N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

mercredi 22 avril 2009

A la fois consciencieuse et sans conscience

Je crois que je ne suis pas comme les autres. Voyez cela comme un avertissement pour ce qui suit...

Le liseur
de Bernhard Schlink (1995)
traduction de Benard Lortholary, Gallimard, 1996

http://4.bp.blogspot.com/_lDXqn9MNTj4/Rb4e8nu5yhI/AAAAAAAAAZo/SlBWqchlMmw/s200/le+liseur.jpg

Quand les hommes vieillissent, ils ont tendance à apprécier le charme des femmes (beaucoup ?) plus jeunes qu'eux. A l'inverse, quand ils sont dans cette période merveilleuse qu'est l'adolescence, ils fantasment plus facilement sur les femmes mûres. Non, je ne me lance pas dans la psychologie de comptoir et je trouve ce genre de clichés totalement ridicules, mais c'est la meilleure introduction que j'ai trouvée pour parler de Michaël, 15 ans, amoureux d'Hanna, 35 ans, dans l'Allemagne des années 50.
Ca commence mal, je sais - je parle du billet, quoique cela pourrait aussi s'adapter au livre du jour.
Michaël l'a rencontrée dans la rue; il était malade, elle a insisté pour le conduire chez lui, vérifier que tout allait bien. La semaine suivante, il revient avec un bouquet de fleurs, pour s'excuser, pour remercier. Pour dire qu'il aimerait bien la revoir.
D'après-midi en après-midi, leur liaison comble le jeune homme totalement fasciné par cette Hanna si particulière. Ils font l'amour, il lui fait la lecture. Elle ne l'écoute pas simplement : elle vit les histoires racontées, elle ressent intensément ces écrits imaginaires.
Puis elle disparaît, un jour, sans laisser aucune explication. Aucune raison.
Quelques années plus tard, il est devenu étudiant en droit. Un de ses professeurs organise son cours autour d'un procès qui a lieu dans la ville voisine : celui de cinq femmes jugées pour leurs actions pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elles étaient gardiennes d'un camp de concentration. Hanna fait partie d'elles et Michaël comprend enfin que si les juges l'accablent plus que les autres, c'est parce qu'elle ne dit pas tout. Son secret est pourtant la clé de nombre de ses actes...

Remarquez à quel point j'ai essayé de présenter le roman de manière factuelle, alors que j'ai eu envie plus d'une fois de digresser comme je sais si bien le faire. Le Liseur est un succès en librairie, sur les blogs, dans les bibliothèques. Il a même fait l'objet d'une adaptation cinématographique (dont la sortie a été reportée à mi-juillet, est-ce bien sage de me faire poireauter autant alors que la merveilleuse Kate a remporté l'Oscar pour son interprétation d'Hanna ?).
Si ce roman marque autant ses lecteurs, c'est sans doute grâce à son sujet hautement porteur (la Seconde Guerre Mondiale et ses acteurs, les préjudices portés à la civilisation allemande, l'éternelle question de la culpabilité...), mais aussi parce que ce roman est en partie autobiographique. Je l'ignorais avant de l'ouvrir mais je l'ai vite deviné; le texte souffre par moments de cette facilité d'écriture, de ce petit côté narcissique et plaintif qui déborde du roman, et qui le dessert.
Il faut dire aussi que la structure du roman n'est pas linéaire : quand Michaël écrit son histoire, il est un adulte qui revient sur son passé, parce qu'il a encore besoin de se questionner dessus. De fait, on a accès à ses souvenirs à travers le prisme des années, et il ajoute des réflexions personnelles, qui datent du moment de l'écriture; ce n'était pas toujours nécessaire même s'il faut reconnaître que certains problèmes soulevés sont loin d'être inintéressants. L'auteur veut clairement que le lecteur participe à son roman, qu'il n'en reste pas seulement spectateur, mais qu'il se penche au contraire sur le passé, qu'il médite lui aussi sur ces terribles notions de culpabilité, de responsabilité et d'humanité (le mot peut paraître étrange surtout quand il s'agit de Shoah, et pourtant : Hanna était humaine, normale, dans les bras de Michaël. Comment a-t-elle pu faire preuve d'inhumanité féroce quelques années auparavant, quand elle devait choisir qui allait mourir chaque semaine ?).
Hanna, justement, reste un personnage incompréhensible. Qu'est-ce qui la pousse à agir comme elle le fait ? Michaël n'en est pas moins cohérent, ou disons... "accessible". Je l'ai trouvé trop neutre, trop lisse, trop désengagé pour captiver suffisamment le lecteur. A un moment donné, il est question d'un témoignage écrit par une rescapée des camps, une jeune fille qui aurait côtoyé Hanna. Quand Michaël parle de ce livre, il écrit :
« Le livre respire cette anesthésie que j'ai déjà tenté de décrire. »
A mes yeux, c'est exactement ça, sauf que j'applique ce sentiment d'anesthésie au Liseur lui-même. Il a manqué quelque chose à ma lecture pour me faire vibrer, pour me toucher. Un zeste de sensibilité, je pense. Une meilleure écriture, aussi, plus travaillée. Là, je suis restée derrière la vitre, à regarder les personnages se mouvoir sans âme, sans ressentiment (ou presque). Je suis scandaleuse d'oser écrire ça mais loin de moi l'envie de dénigrer le roman; je suis au contraire fatiguée de ces gens qui prétendent avoir des avis meilleurs que les autres, des avis plus justifiés, et ceux qui pensent autrement sont des cons. Non.
Surtout que j'ai été touchée plus d'une fois (comment ne pas l'être, quand on découvre le récit de l'église...), et qu'Hanna reste un personnage très riche et captivant. Il y aurait tellement à dire sur elle...
J'ai juste été un peu gênée, comme si l'auteur se servait du terrible passé de son pays pour justifier ses questions sans réponses, ses tourments terriblement humains, son angoisse d'avoir mal agi. Des dilemmes très intéressants sont mis en avant, des sujets délicats sont abordés, oui, je ne nie pas l'aspect courageux de ce roman, aspect qui invite clairement le lecteur à approfondir l'analyse par lui-même.
Mon grand regret réside juste dans le fait qu'à mes yeux, Le liseur n'est qu'un simple roman, et non une rencontre bouleversante ou marquante.

Quand je lis les avis des autres, je suis presque déçue de n'avoir pas trouvé les mêmes qualités qu'eux :
Lilly, Levraoueg, Ys, Sybilline, Allie et Keisha proposent d'excellents billets élogieux.
Dans le clan des petites mitigées, on retrouve
Karine et Jules...

Posté par erzebeth à 09:15 - lecture - Commentaires [40] - Permalien [#]

Commentaires

    Les romans sur la guerre ne m'enthousiasment pas beaucoup d'habitude, mais là j'ai aimé cette histoire pour ce qu'elle dit du rapport à la lecture, ce qu'elle crée entre les deux personnages, et aussi Hanna, justement parce qu'elle est énigmatique : il ne la comprend pas donc ne peut pas donner d'explications, juste des suppositions...

    Posté par Ys, mercredi 22 avril 2009 à 09:27
  • Je comprends tout à fait ta critique... c'est un roman que j'ai abandonné très vite. Je ne sais pas si c'est le style de l'auteur ou la traduction, mais je trouvais le texte très fade...

    Posté par rose, mercredi 22 avril 2009 à 09:39
  • Je t'accorde que le style de Schlink n'est pas forcément remarquable.
    Pour le reste, je ne suis pas du tout d'accord avec toi, mais tu n'as pas à te justifier autrement que par les arguments que tu avances.
    J'ai découvert Schlink en cours d'allemand, avec une prof qui nous avait expliqué la position de ceux qui, comme Schlink, sont nés après la guerre, ou à la fin, et qui sont troublés par tout ces non-dits autour de leurs parents. En cela, la liaison Michael-Hanna me semble totalement justifiée, et pas du tout clichée.
    J'aime la froideur de ce livre, qui ne crée pas d'émotion artificielle, et qui offre une réflexion que l'on ne trouve pas souvent ailleurs.

    Posté par Lilly, mercredi 22 avril 2009 à 10:11
  • Je ne pourrai pas faire de commentaire éminemment intéressant parce que je n'ai toujours pas lu ce roman. Il est dans la PAL. Lui aussi. Tsss... Je rebondirai donc sur l'histoire des arguments et des avis : encore heureux que l'on n'aie pas à se justifier d'avoir un avis différent des autres! Il y a quelque chose qui commence à devenir assez pénible sur la blogosphère, ce côté "pardon de penser différemment", ou "je n'ai pas aimé ce livre, ça doit être ma faute, je suis passée à côté". Non. Chacun ses goûts, et d'une. Un livre apprécié par tout le monde n'est pas forcément génial, et de deux. Il n'y a pas de goût ultime et de personnes qui le détiendraient, et de trois. Je ne vois pas en quoi c'est blessant de lire une critique négative ou mitigée d'un livre qu'on a soi-même apprécié, et de quatre. C'était mon quart d'heure gronchon, et de cinq.
    (sinon, je reviendrai dire quelque chose d'intéressant quand j'aurai lu ce roman)

    Posté par fashion, mercredi 22 avril 2009 à 13:34
  • J'avais bien aimé, même si j'avais trouvé que l'auteur soulevait plus de question qu'il ne parvenait à en résoudre... Mais en même temps, face à ce sujet aussi délicat, face à ces incompréhensibles choix dûs à l'Histoire, peut-on réellement apporter des réponses ? Cela m'avait personnellement permis d'amorcer un début de réflexion sur la culpabilité individuelle et collective, mais il est dur d'essayer d'en tirer les conclusions quand on est finalement si peu directement impliqués dans des événements aussi dramatiques... Je comprends donc tout à fait ton point de vue. Je peux comprendre qu'on reste spectateur à l'histoire du roman sans parvenir réellement à s'impliquer...

    Et je rejoins Fashion : c'est vrai que c'est un peu pénible de lire toujours les mêmes avis ! ) Vive la diversité !

    Posté par Alwenn, mercredi 22 avril 2009 à 14:23
  • il est dans ma pal (avec les autres probablement en train de se reproduire en douce ) Le sujet est impressionnant et il est aussi parfois un rien décevant de se confronter à tant d'avis enthousiaste, vive la diversité des gouts et des avis

    Posté par yueyin, mercredi 22 avril 2009 à 15:33
  • Je l'ai lu à sa sortie, j'en ai gardé un bon souvenir, mais un peu embrumé... J'ai lu depuis Brouillard sur Mannheim (polar) et j'ai dans ma PAL le noeud gordien, on verra bien...

    Posté par freude, mercredi 22 avril 2009 à 16:33
  • L'auteur a un style d'écriture très rude et âpre qui donne à ses romans ce côté très froid et distancié ... Cela dit, tu as tout à fait le droit d'émettre des réserves sur un livre que tout le monde semble avoir apprécié ! Heureusement qu'il y a des lectrices comme toi pour dire que tu n'as pas accroché avec ce livre ... En cela, je rejoins totalement Fashion sur son quart d'heure grognon !!

    Posté par Nanne, mercredi 22 avril 2009 à 17:33
  • Ys, ta lecture m'a beaucoup plu, et ton billet soulève d'ailleurs de très bonnes questions, que mon esprit a effleuré en partie, mais sans approfondir... une rencontre manquée, en somme. Et ce qui a dû m'énerver, je pense, c'est qu'Hanna est bien plus intéressante que le narrateur, or c'est lui qu'on suit...

    Rose, difficile de trancher, mais je crois qu'à la base, l'auteur a quand même une écriture un peu... distante. Crois-tu que tu iras voir le film, malgré tout ?

    Lilly, ça a dû être très intéressant d'aborder ce sujet en cours d'allemand, et ce genre d'approche aurait peut-être influencé plus favorablement mon avis... Par contre, je ne voulais pas qualifier la relation des deux personnages de "cliché", mais c'est juste qu'à mes yeux, il n'y a pas d'amour.

    Fashion, tu me fais rire quand tu es grognon ! L'un des problèmes de la blogotruc, on le sait, c'est son ambiance consensuelle... Je suis assez d'accord avec ton commentaire, même si ce sont des vérités que j'oublie facilement. C'est bien que tu remettes les pendules à l'heure !
    (et lis au moins le roman avant sa sortie ciné ! You can do it. Si, si)

    Alwenn, je crois que l'auteur lui-même n'a pas de réponses toutes tranchées... Dans la première forme du billet, je disais que le personnage avait mal agi, à mes yeux, en ne dévoilant pas le secret d'Hanna. Et finalement, en y réfléchissant 2 secondes supplémentaires, je me suis dit qu'il était impossible de trancher aussi facilement, et que le respect de sa liberté individuelle est assez admirable malgré tout.

    Yue, ne te laisse pas trop impressionner par le sujet, vraiment, on suit ça avec un regard humain (celui du narrateur, donc), je veux dire, il ne se lance pas dans un immense procès existentiel, philosophique, politique, ça reste vraiment à taille humaine... Essaie de le lire quand même avant qu'il ne se reproduise avec n'importe quel autre bouquin, j'ai peur de la tête de leur descendance !!

    Freude, je ne connais pas du tout les autres livres de l'auteur... Le polar t'a plu ?

    Nanne, si Bernhard écrit toujours comme ça, ça ne me donne guère envie de persister...!
    Le fait de ne pas être d'accord avec tout le monde ne me dérange pas pour ce cas précis, ce qui me déçoit en revanche, c'est que j'étais persuadée de pouvoir aimer ce livre, je me sentais totalement dans sa "cible", et finalement... non. Mais après, on m'a déjà pardonné bien pire

    Posté par erzébeth, mercredi 22 avril 2009 à 20:59
  • Ecoute tu me fais plaisirs, car j'avais limite honte de ne pas ressentir cet immense élan qu'est censé provoquer ce livre ! J'attends le film avec impatience paradoxalement !

    Posté par Océane, mercredi 22 avril 2009 à 22:06
  • je ne lis pas encore, je fais mon billet dans les prochains jours... Mais moi j'ai aimé!

    Posté par Mo, mercredi 22 avril 2009 à 22:37
  • Bien aimé moi aussi, mais ma lecture date de loin... Je verrai le film avec plaisir.

    Fashion, pour rebondir sur tes propos, parfois vraiment on se flagellerait soi-même de ne pas vibrer avec un roman (par exemple avec le dernier de Powers ;o)) parce qu'on a aimé follement ses précédents
    Mais je crois (je prêche pour ma paroisse) que cette sorte de sentiment peut être "noble" si elle ne se réfère qu'à soi-même, et pas à l'entité de la blogolivres qui a, c'est vrai, tendance à dicter une loi.

    Posté par Cuné, jeudi 23 avril 2009 à 06:49
  • Cuné, je suis parfaitement d'accord avec toi : parfois on regrette de ne pas aimer un bouquin mais c'est parce qu'on entretient avec l'auteur une relation très personnelle, et cette réaction me paraît légitime. Par contre, quand c'est pour ne vexer personne, là, je dois dire que ça me gave un peu. )

    Posté par fashion, jeudi 23 avril 2009 à 09:19
  • Oui, il était pas mal et puis c'est assez rare les polars allemands, surtout écrits par des allemands (sinon il y a Kerr et Russel qui valent le détour).
    Et oui, je suis d'accord avec Fashion, chacun ses goûts. Moi par exemple, j'ai pas trop aimé la solitude des nombres premiers et je suis toujours incapable de rentrer dans Voyage au bout de la nuit...

    Posté par freude, jeudi 23 avril 2009 à 11:11
  • Je ne sais pas si je parlerais d'amour en effet, mais il y a ce lien impossible à briser entre eux. Sinon, fingers crossed pour aujourd'hui, moi j'ai préféré aller bronzer... ;o))

    Posté par Lilly, jeudi 23 avril 2009 à 13:11
  • Je n'ai pas lu ton billet dans son intégralité car il est dans ma PAL... j'ai juste noté une légère déception!

    Posté par Pimpi, jeudi 23 avril 2009 à 18:56
  • Océane, vraiment, avoir honte, ce serait dommage et inutile... On a bien le droit de se forger nos propres opinions ! (et moi aussi, je suis impatiente de voir le film, qui ne peut être que bon, puisqu'il y a ma Kate adorée !)

    Mo, je te lirai avec plaisir sur le sujet ! Et je n'ai pas totalement détesté non plus

    Cuné, je suis entièrement d'accord avec l'idée de déception personnelle - même si en fait, c'est l'auteur qui nous déçoit, et on n'y peut rien, quoi... Mais ça nous titille quand même, oui. Cette déception.

    Fashion, mais... tu trouves que je "m'excuse" dans mon billet ? Parce que ce n'est pas ce que j'ai voulu sous-entendre. Je voulais plutôt cibler les "hautes sphères littéraires" qui tiennent des blogs érudits et qui seraient du genre à nous casser du sucre si on n'aime pas ce genre de roman, en sous-entendant qu'on est trop "littérairement bas" pour en savourer le caractère exceptionnel. En gros.

    Freude, voilà, grâce à toi, je retenterai peut-être Sclink un jour !!
    "Voyage au bout de la nuit" a la réputation d'être très particulier, si le livre ne te convient pas, change d'horizon !

    Oh merde, Lilly, tu blagues ? Tu n'y es pas allée ? Et moi qui m'en voulais hier soir de ne pas t'avoir souhaité bonne chance...! Mais tu l'avais préparé, non ?
    Rah, zut. Tu sais, j'ai renoncé aussi. Ca m'aurait démoralisée.

    Pimpi, tu as bien raison de ne pas tout lire, il vaut mieux arriver le plus "intact" possible devant un livre. Mais je te souhaite d'aimer, en tout cas...

    Posté par erzébeth, jeudi 23 avril 2009 à 21:03
  • pfff mon comm n'a pas marché hier mais bon il était pas passionnant non plus, je disais juste que le liseur était dans ma pal et que je n'avais pas encore eu le courage de l'ouvrir pourtant il est tout petit... un de ces quatre surement, histoire de voir )

    Posté par yueyin, jeudi 23 avril 2009 à 21:28
  • Euh, je ne parlais pas de toi en fait Erzébeth, je me suis laissée emporter par l'élan de la conversation (j'en suis navrée) et c'était une généralité généralisante. Me pardonnes-tu de m'être laissée emporter chez toi ?

    Posté par fashion, jeudi 23 avril 2009 à 23:44
  • Bon, mon billet sera en ligne demain, je reviens lire le tien, et je ne suis pas d'accord, mais c'est pas grave. Je ne l'ai pas trouvé narcissique ou plaintif, j'ai aimé le style, c'est cette osrte "d'anesthésie" qui me bouleverse tant, et ce livre est une grande rencontre - pour moi!
    Mais, ouf, je peux te pardonner: tu aimes Hanna.

    Posté par Mo, vendredi 24 avril 2009 à 00:20
  • J'étais une des rares un peu mitigées, en effet... pas tant que ça mais quand même... un aspect de la relation ne m'avait pas du tout atteinte et Hanna, qui aurait pu être fascinante, m'est restée lointaine... Je vais quand même voir le film, juste l'idée de Kate Winslet dans le rôle me la fait apprécier davantage... je n'avais comme pas d'image!

    Posté par Karine :), vendredi 24 avril 2009 à 05:34
  • * Ma chère Yue, ton commentaire était bien passé, et j'y avais même répondu ! Toi aussi, tu as abusé de la sangria...?!

    * Fashion, tu es plus que pardonnée, d'autant plus que je suis d'accord avec tes propos. C'est bon de rappeler quelques évidences qu'on oublie parfois !

    * Mo, oui, j'ai vu que ton billet était en ligne, mon dieu, j'ai du retard de lecture, mais je vais bientôt venir lire ton avis, ça m'intéresse au plus haut point !

    * Karine, je crois que Kate Winslet nous ferait adhérer à n'importe quel personnage...! Et peut-être que le film convaincra les réticentes que nous sommes...

    Posté par erzébeth, vendredi 24 avril 2009 à 16:12
  • pff ouf je préfère ça, j'avais l'impression que ton blog m'en voulait personnellement, ça doit être la sangria tu as raison ))

    Posté par yueyin, vendredi 24 avril 2009 à 21:17
  • Préparé ? Non. J'avais prévu d'apprendre l'allemand la semaine dernière, mais j'ai dû faire un autre travail et lire Balzac. J'ai vraiment pris une année sabatique, j'ai honte...

    Posté par Lilly, vendredi 24 avril 2009 à 22:14
  • Yue, mon blog t'aime tout personnellement, il ne te fera jamais de mal, va !!!

    Lilly, tu me fais rire ! (moi aussi, il y a deux semaines, je me suis dit : "Tiens, je devrais apprendre quelques mots d'allemand". Puis j'ai comme... oublié...).
    Si tu pouvais te permettre ce genre d'année sabbatique, je t'interdis d'avoir honte ! Et tu as quand même bossé avec les cours, ça servira...
    Tu es inscrite pour conservateur territorial ?

    Posté par erzébeth, samedi 25 avril 2009 à 10:11
  • Je ne savais pas du tout que c'était autobiographique ! Personnellement j'ai lu Le liseur et son dernier roman et j'ai beaucoup aimé les deux, mais depuis je me demande ce qui manque à Schlink pour être vraiment un grand auteur, pour que ses livres puissent être estampillés chef d'oeuvre. Et je me dis qu'ils sont peut-être trop sous contrôle. Ce serait injuste de dire qu'il écrit avec sa tête, car je lui trouve une jolie sensibilité et ses romans m'ont beaucoup touchée, mais peut-être que ça ne déborde pas assez de quelque chose qui le dépasserait, ça ne sort pas assez du cadre, et ne laisse donc pas assez la place aux délires du lecteur. Mais c'est quand même très bien (je tiens beaucoup à terminer sur une note positive)

    Posté par levraoueg, samedi 25 avril 2009 à 11:33
  • Levraoueg, j'aime beaucoup ton analyse, et l'expression de "contrôle", cela rejoint mon propre ressenti, même si certains ont réussi à être bouleversés avec cette écriture-là... mais pour le coup, je le comprends très bien aussi. C'est vraiment loin d'être un mauvais roman ! (tu remarqueras, je suis positive à ma manière...)

    Posté par erzébeth, samedi 25 avril 2009 à 21:39
  • He bien, he bien... je viens de lire le billet de Mo.. et en effet, les avis sont pour le moins opposés! mais tout cela ne fait que me donner plus envie de le lire! )

    Posté par Choupynette, samedi 25 avril 2009 à 23:06
  • Choupynette, je raisonne facilement comme toi : un livre m'attire plus quand il ne fait pas l'unanimité totale et absolue ! Mais de toute façon, cela vaut vraiment le coup de lire "Le liseur"...

    Posté par erzébeth, dimanche 26 avril 2009 à 16:19
  • je l'ai lu il y a quelques années déjà et ce fut un coup de coeur pour moi mais comme le temps a passé, je ne pourrais rien dire de plus sur ton analyse. Je te rassure, souvent, je suis moi aussi à contre-courant...

    Posté par anjelica, dimanche 26 avril 2009 à 21:57
  • Ah oui, je suis aussi en osmose avec Fashion pour son quart d'heures grognon

    Posté par anjelica, dimanche 26 avril 2009 à 22:13
  • je l'ai lu il y a quelques années déjà et ce fut un coup de coeur pour moi mais comme le temps a passé, je ne pourrais rien dire de plus sur ton analyse. Je te rassure, souvent, je suis moi aussi à contre-courant...

    Posté par anjelica, dimanche 26 avril 2009 à 22:13
  • J'ai oublié de dire (et c'est de la plus haute importance!) que je suis d'accord avec Levraoueg: c'est un peu trop sous contrôle, un peu trop intellectuel. Schlink a brillammenbt analysé et présenté les choses, mais c'est un peu comme s'il se méfiait de ce que ses tripes pourraient lui faire écrire; alors il se surveille...

    Posté par Mo, dimanche 26 avril 2009 à 23:43
  • * Anjelica, je te sens mûre pour aller voir le film quand il sortira en salles ! Et il y a du bon dans le fait d'être à contre-courant, ça permet des échanges plus "dynamiques" autour d'une même oeuvre, et la discussion peut être enrichissante.
    Et Fashion a dit des choses très justes, oui !!

    * Mo, et bien, je suis surprise que tu aies ressenti cette retenue et que ça ne t'ait pas empêchée d'aimer (beaucoup) au final... Cette distance a beaucoup influencé mon avis global.
    Je crois justement que s'il avait été plus à l'écoute du sensible et de ses tripes, ça aurait été certes plus difficile à écrire, plus douloureux, mais le livre y aurait gagné, clairement. La littérature qui m'intéresse le plus vient justement des profondeurs.

    Posté par erzébeth, lundi 27 avril 2009 à 19:48
  • Je l'ai lu car beaucoup de gens en disaient du bien et j'ai vraiment pas aimé, je me suis ennuyée!

    Posté par emiLie, lundi 27 avril 2009 à 22:23
  • Emilie, j'ai une mémoire légèrement défaillante, je ne sais donc plus si je t'ai déjà souhaité la bienvenue par ici, ou pas...
    En tout cas, je vois que tu es encore plus radicale que moi ! L'écriture est tellement particulière qu'elle ne peut pas séduire tout le monde, c'est certain.

    Posté par erzébeth, mardi 28 avril 2009 à 14:28
  • Bon, après j'arrête de parler du Liseur, promis.
    En fait, j'aime beaucoup être impressionnée quand je lis un livre, et là c'était vraiment le cas; j'ai trouvé l'ensemble intelligent, brillant même, très fin, subtile, sur plein de questions passionnantes (la culpabilité, le nazisme, le choix, la liberté individuelle; l'amour aussi). Donc rien que ça, ça me plaisiat déjà beaucoup. Ensuite, j'ai été émue plus sans doute par cette légère distance du narrateur, par cette presque sécheresse, que s'il y avait plein de bruit et de fureur. Il manque peut-être un peu de tripes, mais c'est aussi beaucoup de pudeur. Et le personnage d'Hanna me bouleverse vraiment.

    Posté par Mo, dimanche 3 mai 2009 à 15:17
  • Mo, ne crois pas une seule seconde que je me lasse de tes commentaires sur "Le liseur" !
    C'est fou comme c'est subjectif tout ça (j'enfonce une énième porte ouverte, ich weiss...) parce que j'ai repéré les mêmes questionnements que toi, mais ils n'ont pas suffit à me "harponner" au récit. Ceci dit, je comprends entièrement qu'on soit marqué par cette lecture, et par Hanna... c'est une femme qui ne peut pas laisser indifférent, et j'ai justement trouvé que la fin était particulièrement dure à encaisser pour le lecteur.

    Posté par erzébeth, lundi 4 mai 2009 à 20:30
  • Style fluide, lecture facile mais pas inoubliable. Il anque un petit quelque chose, et j'ai été un peu gêné par la différence d'âge entre le garcon et la femme. Bref, j'ai été assez déçu par ce roman, même si je suis allé jusqu'au bout sans grande difficulté.

    Posté par Nicolas, mardi 23 juin 2009 à 21:52
  • * Nicolas, bienvenue par ici !
    Je comprends votre légère déception, je la partage. Ceci étant, la différence d'âge ne m'a pas choquée... je trouve que cela fait partie des "codes" initiatiques assez prisés dans les œuvres (films, livres, ...), sans doute aussi parce que cela s'inspire de la réalité.

    Posté par erzébeth, mercredi 24 juin 2009 à 20:26

Poster un commentaire