N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

lundi 28 septembre 2009

Les femmes qui ont une ombre finissent mal

Je me souviens être tombée amoureuse de la Russie pendant ma jeune adolescence; quelque chose, dans ces terres lointaines, froides, mystérieuses, m'attirait (et pourtant, je ne connaissais pas encore le goût de la vodka).
Je rêve de me balader sur les berges du fleuve Amour.
Je rêve de voyager en Transsibérien, en choisissant (tout comme pour la promenade au bord du fleuve) la personne idéale pour m'accompagner dans ce périple d'une semaine.

Je me souviens aussi d'avoir vu (et revu...) Le Barbier de Sibérie, film où une Américaine, en partance pour Moscou, rencontre dans son train un jeune officier répondant au nom de Tolstoï...
Elle manque de s'étouffer en lui demandant s'il est de la famille du romancier. Elle est en train de lire Anna Karénine.
Depuis, je voulais lire ce roman.

Anna Karénine
de Léon Tolstoï (1877)
ici : traduction de Sylvie Luneau, pour GF Flammarion (1988)
présentation en deux tomes qui dépassent les 1000 pages

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« Pourquoi souffrons-nous tous, quand tout pourrait être si beau ? »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire ou qui n'auraient pas eu la fin spoilée dans un des journaux d'Henry Bauchau (on sent le vécu, non ?), je vais tenter de faire mon possible en vous présentant ce roman. Hum.
Puisqu'il peut être intéressant de poser quelques jalons, sachez que l'histoire se passe sur peu de temps (deux, trois ans maximum), à la fin du XIXe siècle en Russie. Ne baillez pas; il s'est passé des choses passionnantes à cette époque-là, et dans ce pays-là.
Quoi ? me demanderez-vous.
Mais des histoires. Des histoires d'amour, vous répondrai-je (en espérant que personne ne rétorquera qu'on n'a pas attendu les années 1880 en Russie pour raconter, décrire, vivre l'amour; je manque d'arguments pour répondre).

Lévine est un propriétaire terrien épris de Kitty qui, elle, encore jeune, semble plus éblouie par le charme de Vronski, un officier sûr de lui et amateur de (belles) femmes.
Lorsque Lévine la demande en mariage, elle refuse; elle croit que, le même soir, Vronski va se déclarer. Or, celui-ci n'a jamais eu le moindre objectif marital. Encore moins depuis quelques jours : en arrivant à Moscou, il a croisé Anna Karénine. C'est le coup de foudre.
Anna Karénine est une beauté qui ne peut pas laisser indifférent; brune, pâle, gracieuse, enchanteresse, habillée des plus belles robes et rayonnant de bonheur, les hommes la convoitent et leurs femmes l'envient.

« La jeune fille sentait qu'Anna était parfaitement simple et ne cachait rien, mais qu'elle portait en elle un autre monde, un monde supérieur d'intérêts poétiques et complexes, qui lui était inaccessible. »
Mais elle n'est pas une menace en soi : cette beauté est mariée à Alexis Alexandrovitch, et a un enfant dont elle raffole.
Les femmes mariées ne commettent pas d'adultère. A part si leur chemin croise celui d'un élégant officier...

Le roman est ainsi construit sur deux intrigues différentes, rattachées l'une à l'autre par des ramifications communes (parmi lesquelles l'histoire de Dolly et de Stépane, ce dernier étant le frère d'Anna et son épouse étant la sœur de Kitty). A travers ces trois couples, Tolstoï dresse différents portraits de l'amour, et ces trois chemins, si différents, exploitent diverses faces complexes de ce sentiment troublant.
Anna, bien entendu, succombera à son attachement à Vronski, et partagera avec lui les meilleurs instants de sa vie - assombris, malgré tout, par le regard accusateur de la société, par l'absence de son fils (qu'elle n'a plus le droit de voir), par l'arrogance de son mari, qui refuse obstinément le divorce (« Je ne peux pas être malheureux, mais ni elle ni lui ne doivent être heureux ! »). Anna Karénine quittera le pays, y reviendra, tentera de renouer avec la société bourgeoise... mais sa conduite fait d'elle une pestiférée, une femme qu'on ne peut recevoir sous peine de se déshonorer soi-même.
L'histoire de Dolly et Stépane fonctionne comme un miroir inversé : ici, c'est l'homme qui trompe sa femme.
« Un bel homme de trente-quatre ans, sensuel comme il l'était, ne pouvait pas se repentir de n'être plus amoureux de sa femme, mère de sept enfants dont cinq vivants, et d'un an seulement plus jeune que lui. »
Sa conduite détruit Dolly, encore amoureuse de son mari; elle l'est tellement, d'ailleurs, qu'elle continuera d'accepter cette vie de mensonges, Stépane n'hésitant pas à la tromper à la moindre occasion. Il n'y a pas de problème : les hommes ont le droit.
Enfin, on retrouve Kitty et Lévine, qui se chercheront longtemps avant que la jeune fille admette que ce mariage, avec Lévine, pourrait bien être le plus grand bonheur de sa vie. Une fois que leurs retrouvailles sont soudées, ils forment un couple idyllique, chaque conjoint étant constamment soucieux des pensées de l'autre, espérant ainsi ne pas le froisser ni le blesser par une conduite hasardeuse. Les liens qui les unissent rendent leur histoire terriblement émouvante, attachante; même s'ils se rendront compte que se soucier en permanence du bonheur de l'autre est une tâche éprouvante.

« Maintenant tout va changer. C'est une sottise que de ne pas accepter la vie, que de vouloir renier le passé. Il faut lutter pour vivre mieux, beaucoup mieux... »

Tout ceci est vraiment une présentation grossière, car Anna Karénine ne pourrait être réduit à aussi peu d'éléments. Le roman est riche de descriptions de la société russe de l'époque, des conditions de vie des paysans, des bouleversements qui attendent le pays. Certains personnages sont aussi empreints de pensées philosophiques, Lévine en tête, qui est partagé entre une image très terrienne de la vie, et des considérations beaucoup plus profondes et vertigineuses, concernant la mort, le sens de la vie, l'intérêt de toute cette mascarade. En cela, je crois que Lévine est le personnage que j'ai le plus apprécié. C'est un humain conscient de ses failles, un homme d'abord étouffé par sa solitude et ensuite par un bonheur qu'il ne contrôle plus. Il vit au contact des paysans tout en cultivant pour lui-même une réalité plus riche que les apparences ne laissent supposer.
Evidemment, il n'est pas le seul personnage intéressant du roman; le grand talent de Tolstoï vient justement de sa peinture si délicate et si juste des sentiments humains, qui peuvent détruire un être à force d'être ressassés. L'évolution d'Anna, en particulier, est incroyable à suivre; d'abord intransigeante quant au fait de ne pas perdre son fils, elle sacrifiera cet amour maternel pour connaître le bonheur avec Vronski (elle dira d'ailleurs plusieurs fois : « je suis impardonnablement heureuse. »). Cet amour bouleverse parce qu'il est réel et parce qu'on sait qu'il ne pourra pas résister éternellement à la pression (extérieure, de la société, mais aussi intérieure, car Anna, au fil du temps, se ronge elle-même de jalousie). Il faudra trouver une solution, une échappatoire.

« Il veut me prouver que son amour pour moi ne doit pas entraver sa liberté. Mais je n'ai pas besoin de preuves, je n'ai besoin que d'amour. »

Contrairement à ce qu'on pourrait croire (= à ce que je croyais), le style de Tolstoï n'est pas obscur ni alambiqué; on se fait tout un monde de la littérature russe, mais je vous assure qu'ici, l'œuvre est entièrement accessible. Même les personnages, dont les noms sont parfois compliqués, restent clairement identifiables (Léon ne s'amuse pas comme son collègue Dostoïevski à rajouter des surnoms à rallonge aux différents protagonistes). De fait, rentrer dans l'atmosphère de ce roman se fait sans difficulté; il y a quelques passages languissants (j'avoue avoir moi-même sauté certaines pages consacrées à la chasse et à la politique) mais ils restent minimes. Le grand talent de Tolstoï est exposé dans la description de la nature humaine, de ses humeurs changeantes, des dilemmes que l'on peut vivre, soi-même, au cours de son existence. De ce côté, le roman atteint une telle profondeur que ça en est presque miraculeux. Et, quand on termine la lecture et qu'on retourne voir les premières pages, on est étourdis par l'évolution des personnages, les tempêtes qu'ils ont essuyées (tant bien que mal...). Ce vertige participe à la qualité du roman, qui sait être agréable de bout en bout. Malgré certains grands éclats de beauté, malgré la richesse de l'intrigue, Anna Karénine n'a pas su me toucher autant que je l'aurais cru; ou disons que le bouleversement que j'attendais n'a pas eu lieu. C'est un grand roman, oui, mais guère plus à mes yeux. Ce qui est déjà colossal.

« Ne vous dépêchez pas tant, dit-elle en pensée à un groupe installé dans une calèche traînée par quatre chevaux et qui, manifestement, partait s'amuser à la campagne. Le chien même que vous emmenez ne peut vous venir en aide. Vous ne vous échapperez pas de vous-mêmes. »

J'ai voulu par la suite tenter de regarder une adaptation cinématographique, celle où Anna est incarnée par Vivien Leigh. J'ai été incapable de m'intéresser au film (que j'ai arrêté en cours de route), tant les personnages étaient loin de ceux que j'avais imaginés. Et vouloir résumer ce grand livre en moins de deux heures, cela ressemble pour moi à du sabotage. Je crois ne plus avoir envie de regarder des adaptations de livres.

Ce qui n'est pas le cas de Levraoueg; totalement charmée par le roman, elle a continué en regardant une, non, deux, non, trois adaptations de ce roman au cinéma... Karine et Romanza ont aussi lu ce roman.

La lecture d'Anna Karénine entre :
- dans mon challenge blog-o-trésor, puisque ce livre est un des trésors de
Praline, de Romanza et de Virginie. Merci pour cette belle découverte !
- dans la lecture du club Lire et Délires (la rencontre a eu lieu samedi), où on avait pour thème la littérature classique. Tout un programme !
Anjie a lu
Tess d'Uberville de Thomas Hardy. Isabelle a lu La fortune des Rougon d'Emile Zola (vous trouverez son avis dans la deuxième partie du billet). Ankya a honteusement fait semblant de ne pas être concernée par le thème, sous le prétexte fallacieux qu'elle rejoignait le club pour la première fois (on réfléchit à un gage). Alors que, dans le même temps, notre expatriée adorée, Ofelia, a tenu à participer en nous présentant Les mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe, et nous saluons son attitude bien plus consciencieuse que celle d'Ankya (et toc !) (vous remarquez comme je suis pour la paix dans le club).
Anne-Laure n'a pas réussi à terminer L'écume des jours de Vian; Bluegrey, absente, nous présente sur son blog A l'ouest rien de nouveau de Remarque. Choupynette vous dévoile les dessous de notre rencontre.

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vendredi 25 septembre 2009

Hello, it's me

Parmi les nombreuses malédictions que je me coltine, il y a celle du tag. C'est un genre de loi de Murphy : si quelqu'un tague Fashion, la pauvre lectrice se croit obligée de me taguer à son tour. Systématiquement. Autrement, peut-être qu'il lui arriverait quelque chose de très grave, comme la disparition instantanée (et irrémédiable) du Docteur. On ne sait pas. Et il vaut mieux ne pas savoir.
En attendant, je suis maudite à mon tour; il paraît que je dois dresser mon portrait en répondant aux questions par des titres de livres lus dans l'année. J'ai pris exemple sur Fashion : j'ai triché, en élargissant le choix sur tous les livres lus depuis que ce blog est ouvert. Non parce que cette année, c'est un peu la misère littéraire, et même si je suis vaillante, je ne pouvais autrement pas survivre à un tag aussi contraignant.
Allons-y pour vivre ensemble un moment passionnant :

    *  Décris-toi : Comment rater complètement sa vie (en onze leçons). Je n'en suis qu'à mes premiers pas. C'est un travail de longue haleine que de tout rater; mais je m'accroche, et garde espoir d'y arriver.

   * Comment te sens-tu ? Hyper fatiguée, mais malheureusement, je n'ai lu aucun roman avec un tel titre. Alors, je vais mentir en disant que je me sens Au coeur des ténèbres. Mais en réalité, je n'oserais pas m'aventurer aussi loin (je n'ai aucun sens de l'orientation, et pour trouver la sortie, après, merci bien).

    * Décris là où tu vis actuellement : A la croisée des mondes. Sur le point de passer d'un monde à l'autre, d'ailleurs. Zut, il faut que je prépare mon sac.

    * Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ?  J'irais peut-être faire un clin d'œil à  Notre-Dame de Paris. En tout cas, ne comptez pas sur moi pour accepter un Rendez-vous à Bagdad. C'est, euh, trop loin. Oui, excellente excuse (je suis fière de moi).

    * Ton moyen de transport préféré : L'Orient-Express, sans conteste. (je dis ça mais je n'ai aucun souvenir de ce livre, si ce n'est que ça se passe dans un train. J'ai retenu l'essentiel, non ?)

    * Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Après un grand instant de réflexion, je dirais Lolita. Elle mérite bien ça, la pauvre.

    * Toi et tes amis, vous êtes : Nous ne sommes pas séparés, même si l'une d'entre nous a la curieuse idée de partir vivre au Canada (vais-je oser affronter l'avion pour lui rendre visite un jour, that is the question, je lui ai promis que oui, mais j'ai comme un doute).

    * Comment est le temps ? Mitigé. Le matin, on peut scruter une Lumière pâle sur les collines; l'après-midi, on pourrait s'aventurer à construire un Château de sable (superbe), tellement il fait chaud.

    * Ton moment préféré de la journée : Autant en emporte le vent. Aucun rapport, oui, mais je voulais absolument caser ce merveilleux roman dans ce tag, c'est si beau, tous les prétextes sont bons pour en parler.

    * Qu'est la vie pour toi ? Notre petite vie cernée de rêves. Si elle n'était pas aussi bien cernée, elle serait difficile à vivre, je trouve.

    * Ta peur : Trouver Un cadavre dans la bibliothèque. Ce serait très pénible à gérer, je pense. Mais au dernier entretien que j'ai passé, on m'a plutôt demandé "Que feriez-vous en cas d'inondation ?", et non pas "Que feriez-vous si vous trouviez un cadavre dans la bibliothèque ?", donc j'imagine que c'est plutôt rare. Du moins, je l'espère.

    * Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Appelez-moi par mon prénom. Je vous laisse méditer.

    * Pensée du jour : Les femmes qui lisent sont dangereuses - mais celles qui ne lisent pas le sont encore plus.

    * Comment aimerais-tu mourir ? Comme Roméo et Juliette, évidemment ! What else ? (je découvre au passage l'utilité des Harlequin : ils collent parfaitement aux tags. Et ils sont aussi superflus l'un que l'autre)

    * La condition actuelle de mon âme : Le présent d'incertitude. Encore, toujours. Je ne sais pas si c'est une mauvaise chose.

Caro[line] et Levraoueg auraient-elles envie de se prêter au jeu ?
(
Miss Wonderland, j'aurais bien voulu t'ajouter, mais je crains que tu interprètes cela comme une malédiction en chaîne - si je te tague à chaque fois que je suis taguée, notre amour peut en pâtir. Ce serait fâcheux, parce que je ne sais toujours pas cuisiner et que j'ai besoin de toi pour manger).
(j'espère ne pas paraître trop laconique, mais je trouvais que les titres se suffisaient. Si vous avez envie de rire, allez (re)lire les réponses de Fashion !)

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mercredi 23 septembre 2009

Remember me

Si le billet te plaît, il est pour toi.

deskTop1_1024 How happy is the blameless vestal's lot !
The world forgetting, by the world forgot.
Eternal sunshine of the spotless mind !
Each pray'r accepted, and each wish resign'd;
[
Alexander Pope, Eloïsa to Abelard]

Il y a des films qui ne se présentent pas, qui ne peuvent pas se présenter. Et dans cette catégorie, inévitablement, on retrouve Eternal sunshine of the spotless mind, de Michel Gondry. Cette petite merveille est sortie au cinéma en 2004.
Je me souviens être tombée amoureuse de Kate Winslet, et de son instabilité capillaire. Quelques jours plus tard, encore extasiée, je suis allée chez le coiffeur, demandant des mèches bleues (n'est pas Clémentine qui veut, je n'avais déjà plus le courage de me teindre intégralement les cheveux).
La coiffeuse m'a regardée bizarrement.
"Du bleu, sur vos cheveux, ce n'est pas possible."
La frustration a été immense; mais je ne me suis pas laissée emporter par une vague de désespoir, et ai regardé le choix qu'elle me proposait. Je suis ressortie de là avec des mèches oranges et rouges.
(et j'étais très belle)

...

Pour moi, tout commence avec cette scène terrible, où l'on découvre Jim Carrey totalement effondré derrière son volant :

cap001

Cette scène-là n'intervient pourtant qu'à la 17e minute, mais je me souviens encore de l'émotion qui m'a étreinte face à ce revirement de situation, face à ses larmes masculines d'une beauté désarmante.
Joel (Jim Carrey) a appris que sa dernière compagne, l'exubérante Clémentine (Kate Winslet), l'a effacé de sa mémoire. Au sens propre, voyez-vous, car il existe ce centre (Good morning, Lacuna, scande joyeusement la voix de Kirsten Dunst) où l'on peut effacer (matériellement) de son esprit une histoire d'amour qui nous torture trop. Joel et Clémentine étaient séparés; Clémentine ne voulait plus vivre avec ces souvenirs si douloureux. En une nuit, son cerveau a été nettoyé.
Je ne sais pas comment vous réagiriez si la personne que vous aimez (encore, malgré tout), vous avait effacé de sa mémoire. Je crois qu'il ne vaut mieux pas y réfléchir, d'ailleurs... Joel, lui, décide de subir le même traitement. Seulement, au fur et à mesure de cette entreprise vertigineuse, il regrette, et se rattache le plus possible à ses souvenirs.

Peut-être en ai-je déjà trop dit, donc je me tais. On pourrait croire, suite à cette présentation foireuse, que ce n'est qu'un film romantico-niais pour jeunes femmes parfumées à l'eau de rose. Or, c'est loin d'être le cas. Peut-être que certains d'entre vous ignorent qui est Michel Gondry (le réalisateur), mais je vous assure qu'il n'est pas du genre à faire de la soupe fadasse. Au contraire, c'est un homme légèrement halluciné, qui aime torturer l'image, le scénario, afin de créer (c'est réellement de la création totale, à ce stade) un univers particulier, personnel, étrange et curieusement douillet pour le spectateur qui adhère à cette douce folie.
Ici, la masse capillaire de Kate Winslet passe par toutes les couleurs - vert, bleu, rouge, blond, orange - mais ne vous y trompez pas, ce n'est pas, à ses yeux, une quête d'identité dérisoire : "Je ne suis pas un concept, Joel, juste une fille perdue qui cherche la paix intérieure. Je ne suis pas parfaite."
18381643Ces couleurs vont être un point d'ancrage dans le voyage temporel que propose ce film, car, évidemment, sa structure n'est aucunement linéaire (sinon, ce ne serait pas drôle). Nous projetant dans des souvenirs anciens, ou plus récents, notre (seul ?) fil conducteur devient cette couleur de cheveux, qui varie pour nous permettre de nous situer dans le temps... Histoire qu'on ne soit pas totalement à notre tour une personne perdue (qui chercherait la paix intérieure). Il faut pourtant s'attendre à être désarmé; c'est un pacte à passer avec le réalisateur, et les acteurs.
Faisons-leur confiance, remettons-nous entre leurs mains. Nous finirons bien par arriver quelque part... sur la plage de Montauk, peut-être ? ou sur un lac gelé, en pleine nuit ? ou peut-être même dans un souvenir d'enfance...
Joel devra courir pour ne pas perdre Clémentine. Mais, même ainsi...
Les grandes forces de ce film sont : la réalisation surprenante (désarmante; la plupart des effets spéciaux ont été créés lors du tournage, et non en post-production), le scénario d'une richesse inouïe, le jeu délicat des acteurs. Certains ont été étonnés de trouver un Jim Carrey inhibé, presque mal dans sa peau, un homme terne à la vie banale... ça ne m'a pas particulièrement étonnée; et son interprétation, à la fois sérieuse, retenue et sensible fait de ce film l'un de ses meilleurs rôles. Il est un quadragénaire parmi tant d'autres; un homme qui a un peu de mal à rire, avant de rencontrer Clémentine. Jouée par Kate Winslet, donc... une femme qui a du mal à mûrir, qui s'amuse à créer des bonshommes à partir de patates (terrifiant) et qui a besoin de dévorer chaque seconde qui passe, sans quoi elle aurait l'impression de rater sa vie. Clémentine rit, Clémentine aime les corbeaux et les couleurs (en atteste aussi son horrible manteau orange fluo...), puis Clémentine en a marre.
Pourquoi renoncer à effacer sa mémoire, alors que c'est possible...
Lacuna, le nom ô combien judicieux du cabinet médical, est un lieu étouffant quand on comprend ce que les gens viennent y subir. Accueilli par le sourire de Mary (Kirsten Dunst, si touchante), le patient rencontre ensuite le Dr Mierzwiak (Tom Wilkinson) qui prend en charge la récolte des souvenirs, afin de les situer sur un genre de plan mémoriel du cerveau... et de les supprimer. Un par un. Lacuna déborde de gens malheureux qui ne veulent plus souffrir. Mais l'amnésie est-elle réellement meilleure ? Les proches de l'amnésique reçoivent pour ordre de ne plus jamais mentionner l'ancienne relation amoureuse. De toute façon, ce serait incompréhensible : la personne effacée n'existe plus.

Eternal sunshine of the spotless mind est un film rare; à la fois cruellement triste et bourré d'optimisme. Les quelques ficelles secondaires que le réalisateur tire par moments (concernant essentiellement Mary) renforcent l'émotion d'ensemble. C'est un film qui nécessite au moins deux visionnages, pour les curieux qui souhaitent mieux comprendre l'agencement de l'intrigue...
Ceux qui ne le verront qu'une fois comprendront quand même. Ils verront qu'on se souvient parfois plus profondément qu'on ne le croit. Que l'on peut tout faire pour étouffer un sentiment, mais que ce dernier ne s'estompe pas facilement. Il y a des amours qui sont faits pour triompher; et quand c'est démontré aussi intelligemment, il suffit de fermer les yeux, et d'y croire.

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lundi 21 septembre 2009

Non, mon cher amour, je ne vous aimais pas

Tout commence dans un théâtre; un autre lieu aurait-il pu être possible ?
Dans ce théâtre, les hommes s'agitent; ils commentent ce qui va se jouer devant eux, ils scrutent la présence de certains, et l'absence des autres.
Tout se met tranquillement en place. Le drame peut enfin se jouer : Cyrano de Bergerac fait son entrée.
Ne comptez pas sur moi pour vous parler de la pièce d'Edmond Rostand (je ne l'ai pas lue). Mais depuis une
certaine lecture, j'avais envie de découvrir cette œuvre que je ne connaissais pratiquement pas. J'ai réussi cet exploit inexplicable de grandir sans avoir vu l'adaptation cinématographique de Jean-Paul Rappeneau; heureusement qu'une nouvelle fois, Fashion a volé à mon secours (cette femme est in-dis-pen-sa-ble).
Pourtant, ne comptez pas non plus sur moi pour vous parler de ce film (j'en suis incapable). Il faudrait planter le décor (Cyrano est amoureux de sa cousine Roxane, elle-même amoureuse de Christian; celui-ci est stupide mais beau. Cyrano est brillant mais laid (ce nez...). Par amour et par sacrifice, Cyrano accepte d'écrire des lettres d'amour à Roxane, en faisant croire qu'elles viennent de Christian...), il faudrait aussi s'intéresser aux intrigues secondaires (les batailles, ce comte de Guiche épris de Roxane (à croire que c'est la seule femme présentable de l'époque)), il faudrait parler du texte, de la mise en scène, du jeu des acteurs, de l'émotion qui en transparaît... Mais pas capable, je vous dis.

cyrano

Cyrano de Bergerac ne se raconte ni se détaille, cela se regarde, se dévore, se savoure. Ayant beaucoup de mal à lire du théâtre (je ne me remets toujours pas d'avoir ri en lisant Hamlet, je suis anormale), découvrir Cyrano par le biais d'un film m'arrangeait bien; surtout que j'avais le consentement de Fashion et de Ys : le texte filmé est intégralement fidèle à la pièce de Rostand, c'est juste plus visuel, autrement dit, j'y gagnais sérieusement.
C'était superbe. On se fond sans aucune difficulté dans ce texte rimé, tant les acteurs semblent se l'être approprié de manière naturelle, convaincante. La seule qui pourrait m'inciter à une petite réserve, c'est cette fameuse Roxane - Anne Brochet, mais c'est normal, c'est une actrice qui a tendance à m'irriter même quand elle ne parle pas. J'aimerais qu'elle change de nom, aussi, mais c'est totalement hors-propos. Parfois, cette Roxane ressemblait trop à une jeune fille qui aurait bien appris sa leçon - heureusement, dans les grandes scènes, cet aspect s'estompe pour finalement disparaître dans l'ultime séquence (d'une beauté remarquable).
Cyrano de Bergerac, ce sont mille six cent vers à clamer par le rôle-titre; à jouer, chaque soir, au théâtre, ça doit être infernal. Un film, évidemment, c'est tout autre... et comme on me l'avait annoncé, Gérard Depardieu y est magistral; à la fois espiègle, tendre, bagarreur, humain et éperdu d'amour, son Cyrano ne commet aucune fausse note et, même mieux que cela, le spectateur reste interdit devant tant de grâce. Ses blessures ne peuvent qu'émouvoir : persuadé d'être indigne d'amour à cause de son physique ingrat, il n'envisage pas un seul instant de se déclarer auprès de Roxane. Qui voudrait de lui ? S'il osait ouvrir son cœur, il ne pourrait récolter que de la pitié; hors, justement, il préfère crever de chagrin plutôt que d'obtenir pareil sentiment d'autrui. Même Christian met du temps avant de se rendre compte que ce Cyrano décrit ses propres amours dans les lettres destinées à Roxane (c'est dire comme il est benêt, celui-ci).
Certains épisodes m'ont fait frissonner; il y a la scène du balcon, évidemment, où Cyrano (œuvrant toujours pour Christian, à ses côtés) déclame son amour à Roxane qui, coincée en hauteur, croit que ses sentiments brûlants viennent de celui qu'elle aime... C'est la nuit, la silhouette de Cyrano lui est invisible; une fois que la demoiselle est confondue devant tant de beauté, c'est Christian qui la rejoint et récupère un baiser... Et Cyrano de se consoler : au moins, Roxane est heureuse.
L'ultime scène, celle de la déclaration tant attendue, magnifie d'autant plus cet amour impossible - ou du moins, devenu impossible par les barrières que Cyrano a lui-même dressées. Rien ne dit que ses sentiments étaient voués à l'échec... Il se meurt. Quatorze années ont passé, où il a gardé le silence sur ses anciennes manigances. Alors que Roxane accepte de lui faire lire la dernière lettre qu'elle a reçue de Christian (mort au combat), elle comprend...

(cela va être long, mais je ne peux rien couper)

Roxane
Ouvrez... lisez !

Cyrano, lisant 
« Roxane, adieu, je vais mourir ! »

Roxane, s'arrêtant, étonnée
Tout haut ?

Cyrano, lisant
« C'est pour ce soir, je crois, ma bien-aimée !
« J'ai l'âme lourde encor d'amour inexprimée,
« Et je meurs ! Jamais plus, jamais mes yeux grisés,
« Mes regards dont c'était...»

Roxane
Comme vous la lisez,
Sa lettre !

Cyrano, continuant
«... dont c'était les frémissantes fêtes,
« Ne baiseront au vol les gestes que vous faites :
« J'en revois un petit qui vous est familier
« Pour toucher votre front, et je voudrais crier...»

Roxane, troublée
Comme vous la lisez, - cette lettre !

La nuit vient insensiblement

Cyrano
« Et je crie :
« Adieu !...»

Roxane
Vous la lisez...

Cyrano
« Ma chère, ma chérie,
« Mon trésor...»

Roxane, rêveuse
D'une voix...

Cyrano
« Mon amour !... »

Roxane
D'une voix...
      Elle tressaille
Mais... que je n'entends pas pour la première fois !

Elle s'approche tout doucement, sans qu'il s'en aperçoive, passe derrière le fauteuil, se penche sans bruit, regarde la lettre. - L'ombre augmente.

Cyrano
« Mon cœur ne vous quitta jamais une seconde
« Et je suis et serai jusque dans l'autre monde
« Celui qui vous aima sans mesure, celui...»

Roxane, lui posant la main sur l'épaule.
Comment pouvez-vous lire à présent ? Il fait nuit.

Il tressaille, se retourne, la voit là tout près, fait un geste d'effroi, baisse la tête. Un long silence. Puis, dans l'ombre complètement venue, elle dit avec lenteur, joignant les mains :

Et pendant quatorze ans, il a joué ce rôle
D'être le vieil ami qui vient pour être drôle !

Cyrano
Roxane !

Roxane
C'était vous.

Cyrano
Non, non, Roxane, non !

Roxane
J'aurais dû deviner quand il disait mon nom !

Cyrano
Non ! ce n'était pas moi !

Roxane
C'était vous !

Cyrano
Je vous jure...

Roxane
J'aperçois toute la généreuse imposture :
Les lettres, c'était vous...

Cyrano
Non !

Roxane
Les mots chers et fous,
C'était vous...

Cyrano
Non !

Roxane
La voix dans la nuit, c'était vous.

Cyrano
Je vous jure que non !

Roxane
L'âme, c'était la vôtre !

Cyrano
Je ne vous aimais pas.

Roxane
Vous m'aimiez !

Cyrano, se débattant
C'était l'autre !

Roxane
Vous m'aimiez !

Cyrano, d'une voix qui faiblit.
Non !

Roxane
Déjà vous le dites plus bas !

Cyrano
Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas !

...

N'ajoutons rien.
Le texte d'Edmond Rostand date de 1897; le film de Jean-Paul Rappeneau est sorti en 1990.

Coeur de chêne et Karine aiment cette pièce de théâtre; comment pourrait-il en être autrement ?
Mille merci à la meilleure des Fashion !

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vendredi 18 septembre 2009

Erratum

Suite à un certain billet musical, j'ai été victime de menaces.
Evidemment, l'individu menaçant est par définition rusé, il ne fait pas cela à la vue de tous. Non, il attend que sa victime (innocente et inoffensive, cela va de soi) soit totalement désarmée avant de porter son coup.
Il paraîtrait que j'ai des goûts musicaux déplorables. Je vous offre une version édulcorée des propos qui ont réellement été échangés, j'ai peur que vos oreilles si pures en soient autrement choquées.
On m'a menacée des pires horreurs si je ne publiais pas de démenti.
(j'exagère un petit peu, parce que je suis innocente, inoffensive et pleurnicharde)

Puis je me suis souvenue d'une des règles fondamentales de la féminité (j'espère que vous la connaissez) : Toujours nier.
Toujours. Nier.

(exemple en contexte : "Chéri, non, je t'assure, ce n'est pas moi qui ai accroché la voiture avec celle de quelqu'un d'autre, je l'ai retrouvée comme ça sur le parking après avoir fait les courses. Si on commandait par internet, on n'aurait pas ce genre de problème, tu vois"
Dans ce cas, vous avez la réfutation d'un événement (car c'est bien la femme qui a accroché la voiture avec une autre déjà garée), et une accusation sous-jacente envers l'homme qui pensait nous piéger alors que, hé, non, on est finalement plus rusées)

La négation est tout un art, qu'il faut pratiquer avec méticulosité.
Je suis une femme. Je ne conduis pas, mais je vais quand même nier devant vous.

Ceci est un démenti officiel

Non, je n'écoute pas Britney Spears.
Mes réponses au tag ne sont pas représentatives de ce qu'on peut trouver dans ma discothèque.
Madonna ? Connais pas.
Je t'assure qu'on m'a forcée à répondre tout ça, je n'y suis pour rien, je voulais juste me plier à l'exercice pour m'intégrer dans ce cruel monde qu'est la blogosphère.
Je préfère écouter Tom Waits que Charles Aznavour. Je te le promets, même si je risque de devenir dépressive au bout de la deuxième chanson.
Je promets aussi d'écouter de la musique en rentrant chez moi le soir, et je m'accompagnerai d'un verre de vin blanc pour équilibrer la balance (la musique me rend triste mais j'ai oublié de te dire, l'alcool me fait rire. Bon compromis, non ?).

Suis-je pardonnée ? 

Une preuve supplémentaire, peut-être ?

Alors, ce sera en vidéo, parce que je n'ai pas trouvé la version que je voulais chez l'affreux deezer.

La qualité est fort moyenne, mais ça n'enlève rien à la chanson et à l'interprétation.

Tu vois, qu'il reste un petit espoir !

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mercredi 16 septembre 2009

Do you believe in fairies ?

« Chaque fois qu'un enfant dit: « Je ne crois pas aux fées », il y a quelque part une petite fée qui meurt. » [James Matthew Barrie, in Peter Pan]

Aujourd'hui, interdisons aux enfants de dire des bêtises.

Aujourd'hui est une journée un peu particulière.

Je pensais essayer d'écrire quelques phrases, récolter quelques pépites, couper, découper, recoller... mais le temps et les mots me manquent.
C'est un billet entièrement égoïste; dédié à elle, dédié à moi. Nos trésors sont personnels; elle a ses secrets et j'ai les miens.
Toutes les deux, aujourd'hui, on se brûle. J'ai son précieux assentiment, elle a mon amitié, mon soutien. Si tant est que ça a la moindre valeur...

Ce montage, en guise de guimauve, pour toutes les deux.

images
Cliquez pour agrandir

Un jour, je me vengerai des quais de gare. En attendant, je [...]
Say quick that you believe. If you believe, clap your hands !

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lundi 14 septembre 2009

Let's dance !

Ankya a l'air toute gentille, comme ça, mais en fait, dès que vous avez le dos tourné, elle vous colle un tag musical sur le dos. Quand on sait que la musique et moi, ça fait deux, on visualise sans mal avec quel plaisir j'ai répondu à ces merveilleuses questions (j'ai parfois été obligée de faire preuve de mauvaise foi, mais vous en avez l'habitude).
Comme c'est pénible de lire les réponses sans pouvoir écouter soi-même, j'inclus à la fin une playlist deezer qui récapitule les morceaux cités. En espérant que les dieux de la technologie soient avec moi.

Une chanson...

1) ... que j'écoute en ce moment : Lisztomania de Phoenix parce qu'une copine voulait me traîner à leur concert, alors que je connais franchement mal. Vu les commentaires qui ont suivi mon écoute ("on dirait de la musique pour jeunes en bonne santé qui dansent sur la plage"), je crois qu'elle a compris que je ne me reconnaissais pas dans ce groupe aussi, euh, talentueux soit-il.

2) ... qui me rend joyeuse : Britney, évidemment. Who else ?
La preuve avec le sublissime morceau que vous pourrez écouter, c'est du grand Britney, du genre qui n'a honte de rien. Je suis fan.

3) ... qui me rappelle un ex-copain : I really don't care.
En cherchant bien, je peux vous répondre The Bitter Sweet Symphony, de The Verve, mais c'est vraiment pour vous faire plaisir.

4) ... qui me rappelle un ami perdu : Après mûre réflexion, je dirais London Calling des Clash.

5) ... qui me fait pleurer : Toute chanson peut me faire pleurer, étant donné que la musique a un haut pouvoir de déprime sur moi. Mais je vais jouer le jeu, en vous citant un classique dans la matière, c'est-à-dire Jacques Brel et son Ne me quitte pas. Histoire d'en rajouter une couche, on peut écouter La chanson des vieux amants dans la foulée. Ceux qui ont encore les yeux secs peuvent prendre rendez-vous avec un ophtalmo, ou un psy. Au choix.

6) ... qui me fait réfléchir sur le monde : Hélas, je me contre-fous du monde, autant qu'il se fout de moi, d'ailleurs. Ceci dit, comme je ne sais pas trop où caser ma chanson préférée dans ce fichu questionnaire, je vais la mettre ici : S.O.S. de Simon & Garfunkel

7) ... qui en dit beaucoup sur moi : Si j'étais moi, de Zazie. Et quelques milliers d'autres.
(oh chic, ils ne savent même pas écrire le titre sur deezer !)

8) ... que j'aurais aimé écrire : de la musique classique. Un putain de morceau de piano, ou un opéra. Quelque chose de grandiose, de profond. Comme je n'y connais rien, je vais là encore rester dans les classiques en vous soumettant la Lettre à Elise de Beethoven.

9) ... qui fait que mes amis pensent à moi quand ils l'entendent : Je n'ai pas d'amis. Allez hop, une question de réglée.
(en réalité, je n'en sais strictement. Je crois que je ne rappelle aucun morceau à personne, et c'est presque mieux ainsi).

10) ... qui me rappelle mon enfance : Mais je n'ai pas envie de me souvenir de mon enfance, que diable !
(et ainsi, je vous épargne les pires horreurs. J'ai été élevée avec Goldman et Starmania. Ne me remerciez pas)

11) ... avec laquelle j'aime me réveiller : Essayez de me mettre de la musique, le matin. Juste pour voir. Vous allez être bien reçus, croyez-moi.

12) ... avec laquelle j'aime m'endormir : Je m'endors curieusement en silence. Je sais, c'est totalement fou; mais comme vous en avez marre que je fasse l'autruche depuis trois questions, je vais vous répondre qu'il y a quelques années, j'aimais bien écouter Ray of light (l'album) de Madonna, la nuit. Là, je choisis Mer girl, apaisante en apparence, alors que la pauvre, elle ne fait que courir.

13) ... pour laquelle je ferais n'importe quoi pour l'entendre en live : A partir du moment où j'aurais pu avoir Peter Doherty, rien que pour moi (ou presque), en live devant mes yeux, pour une somme modique, et que je n'ai pas bougé un cheveu pour m'acheter une place, on peut en conclure que je ferais plutôt n'importe quoi pour ne rien entendre en live. Rapport que j'aime pas tellement les concerts, les gens, tout ça. Je vais quand même répondre : The end, des Doors, rien que pour faire croire que j'écoute de la bonne musique (mais en réalité, non).

14) ... qui me fait penser à ma solitude : Monochrome, Yann Tiersen. Et quelques milliers d'autres.

15) ... qui n'est pas mon type de musique mais que j'aime pourtant : Ma France à moi, Diam's. Ne riez pas. En plus, je vous mets une version live apparemment orchestrée par Tiersen, le monde est petit, non ?

16) ... avec laquelle j'aime travailler : Je ne travaille pas. Comment ça, c'est de la mauvaise foi ?
Quand j'étais étudiante, j'aimais travailler en écoutant du classique. J'avais un disque de Chopin que j'écoutais beaucoup; il n'y avait que du piano dessus. Je vous mets donc un morceau de cet album-là.

17) ... que j'écoute dans ma voiture : Je ne conduis pas; n'en profitez pas pour me demander ce que contient mon i-pod, merci.

18) ... que j'écoute en boucle sans me lasser : The Last of the English Roses, du grand Peter, qui porte très bien le costume dans le clip de cette chanson (mais un peu moins bien le maillot de foot, comme quoi, être sportif n'est pas donné à tout le monde).


Merde, vous avez mon presque-prénom. Bon, c'est pas comme si

c'était un secret international, je devrais m'en remettre.
Il semblerait qu'il faille être inscrit sur deezer pour écouter les chansons en intégralité, j'en suis bien marrie.

L'épreuve étant terminée, je vais pouvoir me venger sur Ofelia (tu es obligée de le faire), et sur tous ceux qui auront envie. Comment ça, personne n'est volontaire ?

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vendredi 11 septembre 2009

La mort est jaune citron et sent la vanille

C'est du moins ce que prétend Jean Rochefort dans Le mari de la coiffeuse, que je vous recommande malgré tout, parce qu'il fut un temps où Patrice Leconte réalisait de bons films.
Mais on ne va malheureusement pas parler cinéma aujourd'hui, mais de chromatique. Je ne sais pas qui est à l'origine de ce fâcheux tag mais en tout cas, je n'ignore pas que la trahison, à mon niveau, vient de
Fashion. Ma mère me l'a toujours dit, il faut se méfier des femmes qui portent des sandales dorées; elle n'avait pas tort.

Du coup, aujourd'hui, je suis dans l'obligation de vous dévoiler les objets jaunes qui ornent mon sublime intérieur. L'idée me réjouit au plus haut point.
Maintenant que j'ai évacué ma dose de médisance pour la journée, allons-y, soyons fous, je n'ai aucune dignité :

DSCN3048

J'aurais peut-être dû vous prévenir. Oui, j'ai un réveil d'enfant en forme d'étoile. Si ça peut vous rassurer, je le vis assez mal. La chose décorative, et donc inutile, qui se trouve à ses côtés est un, comment dire, un truc rempli de sels de bain à la vanille. Enôôôrme valeur sentimentale. Enfin, non, mais en fait, si.
Hum.

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Le plus beau bol du monde, que
certaine ne pourra que m'envier, naturellement.

DSCN3054

Mon nouveau meilleur ami, l'appareil magique qui te fait des gaufres ou des croque-monsieurs, c'est révolutionnaire, personne d'autre que moi n'a ça dans sa cuisine (évidemment), vous êtes tous jaloux, et je suis trop fière.
Je n'ai toujours pas testé les gaufres. Une honte.

DSCN3049
Le trou de la sécu, c'est moi.

Et pour terminer, un clin d'œil spécial à la femme de ma vie, Ofelia de son prénom, parce qu'elle le vaut bien :

DSCN3060

Que personne ne se moque.

Je ne refile le tag à personne car je ne suis pas diabolique, moi. Ou alors, c'est parce que tout le monde a déjà reçu le tag, choisissez l'excuse que vous préférez.

A l'heure où paraîtront ces lignes, je serai à H-7 des vacances. Le bonheur se lit clairement sur mon visage; j'essaierai de ne pas vous abandonner totalement, encore que je ne promets rien. Le bonheur égoïste est encore meilleur que les autres, que voulez-vous. 

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mercredi 9 septembre 2009

Baguette de sureau, toujours un fléau

Les Contes de Beedle le Barde
par J.K. Rowling (2007/2008)
traduit des runes originales par Hermione Granger, puis traduit de l'anglais par Jean-François Ménard
Gallimard, 2008 - à peu près 124 pages

http://a9.idata.over-blog.com/150x217/1/14/42/38/Livres/Livres-2008/Rowling-Contes-de-Beedle-le-Barde.jpg

"Les héros et les héroïnes qui triomphent dans ses histoires ne sont pas ceux qui disposent des pouvoirs magiques les plus puissants, mais plutôt ceux qui manifestent le plus de bienveillance, de bon sens et d'ingéniosité."

Je ne sais pas si j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire (...), mais j'aime bien Harry Potter. M'étant rendu compte que je présentais des troubles de la mémoire, j'ai été forcée de relire les deux derniers tomes cet été. Quelle corvée, vous imaginez... Pour me consoler de ces heures ô combien difficiles, j'ai enchaîné avec ces fameux Contes que je n'avais pas encore lus.
Le concept vaut ce qu'il vaut, le voici : le livre débute avec une préface de J.K. Rowling, qui explique qu'on a affaire à un recueil de contes pour sorciers, dont chaque histoire est émaillée de commentaires de Dumbledore. Celui-ci s'était évertué à prendre des notes sur ces légendes enfantines, sans qu'on sache réellement si son but était de publier ensuite une anthologie explicative, ou s'il faisait ça uniquement pour son plaisir.
De plus, chaque conte contient lui-même des petites annotations, soit de Dumbledore qui rapporte un fait historique ou complète une idée, soit de Mrs Rowling, qui explique certains thèmes sorciers, afin que l'ensemble soit compréhensible par les lecteurs moldus. Bref, c'est bêtement compliqué et à mon sens, Joanne n'avait pas besoin du tout d'intervenir dans le recueil. Sa préface et ses notes n'apportent pas grand-chose.
Maintenant que j'ai été laborieusement pénible, parlons un peu des textes. En réalité, le livre ne contient que cinq contes, ce qui est relativement peu. L'ensemble est un peu court, et l'univers que J.K.R. tente de recréer semble trop fragile pour réellement tenir le coup, et être crédible.
Il y a malgré tout de bonnes choses dans ce joli petit livre (on ne peut pas nier que la couverture a été soignée, ainsi que certains autres détails typographiques). Dumbledore explique la destinée de certains contes (qui ont parfois été réécrits pour coller aux préceptes consensuels des sorciers), développe la morale de certains autres (pas toujours éloignée des morales moldues, par ailleurs) en expliquant que l'invulnérabilité était chimérique, la résurrection impossible (même quand on est le plus grand sorcier du monde), la mort inévitable... vu sous cet angle, ce n'est pas très joyeux, mais je vous rassure, des contes comme Le sorcier et la marmite sauteuse ou encore Babbity Lapina et la souche qui gloussait sont gentillets au possible (et donc quelque peu ennuyeux pour le lecteur adulte).
Ma préférence revient à La fontaine de la bonne fortune (dont la chute est délicieuse) et au Sorcier au cœur velu, des contes un peu plus profonds que les deux précédemment cités.
Le recueil se termine sur le fameux Conte des trois frères, qu'on connaît déjà parce qu'il est un élément de l'intrigue d'Harry Potter et les Reliques de la Mort, mais justement, on en apprend tellement à ce sujet dans le septième tome d'HP, qu'ici, le conte et les remarques de Dumbledore sont presque dérisoires.
En somme, Les Contes de Beedle le barde est un recueil charmant, pas nécessaire mais pas inutile pour autant, qui s'adresse aux fans les plus émérites.
Ouais, je sais, j'ai déjà été plus passionnante. Mais je déteste parler de recueil, en fait. Puis zut, même si je suis merveilleuse (hein oui ?), j'ai le droit de ne pas l'être en permanence; je vous assure que ça use.

Des milliards de gens (au moins) ont lu ce livre, parmi lesquels Lilly (qui a bien raison), Isil (très intéressante), Karine (enthousiaste), Alwenn (qui m'apprend que les dessins sont de J.K.R. et qui, en plus, arrive à trouver mille choses à dire là où j'ai salement bâclé le travail), Cachou (dont l'avis est exactement le même que le mien, la prochaine fois, je n'écris rien et mets directement un lien), Faelys (sentimentale), Emeraude (conquise), Keltia (qui l'a lu dans le plus beau coffret du monde). Des bisous à ceux que j'oublie.
(et ne faites pas semblant d'avoir été oublié !)

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lundi 7 septembre 2009

Alors, pluie d'été

L'élégance du hérisson
Muriel Barbery
Gallimard, 2006 – Folio, 2009
409 pages

http://www.culturecie.com/uploads/pics/barbery_herisson_folio.jpg

« - Alors, vous pouvez me dire ce que c'est ?
Oui, mon ange, je le peux. Dans les années de l'enfer, sous le déluge, souffle coupé et cœur au bord des lèvres, une mince lueur : ce sont des camélias. »

Il semble presque inutile, aujourd'hui, d'exposer l'histoire de ce roman mais vous commencez à me connaître, j'adore l'inutile. Donc, je vous invite à me suivre dans un immeuble de la rue Grenelle, où les familles bourgeoises ne risquent pas d'être à l'étroit dans leurs appartements de 400 m². Tant d'espace qu'on comble avec des tapis plus chers qu'un mois de loyer (suis-je bête, ils sont propriétaires), tant d'argent qu'ils ne pourront jamais dépenser intégralement. Parmi ces gens étriqués (la richesse déconnecte du reste du monde), il reste malgré tout quelques personnes à sauver.
Paloma, douze ans, intelligente et dégoûtée par le train de vie sa famille, entreprend d'écrire ses Pensées profondes, et son Journal du mouvement du monde. Elle a décidé de se suicider le jour de ses treize ans, non sans avoir auparavant mis le feu à l'appartement; mais, en attendant, elle ne veut pas se vautrer dans le néant de la bourgeoisie et reste alors spectatrice des belles choses qui l'entourent, afin de trouver quelques plaisirs dans la vie.
Plus tard, il y aura M. Ozu. Son charme japonais fera battre des cils chaque femme de l'immeuble, alors qu'elles ne font finalement preuve que de bêtises et de curiosité mal placée. De toute façon, elles n'intéressent pas M. Ozu. Lui, il préfère Paloma. Et la concierge.
Evidemment, tout part de là. De Renée, 54 ans, laide, grassouillette, désagréable. Une vraie concierge, qui veille à être conforme à l'image qu'on attend d'elle. Pourtant, au lieu de regarder des soaps à la télévision, elle s'enferme dans la chambre du fond, et lit de la poésie. De la philosophie. De la littérature russe. Elle écoute du classique et boit du thé au jasmin avec son amie Manuela, femme de ménage dans l'immeuble.
Renée ne veut pas que les gens apprennent qu'elle est cultivée, raffinée, sensible. Elle est persuadée qu'on ne peut jamais quitter sa condition naturelle; qu'une enfant laide, pauvre, stupide, ne peut pas (ne doit pas) espérer évoluer. Alors Renée lit Tolstoï sans en parler à personne; seul son chat pourrait la trahir, lui qui s'appelle Léon. Mais en même temps, Léon, vous ne trouvez pas que ça sonne comme le nom d'un chat de concierge ?
Pas pour ceux qui voient plus loin que les apparences; et M. Ozu, fatalement, découvre que Renée est bien plus que ce qu'elle prétend être.

Le récit alterne deux voix, celle de Mme Michel, la concierge (son nom m'horripile à un point que vous n'imaginez même pas), et celle de Paloma, qu'on suit à travers ses deux journaux. Leurs prises de paroles alternatives se complètent et nous permettent de découvrir, avec deux regards différents, la vie de l'immeuble et les habitudes de ses habitants, où la plupart sont désœuvrants de stupidité. Paloma est finalement la plus méchantes envers ses "semblables", parce que, connaissant de l'intérieur ce monde de richesse, elle n'en connaît que mieux les codes, les absurdités, les attitudes écœurantes. Renée, quant à elle, se pose comme une spectatrice, et plus particulièrement comme une spectatrice un peu lassée et agacée par ce qu'on lui propose. Elle a d'ailleurs cette phrase formidable (qui m'est déjà culte) :

« Aux riches, le devoir du Beau. Sinon, ils méritent de mourir. »

Le roman est traversé par différentes teintes, culturelles, émotionnelles, tristes ou plaisantes. Paloma est un personnage particulièrement réussi, dans le sens où son expression reste empreinte de son jeune âge, tout en faisant preuve d'une maturité hors-paire. Ses réflexions, généralement très touchantes, nous dressent un portrait mélancolique de cette petite demoiselle, mais qui garde aussi une certaine vivacité liée à son âge. Malgré tout, ses pensées profondes sont généralement pessimistes, ou du moins assez sombres, ce qui permet de ressentir, dès le début du roman, une atmosphère particulière, presque troublante.

« Voilà donc ma pensée profonde du jour : c'est la première fois que je rencontre quelqu'un qui cherche les gens et qui voit au-delà. Ça peut paraître trivial mais je crois quand même que c'est profond. Nous ne voyons jamais au-delà de nos certitudes et, plus grave encore, nous avons renoncé à la rencontre, nous ne faisons que nous rencontrer nous-mêmes sans nous reconnaître dans ces miroirs permanents. Si nous nous en rendions compte, si nous prenions conscience du fait que nous ne regardons jamais que nous-même en l'autre, que nous sommes seuls dans le désert, nous deviendrions fous. »

Et, quelques lignes plus loin :

« Moi, je supplie le sort de m'accorder la chance de voir au-delà de moi-même et de rencontrer quelqu'un. »

...

Je ne peux pas être aussi positive envers Renée; je sais que cette apothéose, en un seul personnage, de clichés totalement agaçants, est volontaire, mais j'ai eu des difficultés à rencontrer, justement, cette Mme Michel à l'allure insaisissable. Je ne comprenais pas pourquoi elle jouait ce rôle de femme stupide. Je ne comprenais pas, à l'inverse, pourquoi Muriel Barbery, qui prône l'ouverture de la culture à toutes "catégories" de la population, s'est amusée à instaurer un discours aussi alambiqué dans la bouche de la concierge. Les délires philosophico-existentiels m'ont totalement dépassée; j'avoue sans honte qu'il y a des pages que je n'ai pas comprises. Et, quand je comprenais, je trouvais le style trop ampoulé pour être poétique, ou attachant. Quelque chose m'échappe dans ce parti pris intellectuel, et c'est dommage.
Il n'en reste pas moins que, par instants, cette concierge est émouvante; on parvient à capter un éclat de sa sensibilité, et on s'en délecte. Quand elle discute avec son amie Manuela, quand elle évoque certaines œuvres littéraires (Anna Karénine en tête - ce n'est pas un hasard si j'ai commencé à lire Tolstoï juste après avoir fermé ce roman-ci, c'est parce que Muriel Barbery en parle merveilleusement) ou même quand elle rencontre M. Ozu, une lumière se fait et la lecture devient bonne.
Dans la dernière partie du roman, une fissure s'amplifie, ouvre une brèche, fait trembler la cuirasse de Renée au point qu'on s'attend à la voir voler en éclat d'une ligne à l'autre. Ces pages, emplies de camélias et de larmes, sont superbes - surtout qu'elles concordent aussi avec une prise de conscience de Paloma, qui était déjà merveilleuse jusque-là, mais qui le devient encore plus.

« Il faut que quelque chose finisse, il faut que quelque chose commence. »

Et pourtant, il ne fallait pas terminer comme ça; ce dénouement qui en a bouleversé plus d'un(e) (et je le comprends entièrement) ne m'a pas laissée de marbre, non, mais a eu l'effet inverse de celui escompté. A mes yeux, cela contredit parfaitement tout le discours que Muriel Barbery développe dans les 350 premières pages. Comme si le salut, finalement, était impossible. Comme si l'on ne pouvait que trébucher lorsqu'on tente de s'élever, de quitter un statut social qui ne nous convient pas. C'est pessimiste, absurde et faux. Une telle idée prône presque l'immobilisme, le renoncement : « Moi, Renée, cinquante-quatre ans et des oignons aux pieds, née dans la fange et destinée à y demeurer ». Je n'aime pas ça.

Ainsi donc, mes deux bémols concernant ce roman; cela ne m'a pas empêché d'en apprécier la majeure partie, d'être intriguée, émue, intéressée. C'est un roman qui m'a donné envie. Envie d'appeler mon futur chat Léon; envie de thé au jasmin (désir assouvi entre-temps); envie d'installer une jardinière sur le rebord de ma fenêtre, où pousseraient quelques camélias (même s'ils ne sauveront probablement personne d'autre que moi); envie d'écrire, aussi, et ça, ça ne m'était plus arrivé depuis des années, mais non, mieux vaut lire, c'est moins fatiguant.
Les extraits que j'ai recopiés de ce roman recouvrent cinq pages; c'est assez conséquent. Ces cinq pages comme preuve de ravissement littéraire.

...

Tout le monde a lu ce roman, ou tout le monde a du moins essayé. Presque tout le monde est allé voir le film, aussi. Ici, c'est le livre qui m'intéresse, et je ne pouvais pas ne pas démarrer la liste des liens par le billet de Cuné dont le coup de coeur ne s'est pas amoindri avec le temps (j'espère que tu te remettras de mon billet ! ;-) ).
Ensuite, parmi ceux qui ont aimé, on compte
Bernard (qui cite l'un de mes passages préférés, on devrait tous prendre exemple sur Paloma), Amanda, Ephémerveille (et pour répondre à sa dernière phrase, il me semble qu'on reste un lecteur totalement respectable même si on n'est pas touché par ce roman), Jules, Papillon, Tamara, Yue Yin (ah, oui, soyeux !!!), Lily, cette chère Chiffonnette...
Puis il y a forcément des lecteurs plus mitigés; chez
Biblioblog, vous trouverez un melting-pot d'avis; Choupynette a préféré le film, Laure a été indisposée par la prétention des personnages, Sylvie est restée un moment sur ses gardes...
Je sais que j'oublie mille liens, mais même si je vous aime beaucoup, je n'avais pas envie de passer mon après-midi (on est dimanche, dans ma temporalité d'écriture. Fou, non ?) à dépouiller tous les blogs, Léon m'attend. Il vous reste toujours les commentaires pour rouspéter devant mon mangue de rigueur.

Posté par erzebeth à 08:20 - lecture - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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