitement de l'image que par les thèmes évoqués - trahisons, sacrifice, culpabilité certaine à commettre quelques actes peu catholiques, etc... Et pourtant, tout a très bien fonctionné avec moi. Je me suis laissée prendre au jeu, en m'identifiant à ces cinq femmes et à leurs destins tragiques. L'une s'engage entièrement après la mort de son mari, l'autre a fui la France parce qu'elle était tombée amoureuse d'un Allemand... Une troisième, emprisonnée pour meurtre, trouve dans cette mission un espoir de s'en sortir (bien que la mort n'est pas impossible sur le terrain), une quatrième ne supportera pas le premier geste de torture... J'ai compati, me demandant comment j'aurais agi à leur place, tout en sachant qu'elles ont toutes perdu beaucoup dans cette guerre, et qu'elles s'acharnent pourtant encore à sauver ce qui peut l'être.
Quant aux actrices, on se délecte de la beauté de Sophie Marceau (bien qu'elle semble moyennement habitée par son rôle), du jeu énergique et efficace de Julie Depardieu, de l'émotion provoquée par Marie Gillain (que je n'aime vraiment pas - mais là, on dirait presque qu'elle joue bien !)... Deborah François incarne son personnage avec maladresse, mais cela reste touchant. Je pourrais aussi parler de la cinquième femme (Maya Sansa) mais on la voit très peu et le spectateur la connaît mal, donc je passe. En somme, ce n'est pas un chef-d'œuvre, mais j'ai personnellement bien aimé.
Choupynette n'a pas été convaincue.
Le second film que j'ai vu est encore plus drôle que le premier : il s'agit d'MR73, d'Olivier Marchal. On y trouve un Daniel Auteuil sale, puant, alcoolique et un chouïa dépressif mais il a une bonne excuse pour ça : il a perdu sa petite fille dans un accident de voiture et sa femme, bien qu'elle s'en soit sortie vivante, est un légume. Ça fait beaucoup pour un seul homme, surtout qu'il fait déjà un métier très difficile : il est flic au SRPJ, et il se trouve accaparé par deux affaires, celle d'un tueur en série qui agit actuellement dans la jolie ville de Marseille et qui ne s'en prend qu'à des femmes (je vous laisse imaginer ce qu'elles subissent), la seconde (affaire) l'emmenant 25 ans en arrière, époque où un grand malade mental torturait affreusement ses victimes (parce qu'il aimait "les regarder mourir"). Seulement voilà, cet homme condamné à perpétuité fait preuve d'une conduite exemplaire en prison, et il va être relâché sous peu. Comment Justine (Olivia Bonamy...), dont les parents ont été massacrés par ce fou, appréhende-t-elle cette bonne nouvelle ?
Je suis très fière d'avoir réussi à résumer ce film, alors que le scénario est d'un confus absolu et que tout s'emmêle sans jamais être captivant... Autant être claire, c'est loin d'être une réussite. On sent pourtant que le réalisateur était plein de bonnes intentions, filmant dans des lieux glauques, sombres, sales, créant des personnages torturés... mais ça ne fonctionne pas. Toute cette noirceur n'est pas expliquée, tout est dramatisé à outrance alors qu'au final, ça ne met même pas mal à l'aise. Ca manque de profondeur, rien n'est justifié, on attend pendant 1h40 que l'autre sorte de prison, créant ainsi un faux suspense - moi qui croyais avoir peur pendant ce film, je suis ressortie aussi tranquille que si j'avais vu un Walt Disney.
Cela n'enlève rien au talent de Daniel Auteuil, bien qu'on l'ait connu plus convaincant... il reste quand même le grand point fort du film (dont la scène d'ouverture, dans le bus, m'a beaucoup plu, je dois l'avouer), même si sa déchéance ne touche pas. Olivia Bonamy est égale à elle-même, c'est-à-dire qu'elle ne réussit toujours pas à être charismatique, c'est peine perdue désormais. Je me rends compte que je suis bien plus méchante que je n'aurais cru l'être, ça doit tenir à ma déception... un scénario plus travaillé et un peu plus de tact dans le traitement du noir auraient pu donner quelque chose de bon, dommage.
Chiffonnette a encore plus aimé que moi...




