N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

samedi 7 juin 2008

« Oh ! mon Dieu ! C’est cet abominable Butler ! »

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell (1936)
traduction de Pierre-François Caillé

Avertissement : j'ai tâché le plus possible de ne rien révéler de l'intrigue (quand bien même elle est fort connue...) par respect pour ceux qui ignorent encore le contenu du roman. Mais je dévoile quand même quelques éléments, importants sans être exagérés. A vous de voir, donc.

« I have forgot much, Cynara! gone with the wind,
Flung roses, roses riotously with the throng,
Dancing, to put thy pale, lost lilies out of mind;
But I was desolate and sick of an old passion,
Yea, all the time, because the dance was long:
I have been faithful to thee, Cynara! in my fashion. »

[Ernest Dowson]

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Lorsque j'ai emprunté Autant en emporte le vent à la bibliothèque, j'ai vérifié qu'aucune personne de ma connaissance ne pouvait me prendre en flagrant délit. Lorsque j'ai ouvert le livre, dans le train, je tentais de cacher la couverture au voisin d'à côté, qui lisait Pascal (étrange, non ?). J'avais peur qu'on me prenne pour une sentimentale.
...
Tout le monde connaît Autant en emporte le vent, mais on ne serait pas pris au sérieux si on évoquait ce roman dans une soirée mondaine. Ça fait doucement sourire, on imagine la lectrice essuyer quelques larmes dans un mouchoir de soie rose et on est presque soulagé d'être soi-même épargné par ses épanchements romanesques.
J'avais vu le film, comme tout le monde. Je n'en garde strictement aucun souvenir, c'est donc presque ignorante que j'ai ouvert l'imposant roman : pour moi, il s'agissait simplement d'une histoire d'amour.
Simplement.
Ma naïveté est risible.

Tout démarre sous une véranda, en Géorgie. Une jeune fille aux yeux verts entretient la conversation avec des jumeaux qui lui font la cour.
Nous venons de faire la connaissance de Scarlett O'Hara et l'on sait de suite à quoi s'en tenir. La demoiselle rejette de la main toute allusion à la guerre qui semble se préparer; elle ne pense qu'à papillonner des yeux pour séduire les hommes qui l'entourent. Jeune fille prétentieuse, sûre d'elle, égoïste et capricieuse, elle sera plus d'une fois victime de son mauvais caractère et de ses colères si fréquentes. D'ailleurs, n'est-ce pas transformée en volcan en éruption qu'elle parle pour la première fois avec Rhett Butler (quelle scène !) ? On le dit paria, parce qu'il a résisté à la société bien-pensante, et que c'est une conduite inacceptable; mais, visiblement, il découvre en Scarlett une fougue incroyable, une tendance à penser à contre-courant, et ça le ravit. On le comprend; qu'une fille soit aussi jolie et tenace, c'est rare et précieux.
Pourtant, il n'est absolument pas question d'amour pour l'instant et comme je l'ai écrit plus haut, ce serait trop réducteur de n'évoquer que cet aspect-là du roman. En réalité, Autant en emporte le vent est à la fois une fresque historique par son ancrage total (et partial) dans la Guerre de Sécession, et une saga humaine à l'envergure époustouflante. Les deux pans sont indissociables, à tel point que le contexte historique et politique devient en lui-même un personnage central du roman; il s'agit de survivre le moins mal possible dans des terres jadis rassurantes, mais désormais touchées par le chaos et l'horreur de la guerre. C'est évidemment le genre de situation difficile pour tout le monde; mais la chute des grandes familles aisées n'en devient que plus dramatique. On grandit à l'abri des soucis, on regarde gentiment les esclaves s'épuiser dans les champs de coton. Tout semble acquis, les repas somptueux comme les toilettes habillées des femmes, les terres cultivables comme la bonne réputation des familles installées depuis plusieurs générations. Un univers intouchable, qui sera pourtant détruit par la folie humaine; mais n'est-ce pas dans les pires situations que l'on prouve réellement qui on est ?

Ce qui est passionnant dans Autant en emporte le vent, c'est la richesse et la variété des portraits érigés; l'âme humaine y trouve tant de représentations différentes qu'on cherche à comprendre chacun des personnages, qu'on s'attache nécessairement à eux. Tous m'ont paru intéressants, parce qu'ils apportent, chacun à leur manière, une vision particulière de la situation, et cette mosaïque de ressentis est admirablement conduite par la romancière. Il y a mille manières de réagir face à un événement quelconque; et cette réaction est forcément influencée par le vécu de la personne, par sa manière d'appréhender, de réfléchir, de vivre. Scarlett, par exemple, a un courage hors norme, presque vain; elle se bat contre des moulins à vent mais parce qu'elle n'a pas conscience de la taille réelle des obstacles, elle ne se laisse pas intimidée, s'élance; et réussit.
Je m'éloigne de ce que je voulais dire au début de ce paragraphe; pour essayer d'être simple, les portraits des personnages sont tellement empreints d'humanité et de crédibilité qu'ils m'ont poussée à lire ce roman comme si tout cela était vrai. Et bien que le duo Scarlett/Rhett (j'y reviendrai, n'ayez crainte) marque plus les esprits (à long terme), les deux passionnés ne devraient pas éclipser les autres personnages. Je ne vais pas tous les énumérer, mais je ne peux pas passer sous silence certains autres, parce que leurs attitudes et leurs choix importent beaucoup dans l'intrigue. La plupart d'entre eux cachent des fêlures ou des chagrins, qu'ils surmontent comme ils peuvent; il en est ainsi d'Ellen O'Hara, mère de Scarlett (et de deux autres filles) et épouse parfaite de Gérald. Ellen a beau se dévouer corps et âme à sa famille, sa maison, ses proches, une partie d'elle-même s'est éteinte dans sa jeunesse, avec le décès de l'homme qu'elle aimait. Il est douloureux d'imaginer la vie de cette femme, en apparence heureuse, mais amputée de ce qu'elle a eu de plus précieux dans son existence...
Mélanie et Ashley m'ont aussi paru bien moins fades qu'on ne pourrait le croire. Oui, Mélanie est la bonté incarnée (tout le long de la lecture, je pensais à ce détail dévoilé au début : son visage est en forme de cœur...), elle ne peut pas concevoir qu'un homme peut être uniquement mauvais. Sa générosité, sa sensibilité, sa candeur, sa bienveillance illimitées font de cette femme délicate une figure lumineuse et ressourçante pour tous ceux qui la côtoient. Elle n'en est pas moins dénuée de force et de courage, mais elle puise pour cela dans son trésor d'altruisme. Son mari Ashley est aussi autre chose qu'un homme confus et indécis. Je n'ai pas envie de tout dévoiler, c'est donc délicat d'en parler... Parce qu'il avait un choix à faire, il a fait celui de l'honneur, passant ainsi à côté d'une possible passion. Sagesse, droiture, un peu de sacrifice aussi... Ashley  portera toute sa vie le poids de sa décision, et sera prêt à souffrir silencieusement pour contenter sa femme (notamment quand il accepte de s'installer à Atlanta); oui, il restera fidèle à son choix, quel qu'en soit le prix.
J'en vois qui se demandent si ce billet aura une fin (je m'interroge aussi), donc je vais tenter d'avancer un petit peu. La galerie de personnages offre une telle mosaïque de sentiments et de possibilités que j'ai compati au sort de chacun, tout en appréciant la profondeur de ces portraits : je suis sûre qu'Autant en emporte le vent résiste à l'épreuve de la relecture, car son contenu est tellement foisonnant qu'on ne peut s'arrêter à tout lors d'une première lecture.

Tout ce verbiage pour en arriver ici - et là, je vais tenter d'être explicite : Ah ! Quelle peste ! Mais quel homme !
Tout est dit; pourtant, j'ai bien envie de bavarder encore un peu. Scarlett O'Hara est très difficile à cerner; on a peine à croire, parfois, qu'elle est aussi égocentrique et désintéressée par les bouleversements de la guerre. Et pourtant, c'est bien elle. Tout ce qui lui importe est de manger à sa faim, de porter des robes élégantes, d'attirer les regards et de ne surtout pas manquer d'argent. Evidemment, pendant la guerre, elle échoue sur tous ces plans mais elle est coriace, la petite, et ne s'avouera jamais vaincue. C'est une personne invivable, trop capricieuse pour mériter une quelconque indulgence. Là encore, elle réussit malgré tout l'exploit de ne pas se retrouver isolée; quelques personnes (dont Mélanie et la fameuse Mama) la soutiendront sans relâche.
Si Scarlett se contentait d'être impossible à vivre, ça serait encore supportable; mais pour elle, il n'existe aucune limite dès qu'il est question de ses propres intérêts. La morale ? Elle ne connaît pas. S'il faut piétiner le champ du voisin pour parvenir au but qu'elle s'est fixée, elle n'hésite pas une seconde; ce qu'elle ne remarque pas, c'est qu'elle détruit aussi le voisin.
Impitoyable, elle est faite pour s'entendre avec Rhett Butler. Homme volontairement exilé, il se moque ouvertement de toutes les convenances, quitte à paraître grossier. Entretenir une bonne réputation, si ça ne rapporte rien pour sa petite personne, ça lui parait futile. Il calcule tranquillement les intérêts qu'il a à côtoyer telles personnes, à telle période. Son sourire coquin (ah ! son sourire !) séduit les femmes et il use tellement de son charme qu'il finit toujours, lui aussi, par obtenir ce qu'il désire.
Scarlett et Rhett ne formeraient-ils pas le couple idéal ?
...
Leur relation, tout au long du roman, alterne les scènes d'entente et celles de conflits. D'ailleurs, ils ne peuvent pas se croiser sans que Scarlett ne sorte les griffes (elle est très chatouilleuse, il faut dire). C'est à la fois excessivement drôle et touchant; le lecteur perçoit toujours plus que cette idiote de Scarlett et ressent parfois du désœuvrement devant son absence totale de perspicacité et d'imagination.

« - Ce n’est pas très galant de votre part de ne pas penser que, moi aussi, je pourrais être blessée, dit-elle sèchement.
Il sourit.
- Vous, allons donc, je parie qu’un de ces jours c’est vous qui donnerez du fil à retordre aux Yankees.
- Je ne crois pas que ce soit là un compliment, déclara Scarlett d’un ton évasif.
- Non, ce n’en est pas un. Dites-moi, quand aurez-vous fini de chercher un compliment dans tout ce que disent les hommes ?
- Quand je serai sur mon lit de mort, répliqua Scarlett, qui sourit en songeant qu’il y aurait toujours des hommes pour lui adresser des compliments, à défaut de Rhett. »

Dans tout cela, qu'en est-il de l'amour ? de la passion ? Est-ce qu'on vibre avec les personnages, est-ce qu'on se sent lié à leur sort ?
Mais oui, mais oui. Je comprends votre impatience; mais comprenez-moi à votre tour : pouvais-je avouer dès les premières lignes que ce roman est intense, merveilleux, terrible, éprouvant émotionnellement ? C'est tout simplement superbe. Vous pouvez admirer ma capacité à écrire autant de lignes sans rien dévoiler, alors qu'il y aurait tant à dire ! J'ai été surprise, enchantée, apeurée, j'ai espéré et fulminé, j'ai eu le cœur serré, tant de fois... parce que c'est beau, entraînant, mais si douloureux, aussi.
Un soir, j'ai remarqué qu'il ne me restait plus que 200 pages à lire. Je me suis honnêtement demandée si je devais les lire ou non. Je pensais connaître la fin (et pour le coup, j'ai été aussi stupide que Scarlett !), ça me plaisait, je souriais. Mais...
Mais.

Autant en emporte le vent m'a paru contenir tellement d'émotions que j'ai terminé ma lecture retournée. Lisez-le. Oubliez mon déballage ridicule, ne craignez pas le nombre de pages; oui, ça impressionne, mais ça se dévore (le style est très simple) et vous regretterez même que ça soit aussi court. C'est un pur délice; et pour peu que vous soyez sensible aux variations des sentiments, vous succomberez. Ça a été mon cas; finalement, je suis une grande et incurable sentimentale.

Je ne peux pas conclure sans penser à Fashion.
Si elle n'avait pas été là, je n'aurais jamais lu Autant en emporte le vent cette année; je ne l'aurais peut-être même jamais lu. Quel dommage cela aurait été; alors, merci pour cette bonne influence !

« Mon enfant, c’est très mauvais pour une femme de connaître le pire de ce qui peut lui arriver, car, après cela, elle n’a plus grand-chose à redouter. Et c’est très mauvais pour une femme de ne plus rien craindre.
[...] Cette absence de peur m’a attiré pas mal d’ennuis et m’a coûté une bonne part de bonheur. Dieu veut que les femmes soient des créatures timides et apeurées, et il y a quelque chose de pas naturel chez une femme qui n’a pas peur… Scarlett, gardez toujours quelque chose à craindre, exactement comme vous gardez quelque chose à aimer… »

Posté par erzebeth à 09:45 - lecture - Commentaires [18] - Permalien [#]

Commentaires

    "oh non Ma'me Scarlett, pas les ouideaux!"
    J'ai lu le livre après le film, Scarlett et Rhett on pour moi les visagede Vivian et Clark, c'estun peu dommage. Mais ils ont tellement beaux!
    Quand je suis allée à New York, la chose que j'ai préférée, c'est que les gens me disent "Ma'am", je me prenais pour Scarlett. (Alors qu'en France, je pleure si ce n'est pas Mademoiselle, non mais)
    Sinon, je ne suis pas d'accord avec toi sur Ashley. Pour moi c'est un homme qui comprend trop tard qui il aime et qui fait souffrir une autre femme parce qu'il ne sait pas faire la différence entre désir et amour. Je ne le vois pas aussi plein d'honneur - disons, je ne trouve pas qu'il lui soit si difficile de le conserver. Un peu faux-cul, l'Ashley Wilkes, quoi!

    Posté par Mo, samedi 7 juin 2008 à 13:15
  • "Autant en emporte le vent" a été mon livre culte d'adolescence. Et que je dis culte, je n'exagère pas (J'aurais pu participer à un jeu télévisé sur le livre et le film... et je suis certaine que j'aurais gagné!!!). Je ne compte plus mes lectures et mes relectures. En fait, j'ai beaucoup aimé ton billet car il m'a fait ressentir à nouveau mes impressions premières sur ce livre, sur les personnages, que de trop nombreuses lectures m'avaient un peu fait oublier. Bien d'accord avec toi, même si il y a tout plein de pages, ça se lit tout seul!!!

    Posté par Karine, samedi 7 juin 2008 à 14:23
  • * Mo, j'adore ton allusion à la scène des rideaux ! Quant aux personnages qui ressemblent aux acteurs, ça ne m'a pas dérangée... même s'ils sont indissociables les uns des autres, j'ai réussi à dépasser ces images, et à me faire mon propre portrait des personnages...
    Concernant Ashley : pour moi, il a réellement aimé sa femme, ou du moins, sa compagnie était la seule qui pouvait lui convenir (jamais il n'aurait pu être heureux avec Scarlett, ils sont si différents ! leur aveuglement est d'ailleurs incroyable). Et je ne le trouve pas faux-cul, je pense qu'il reste fidèle physiquement à sa femme parce qu'il lui est inconcevable d'agir autrement. J'ai du mal à expliquer... Il a des principes, et il s'y tient. On sait aussi que ses yeux gris cachent quelque chose, dès le début. Il semble avoir renoncé à la passion, souhaitant juste une vie calme et tranquille. Son choix me paraissait presque courageux. Mais tout ça est tellement subjectif !

    * Karine, ce serait tout aussi intéressant que tu participes à ce genre de jeu télévisé aujourd'hui, pour savoir ce que tu as retenu ! C'est bien, d'avoir un livre-culte, je ne crois pas en avoir eu pendant mon adolescence, et puis, en l'occurrence, tu as choisi une pointure en matière de sentiments, c'est idéal pour rêver ! Je suis heureuse de lire autant d'enthousiasme

    Posté par erzébeth, samedi 7 juin 2008 à 18:28
  • Ah, quel bonheur de lire ton billet! Je suis entièrement d'accord avec toi pour dire toute la richesse de ce roman, injustement décrié en France (les anglo-saxons l'ont élevé au rang de chef-d'oeuvre il y a longtemps). Et je confirme qu'on peut le relire des dizaines de fois, on y trouve toujours quelque chose qui nous avait échappé. Sinon, pour Ashley, je crois que c'est un homme qui n'a pas su choisir et qui dans l'absolu aurait aimé avoir Mélanie ET Scarlett s'il n'était pas aussi profondément moral. Il sait que Scarlett "is trouble" mais il ne peut s'empêcher de la faire espérer (car il n'est pas net avec elle, toutes ses déclarations sur "vous êtes si forte, si courageuse, si belle, gnagnagna" entretiennnent chez elle le sentiment qu'il l'aime alors qu'en fait, comme le dit Mo, il la désire mais ne l'aime pas). C'est le personnage que j'aime le moins, Ashley, je le trouve lâche et un brin manipulateur. Ce qui est fou c'est qu'on lit 1200 pages d'une traite alors que l'héroïne est imbuvable (mais quelle énergie, ça force le respect!) Quant à Rhett, il est tout simplement sublime : la scène de l'escalier (magnifiquement reprise dans le film, qui est d'ailleurs mal adapté et fabuleux, je sais ça paraît bizarre mais c'est comme ça) est incroyable. (Je m'arrête là sinon, je vais en tartiner des pages...))

    Posté par fashion victim, dimanche 8 juin 2008 à 08:29
  • * Fashion, tu aurais pu tartiner des pages, ça ne m'aurait pas dérangée un seul instant, au contraire ! Pas étonnant que le roman soit mal considéré en France, notamment parce qu'on réduit cette fresque à une histoire d'amour à la Harlequin (j'exagère un peu, mais tu comprends l'idée) et parce qu'il y a aussi ses propos délicats sur l'esclavage, la condition des Noirs, etc... Tant pis ! Nous faisons partie des Happy few français qui aiment et comprennent ce livre !
    Ashley, lâche et manipulateur ? Oh, le pauvre ! Je crois que je n'arriverai pas à le défendre, mais il me touche. Il ne paraît pas très viril (surtout comparé à Rhett... mais qui peut prétendre lui arriver à la cheville ?), il passe à côté de sa vie, mais quand on y réfléchit, qu'aurait-il pu avoir de mieux ? Certainement pas Scarlett (ils ne se seraient pas supportés plus d'un mois, elle qui est répugnée à la vue d'un livre...); il a dû faire avec son époque, brisée par la guerre, le seul regret qu'il pourrait avoir est d'être passé à côté du bonheur alors qu'il était là, sous son nez, grâce à Mélanie et au petit Beau. Quant à faire espérer Scarlett, bon... elle n'est pas étrangère à ça non plus, hein ! A toujours vouloir lui soutirer des confidences... Non, j'aime bien Ashley, il est résigné, mal à l'aise dans sa vie, mais de toute façon il ne pourrait pas changer grand-chose, alors il fait comme il peut...
    Pour Rhett, nous sommes d'accord ! Je compte bien revoir le film, rapidement j'espère, et je verrai si la scène de l'escalier (ah !) est aussi réussie que dans le livre...

    Posté par erzébeth, dimanche 8 juin 2008 à 13:59
  • Tu me remets en mémoire les scènes de coquetterie de Scarlett ; c'est une lecture d'adolescence, je me souviens de la copine qui m'avait prêté les deux volumes pendant des vacances... et j'avais adoré (mais je ne l'ai pas relu depuis...)

    Posté par rose, dimanche 8 juin 2008 à 19:21
  • Rose, c'est si joli quand la lecture d'un livre se greffe sur des souvenirs précis de notre vie... Tu n'avais peut-être pas besoin de le relire, ce que tu gardes de ta première lecture suffit peut-être.
    Scarlett est plus que coquette, elle minaude sans cesse, tiens, d'ailleurs, pour le plaisir, un passage bien amusant que j'ai relevé :

    « Elle passa à ses oreilles les boucles en diamant qu’elle avait apportées de Tara et rejeta la tête en arrière pour juger de l’effet produit. Les boucles cliquetèrent d’une manière fort satisfaisante et Scarlett se dit qu’une fois en présence de Rhett il ne faudrait pas qu’elle oublie de rejeter souvent la tête en arrière. Le mouvement des boucles d’oreilles séduisait toujours les hommes et donnait aux jeunes femmes un air tellement spirituel. »

    Posté par erzébeth, dimanche 8 juin 2008 à 21:59
  • Quel magnifique billet, Erzébeth ! Je serais presque à deux doigts de vouloir relire ce roman...

    Avant de le lire, je m'attendais à une histoire d'amour. Une passion, mais juste cela. Et c'est vrai que j'ai été surprise de découvrir une véritable fresque sur l'Amérique de cette époque avec au centre cette magnifique (et triste...) passion ! C'est un roman vraiment très dense !

    Posté par Caro[line], lundi 9 juin 2008 à 20:19
  • Ah Scarlett... je vois que Fashion est encore responsable de cette terrible découverte : Autant en emporte le vent n'est pas un simple roman d'amour ! Comme toi, j'avais tendance à le classer du coté des Harlequins. Si Scarlett est ma petite favorite, Mélanie me touche beaucoup. D'abord, elle agace, puis elle émeut. Cette petite femme si courageuse, pas si belle, est aussi un superbe portrait !

    Posté par praline, lundi 9 juin 2008 à 20:38
  • * Caro[line], merci ! C'est curieux qu'on ait eu exactement les mêmes a priori, comme quoi, les grands esprits se rencontrent... Et je crois qu'on sera amenées, tôt ou tard, à rouvrir ce livre...

    * Praline, j'ai l'impression que Fashion lutte admirablement contre les idées préconçues, et en plus, elle y arrive !
    Je suis assez d'accord, pour Mélanie. Sa gentillesse absolue est parfois irritante (mais comment peut-elle trouver des excuses à tout le monde ?), mais elle prouve aussi à maintes reprises qu'elle n'est pas qu'un pot de miel, et qu'elle sait être brave quand il le faut.
    Par contre, que Scarlett soit ta favorite me surprend presque ! Je voudrais le même courage et la même force qu'elle, mais ensuite, elle est im-bu-va-ble !

    Posté par erzébeth, mardi 10 juin 2008 à 09:30
  • Je pense, aussi, que nos a-priori viennent de ce que tu disais, de l'image qu'a ce livre en France. C'est dommage ! Et oui, nous serons surement amenées à l'ouvrir de nouveau...

    Posté par Caro[line], mardi 10 juin 2008 à 10:52
  • dans mes bras ma soeurrrrrrrrrrrrrrrrrr!!!!
    tu sais bien que ma mère dit souvent qu'elle aurait mieux fait de me prénommer Scarlett (je vois pas du tout!!!) )))

    Posté par lamousme, mardi 10 juin 2008 à 12:51
  • * Caro[line], oui, c'est dommage, mais Mitchell n'est pas la seule à subir ça, tu remarqueras que quand on dresse la liste des 100 livres préférés des français, on trouve toujours Balzac, Proust, Zola... ce sont des noms plus respectables, qui en imposent alors qu'honnêtement, qui a lu La Recherche en entier ? Le classement serait plus juste si on trouvait des Marc Levy (hélas, mais c'est un fait), des Jane Austen (re-hélas ! ) et des Margaret Mitchell...

    * Lamousmé, ton prénom est ton prénom grâce à "Autant en emporte le vent" ?! Ça alors ! Tu es mille fois mieux que Scarlett, dis à ta mère qu'elle ne doit pas avoir de regrets !

    Posté par erzébeth, mardi 10 juin 2008 à 18:03
  • Comment ça "Jane Austen (re-hélas ! )" ?????? Quoi ????? Tu n'aimes pas jane Austen ???? Est-ce seulement possible ????


    (sinon, j'aime beaucoup le personnage de Mélanie, elle est très intéressante, la bonté et la bravoure à parts égales et une volonté sans faille)

    Posté par fashion victim, mardi 10 juin 2008 à 18:07
  • Quoi, tu ne le savais pas ? Je croyais que c'était désormais de notoriété public ! En effet, j'ai cette particularité d'être du sexe féminin et de ne pas aimer Jane Austen. C'est très rare. Mais je n'insiste pas, c'est le sujet de mon billet de demain, que-je-n'ai-toujours-pas-écrit, pfff.

    Et je suis heureuse de voir que tu aimes Mélanie ! Sinon, j'aurais cru à de l'acharnement contre le couple Oui, elle est très intéressante. Et j'aime imaginer qu'elle est moins aveugle qu'on ne le croit...

    Posté par erzébeth, mardi 10 juin 2008 à 18:14
  • Je n'ai pas lu "A la recherche..." mais je compte bien m'y mettre ! (C'est la lecture d'un livre sur Proust qui m'a donné envie.)

    Quant à Mélanie, je l'ai beaucoup plus apprécié après avoir lu "Le clan Butler", une pseudo-suite (en fait, c'est la vision de "Autant en emporte le vent" côté Butler, agrémentée d'une courte suite). D'ailleurs, si ça te dit, je peux te la prêter !

    Posté par Caro[line], mercredi 11 juin 2008 à 16:43
  • "Et j'aime imaginer qu'elle est moins aveugle qu'on ne le croit..." : à mon avis elle n'est pas du tout aveugle et elle sait très bien ce qui se trame entre Ashley et Scarlett mais c'est quelqu'un qui voit au-delà des apparences.

    Posté par fashion, mercredi 11 juin 2008 à 21:42
  • * Caro[line], bon courage pour Proust ! Je l'ai peu côtoyé pour l'instant, il m'a beaucoup plu, mais il reste un auteur difficile à lire.
    Quant à me prêter la pseudo-suite, que c'est gentil, merci !! Pour l'instant, je crois que je vais quand même m'en tenir à ce roman-là, et à la vision que j'en ai, je n'aime pas tellement ces suites/réécritures faites sans le consentement de l'auteur... Mais vraiment, merci !

    * Fashion, ça laisse donc croire que Mélanie était une vraie sainte !! Tu dis qu'elle voyait au-delà des apparences, ok... mais ce qu'il y a justement au-delà, ce n'est pas très rassurant non plus ! Ashley aurait pu succomber, et devenir le caprice de Scarlett. Quelle angoisse, chaque jour...

    Posté par erzébeth, mercredi 11 juin 2008 à 22:14

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