N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

lundi 28 septembre 2009

Les femmes qui ont une ombre finissent mal

Je me souviens être tombée amoureuse de la Russie pendant ma jeune adolescence; quelque chose, dans ces terres lointaines, froides, mystérieuses, m'attirait (et pourtant, je ne connaissais pas encore le goût de la vodka).
Je rêve de me balader sur les berges du fleuve Amour.
Je rêve de voyager en Transsibérien, en choisissant (tout comme pour la promenade au bord du fleuve) la personne idéale pour m'accompagner dans ce périple d'une semaine.

Je me souviens aussi d'avoir vu (et revu...) Le Barbier de Sibérie, film où une Américaine, en partance pour Moscou, rencontre dans son train un jeune officier répondant au nom de Tolstoï...
Elle manque de s'étouffer en lui demandant s'il est de la famille du romancier. Elle est en train de lire Anna Karénine.
Depuis, je voulais lire ce roman.

Anna Karénine
de Léon Tolstoï (1877)
ici : traduction de Sylvie Luneau, pour GF Flammarion (1988)
présentation en deux tomes qui dépassent les 1000 pages

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« Pourquoi souffrons-nous tous, quand tout pourrait être si beau ? »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire ou qui n'auraient pas eu la fin spoilée dans un des journaux d'Henry Bauchau (on sent le vécu, non ?), je vais tenter de faire mon possible en vous présentant ce roman. Hum.
Puisqu'il peut être intéressant de poser quelques jalons, sachez que l'histoire se passe sur peu de temps (deux, trois ans maximum), à la fin du XIXe siècle en Russie. Ne baillez pas; il s'est passé des choses passionnantes à cette époque-là, et dans ce pays-là.
Quoi ? me demanderez-vous.
Mais des histoires. Des histoires d'amour, vous répondrai-je (en espérant que personne ne rétorquera qu'on n'a pas attendu les années 1880 en Russie pour raconter, décrire, vivre l'amour; je manque d'arguments pour répondre).

Lévine est un propriétaire terrien épris de Kitty qui, elle, encore jeune, semble plus éblouie par le charme de Vronski, un officier sûr de lui et amateur de (belles) femmes.
Lorsque Lévine la demande en mariage, elle refuse; elle croit que, le même soir, Vronski va se déclarer. Or, celui-ci n'a jamais eu le moindre objectif marital. Encore moins depuis quelques jours : en arrivant à Moscou, il a croisé Anna Karénine. C'est le coup de foudre.
Anna Karénine est une beauté qui ne peut pas laisser indifférent; brune, pâle, gracieuse, enchanteresse, habillée des plus belles robes et rayonnant de bonheur, les hommes la convoitent et leurs femmes l'envient.

« La jeune fille sentait qu'Anna était parfaitement simple et ne cachait rien, mais qu'elle portait en elle un autre monde, un monde supérieur d'intérêts poétiques et complexes, qui lui était inaccessible. »
Mais elle n'est pas une menace en soi : cette beauté est mariée à Alexis Alexandrovitch, et a un enfant dont elle raffole.
Les femmes mariées ne commettent pas d'adultère. A part si leur chemin croise celui d'un élégant officier...

Le roman est ainsi construit sur deux intrigues différentes, rattachées l'une à l'autre par des ramifications communes (parmi lesquelles l'histoire de Dolly et de Stépane, ce dernier étant le frère d'Anna et son épouse étant la sœur de Kitty). A travers ces trois couples, Tolstoï dresse différents portraits de l'amour, et ces trois chemins, si différents, exploitent diverses faces complexes de ce sentiment troublant.
Anna, bien entendu, succombera à son attachement à Vronski, et partagera avec lui les meilleurs instants de sa vie - assombris, malgré tout, par le regard accusateur de la société, par l'absence de son fils (qu'elle n'a plus le droit de voir), par l'arrogance de son mari, qui refuse obstinément le divorce (« Je ne peux pas être malheureux, mais ni elle ni lui ne doivent être heureux ! »). Anna Karénine quittera le pays, y reviendra, tentera de renouer avec la société bourgeoise... mais sa conduite fait d'elle une pestiférée, une femme qu'on ne peut recevoir sous peine de se déshonorer soi-même.
L'histoire de Dolly et Stépane fonctionne comme un miroir inversé : ici, c'est l'homme qui trompe sa femme.
« Un bel homme de trente-quatre ans, sensuel comme il l'était, ne pouvait pas se repentir de n'être plus amoureux de sa femme, mère de sept enfants dont cinq vivants, et d'un an seulement plus jeune que lui. »
Sa conduite détruit Dolly, encore amoureuse de son mari; elle l'est tellement, d'ailleurs, qu'elle continuera d'accepter cette vie de mensonges, Stépane n'hésitant pas à la tromper à la moindre occasion. Il n'y a pas de problème : les hommes ont le droit.
Enfin, on retrouve Kitty et Lévine, qui se chercheront longtemps avant que la jeune fille admette que ce mariage, avec Lévine, pourrait bien être le plus grand bonheur de sa vie. Une fois que leurs retrouvailles sont soudées, ils forment un couple idyllique, chaque conjoint étant constamment soucieux des pensées de l'autre, espérant ainsi ne pas le froisser ni le blesser par une conduite hasardeuse. Les liens qui les unissent rendent leur histoire terriblement émouvante, attachante; même s'ils se rendront compte que se soucier en permanence du bonheur de l'autre est une tâche éprouvante.

« Maintenant tout va changer. C'est une sottise que de ne pas accepter la vie, que de vouloir renier le passé. Il faut lutter pour vivre mieux, beaucoup mieux... »

Tout ceci est vraiment une présentation grossière, car Anna Karénine ne pourrait être réduit à aussi peu d'éléments. Le roman est riche de descriptions de la société russe de l'époque, des conditions de vie des paysans, des bouleversements qui attendent le pays. Certains personnages sont aussi empreints de pensées philosophiques, Lévine en tête, qui est partagé entre une image très terrienne de la vie, et des considérations beaucoup plus profondes et vertigineuses, concernant la mort, le sens de la vie, l'intérêt de toute cette mascarade. En cela, je crois que Lévine est le personnage que j'ai le plus apprécié. C'est un humain conscient de ses failles, un homme d'abord étouffé par sa solitude et ensuite par un bonheur qu'il ne contrôle plus. Il vit au contact des paysans tout en cultivant pour lui-même une réalité plus riche que les apparences ne laissent supposer.
Evidemment, il n'est pas le seul personnage intéressant du roman; le grand talent de Tolstoï vient justement de sa peinture si délicate et si juste des sentiments humains, qui peuvent détruire un être à force d'être ressassés. L'évolution d'Anna, en particulier, est incroyable à suivre; d'abord intransigeante quant au fait de ne pas perdre son fils, elle sacrifiera cet amour maternel pour connaître le bonheur avec Vronski (elle dira d'ailleurs plusieurs fois : « je suis impardonnablement heureuse. »). Cet amour bouleverse parce qu'il est réel et parce qu'on sait qu'il ne pourra pas résister éternellement à la pression (extérieure, de la société, mais aussi intérieure, car Anna, au fil du temps, se ronge elle-même de jalousie). Il faudra trouver une solution, une échappatoire.

« Il veut me prouver que son amour pour moi ne doit pas entraver sa liberté. Mais je n'ai pas besoin de preuves, je n'ai besoin que d'amour. »

Contrairement à ce qu'on pourrait croire (= à ce que je croyais), le style de Tolstoï n'est pas obscur ni alambiqué; on se fait tout un monde de la littérature russe, mais je vous assure qu'ici, l'œuvre est entièrement accessible. Même les personnages, dont les noms sont parfois compliqués, restent clairement identifiables (Léon ne s'amuse pas comme son collègue Dostoïevski à rajouter des surnoms à rallonge aux différents protagonistes). De fait, rentrer dans l'atmosphère de ce roman se fait sans difficulté; il y a quelques passages languissants (j'avoue avoir moi-même sauté certaines pages consacrées à la chasse et à la politique) mais ils restent minimes. Le grand talent de Tolstoï est exposé dans la description de la nature humaine, de ses humeurs changeantes, des dilemmes que l'on peut vivre, soi-même, au cours de son existence. De ce côté, le roman atteint une telle profondeur que ça en est presque miraculeux. Et, quand on termine la lecture et qu'on retourne voir les premières pages, on est étourdis par l'évolution des personnages, les tempêtes qu'ils ont essuyées (tant bien que mal...). Ce vertige participe à la qualité du roman, qui sait être agréable de bout en bout. Malgré certains grands éclats de beauté, malgré la richesse de l'intrigue, Anna Karénine n'a pas su me toucher autant que je l'aurais cru; ou disons que le bouleversement que j'attendais n'a pas eu lieu. C'est un grand roman, oui, mais guère plus à mes yeux. Ce qui est déjà colossal.

« Ne vous dépêchez pas tant, dit-elle en pensée à un groupe installé dans une calèche traînée par quatre chevaux et qui, manifestement, partait s'amuser à la campagne. Le chien même que vous emmenez ne peut vous venir en aide. Vous ne vous échapperez pas de vous-mêmes. »

J'ai voulu par la suite tenter de regarder une adaptation cinématographique, celle où Anna est incarnée par Vivien Leigh. J'ai été incapable de m'intéresser au film (que j'ai arrêté en cours de route), tant les personnages étaient loin de ceux que j'avais imaginés. Et vouloir résumer ce grand livre en moins de deux heures, cela ressemble pour moi à du sabotage. Je crois ne plus avoir envie de regarder des adaptations de livres.

Ce qui n'est pas le cas de Levraoueg; totalement charmée par le roman, elle a continué en regardant une, non, deux, non, trois adaptations de ce roman au cinéma... Karine et Romanza ont aussi lu ce roman.

La lecture d'Anna Karénine entre :
- dans mon challenge blog-o-trésor, puisque ce livre est un des trésors de
Praline, de Romanza et de Virginie. Merci pour cette belle découverte !
- dans la lecture du club Lire et Délires (la rencontre a eu lieu samedi), où on avait pour thème la littérature classique. Tout un programme !
Anjie a lu
Tess d'Uberville de Thomas Hardy. Isabelle a lu La fortune des Rougon d'Emile Zola (vous trouverez son avis dans la deuxième partie du billet). Ankya a honteusement fait semblant de ne pas être concernée par le thème, sous le prétexte fallacieux qu'elle rejoignait le club pour la première fois (on réfléchit à un gage). Alors que, dans le même temps, notre expatriée adorée, Ofelia, a tenu à participer en nous présentant Les mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, et nous saluons son attitude bien plus consciencieuse que celle d'Ankya (et toc !) (vous remarquez comme je suis pour la paix dans le club).
Anne-Laure n'a pas réussi à terminer L'écume des jours de Vian; Bluegrey, absente, nous présente sur son blog A l'ouest rien de nouveau de Remarque. Choupynette vous dévoile les dessous de notre rencontre.

Posté par erzebeth à 09:00 - lecture - Commentaires [30] - Permalien [#]

Commentaires

    Je suis amoureuse de la Russie depuis toute petite, je ne sais absolument pas pourquoi (et je ne parle toujours pas russe, non mais vraiment), et mes séjours là-bas ne font que renforcer ce sentiment!!!
    Pour "Anna", une part de moi est plus que ravie que tu aies lu et aimé. Une autre un peu déçue que tu n'y aies pas trouvé le même éblouissement que moi... Tu me donnes envie de le relire, tiens, comme si je n'avais pas assez de livres en attente comme ça!

    Posté par Mo, lundi 28 septembre 2009 à 10:02
  • Tolstoï m'effraie. Sûrement parce-que, comme tu le soulignes si justement, la littérature russe, on s'en fait tout un monde. Pourtant, je lis (je dévore) Dostoievsky (oui bon, il ajoute effectivement des noms à rallonge à ses personnages et surtout, et c'est agaçant, il ne les appelle jamais pareil dans une même page, c'est déstabilisant et il faut s'y habituer) Je dois donne sa chance à Tolstoï qui donne plus dans le sentimental que Dostoievsky apparemment. Fyodor, lui, préfère s'attaquer aux fous et aux idiots.
    Il faut que tu lises "Crime et Châtiment" et j'accorde une chance à "Anna Karénine"

    Posté par Ofelia, lundi 28 septembre 2009 à 10:05
  • Tout comme toi, j'aime la Russie! Il y a des lieux comme ça qui nous évoquent des choses merveilleuses! La Russie, c'est la neige, les palais impériaux, les noms sublimes et la littérature! Aaah! La littérature russe ...
    J'ai eu la chance de voyager en Russie, à St Petersbourg en plein hiver .... Magnifique!!!
    "Anna Karenine" restera à vie un de mes romans favoris. Encore aujourd'hui, j'ai la sensation qu'Anna m'accompagne dans certains moments de mon existence.
    Je rêve depuis des années de me lancer dans "Guerre et paix", j'attends le moment parfait!
    Ouvrir de la littérature russe, c'est comme quand j'ouvre un auteur ou une ambiance que j'aime. Un vent violent rempli de neige, de froid, de légende, de palais, de Tchaikoski, de Prokoviev, vient m'envahir ...
    Un bonheur!!!!
    Merci de ce bel avis Erzébeth!!!!

    Posté par Romanza, lundi 28 septembre 2009 à 10:37
  • Je garde un souvenir marquant de cette lecture ! C'est vraiment un roman à lire !
    A la suite de ma lecture, j'avais visionné le film avec Sophie Marceau, et j'avais moi aussi été déçue.

    Posté par Karine, lundi 28 septembre 2009 à 10:39
  • Voici un livre que je n'ai jamais lu, mais dont tu viens de me donner l'envie de l'ouvrir. Je me promet de lire prochainement ce livre qui semble grandiose. Merci à toi (ma PAL te remercie aussi). Bisous

    Posté par Ellcrys, lundi 28 septembre 2009 à 11:01
  • Ah, me voilà ravie de lire cet avis ! Bon tu n'es pas passionnée par Anna, tu n'es pas encore tombée amoureuse, mais lis Guerre et Paix et là...
    N'empêche, je suis contente de te voir lire un auteur russe. Je trouve ces lointains cousins assez peu lus alors qu'ils offrent des pages de littérature absolument bouleversantes (je m'enflamme, sorry). Bref, très beau billet pour un très beau livre !

    Posté par praline, lundi 28 septembre 2009 à 12:49
  • Un jour peut-être, je n'ai rien contre...

    Je suis d'accord avec toi, on va réfléchir à un gage pour Ankya Non mais c'est quoi ces excuses 'bidons'

    Posté par anjelica, lundi 28 septembre 2009 à 13:30
  • tu racontes si bien l'intrigue ... j'ai beaucoup aimé ce roman et l'écriture de Tolstoï ... comme toi je n'ai pas ressenti de sympathie pour Anna

    Posté par Tiphanie, lundi 28 septembre 2009 à 14:03
  • J'avais lu l'avis de Romanza sur ce titre et je m'étais qu'il fallait que je me lance dans la littérature russe. Bon, je ne l'ai pas encore fait mais ça va venir.

    Posté par belledenuit, lundi 28 septembre 2009 à 15:33
  • Ah ! Tolstoï et "Anna Karenine", c'est tout un programme, tout un poème dont je n'ai jamais pu venir à bout ... Je ne me l'explique pas ! Autant j'ai adoré et étais emportée par "Guerre & Paix", autant celui-ci, ça ne passe pas ! Ne parlons même pas du film avec Sophie Marceau que je commence tout juste à apprécier (l'actrice) ... Un désastre !

    Posté par Nanne, lundi 28 septembre 2009 à 16:40
  • Ah j'étais sûre que c'était ça ton classique !!! Mais tu es indulgente avec Tolstoi, car en fait dans Anna Karénine il nous fait aussi le coup des noms compliqués. Chaque personnage a trois noms : par exemple Oblonski, Stepa et Stiva sont une seule et même personne (je dis ça de mémoire, alors j'espère que je ne me trompe pas !). En plus c'est drôle mais d'une traduction à l'autre, les noms ne sont pas traduits pareil (toi tu parles de Stépane). Lire ton billet a bien prolongé le plaisir que j'avais eu à lire ce roman. Dommage que tu n'aies pas adoré, mais bon...

    Posté par levraoueg, lundi 28 septembre 2009 à 21:00
  • Qu'est-ce que j'aime Tolstoï! Je lis moins de romanciers russes depuis quelques années mais j'ai dévoré ado!!
    Guerre et paix maintenant! Tu ne peux pas passer à côté de cette merveilleuse histoire d'amour!!

    Posté par chiffonnette, mardi 29 septembre 2009 à 08:58
  • Le coup des trois noms, ce n'est pas une méchanceté des romanciers russes, mais la coutume russe (un nom plus nom patronymique dans les situations formelles, et sinon toutes une variété de diminutifs, si bien qu'on ne vous appelle jamais par votre prénom, tout simplement...)
    Moi j'adore, ça renforce l'exotisme, mais c'est vrai que je suis portée à l'indulgence envers les Russes!!

    Posté par Mo, mardi 29 septembre 2009 à 13:02
  • Eh bien moi aussi j'aime la Russie d'amour, à tel point que j'ai appris un peu de russe dans mes jeunes années à la fac... ça fait 10 ans que je n'y ai pas retouché, mais j'avais teeeellement aimé ça...

    Comme Anna Karenine, que j'ai vraiment beaucoup aimé mais que j'ai lu il y a tellement longtemps que j'en ai oublié une grande partie... Guerre et paix m'attends sagement dans ma PAL...

    Posté par Pimpi, mardi 29 septembre 2009 à 19:22
  • * Mo, comment, tu es déjà allée en Russie ! Oh, il faudra que tu me racontes ça. Et tu sais, j'ai lu le second tome dans un train, le trajet durait 5h30 je crois, et en tout, j'ai dû lâcher mon livre 20 minutes... c'est que ça me plaisait quand même !

    * Ofelia, je t'avouerai que Tolstoï, ça se lit vraiment très facilement. On se repère vraiment facilement parmi les personnages (et ce livre-ci, oui, est très sentimental). Je lis "Crime et châtiment" à condition que je puisse tricher au prochain thème du club (je n'ai PAS de livre avec une ville dans le titre). Ok ?

    * Romanza, ton enthousiasme est superbe à lire. Comme je t'envie ce voyage à St Pétersbourg ! Je comprends qu'Anna soit un personnage qui t'accompagne, c'est d'ailleurs très beau de vivre une telle rencontre...
    Je crois que le "moment parfait", pour "Guerre et paix", tu dois le provoquer... sinon, on attend parfois longtemps...

    * Karine, comme tu dis, ça fait partie des oeuvres marquantes dans la vie d'un lecteur...
    Le film avec Sophie Marceau ? Je n'y pense même pas !

    * Ellcrys, ça me fait très plaisir d'avoir pu susciter cette envie de lecture, j'espère que tu seras conquise quand tu te lanceras !

    * Praline, "Guerre et paix" me fait vraiment peur, parce que moi, l'Histoire, les batailles... (je ne les supporte que chez Hemingway)
    Quant à la littérature russe, je crois juste qu'elle fait peur. Mais je promets de continuer dans cette voie, et de lire d'autres auteurs russes, ce serait trop dommage de passer à côté !

    * Anjelica, ce jour-là, tu verras que c'est moins ampoulé que Thomas Hardy
    Le gage, oui, il faut qu'on y cogite !!

    * Tiphanie, oh zut, on comprend que je n'aime pas Anna ? Mais j'ai aimé son portrait; sa force; les brûlures qu'elle s'inflige à cause de l'amour. Elle ne m'a pas "bouleversée", mais elle m'a beaucoup intéressée.

    * Belledenuit, si tu en as envie, c'est déjà un très bon premier pas ! Le reste suivra

    * Nanne, tiens, les deux livres sont si différents ? Voilà qui m'intrigue ! De toute façon, il ne faut jamais forcer la rencontre avec un roman...

    * Levraoueg, normalement, le classique devait être Flaubert (en soutien à la littérature française). Mais il m'a fallu pratiquement 3 semaines pour venir à bout de Tolstoï, et je n'avais plus le temps de lire Gustave...
    Oui, les personnages ont plusieurs noms, mais on arrive vraiment à suivre, à savoir qui est qui. Quand j'ai lu "Les démons" de Dostoïevski, il me fallait parfois des dizaines de pages avant de comprendre que deux noms différents renvoyaient à la même personne...
    Et tu sais, ces derniers temps, je m'enthousiasme moins facilement pour ce que je lis ! C'est dommage. Mais ça ne remet aucunement en cause le talent de Tolstoï...

    * Chiffonnette, j'aime bien les histoires d'amour (encore que, je sens que ça va mal finir !), mais le côté batailles historiques, beaucoup moins ! Ceci dit, si tu cautionnes aussi, je tenterai peut-être !

    * Mo, on a compris, tu es totalement amoureuse de la Russie. (tu as bien raison)
    Mais parfois, on a presque besoin d'un glossaire patronymique pour parvenir à suivre !

    * Pimpi, avoir appris un peu de russe, sache que c'est la classe absolue !
    Je crois qu'on va devoir se lancer dans "Guerre et paix", ou une partie de la blogoboule va nous conspuer

    Posté par erzébeth, mardi 29 septembre 2009 à 20:38
  • Puisque Mo frime, je crois que je peux me permettre d'en faire autant Donc moi aussi je suis allée en Russie (et en Ukraine aussi d'ailleurs). Mais j'ai eu la mauvaise idée d'y aller en été et il faisait vraiment très très très chaud. Etant donné le commentaire de Mo sur l'hiver (même si la neige c'est beau), je conseillerais donc une demi-saison !

    Posté par levraoueg, mardi 29 septembre 2009 à 20:55
  • Je te donne des idées si tu veux (pour le thème) car HORS DE QUESTION que tu triches. Non mais dis donc!

    Posté par Ofelia, mardi 29 septembre 2009 à 22:27
  • Ah, moi c'est à cause de Kundera que je connais la fin. Mais ça ne m'empêche pas d'avoir envie de le lire!

    Posté par Edelwe, mercredi 30 septembre 2009 à 17:56
  • * Levraoueg, tu as bien raison de frimer, c'est absolument génial de partir à la découverte de la Russie !
    Et je crois que tu as raison, il vaut mieux éviter l'hiver et l'été... il faudra que je m'en rappelle, le jour où je pourrai vraiment partir !

    * Ofelia, la triche fait partie de moi, tu sais. Elle imprègne chaque pore de ma peau (et j'aime ça).

    * Edelwe, c'est quand même terrible, ces auteurs qui ne savent pas tenir leur plume ! Mais ce n'est pas déplaisant de savoir; ça permet de mieux scruter l'évolution de la situation et puis, un bon livre doit pouvoir résister à ce genre de fuites sur l'intrigue...

    Posté par erzébeth, jeudi 1 octobre 2009 à 21:27
  • ppffff et mon lien à moi alors?
    bon, comme je te le disais, le film avec Marceau est bof bof, et on voit à peine Levine.
    Et celui qui joue Wronsky est bien Sean Bean aka Boromir!!!! Et il est plutot pas mal ))

    Posté par Choupynette, jeudi 1 octobre 2009 à 22:07
  • Je refuse de mourir avant d'avoir lu Tolstoï... mais je préférerais le découvrir avec "guerre et paix", je ne sais pas pourquoi. Une petite fixette de lectrice!
    Et puis d'accord avec Ofelia, tu DOIS lire "crime et châtiment"!!!

    Posté par kali, vendredi 2 octobre 2009 à 00:14
  • Moi j'ai nettement préféré "Anna Karénine" à "Guerre et paix". Trop de batailles, sans doute... J'ai été mins bouleversée; mais j'ai retrouvé la même finesse dans les personnages!

    Posté par Mo, vendredi 2 octobre 2009 à 14:13
  • bouhouhou je suis malheureuse, moi j'ai lu mla chartreuse de parme ! Si madame !!! j'ai fait mon devoir, qu'on ne vienne pas me dire que je tire au flan machn chose faudrait pas croire bon j'ai pas encore écrit de billet parce que écrire sur stendahl c'est comme euhhh écrire sur tolstoi tiens... sauf que tu t"en sors haut la main comme d'habitude bien sûr

    Posté par yueyin, samedi 3 octobre 2009 à 00:16
  • La Russie ne m'attire pas du tout (oui, oui, je sais, shame on me, tout ça) mais cela fait des siècles, à peu de choses près, que je veux lire "Anna Karénine". Sauf qu'à chaque fois que je me décide à l'acheter, la librairie ne l'a plus en rayon et je n'arrive pas à me dire que je peux aussi le commander. Tout ça n'a aucun intérêt ? Certes.

    Posté par Fantômette, samedi 3 octobre 2009 à 16:40
  • * Choupynette, j'acquiesce le choix de l'acteur pour Vronski, il fallait quelqu'un de séduisant, de toute façon. Mais ça ne m'étonne pas que ça ne soit pas à la hauteur...

    * Kali, les batailles, l'Histoire, Napoléon, ne te donnent pas envie de fuir en courant ?
    Et j'ai bien compris pour "Crime et châtiment", je remédierai à ça l'année prochaine...!

    * Mo, ça ne m'encourage pas à tester "Guerre et paix", dis donc...

    * Yue, tricheuse, écris-nous un billet ! Je suis s$sûre que tu as des tas de choses intéressantes à nous dire sur Stendhal ! Allez, on VEUT savoir !!

    * Fantômette, je trouve ça au contraire fort intéressant. En plus, il est souvent vendu en deux tomes, et je ne sais pas pour toi, mais ça a personnellement le don de m'agacer. Tu finiras bien par tomber dessus, va...

    Posté par erzébeth, samedi 3 octobre 2009 à 21:09
  • C'est marrant, moi aussi je me suis mise aux russes, mais j'ai choisi Boulgakov, ce qui est une idée curieuse, parce que "Le Maître et Marguerite" est vraiment un drôle de bouquin, sans doute moins pour moi que Tolstoï. Et je te rassure, quand ce n'est pas Henry, quelqu'un d'autre se charge de spoiler la fin d'Anna Karénine. Il faut absolument que je le lise !

    Posté par Lilly, mardi 6 octobre 2009 à 10:45
  • * Lilly, je suis bien contente que tu aies commencé par Boulgakov, il fait partie des auteurs que je devrai découvrir un jour ou l'autre, et tu essuies les plâtres à ma place
    "Anna Karénine" pourrait bien te plaire, oui.

    Posté par erzébeth, mardi 6 octobre 2009 à 20:43
  • Ce roman a carrément marqué mon adolescence... j'ai adoré, vraiment!!! Bon, les divagations sur les paysans russes, un peu moins... mais il faut que je relise!!!

    Posté par Karine, vendredi 9 octobre 2009 à 22:03
  • * Karine, je suis sûre que j'aurais été plus marquée encore en le lisant plus jeune, mais je suis une paresseuse de la lecture
    Le relire, je trouve que tu as une bonne idée !

    Posté par erzébeth, samedi 10 octobre 2009 à 15:04
  • pataphysique

    Commentaire du commentaire ou du livre; Ce qui manque dans ton commentaire par ailleurs très bon c'est juste pour moi la présence de la nature où en parvenant à ne faire plus qu'un on échappe à la solitude et finitude humaine(j'ai adoré le passage où Lévine avec les autres paysans fauche et c'est un moment des plus heureux de son existence)ensuite l'amour, la passion avec sa femme au fond semble vite ne plus l'exalter et se transforme très raidement en amour matrimonial chrétien Kitty est une femme pratique sans angoisse métaphysique. Lévine lorsqu'il rencontre Anna en tombe amoureux mais il résiste au vertige. Anna est peut-être le double de Tolstoï comme Madame Bovarie celui de Flaubert, un danger auquel il a échappé: chercher dans la passion amoureuse une transcendance. Kitty (comme sa soeur-quelle bonne éducatrice!- et Anna avec son fils) échappe à sa solitude avec son enfant, Lévine dans son devoir de les protéger ne trouve pas vraiment de sens à sa vie,sa femme par son amour l'apaise et l'adoucit mais il est en quête de Dieu qu'il trouve en lui par l'abolition de l'égoïsme et la connexion à l'humanité dans la volonté de faire du Bien et l'amour de son prochain.Importance des problèmes sociaux et du paysan russe car c'est ce qui relie les hommes entre eux et à la terre, c'est très bouddhiste...

    Posté par Floflo, mardi 1 février 2011 à 10:49

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