N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

mardi 14 juillet 2009

Je lis La Princesse de Clèves

En ce jour férié, chômé et payé, j'ai une pensée émue pour notre pauvre chef d'État qui, lui, est obligé d'aller s'afficher sur les Champs-Elysées dans une tenue bien trop chaude pour la saison.
Il n'a pas la vie facile.
Bien fait.

Pour lui, alors, ce billet :

La Princesse de Clèves
de Madame de La Fayette (1678)

http://4.bp.blogspot.com/_jPeUqgUIh84/SMZQorxFB4I/AAAAAAAACHU/6s3-vAetB6s/s320/cl%C3%A8ves.jpg

"Si vous jugez sur les apparences en ce lieu-ci, répondit madame de Chartres, vous serez souvent trompée; ce qui paraît n'est presque jamais la vérité."

J'ai eu la chance de découvrir ce texte pendant ma première année universitaire; c'est une chance car effectivement, il m'avait plu dès la première lecture, mais aussi parce que c'est un bonheur d'étudier un texte qu'on a aimé. On creuse, on gratte, on découvre des discours autres que ceux d'une lecture de surface.

Ici, la surface est déjà merveilleusement riche. Roman à l'allure historique, La Princesse de Clèves nous emporte dans la Cour d'Henri II, et plus particulièrement dans les années charnières 1558-1559 (charnières parce que nous sommes dans une période de fin de conflits, et parce que Henri II trouvera la mort en 1559, dans un épisode d'ailleurs conté dans le roman). Il serait absurde de nier que ce cadre historique est imposant dans le roman; il s'ouvre d'ailleurs sur une description de certains personnages importants de l'époque, au point que cela peut troubler le lecteur non averti. Je tiens à le rassurer : on peut bien patienter pendant dix pages, ensuite la future madame de Clèves entre en scène. Même si c'est cette dernière qui est mise en avant dans le titre du roman, ce n'est pas la seule histoire rapportée par madame de La Fayette, qui interrompt à plusieurs reprises son récit principal pour digresser sur d'autres intrigues amoureuses, et dresser ainsi un tableau plus ou moins complet de la passion à cette époque.
Car il est bien question de passion dans La Princesse de Clèves, de la première à la dernière page. Quand mademoiselle de Chartres apparaît pour la première fois à la Cour, les hommes sont en émoi; jamais pareille beauté n'avait flatté leurs regards. Mais la jeune fille n'est pas enclin à l'amour; aucun de ces comtes, de ces ducs, de ces chevaliers, ne fait frémir son coeur. Elle accepte toutefois d'épouser monsieur de Clèves, en sachant d'ores et déjà qu'elle risque de ne jamais l'aimer, mais elle saura respecter la bienséance en jouant les épouses tranquilles.
Tranquille, du moins, jusqu'à ce que monsieur de Nemours ne revienne à la Cour; c'est la passion immédiate, et réciproque.

"La passion de monsieur de Nemours pour madame de Clèves fut d'abord si violente qu'elle lui ôta le goût et même le souvenir de toutes les personnes qu'il avait aimées et avec qui il avait conservé des commerces pendant son absence. Il ne prit pas seulement le soin de chercher des prétextes pour rompre avec elles; il ne put se donner la patience d'écouter leurs plaintes et de répondre à leurs reproches."

Seulement, dans un univers où les intrigues amoureuses empoisonnent les relations et le quotidien, madame de Clèves refuse de céder à ce désir passionnel, sous prétexte de rester digne de son mari, de sa mère, et d'elle-même. Conception difficile à accepter pour le duc de Nemours, mais on ne peut aller contre le choix d'une femme aussi belle, aussi pure.

Ainsi, de fil en aiguille, nous suivons l'évolution de leur amour platonique et des dégâts qu'il parvient malgré tout à faire, car il n'est jamais anodin d'aimer hors des sentiers battus.
On pourrait donc croire qu'un seul sentiment amoureux peut difficilement être entretenu tout un roman, mais ce serait oublier à quel point un seul ressenti peut être décliné de mille façons différentes selon l'inclinaison de la personne (sérénité, inquiétude, appréhension de revoir l'être aimé et en même temps, volonté extrême de le croiser, etc...). Puis, comme je vous l'ai déjà dit, certains personnages racontent des histoires de Cour, arrivées plus tôt ou subsistant encore dans leur entourage, permettant ainsi à madame de La Fayette d'exprimer clairement son opinion sur la passion et ses ravages. C'est ainsi que s'illustre le mouvement précieux auquel elle faisait partie; je suis loin de maîtriser ce domaine de la littérature, faute d'avoir lu Clélie de Madame de Scudéry, où est créée la fameuse Carte du tendre qui décrit toutes les évolutions et tous les pièges du sentiment amoureux :

Carte_du_tendre

(cliquez dessus pour l'apercevoir plus correctement)

Je peux toutefois expliquer que la clé de voûte de la préciosité est l'amour, mais sa vision est généralement assez pessimiste. Madame de La Fayette, par exemple, pense que les amours ne se prolongent que dans la mesure où l'être aimé échappe. C'est une des raisons de la résistance de la princesse de Clèves : si elle cédait à Nemours, elle ne deviendrait qu'une vulgaire maîtresse, rapidement oubliée pour une autre. Ce qui fait vivre leur passion, c'est l'interdit.
Dans le roman, on semble aussi comprendre que tout mariage détruit l'amour entre deux êtres, parce que la passion ne peut s'épanouir ainsi au quotidien, et ce pendant des décennies. Vision sombre de l'amour, donc... Pourtant, monsieur de Clèves continue à aimer sa femme jusqu'à en mourir.

Il faudrait aussi que j'évoque mon plaisir de lecture, car il fut grand; quel bonheur de se plonger dans un roman aussi bien mené, où chaque phrase devient un petit joyau à part entière. Certaines formulations sont renversantes de beauté, de sensibilité, d'intelligence.

"Elle vit alors que les sentiments qu'elle avait pour [monsieur de Nemours] étaient ceux que monsieur de Clèves lui avait tant demandés; elle trouva combien il était honteux de les avoir pour un autre que pour un mari qui les méritait."

Ces amours tragiques sont si bien dépeintes qu'elles ne peuvent laisser insensibles.
Ma relecture a d'abord été entreprise dans une idée contestataire, mais j'ai vite oublié cet aspect-là pour me délecter de la beauté du texte et de sa force tragique. La Princesse de Clèves est un roman important dans l'histoire littéraire, parce qu'il a été écrit par une femme (mais publié de manière anonyme à l'époque), parce qu'il est considéré comme un pivot dans l'histoire du roman classique - car oui, nous avons bien là un grand roman moderne, éblouissant, qui mérite incontestablement d'être encore lu à notre époque.
N'en déplaise à Nicolas.

Karine, Emeraude, Pascal, Pitou, Yohan, Keisha et Rose en ont déjà parlé. Ils ont raison !

Posté par erzebeth à 09:32 - lecture - Commentaires [40] - Permalien [#]

Commentaires

    Un beau billet pour un roman assurément éblouissant. Je l'ai relu cette année (et fait lire aux Seconde), ce roman est un ravissement, et l'étude et la description de l'évolution des sentiments de la princesse est d'une incroyable justesse (ah, la scène du portrait dérobé, j'adore!). Ce qui me ravit c'est que par contestation, certains vont lire (ou ont lu) ce roman qu'ils n'auraient jamais ouvert sinon, et rien que pour ça, thanx Nicolas. )

    Posté par fashion, mardi 14 juillet 2009 à 09:48
  • Je l'ai justement acheté en bouquinerie cette fin de semaine (50 cents, ça ne compte définitivement pas!) et ton billet, que j'adore, me pousse définitivement à le lire au plus vite! Bon, j'ai encore 800 pages de David Copperfield à lire avant alors ça peut tarder un peu... mais c'est pour bientôt!!

    Posté par Karine :), mardi 14 juillet 2009 à 11:22
  • Encore un superbe billet, décidément tu écris magnifiquement, chapeau bas. Quant à la princesse, elle attend sagement dans ma PAL (ou TAL, nouvel acronyme inventé par mon mari = Tas A Lire !)

    Posté par bladelor, mardi 14 juillet 2009 à 11:47
  • Ah Nico, dans mes bras ! Quel regain d'intérêt pour ce livre depuis qu'il a sorti sa grosse connerie ! Ah lire tout plein de choses, on en oublie souvent l'essentiel (l'essence ?) : ces magnifiques romans si bien écrits et si forts.
    (Bon stop Nico, tu me lâches maintenant !)

    Posté par Ys, mardi 14 juillet 2009 à 12:15
  • Je n'ai pas encore lu La Princesse de Clèves mais j'ai bien envie. D'ailleurs, quand je serai Président de la République (interdiction de rire), je dirai beaucoup de mal d'un livre que j'aime. Rien de plus efficace pour le faire lire.

    Posté par Isil, mardi 14 juillet 2009 à 12:28
  • Honte à moi, je ne connaissais pas ce livre jusqu'à ce que vous parliez des fameux badges lors du marathon des mots à Toulouse... il a l'air vraiment bien, je le note donc

    Posté par Ankya, mardi 14 juillet 2009 à 12:57
  • Comme toi j'avais adoré le lire et l'étudier, ce roman n'a rien de vain ou de désuet, il est juste subtil. (la scène du portrait dérobé, oui, et la première rencontre, et la visite secrète de Nemours dans la retraite de sa bien-aimée...)

    Posté par rose, mardi 14 juillet 2009 à 16:03
  • Pour moi aussi c'est une lecture de fac. Pas vraiment étudié à l'époque, mais comme il avait été mentionné par un prof comme le 1er roman moderne, ça m'avait forcément donné envie. Je n'en ai pas gardé le souvenir d'un style incomparable, si (c'est ton petit passage sur la beauté de certaines formules qui m'intrigue) ? Sinon je me souviens seulement que cette princesse m'agaçait prodigieusement, si raisonnable, si vertueuse. D'ailleurs au début de sa relation avec de Nemours je ne croyais pas en ses bonnes résolutions. Enfin, tu viens de te joindre à Sarko, pour me donner envie de le relire. Peut-être pour fêter la fin de son quinquennat...

    Posté par levraoueg, mardi 14 juillet 2009 à 16:12
  • Dans mes bras)) Tu en parles très joliment, avec juste la bonne dose d'humour !
    C'est vrai qu'on se rends pas bien compte de son importance dans le contexte !

    Posté par Océane, mardi 14 juillet 2009 à 16:43
  • Euh

    Une injustice injuste est-elle une justice ?

    A part ça, je regrette bien d'avoir un p'tit coup de mou sur les "classiques" depuis quelques mois (depuis ma déconvenue avec "Bouvard et Pécuchet", en fait).
    Les classiques sont-ils des lectures d'hiver ? Voilà une question d'importance.
    Mais je tiens à dire que je me ricane comme une folle à la lecture du roman de Hugh Laurie (sorti en 1996, pour info), ce qui fait que ce n'est pas très grave si les classiques sus mentionnés attendent un peu.

    Posté par Fantômette, mardi 14 juillet 2009 à 19:02
  • Fantômette soulève une question de taille je trouve : les classiques seraient-ils une lecture d'hiver ? J'inclinerai assez dans ce sens... Il y aurait de quoi écrire un billet... )

    Posté par fashion, mardi 14 juillet 2009 à 19:35
  • Comment resister après un tel billet ? )
    Mais pas avant le dernier tome d'Harry Potter !!

    Posté par Caroline, mercredi 15 juillet 2009 à 08:48
  • Erzébeth, je t'adore!!! Merveilleux billet à lire un jeudi matin avec le café!!
    Et qu'est-ce que je suis d'accord avec toi! Ce roman, je le mets à la bibliothèque en coups de coeur systématiquement. Mon argument de "vente": la plus belle histoire d'amour de tous les temps. Et je le pense!

    Posté par chiffonnette, jeudi 16 juillet 2009 à 07:49
  • Comme j'ai fait des études non littéraires et que j'ignorais tout de la polémique avec Nicolas S., j'ai abordé ce roman en "lecteur naïf". Et j'ai adoré, il faut dire que j'ai toujours un coup de coeur pour les beaux styles , les histoires dans l'histoire, etc... Quel livre extraordinaire! et foin de toute polémique!

    Posté par keisha, jeudi 16 juillet 2009 à 11:42
  • * Fashion, est-ce que tes élèves ont aimé le lire ? Ma soeur (une pure scientifique) l'avait étudié au lycée, et elle avait adoré... Je pense que, bien amené par le prof, ce livre peut vraiment toucher un large public de jeunes.

    * Karine, tu as raison, allez, un livre d'occasion à ce prix, ça ne compte pas ! Et la lecture vaudra le coup, tu verras !

    * Bladelor, c'est vraiment très gentil, j'en rosis, merci !! Et ne laisse pas trop longtemps ce roman dans ta PAL...

    * Ys, tu es bien gentille avec Nicolas, tu parles de "sa grosse connerie" alors qu'il en a sorti plus d'une à ce sujet... Rendons à César ce qui lui appartient ! (et gardons nous les bons livres, tiens)

    * Isil, il ne suffit pas de dire du mal d'un livre, il faut aussi être détesté par ailleurs (sinon, tout le monde abondera dans ton sens quand tu diras quelque chose de négatif). En revanche, si tu essaies de faire lire au peuple Jane Austen, sache que je ne tomberai pas dans le panneau. Non, non.

    * Ankya, pas de honte, tu sais mille autres choses que j'ignore ! Tu verras, il se lit très, très bien...

    * Rose, exactement, c'est subtil ! Un délice. Et toutes ces scènes sont remarquables, quel style madame de La Fayette a déployé...!

    * Levraoueg, tu fais partie des optimistes qui pensent qu'après un quinquennat, on sera tranquilles ? Ah... le rêve ! Le fait que la princesse reste vertueuse est justement une illustration exemplaire du mouvement précieux, mais c'est difficile à percevoir si on n'a pas une édition annotée, préfacée (pour ça, le Livre de Poche a fait du bon boulot). Et je t'assure, si, que c'est merveilleusement écrit. Tu aimerais encore plus en le relisant aujourd'hui, j'en suis sûre !

    Posté par erzébeth, jeudi 16 juillet 2009 à 17:59
  • * Océane, tu es trop gentille, merci !! Parfois, le contexte illumine encore mieux les œuvres, leur donne une nouvelle profondeur non négligeable...

    * Fantômette, je répondrai "non" à ta question philosophique. Je ne trouve ça vraiment pas juste de ne pas pouvoir rentrer chez moi !
    Pour le reste, il va falloir trouver LE classique qui décoincera ta situation... hum... pas facile...
    (c'est une très bonne nouvelle pour le H. Laurie, ça va me donner envie de m'y plonger !)

    * Fashion, je te laisse écrire le billet toi-même ! J'aime bien cette question, en effet, mais je crois que quand on n'aime pas l'été, la compagnie des classiques reste agréable en cette saison. Tu vois, y'a de quoi débattre

    * Caroline, je t'adore, tu as tout compris à la situation ! Harry Potter avant toute chose !

    * Chiffonnette, ça fait plaisir de lire ton enthousiasme ! Oui, c'est une très belle non-histoire d'amour... je comprends que ça fasse partie de tes plus grands coups de coeur !

    * Keisha, cela prouve que le texte se suffit en lui-même, et ça me ravit que tu aies aimé ! Comme tu dis, le style est si beau, comment résister ?

    Posté par erzébeth, jeudi 16 juillet 2009 à 17:59
  • Un roman russe peut être ? Jamais lu de roman russe à part "Une journée d'Ivan Denisovitch" qui m'a fichu un cafard épouvantable et tenace.
    "Les frères Karamazov" ?

    Allez tiens, toutes les idées sont les bienvenues. Qui saura trouver THE classique qui me réconciliera avec les classiques ?

    Posté par Fantômette, jeudi 16 juillet 2009 à 19:44
  • Fantômette si tu veux lire un roman de Dostoïesvski, commence peut-être plutôt par "Crime et châtiment"!
    J'avais lu "La princesse de Clèves" en seconde... Je me souviens que j'avais eu de la peine pour elle, qui à cause de ce que ça aurait engendré, ne pouvait pas vivre librement son amour... et ce carcan m'avait bien révoltée, aussi... Faudrait que je le relise.

    Posté par kali, jeudi 16 juillet 2009 à 22:48
  • Ah, une autre adepte!!! Je crois que ma dernière lecture du roman remonte à une dizaine d'année, et à l'époque, mes amies me prenaient pour une folle d'aimer ce roman... depuis, j'ai découvert que je n'étais pas seule... ça fait du bien!!!

    Posté par Pimpi, jeudi 16 juillet 2009 à 23:06
  • Fantômette, Les liasions dangereuses ! Enfin je dis ça, mais personnellement je n'ai rien contre les romans russes ! Le danger avec Dostoievski c'est d'avoir encore un peu le cafard (mais je n'ai rien contre, c'est juste que pour se réconcilier...), alors je te recommenderais bien le dernier que j'ai lu (Anna Karénine) ou alors que dirais-tu du Docteur Jivago ? Et il paraît que Boulgakov est très bien, mais je ne m'y suis pas encore essayée...

    Erzébeth, pourquoi tu boudes ? Qu'est-ce qui se passe ???

    Posté par levraoueg, vendredi 17 juillet 2009 à 07:43
  • * Fantômette, tu es cruelle, j'ai dû lire deux romans russes dans ma vie... peut-être "Premier amour" de Tourgueniev ? Je ne m'en souviens plus trop, mais c'était joli (et fin : je ne crois pas que ça dépassait les 150 pages).
    Heureusement, les autres te conseillent aussi !

    * Kali, ta vision de la "Princesse de Clèves" me plaît énormément : je ressens la même chose à son égard. Ca m'a surprise de lire sur internet que le regard contemporain la voit un peu comme une gourde qui devrait franchir le pas, et basta...

    * Pimpi, c'est vrai qu'on se sent parfois seule quand on aime un livre boudé par notre entourage ! Mais en même temps, cette Princesse valait bien d'aller à contre-courant des autres

    * Levraoueg, je savais que tu pouvais conseiller Fantômette, c'est chouette !
    Et je boude juste parce que je suis une fille grognon pleine de courbatures à cause d'un kiné malveillant (oui, bon, il fait juste son travail, je sais !), tu vois, rien de grave !!

    Posté par erzébeth, vendredi 17 juillet 2009 à 09:00
  • Fantômette, si tu veux du russe, essaies "Anna Karénine", vraiment magnifique!
    Sinon, Zola peut-être? Ou "Les travailleurs de la mer", de notre cher Victor?
    Bonne lecture!

    Posté par Mo, vendredi 17 juillet 2009 à 09:41
  • Soyons fous Fantômette, Guerre et Paix, un pavé certes, mais très agréable à lire ! Et pitié, non pas premier amour, j'ai détesté ce livre lu en première en cours de français et pourtant j'aime les russes... mais les bons gros romans , 150 pages, c'est pas du russe pour moi, sauf si c'est du théatre... Au passage, génial Tchékov !

    Posté par freude, vendredi 17 juillet 2009 à 10:33
  • Je viens de découvrir le commentaire de Fantômette et je n'y avais jamais pensé... Les classiques une lecture d'hiver ? Maintenant que j'y pense, je me dis que oui. Et cela expliquerait que je délaisse ce cher Émile. Je crois que les classiques sont des lectures d'hiver et que nous lisons plutôt des sagas (Angélique, Harry Potter) l'été ! Je crois qu'il faut vraiment creuser le sujet.

    Et je proposerais bien à Fantômette d'essayer un Zola pour se remettre aux classiques. Sinon Jane Eyre ? (Tiens, d'ailleurs, tu en es où Erzébeth de Jane Eyre ? )

    Posté par Caroline, vendredi 17 juillet 2009 à 17:02
  • * Mo, c'est fort chouette, j'attrape moi aussi des idées au vol ! Je devais déjà lire "Anna Karenine", mais si tu cautionnes, que demander de plus ?

    * Freude, dis donc, c'est pas beau de dire du mal de Tourgueniev par ici ! Il faudrait que je teste le théâtre russe, tiens, bonne idée, je ne connais pas du tout...

    * Caroline, tu veux faire un billet sur le sujet ? Ca me plairait bien !! Je n'arrive pas à trancher... j'aime croire que les classiques peuvent traverser toutes les saisons !
    Sinon, Jane Eyre, dis-tu ? Connais pas )
    (non, en fait, je fais n'importe quoi, je lis peu, je me disperse, pas concentrée du tout, des "priorités" chamboulent tout... mais je compte bien le lire cet été, malgré tout !!)

    Posté par erzébeth, vendredi 17 juillet 2009 à 17:33
  • C'est bizarre que les cochons asiatiques soient noirs, non ! (oui je suis un peu fatiguée, mais j'ai quand même bien ri en lisant ton billet). Parfois j'ai des envies de campagne, d'une petite maison, d'un petit bout de jardin. Mais il me suffit de penser à une araignée pour changer d'avis, alors si tu me montres ce genre de monstre... déjà que j'ai peur des vaches ! Je ne pourrais pas vivre avec Georges. Tant pis, je te le laisse donc !

    Posté par levraoueg, vendredi 17 juillet 2009 à 19:00
  • Ah zut, je crois que je me suis trompée de billet pour écrire mon commentaire (quand je disais que je suis fatiguée !). Maintenant tout le monde va croire que c'est la Princesse que je traite de monstre !

    Bon je continue pour commenter le débat sur les classiques russes. Moi non plus je ne me souvenais plus trop de Premier amour de Tourgueniev jusqu'à ce que je le relise il y a peut-être deux ans et j'avais trouvé ça très glauque comme histoire. C'est terrible ce qui arrive au héros. Et je pense qu'on lit cette nouvelle à l'adolescence parce qu'on imagine une histoire romantique, mais ensuite quelle surprise !!! (bon j'en fais des tonnes, mais c'est pour tenter Fantômette)

    Posté par levraoueg, vendredi 17 juillet 2009 à 19:04
  • Ouh là ! Je vois que ça ferraille à fleuret moucheté à propos des Russes. Le problème c'est qu'une de mes cops rame et rame sur "Guerre et Paix" et qu'elle ne me donne guère envie. Pour Zola, non non non, je ne peux pas. Le roman social m'ennuie profondément (oui, j'ai un peu honte, mais pas trop quand même).
    Aaargh !! Que choisir ? Bon, en même temps, je ne suis pas pressée, j'attends l'hiver )

    Posté par Fantômette, vendredi 17 juillet 2009 à 21:11
  • "Anna Karénine", c'est vraiment mieux que "Guerre et paix"; pas toutes ces ennuyeuses batailles!

    Posté par Mo, samedi 18 juillet 2009 à 06:35
  • * Levraoueg, sache que tu me fais rire quand tu es fatiguée ! Et je suis comme toi, totalement répugnée par les bêtes de la campagne... vive la ville !
    Je ne me souvenais pas que "Premier amour" était aussi glauque, tu sais que tu vas réussir à me le faire relire ?!

    * Fantômette, l'hiver arrivera plus vite que tu ne le crois ! (je suis encourageante, n'est-ce pas)
    "Guerre et paix" doit effectivement être une sacrée lecture, rien que le titre paraît ennuyeux...

    * Mo, arrête de nous tenter aussi vilainement !

    Posté par erzébeth, samedi 18 juillet 2009 à 11:01
  • Un grand merci au petit Nico et chapeau bas pour ses malheureuses paroles qui auront permis à de nombreux lecteurs de (re)découvrir "La Princesse de Clèves", ce magnifique classique de la littérature ! Je serais bien aise que tout le monde en possède un exemplaire dans sa bibliothèque personnelle ... Même si la-dite bibliothèque se réduit à quelques harlequinades ;-D

    P.S. : j'ai prévu de relire ce chef d'œuvre pendant mes vacances !

    Posté par Nanne, samedi 18 juillet 2009 à 20:06
  • * Nanne, je crois que Nicolas le Petit serait pris de nausées devant nos bibliothèques, comment des gens sensés peuvent-ils lire autant, et parfois même des classiques, sans en être forcés ?
    Quelle décadence !!
    Je te souhaite une bonne relecture, et de bonnes vacances !

    Posté par erzébeth, dimanche 19 juillet 2009 à 10:43
  • Pour ajouter mon grain de sel à ce blog que je découvre avec ravissement, je suggérerais volontiers, en fait de classique, même pour les vacances, ce chef d'oeuvre qu'est "Manon Lescaut", capable de tenir tête à "La Princesse de Clèves" que j'aime aussi beaucoup!

    Posté par Mango, dimanche 19 juillet 2009 à 23:19
  • * Mango, bienvenue et merci infiniment pour cette entrée en matière qui me fait rosir !! En plus, tu cites un livre que j'adore... dans mon esprit, j'associe aussi "La Princesse de Clèves" à "Manon Lescaut", et tu fais bien de le citer, c'est un classique que j'avais étudié avec grand plaisir !

    Posté par erzébeth, lundi 20 juillet 2009 à 17:39
  • Pas d'accord pour dire que les classiques sont des lectures d'hiver !
    Et ton billet est merveilleux erzébeth, il donne envie de se ruer sur ce livre que je n'ai toujours pas lu...

    Posté par Lilly, mardi 21 juillet 2009 à 09:25
  • * Lilly, j'ai justement pensé à toi quand Fantômette a écrit ça, puisque je sais que tu aimes lire des classiques français au printemps... (et que tu lis des classiques tout au long de l'année, d'ailleurs)
    Merci beaucoup pour le billet, et oui, mademoiselle, c'est un livre à lire, indiscutablement !!

    Posté par erzébeth, mardi 21 juillet 2009 à 10:40
  • Je trouve que ton blog manque un peu de photo ! mais il est pas mal dans l'ensemble
    A+

    Posté par Léo, vendredi 24 juillet 2009 à 10:24
  • * Léo, bienvenue, et merci pour ces remarques qui ne manquent pas de pertinence (je ne sais jamais s'il y a trop ou pas assez de photos, c'est donc bien d'avoir un avis !) !

    Posté par erzébeth, vendredi 24 juillet 2009 à 18:22
  • c'est un très beau billet sur La princesse de Clèves que je viens moi même de terminer j'ai apprécié comme toi la finesse et les nuances de ce roman historique d'analyse. Je propose de le faire figurer en bas de mon article

    Posté par bénédicte, vendredi 11 mars 2011 à 12:52
  • j'en ai terminé la lecture ce week-end.. j'ai tellement adoré que je lis tout ce qui s'est dit dessus sur le blogs !
    http://www.comedieromantique.com/2011/11/07/la-princesse-de-cleves/

    Posté par Tonie Behar, lundi 7 novembre 2011 à 18:39

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