N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

dimanche 27 juillet 2008

Ne faites pas d'enfant

(et si c'est trop tard : bon courage)

« Quel homme eût été Balzac, s'il eût su écrire ! »

Ce n'est pas moi qui le dis (je maitrise très mal les temps du passé), mais un certain Gustave Flaubert; cette petite pique m'a toujours énormément plu.
Puisqu'il est de bon ton de parler de soi, sachez que Balzac et moi entretenons des rapports difficiles. Un jour, nous nous aimons (La Peau de chagrin, Le lys dans la vallée...); le lendemain, il m'ennuie au-delà du concevable (je lui en veux encore pour Eugénie Grandet). Mais je renonce difficilement, et je ne doutais pas qu'il pouvait encore me plaire. La preuve aujourd'hui même. Avoir fait des études littéraires et ne pas avoir lu Le père Goriot relevait du sacrilège.

Le Père Goriot
de ce cher Balzac
publié en 1835

Rastignac___Vautrin
Rastignac et Vautrin

« Ainsi ferez-vous, vous qui tenez ce livre d’une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : Peut-être ceci va-t-il m’amuser. Après avoir lu les secrètes infortunes du père Goriot, vous dînerez avec appétit en mettant votre insensibilité sur le compte de l’auteur, en le taxant d’exagération, en l’accusant de poésie. Ah ! sachez-le : ce drame n’est ni une fiction, ni un roman. All is true, il est si véritable, que chacun peut en reconnaître les éléments chez soi, dans son cœur peut-être. »

Tout le monde connaît l'histoire du Père Goriot, non ? Elle débute dans l'insalubre pension Vauquer, où vivent des personnages de milieux différents. Nous y croisons notamment les trois plus grandes figures du roman : Vautrin, un ancien forçat dont le pouvoir ne s'est pas amoindri, Eugène de Rastignac, un jeune étudiant ambitieux qui compte sur sa cousine pour avoir ses entrées dans le grand monde, et Goriot (croyez-moi, vous préférez ignorer son prénom), un vieil homme mystérieux qui reçoit des visites de dames superbes et qui, dans le même temps, réduit de plus en plus ses dépenses... Les commères de la pension y voient comme la preuve de ses mœurs légères, ignorant que ces deux femmes, si riches, sont en réalité les filles de Goriot...
Et, parce que Paris est décidément une petite ville, Rastignac va finir par rencontrer ces filles, à savoir Delphine de Nucingen et Anastasie de Restaud, et s'éprendre de l'une d'elles.

Pour éviter de trop me perdre dans des détails infimes, sachez seulement que Le Père Goriot évoque non seulement la paternité dans ce qu'elle a de plus terrible, mais aussi l'ambition démesurée des provinciaux qui veulent coûte que coûte obtenir une place dans la luxueuse société parisienne. De ce fait, ce roman est un peu un roman d'apprentissage, où Rastignac va devoir comprendre les codes de Paris pour se les approprier et ne pas faire de faux pas; Vautrin, qui s'attache immédiatement au jeune homme, lui prodigue des conseils fort précieux (et Balzac de sous-entendre merveilleusement que l'ancien forçat est plus attiré par les hommes que par les femmes...). La découverte des mœurs parisiennes est délectable et l'on suit avec plaisir les pérégrinations de Rastignac. Parallèlement (enfin, pas si parallèlement que ça), il y a donc ce fameux père Goriot, dont le comportement est troublant. On ne sait pas s'il faut s'émouvoir de ses sacrifices, ou le bousculer pour qu'il parvienne enfin à ouvrir les yeux. Ses filles le manipulent allègrement, sans aucun scrupule. Elles rêvaient d'être riches, et ne doivent leur réussite qu'à leur père. Pourtant, dès qu'elles se font un nom dans le beau monde, elles renient Goriot (à part quand un besoin pécuniaire se fait sentir, évidemment). Cette relation en triangle est épouvantable. Goriot dépose tous ses espoirs dans les mains de Rastignac, puisque celui-ci fréquente Delphine, et pourrait tenter de la raisonner, un peu... Cependant, Goriot ne se plaint jamais. Il est heureux de pouvoir tout sacrifier pour ses filles; ce dévouement absolu n'en est que plus tragique.

On croit toujours que Balzac sent la poussière, qu'il assomme ses lecteurs avec des descriptions de nappe à carreaux mais on ne trouve rien d'ennuyeux dans Le Père Goriot. Vous pouvez me croire. Dès le début du roman, le style est enlevé, captivant, drôle - si, je vous assure ! Balzac a de l'humour (il le prouve à maintes reprises dans ce roman) et semble totalement maitriser son histoire, au point qu'on s'y abandonne en tout confiance.

« Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l’intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. »

Pour ceux qui craignent un peu les classiques, celui-là ne m'a aucunement paru terne ou difficile. L'égoïsme des filles, l'ambition de Rastignac, l'amour et le dévouement de Goriot pourraient encore être d'actualité aujourd'hui. Balzac a certes ancré son histoire à Paris, au début du XIXe siècle, mais sa peinture des sentiments humains est toujours aussi juste et percutante. Je ne sais qu'ajouter; c'est un excellent roman dont on a tort d'avoir peur. Son humour, sa fantaisie (j'ai un faible pour Vautrin, grâce à qui je me croyais embarquée dans un grand roman à la Dickens, et tant pis si ça n'a rien à voir), sa cruauté entraînent le lecteur et le laissent pantois devant tant de souffle.

« J’entends dire autour de moi : Voilà une belle femme ! Ça me réjouit le cœur. N’est-ce pas mon sang ? J’aime les chevaux qui les traînent, et je voudrais être le petit chien qu’elles ont sur leurs genoux. Je vis de leurs plaisirs. Chacun a sa façon d’aimer, la mienne ne fait pourtant de mal à personne, pourquoi le monde s’occupe-t-il de moi ? Je suis heureux à ma manière. »

L'avis de Yue Yin qui a succombé elle aussi.

Posté par erzebeth à 10:01 - lecture - Commentaires [37] - Permalien [#]

Commentaires

    Bien d'accord ...

    ... avec toi! J'ai vraiment aimé "Le père Goriot"! Un livre terriblement émouvant qui m'a tirée quelques larmes ...

    Bravo pour ton blog! J'aime venir y faire un tour!

    Posté par Romanza, dimanche 27 juillet 2008 à 10:49
  • Tu m'as l'air entièrement du côté de Goriot, considérant comme lui ses filles comme des ingrates, mais sais-tu que certaines interprétations en font un père à la limite de l'inceste ? Je dis ça et en même temps, ces interprétations ne m'ont pas vraiment convaincue non plus, mais enfin Goriot agonisant abandonné de tous n'a pas vraiment réussi à m'émouvoir...
    Et c'est vrai que c'est tellement mieux de lire ces oeuvres dites classiques de son plein gré, qu'à l'école !

    Posté par Levraoueg, dimanche 27 juillet 2008 à 14:48
  • Ah le beau billet que voici! Oui, il faut lire Balzac, non il n'est pas ennuyeux pour un sou (et je ne crois pas du tout que la vision d'un Goriot incestueux soit opérante, on a vraiment l'impression que parfois les critiques ne savent pas quoi inventer pour faire du neuf au détriment de la lettre du texte, mais bon, c'est une autre histoire). As-tu lu Illusions perdues ? C'est un de mes préférés.

    Posté par fashion, dimanche 27 juillet 2008 à 15:55
  • Bonjour, mon amie.

    Oui !!!!!!!!! Vautrin et Dickens. Je n'y avais pas pensé mais maintenant... Tu es épatante !

    Parmi mes phrases préférées :

    « Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants. Ah ! mon ami, ne vous mariez pas, n’ayez pas d’enfants. ! Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort. Vous les faites entrer dans le monde, ils vous en chassent. »

    Mon expérience dans les maisons de retraite prouve que Balzac avait tout compris... et c'est pourquoi je garde mes ovules sous clef.

    Mon Balzac préféré, peut-être. Je l'ai lu au moins... je ne sais plus, mais souvent, pendant l'adolescence. Merci d'en avoir si bien, comme toujours, parlé - et avec humour.

    Posté par Holly G., dimanche 27 juillet 2008 à 16:37
  • J'aime beaucoup ton billet moi aussi. Je n'ai pas encore lu "Le Père Goriot", mais je crois que je vais le faire passer avant les autres Balzac qui attendent sur mes étagères.
    Par contre, j'aimerais bien que tu nous dévoiles le prénom de Goriot ;o)
    Et je n'ose pas trop l'écrire devant Fashion, mais j'ai lu des analyses de "La Chartreuse de Parme" qui parlent d'une relation presque incestueuse entre Fabrice et Gina (je suis sortie !!! ).

    Posté par Lilly, dimanche 27 juillet 2008 à 18:11
  • * Romanza, merci pour ce commentaire si gentil ! On va créer une ligue pour réhabiliter Balzac...

    * Levraoueg, je trouve que Goriot est un imbécile, mais quand on aime, on se trompe facilement... Son agonie est touchante, parce qu'elle révèle qu'il n'était pas dupe. Juste fou d'amour pour ses filles. Quant à l'inceste, je rejoins Fashion : on cherche la petite bête là où elle n'est pas...

    * Fashion, je n'ai pas encore lu "Illusions perdues", mais j'ai le livre... et comme je sais qu'on y retrouve Vautrin, ça me réjouit ! Surtout que je fais entièrement confiance au Label fashionesque

    * Holly, ça m'enchante de te voir par ici... Cette phrase que tu cites est cruelle, elle m'a marquée aussi. Elle contient bon nombre de vérités, oui. Les enfants ne s'encombrent pas des parents, ils sont parfois si peu reconnaissants...
    Je suis ravie que tu aimes ce roman, et en même temps, cela ne m'étonne pas un instant !

    * Lilly, je ne sais pas quels Balzac tu as la chance de posséder mais celui-ci est un excellent cru, à n'en pas douter ! Et le brave Goriot s'appelle Jean-Joachim. Je trouvais ça triste pour lui.
    Quant à "La chartreuse", je ne peux pas me prononcer, je ne l'ai pas encore lu... (d'ailleurs, pitié, n'en dites pas trop ! )

    Posté par erzébeth, dimanche 27 juillet 2008 à 19:55
  • Honte à moi, je n'ai jamais lu Balzac. J'en ai plein chez moi... mais je n'ai jamais osé les ouvrir de peur d'être assaillie par un genre de gaz soporifique en ouvrant les pages!!! Mais bon... ça a l'air pas mal. Peut-être, peut-être!!!

    Posté par Karine, lundi 28 juillet 2008 à 00:26
  • Ah Lilly, mais dans La chartreuse, ça se justifie! Gina aime un peu trop son neveu mais je ne crois pas qu'il se soit passé quoi que ce soit...

    Posté par fashion, lundi 28 juillet 2008 à 10:02
  • Encore un truc que j'ai lu à l'école, et que j'aurais bien du mal à ré-ouvrir, tellement je trouvais ça triste et les filles ingrates et tout et tout...

    Ceci dit, comme toi j'ai adoré La peau de chagrin et surtout Le lys... Donc, à mettre en réserve dans un coin de LAL, un soir d'hiver...

    Posté par Soeur Anne, lundi 28 juillet 2008 à 11:11
  • * Karine, la honte est un sentiment interdit par ici ! Balzac n'est pas dangereux pour la santé, et si tu commences par ce livre-ci, tu verras qu'il n'endort en rien !

    * Fashion, je te laisse sagement continuer ta discussion avec Lilly...

    * Soeur Anne, lire ce roman un soir d'hiver, tu es sûre que c'est le meilleur moyen pour ne pas être submergée par sa tristesse ?... Et puis, en fait, pourquoi insister alors que tu en gardes un souvenir si gris ? D'autres bons livres t'attendent, c'est évident

    Posté par erzébeth, lundi 28 juillet 2008 à 12:03
  • Lilly et Fashion, je vous suis pour les relations de la tante et du neveu... L'affection de Gina en est parfois gênante.
    Et pour Goriot ? Désolée, ce n'est pas mon préféré. Mais ai-je un Balzac préféré ? Le lys dans la vallée, peut être. Il m'avait bien fait rire celui là (et quelles métaphores ! Un vrai livre de galipettes )

    Posté par Galipaddicts, lundi 28 juillet 2008 à 20:52
  • Je vois que je en suis pas la seule à oublier de changer de pseudo... )))

    Posté par fashion, lundi 28 juillet 2008 à 21:16
  • * Pralinaddicts, je ne me souviens même plus l'humour du "Lys dans la vallée"... voilà un bon prétexte pour envisager de le relire un jour ! (et non, je ne dis pas ça pour les galipettes...)

    * Fashion, Caro[line] s'est elle aussi emmêlée les pinceaux par ici, c'est finalement amusant... (même si je ne vous confierai jamais mon blog si je pars en vacances ! )

    Posté par erzébeth, lundi 28 juillet 2008 à 21:39
  • Je n'ai jamais lu Balzac. À part un extrait du "Père Goriot" en 4ème, et cela m'avait bien plu .
    Mais je ne suis pas prête de me replonger dans la littérature française du XIXème siècle, tant j'ai d'autres projets de lecture...
    J'ose avancer également mais sans excuse possible à mes préjugés que j'ai peur d'ouvrir un Balzac.
    (Par contre, une évocation en amenant une autre, "Balzac et la Petite Tailleuse chinoise" de Dai Sijie est un chef-d'œuvre d'humour et au style maîtrisé.)

    Ne jamais faire d'enfants... je ne cesserai jamais de le penser, tant pour moi cela semble un acte égoïste (car n'est-ce pas égoïste de donner conscience au néant ?...) plus pulsionnel que réfléchi, et soumis aux normes morales sociales. Certains regrettent vite leur liberté d'antan. J'en ris .

    (Les piques de Flaubert sont toujours géniales. J'aime aussi comment il remonte les bretelles à Maupassant dans leur correspondance .)

    Posté par Esis, lundi 28 juillet 2008 à 22:02
  • C'est quoi cette histoire de pseudo ? (je suis une vraie commère, désolée)
    Fashion, tu me surprends très agréablement en admettant que Gina a des liens parfois gênants avec Fabrice (même si je ne pense pas une seule seconde qu'ils soient passé à l'acte).

    Sinon, Erzébeth, j'ai craqué pour "Le Père Goriot" pas plus tard que cet aprèm !

    Pour "Le lys dans la vallée", je ne me souviens pas non plus de galipettes, pourtant je l'ai vraiment aimé ! De toute façon, Balzac me donne toujours l'impression que je ne comprends rien de ce qu'il écrit...

    Posté par Lilly, lundi 28 juillet 2008 à 22:07
  • Ouh que vous me donnez envie, toutes ! Ouh que ça me fait plaisir en ces temps où rien ne me tentait vraiment dans la blogosphère. (En fait, quand on est dans cet état là, rien ne vaut les classiques, je l'ai expérimenté cet hiver avec "Le Conte de Monte Cristo" qui m'avait alors procuré un bonheur que peu de romans contemporains ont su me donner)
    A part ça, pas mal de critiques de cinéma avaient établi un rapprochement entre Rastignac et Chris Wilton, le professeur de tennis de "Match Point" de Woody Allen (j'adooore ce film). Donc, les classiques, la modernité, tout ça...

    Posté par Fantômette, lundi 28 juillet 2008 à 22:29
  • Ouh la! J'ai beaucoup aimé "Match point" mais je trouve Chris Wilton un peu fade comparé à Rastignac, non ? Il n'en a pas l'envergure même s'il a ce cynisme de celui qui veut réussir alors que rien ne l'y prédestine. Et il manque un peu d'intelligence aussi (il y a une part de chance dans la réussite de Chris Wilton). Non ?

    Posté par fashion, mardi 29 juillet 2008 à 09:35
  • Lilly, je suis ravie de te surprendre agréablement même si je ne comprends pas bien pourquoi...
    Erzébeth, surtout, n'hésite pas à me dire fermement quand il faut que j'arrête de monopoliser tes commentaires!

    Posté par fashion, mardi 29 juillet 2008 à 09:36
  • Franchement Erzébeth, tu m'épates ! Je n'imaginais que tu allais déclencher des passions pour Balzac comme cela... Moi mon rapport à Balzac est un peu compliqué. Le 19e français, c'est la lecture scolaire par excellence. On lit souvent Balzac en même tems que Flaubert qui est de loin mon chouchou comme on dit sur les blogs. Et puis il y a les auteurs fin de siècle que j'ai adorés un temps, et Maupassant que je n'ai vraiment découvert qu'en fac grâce à un prof passionné et passionnant et qui a alors été propulsé chouchou à son tour. Balzac je l'ai délaissé longtemps, puis j'ai cru le redécouvrir grâce à La peau de chagrin dont le début est très peu "balzacien", mais en cours de lecture même La peau de chagrin m'a lassée... Alors je ne sais plus. Il reste que ses personnages sont forts, qu'un Rastignac, on voit tous très bien ce que c'est, qu'il y a des adresses au lecteur sympathiques, voilà à peu près tout ce qu'il m'en reste avec cet adjectif "balzacien" qu'on colle souvent à une littérature sans originalité et passéiste. Evidemment des Balzac, il y en a plein que je n'ai pas lus, alors plutôt que de relire, peut-être que, moi aussi... Mais ça c'est le pouvoir magique d'Erzébeth !

    Posté par Levraoueg, mardi 29 juillet 2008 à 10:08
  • # Fashion : c'est bien intéressant ce que tu dis là parce que c'est une question qui me tracasse depuis longtemps. Certaines personnes semblent manquer d'intelligence et cependant ce sont de vils calculateurs, de formidables opportunistes qui savent "intelligemment" repérer la chance quand elle passe à leur portée... Il me manque un mot qui permettrait de distinguer l'intelligence et cette chose là. Euh...
    Ceci étant, Chris Wilton était parfois touchant dans son côté "petit garçon affamé devant les vitrines de Noël".
    Cela étant, il me tarde de rencontrer Rastignac (mais à Bayeux, blablabla...)

    Posté par Fantômette, mardi 29 juillet 2008 à 10:08
  • Fantômette, je trouve que tu as parfaitement raison et que certains ont l'intelligence de savoir être au bon endroit au bon moment. Une espèce d'intelligence spatio-temporelle en quelque sorte... ) Chris Wilton est un personnage intéressant parce qu'il évolue de manière assez inattendue quand même. Autant on voit tout de suite l'opportuniste qui couche pour arriver (et au début c'est vrai qu'il ressemble à un petit garçon émerveillé), autant le développement meurtrier m'a surprise, et notamment l'ardeur qu'il met à appliquer coûte que coûte son plan un peu foireux. Vraiment un film intéressant (le dernier de Woody à être si bon à mon avis, même si "Scoop" était sympa).

    Posté par fashion, mardi 29 juillet 2008 à 10:53
  • Ohlala, comment voulez-vous que je réponde à tout ça ! Je devrais juste lire vos échanges fort intéressants et me contenter de vous regarder

    * Esis, tu es pardonnée d'avoir un plan de lecture déjà établi, mais vraiment, un jour, il faudra y caser Balzac ! Je suis certaine que ça te plairait. Difficile de te conseiller un titre en particulier (je le connais bien trop peu) mais tu le rencontreras un jour ou l'autre, c'est certain !
    (je n'ai jamais lu Dai Sijie, apparemment il faudra que je répare ça !)

    * Lilly, cette histoire de pseudos est expliquée sur le blog de Zag... les Théières ont visiblement décidé d'y écrire un roman Harlequin !
    Alors comme ça tu as commencé à lire "Le père Goriot" ? Mais tu es merveilleuse !!

    * Fantômette, ça me fait excessivement plaisir que mon billet puisse te donner envie ! Les classiques sont des valeurs sûres, c'est vrai que j'aime aussi me tourner vers eux quand rien d'autre ne m'inspire... (et "Le comte de Monte-Christo" est sur mes étagères depuis dix ans, il faudra bien que je me lance un jour...)

    * Fashion et Fantômette, à propos de "Match Point" : c'est un film que j'ai vu au cinéma et dont j'ai malheureusement peu de souvenirs alors j'ai beaucoup de mal à cerner le parallèle Rastignac/Chris Wilton. Rastignac me paraît plus humain, non ? Wilton est un simple arriviste, qui veut simplement réussir et qui écrasera tout le monde pour ça. Rastignac me paraissait réellement touché par Goriot, même si son ambition ne faiblit pas pour autant.
    Fantômette, quand tu trouveras "Le père Goriot", j'espère que tu ne penseras pas trop au prof de tennis, je trouve que Rastignac y ressemble peu, du moins dans ce livre-là (je sais qu'on le retrouve ailleurs dans la Comédie Humaine).
    Et n'hésitez pas à continuer votre conversation, même si je peux difficilement m'y mêler !

    * Fashion, me plaindre de tes commentaires ? Tu es folle ! Au contraire, je savoure ! Alors continue sans problème

    * Levraoueg, je suis moi-même particulièrement surprise, mais c'est très agréable de voir que Balzac amène autant de commentaires, et de liens avec d'autres œuvres !
    J'avais peiné avec "La peau de chagrin", ce n'est qu'à ma 2e lecture du roman que j'ai enfin pu l'apprécier. Mais ce n'est pas toujours évident de persévérer... Je comprends tout à fait ta conception de l'œuvre balzacienne, à vrai dire je la partage aussi. Il a trop écrit, cet homme, c'est louche, et comment ses romans auraient-ils survécu aux affres du temps ? Pour moi, Balzac est le "pire" des classiques français, je crois. Toujours peur que ses livres soient recouverts de poussière. Alors que finalement, il y a un charme indéniable... On nous a trop parlé de Balzac pour oser croire les commentaires élogieux.
    Maupassant était mon chouchou, quand j'étais collégienne ! Quant à Flaubert... si tu es trop sensible, ne viens pas sur ce blog jeudi. Je risque de dire une ou deux méchancetés sur lui - alors que je l'adore aussi...

    Posté par erzébeth, mardi 29 juillet 2008 à 12:42
  • Je l'ai acheté, pas commencé !

    @Fashion : tu vénères Gina, donc je croyais que parler d'inceste allais déclencher une guerre effroyable ;o))

    Posté par Lilly, mardi 29 juillet 2008 à 13:11
  • J'en frémis d'avance ! Mais comme je suis curieuse...

    Posté par Levraoueg, mardi 29 juillet 2008 à 13:13
  • Lilly : je peux vénérer des gens pas très recommandables tout en sachant très bien qu'ils ne le sont pas, justement, recommandables... )) J'ai un vrai faible littéraire pour les figures de bad boys, les pirates, les ordures intelligentes et machiavéliques, les femmes retorses qui ont un cerveau et un ego surdemnsionné, et j'en passe... ))

    Posté par fashion, mardi 29 juillet 2008 à 16:45
  • * Lilly, tu l'as acheté ! (vu ton premier commentaire sur ce billet, je croyais que tu le possédais déjà). Je suis horriblement flattée que cette conversation t'ait donné envie de succomber !

    * Levraoueg, c'est Flaubert qui te fait frissonner ? J'espère que tu me pardonneras...

    * Fashion... ah, non, pardon, c'est à Lilly que tu parles
    En tout cas, je comprends ton goût pour les personnages tordus, machiavéliques, pour l'immoral et l'amoral, ça donne tellement de bons résultats, dans la littérature et au cinéma !!

    Posté par erzébeth, mardi 29 juillet 2008 à 17:24
  • mon premier com voulait dire que j'allais l'acheter et le mettre prio sur les autres Balzac. La clarté n'a jamais été mon fort...

    Posté par Lilly, mardi 29 juillet 2008 à 18:59
  • Et c'est tellement grave que tu pourrais avoir un gage pour ça !
    Ta phrase était claire, mais elle était compréhensible de différentes façons, voilà la petite confusion !

    Posté par erzébeth, mardi 29 juillet 2008 à 21:15
  • Lilly, non pas de galipettes dans le lys dans la vallée, tout est suggéré et les métaphores des bouquets sont souvent assez... explicites.

    Posté par praline, mercredi 30 juillet 2008 à 00:32
  • Praline, arrêête, ça me donne envie de le relire !

    Posté par erzébeth, mercredi 30 juillet 2008 à 17:05
  • A moi aussi ! Je suis vraiment naïve moi, je n'ai pas vu de galipettes dans les descriptions de bouquets...

    Posté par Lilly, jeudi 31 juillet 2008 à 18:51
  • Alors je commencerai par ce fameux Père Goriot, car c'est encore celui que je "connais" le plus, eu égard à l'extrait de 4ème, et à ta chronique !

    Posté par Esis, jeudi 31 juillet 2008 à 22:37
  • * Lilly, j'y vois la preuve de notre innocence. Praline a une âme beaucoup plus perverse que la nôtre

    * Esis, excellent choix ! Il y a des chances pour que tu ne le regrettes pas.

    Posté par erzébeth, vendredi 1 août 2008 à 11:40
  • Bonjour, cette lecture "forcée" du Père Goriot, je l'ai faite au Lycée en 2nde, c'était en 1978. C'était le premier Balzac que je lisais, j'ai adoré surtout comparé au Rouge et le Noir de Stendhal (toujours au programme de 2nde) et je n'ai jamais réussi à terminer. Rastignac est ambitieux mais il est malgré tout attachant (et oui). C'est un bon roman pour découvrir Balzac et reste très actuel.

    Posté par dasola, lundi 29 décembre 2008 à 16:37
  • Dasola, bienvenue par ici ! Je trouve aussi que "Le père Goriot" est une bonne introduction à l'œuvre de Balzac, même quand on est en 2nde... c'est un roman accessible, et passionnant. Par contre, ils ont été un peu plus cruels de mettre "Le rouge et le noir" au programme, pas le meilleur moyen de découvrir les classiques... enfin, je crois que ça n'arrive plus aujourd'hui !

    Posté par erzébeth, lundi 29 décembre 2008 à 18:40
  • Bon, je viens de finir "Le père Goriot" et pour tout dire, j'ai un peu la flemme de lire tous les commentaires. Que dire alors ? J'ai été captivée par l'histoire de Rastignac ( je comprends mieux les parrallèles établis au moment de la sortie de "Match point" de W. Allen), même si je ne crois pas qu'il faille le réduire à la fascination des provinciaux pour la vie parisienne. Il y est question du prix que nous sommes prêts à payer pour satisfaire notre désir d'élévation, quoi qu'on mette dans cette élévation là. Pour Goriot, je le dis tout net, cet homme-ci ne m'a pas une seconde émue. En revance, la dimension incestueuse me parait incontournable même si non agie. Goriot veut sentir les jupes de Delphine, il paie pour l'amant d'Anastasie... Tsss tsss... Comment pourrait-il s'entendre avec les gendres ? Il est dévorant, il achète ses filles, il... il finit par en délirer et mourir.
    Et pour finir (c'est grace à toi que j'ai lu le roman, je me lâche ! ), un bémol sur le rythme du livre que j'ai trouvé inégal. Des longueurs suivies d'impulsions. Soit.
    Ceci étant, j'ai très envie de lire "Illusions perdues" et "La femme abandonnée" !!!

    Ouf ! J'ai fini.

    Posté par Fantômette, samedi 17 janvier 2009 à 21:30
  • Ah mais je suis ravie que tu te sois lâchée, Fantômette, merci ! Et je suis contente que tu aies trouvé du positif dans ce roman, même si ce n'est visiblement pas non plus un coup de coeur... Je devrais déjà le relire, pour voir cet inceste latent, qui m'a un peu échappé - j'y voyais juste l'amour démesuré (et lamentable, quelque part) d'un père pour ses filles, parce qu'il n'a qu'elles au monde. Je suis naïve, hein.
    Et les "Illusions perdues", ah oui, lance-toi, et reviens ensuite ici pour m'en parler !
    Et merci d'avoir suivi mes conseils !

    Posté par erzébeth, lundi 19 janvier 2009 à 19:50

Poster un commentaire