N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

lundi 10 mai 2010

C'est un homme féroce, impitoyable, un loup

Les Hauts de Hurle-Vent
d'Emily Brontë (Wuthering Heights, 1847)
Livre de poche, affreuse édition de 1965, traduction de Frédéric Delebecque
441 pages

bronte

Je propose qu'on fasse comme si je n'avais relu Les Hauts de Hurle-Vent le mois dernier.
Parce que, comme lors de ma première lecture de ce roman (je pense que j'étais mineure à l'époque, oh mon dieu, voilà qui nous fait remonter au moins à sept ans en arrière !) (ceci juste pour énerver celles qui se croient vieilles) (je suis plus vieille que vous), je disais donc, comme lors de ma première lecture, je ne sais qu'en dire.
C'est un roman que je ne comprends pas.
Ce sont des choses qui arrivent, mais généralement, ça intervient plutôt quand on se lance dans quelque chose de laborieux comme Montaigne dans le français d'origine. Là, aucune excuse; c'est traduit, les phrases ont un sens. Non, non, tout est là pour que la lectrice puisse suivre l'histoire et vibrer à l'unisson avec les personnages.
Mais c'est justement mon problème, ces personnages ne me font pas vibrer. Pourquoi ? me demandent les plus intrépides (ou les plus curieux) (ou
celle qui est à deux doigts de me demander le divorce suite aux propos diffamatoires qu'elle est en train de lire). Eh bien, parce que je ne comprends pas les personnages (oui, je continue comme si je n'avais écrit aucune parenthèse, histoire de tester votre mémoire immédiate). Je vais redevenir sérieuse un instant : les personnages torturés, généralement, j'aime bien. Il y a de la place en moi pour les tordus, les psychopathes, les alcooliques, les dépressifs, car ils sont plus intéressants en littérature qu'un personnage jovial qui mènerait une vie tranquille et sereine dans un village d'Auvergne. Mais là, ça bloque; le comportement d'Heathcliff m'est totalement et furieusement incompréhensible. Se saboter aussi férocement et de manière totalement volontaire, par simple esprit de vengeance, alors qu'il aurait pu choisir une voie légèrement moins destructrice (pour lui comme pour les autres), c'est quelque chose que je n'assimile pas.
A partir de là, ma lecture est boiteuse. Si l'on ne se sent pas impliqué vis-à-vis du protagoniste, il manque quelque chose. Il se creuse un trou noir. J'ai lu quand même, car l'écriture est belle, car l'histoire est terrible. Parce que j'avais envie de connaître les sorts de chacun. Parce que, bêtement, j'espérais comprendre à un moment donné.
Y-a-t-il seulement quelque chose à comprendre dans la souffrance humaine ?
Oui, oui, j'extrapole une nouvelle fois. Je raisonne comme s'il s'agissait d'une histoire réelle; d'une histoire sensée. Mais lire sans me projeter, sans tenter d'y croire, ne serait-ce qu'un instant, m'est totalement impossible. Je ne lis qu'avec ma sensibilité, ce qui n'est pas toujours un cadeau.
Mais qu'importe.
Les Hauts de Hurle-Vent m'ont quand même donné froid. Une lande pareille, ça ne peut que glacer. J'imaginais leur quotidien dans cette maison grinçante, dans ces murs humides. Dans cet hiver éternel, où le moindre rire est puni. La folie donne froid.
Alors, malgré deux lectures, je ne sais toujours pas quoi penser de ce roman; je ne peux compatir au sort de Catherine, ni rugir avec Heathcliff. Je ne peux m'émouvoir pour les domestiques, les cousins, la famille, qui sont traités comme les pires créatures du monde.

C'est vrai, je ne dis rien de l'histoire. Du contexte d'écriture, de l'auteur - j'avais bien prévenu que je préférais ignorer cette relecture. J'y reviendrai peut-être plus tard (je peux me montrer obstinée quand je veux) parce que quelque chose m'intrigue incontestablement dans ce roman, souvent perçu comme un chef-d'œuvre - mais pour l'instant, non, il est inimaginable de détrôner Charlotte.

Maintenant, si vous voulez lire de vrais billets sur Les Hauts de Hurle-Vent, rendez-vous chez Alwenn, Karine et Lilly, pour lesquelles la première lecture fut adolescente et merveilleuse (je vous avais bien dit que j'étais vieille !).
Ofelia
, elle, glisse ce roman dans les Quinze qui la définissent, autant dire que c'est pas rien.

Posté par erzebeth à 09:00 - lecture - Commentaires [33] - Permalien [#]

Commentaires

    Tu ne comprends pas et pourtant, tu donnes une partie de réponse toi-même: "Une lande pareille, ça ne peut que glacer. J'imaginais leur quotidien dans cette maison grinçante, dans ces murs humides. Dans cet hiver éternel, où le moindre rire est puni. La folie donne froid."
    J'ai vu et expérimenté cette lande du Yorkshire en hiver, sous la neige et il y a de quoi devenir fou. C'est désolé, beau à en crever mais désolé.
    Je pense que la force de ce roman, ce qui fait sa beauté, ce qui le rend unique, ce sont justement ses personnages qui sont détestables car quelque chose nous échappe encore et toujours. Un peu comme Heathcliff qui cherche et espère sa Cathy alors qu'elle est morte.

    Posté par Ofelia, lundi 10 mai 2010 à 09:31
  • Je suis vexée. Je suis majeur depuis 14 ans et je me considère comme étant (encore) jeune. N'en déplaise aux jouvencelles de 25 ans.

    Sinon, j'ai lu Les Hauts du Hurlevents il y a fort fort longtemps et je crois m'y être pas mal ennuyée.

    Posté par Auguri, lundi 10 mai 2010 à 13:56
  • C'est un livre qui m'est très cher, mais j'avoue que depuis l'année dernière j'ai accepté de laisser partir un peu de mon adolescence pour m'ouvrir à d'autres livres.

    Il existe un magnifique texte de Georges Bataille sur ce livre, dans "La Littérature et le Mal". Je pense que tu pourrais comprendre pourquoi Heathcliff agit de façon a priori incompréhensible. Ça parle d'enfance notamment.

    Ofelia : je te déteste d'avoir vu cette lande, si tu savais comme j'aimerais m'y perdre !

    Posté par Lilly, lundi 10 mai 2010 à 15:08
  • Alors que pour moi cela a été un véritable moment de bonheur de lecture face à ces relations impossibles et ces gens torturés et complètement incohérents et changeants...
    Ofelia : Comme j'aurai aimé moi aussi expérimenter un peu ces landes

    Posté par Kikine, lundi 10 mai 2010 à 17:30
  • Hummm... entre Bella (ou est-ce l'autre falot de Twillight ? je ne sais plus) qui ne jure que par ce livre et ton billet plein de bon sens (si si ! au moins !), je peux déculpabiliser tranquille (si si ! pas moins !) de ne pas avoir encore lu, ni même prévu de lire un jour ce roman. Rhâaa...

    Posté par Pickwick, lundi 10 mai 2010 à 18:31
  • Bon. Ofelia m'a dit "faut que tu ailles lire la note d'Erzebeth et que tu défendes le bouquin". Je passerai sur le fait que j'ai tenté de lire le roman une première fois il y a... 10 ans. Et que je l'ai lu et achevé il y a 8 ans (moi aussi, je suis vieille). (tiens d'ailleurs au passage, j'adore dire "je passerai sur le fait que..." tout en racontant ma vie, j'ai découvert il y a quelques années que c'était une figure de style qui s'appelle la "prétérition")(toi aussi cultive toi en te moquant des camarades de promo insupportables qui l'utilisent à tort et à travers)
    Pas relu depuis.

    Mais je suis restée marquée par ces personnages, tout sauf sympathiques comme tu le soulignes. Je doute qu'il y ait beaucoup à comprendre. Je ne suis pas psy, mais je crois que le comportement d'Heathcliff peut s'expliquer par son histoire. C'est plus qu'une histoire de vengeance comme nous on pourrait la vivre/ressentir. C'est la fureur, la colère accumulées depuis des années. Un archétype qu'il cherche à venger, à assumer. Ce n'est pas la vengeance d'Heathcliff, c'est la revanche de l'Etranger violenté, humilié, méprisé. Il n'y a aucune rationnalité.

    Evidemment, mon enthousiasme n'a rien à voir avec le fait que ça devait être mon sujet de mémoire en litté comparée, en master (la revanche de l'étranger, tout ça tout ça). Et d'ailleurs je conchie la prof qui m'a laissée tomber sur ce sujet.

    Posté par Louise Paradise, lundi 10 mai 2010 à 19:12
  • * Ofelia, merci pour ce très beau commentaire
    Mais je reste malgré tout convaincue que tu y as vu (toi et d'autres) des éléments qui m'ont échappée, et c'est terriblement frustrant de rester derrière la porte, de ne pas avoir accès au même livre.

    * Auguri, mais tu ES jeune. Ton âge le prouve - après, tout est une question mentale.
    Moi, j'ai toujours été vieille, mais ça me convient parfaitement.

    * Lilly, merci pour cette référence, j'essaierai vraiment d'y jeter un œil. Je voudrais tellement comprendre

    * Kikine, ça me rassure quand même que les gens qui ont aimé ce roman trouvent les personnages incohérents, ça veut dire que je ne suis pas totalement à côté de la plaque

    * Pickwick, je m'étais jurée de chatouiller avec une plume les pieds de la première personne qui évoquerait "Twilight" dans les commentaire. Dommage, fromage, ça tombe sur toi
    (c'est la grosse cruche de Bella qui l'a lu des dizaines de fois. Ca me dépite).

    * Louise Paradise (fort joli), BIENVENUE chez les fous. Enfin, chez moi. J'espère quand même que mon billet ne lapide pas le roman, ce n'était pas-du-tout mon intention, au contraire.
    Ce qui m'échappe avec Heathcliff, c'est que je comprends entièrement son désir de vengeance, mais pourquoi la rendre aussi destructrice envers lui-même ? N'aurait-il pas pu se venger des autres en tentant, parallèlement, de se rendre heureux ?
    C'est un gâchis pour tout le monde, et ce choix m'échappe.

    Et je suis désolée pour ton mémoire - j'en connais une autre qui devait en écrire un sur Bauchau et qui a tout abandonné avec un sérieux regret au fond d'elle. Il y a un souci avec les directeurs de recherche, clairement.

    Posté par erzébeth, lundi 10 mai 2010 à 21:02
  • Merci pour l'accueil !
    Non pas du tout, puis de toute façon je suis ouverte à n'importe quelle critique tant qu'elle est pertinente :p
    Je pense qu'Heathcliff n'est pas net, si tu me passes l'expression. C'est un excessif, il n'a jamais connu le bonheur simple et "pur". S'il doit se venger, ce sera de manière irrationnelle, quitte à en faire les frais aussi. Enfin, c'est comme ça que je le vois. (de toute façon ce roman est beaucoup mieux comme ça, tu imagines une fin heureuse sur la lande ? ils auraient de toute façon tous fini par se pendre)

    Ah, faudra que tu racontes, pour ton mémoire.
    De mon côté, j'ai réussi l'exploit de me faire entuber par deux directrices différentes en moins de trois mois.

    Posté par Louise Paradise, lundi 10 mai 2010 à 21:28
  • Je ne sais pas si le livre résisterait à une nouvelle lecture alors je m'en passe à reste fidèle à Heathcliff et à... Kate Bush !

    Posté par cathulu, lundi 10 mai 2010 à 21:37
  • "Ce qui m'échappe avec Heathcliff, c'est que je comprends entièrement son désir de vengeance, mais pourquoi la rendre aussi destructrice envers lui-même ? N'aurait-il pas pu se venger des autres en tentant, parallèlement, de se rendre heureux ? "

    ma Copine d'amour, on est toutes les deux amoureuses de Buk, le roi de l'autodestruction.
    Ca devrait t'aider un tout pitit pitit pitit peu à comprendre Heathcliff.
    Mais tout comme Louise, ma lecture date et je vais me replonger dedans très vite. Revoir la lande dans 3 semaines, je pense que ça va nous pousser à ça.
    De toute façon, les soeurs Brontë étaient un peu des frapadingues alors on peut pas tout avoir.

    Posté par Ofelia, lundi 10 mai 2010 à 21:45
  • Ca a été un de mes livres fétiches d'adolescente. On ne peut pas aimer ces personnages, impossible... mais je m'y croyais, dans cette lande froide et venteuse. Ca n'a aucun sens, aucune commune mesure... mais j'ai été emportée par ce tourbillon de sentiments forts et dérangeants. Quand j'avais 14 ans!

    Posté par Karine:), mardi 11 mai 2010 à 13:01
  • Bon, je passe sur les histoires de vieilles et tout parce que je pourrais m'agacer, voire déprimer.

    1/ Tout pareil pour Gavalda, même si je sais qu'il est plutôt de bon ton de lui cracher dessus in Boboland. Ben non, moi je l'aime.
    2/ Tout pareil pour "Les hauts de Hurlevent" : autant d'égocentrisme m'ennuie et m'épuise dans le même temps. Chef d'oeuvre ? Ah bon.

    Posté par Fantômette, mardi 11 mai 2010 à 18:42
  • J'aurais pu écrire le 2/ du commentaire de Fantômette. Exactement. Du coup, je ne rajoute rien, je me contente de retourner à mes moutons martiens.

    Posté par fashion, mardi 11 mai 2010 à 18:55
  • * Louise Paradise, c'est vrai qu'une fin alternative heureuse ne fonctionnerait pas et tuerait tout le reste, mais j'aurais juste aimé *comprendre* les personnages, or ce n'est pas du tout le cas. Je suis pénible, hein.
    Mais par contre, c'est toi qui dois me raconter pour ton mémoire. Pas l'inverse.

    * Cathulu, parfois, il vaut mieux éviter de relire, certaines œuvres en pâtiraient, c'est vrai !
    Par contre, Kate Bush, indéniablement, je te la laisse

    * Ofelia, alors bon, Buk, oui mais non. Auto-destructeur, peut-être, mais quand même tourné vers la vie, et les plaisirs. Il est pas là à s'auto-flageller en permanence, comme le vilain Heathcliff.
    Il me tarde votre voyage, votre retour, vos souvenirs

    * Karine, c'est fabuleux J'aurais aimé faire le même voyage littéraire que toi - bah, tant pis, je l'ai eu avec "Jane Eyre", c'est déjà merveilleux !

    * Fantômette, je déteste les gens qui crachent. Ca nous fait donc un point commun supplémentaire

    * Fashion, un mouton martien, c'est fou comme ça ne m'étonne pas de toi, finalement

    Posté par erzébeth, mardi 11 mai 2010 à 21:13
  • Pour moi c'est aussi un très beau souvenir d'adolescence, un de mes premiers classiques anglais, lu dans la vieille édition illustrée à couverture en cuir de ma grand-mère !

    Posté par Lou, mardi 11 mai 2010 à 22:13
  • T'es pas penible (ce genre de truc m'arrive plus souvent pour les films que pour les bouquins - je ne comprends absolument pas la supposee profondeur du scenario ou pire, le pseudo humour du film - grand moment de solitude quand tu es la seule a ne pas rire)

    Si, si, tu racontes aussi !
    Moi j'etais a Malte en semestre Erasmus, donc j'avais contacte ma prof de litterature comparee pour lui parler de mon sujet (en gros la Revanche de l'Etranger, dans "Les Hauts de Hurlevent" et "J'irai cracher sur vos tombes" de Boris Vian). Elle finit par me repondre en me disant que mon sujet est tres tres bien, mais qu'il faudrait un autre livre pour faire la jonction chronologique. Comment dire... J'ai pense au sujet en pensant a ces 2 livres precis, donc c'etait un peu complique. Je ne me voyais pas lire toute la biblio de la fac juste pour trouver un bouquin qui plaise a ma prof. Sans compter qu'il y avait avec moi une francaise de Paris IV qui faisait son memoire en litte comparee aussi, avec un roman de Dumas et une piece de Tennessee Williams. Donc bon. Le grand ecart chronologique etait a priori permis !

    J'ai fini par laisser tomber, et j'ai contacte ma prof de 20e pour travailler sur Boris Vian. Pas de reponse. Arrivee en novembre, une amie de fac qui faisait son memoire avec la meme prof me dit que la prof lui a dit a ELLE (mon amie, donc) qu'elle n'etait pas enthousiasmee par mon sujet parce que Boris Vian c'etait vu et revu (ce dont je n'avais pas trop l'occasion de me rendre compte, le rayon francais de la fac de Malte etant quand meme tres limite). J'ai beaucoup aime le fait d'avoir ete prevenue fin novembre par l'intermediaire d'une amie. Figure toi que la prof attendait de me voir en decembre pour me le dire elle-meme. Sauf que mon semestre finissait debut fevrier, et qu'a l'epoque je n'avais aucune intention de rentrer en France a Noel.
    Je te laisse imaginer mon humeur.
    Donc a Noel, j'ai eu trois jours pour choper un bouquin dans ma biblio perso, et un sujet qui aille avec, avant d'appeler ma prof a son domicile perso a Paris pour faire confirmer mon sujet. Connasse.

    Posté par Louise Paradise, mercredi 12 mai 2010 à 12:09
  • J'ai eu exactement le même ressenti que toi à ma lecture. Rien à ajouter, si ce n'est : Charlotte, you're the best.

    Posté par Caro[line], mercredi 12 mai 2010 à 13:41
  • * Lou, le contexte de lecture devait être fabuleux, ces vieilles reliures en cuir ont quand même plus de charme que mon affreuse couverture en carton miteux.

    * Louise Paradise, les gens qui ont l'humour difficile en matière de films sont mes amis.

    Pour ton mémoire, je trouve ça bien typique de la mentalité universitaire française, les profs se fichent éperdument des étudiants qu'ils sont censés encadrer, motiver, aiguiller. Enfin, pas tous heureusement, mais une bonne majorité des profs que j'ai pu rencontrer étaient de cette trempe.
    Ton sujet initial était très bon; quel dommage que la prof ne t'ait pas suivie sur cette voie... au final, tu as pris quoi ?
    Et tu as gardé la même directrice de recherche, alors ? Ca, c'est courageux aussi parce qu'à ta place, j'aurais eu envie de lui cracher dessus. Mais en toute cordialité, bien sûr.

    (et je note que tu as eu un parcours varié, en terme de lieux d'études, ça doit être génial).

    Pour mon cas, euh, vite fait alors, mon master 1 s'est assez mal passé, mon prof ne s'intéressait pas du tout à moi, l'écriture fut un calvaire et la soutenance une heure d'humiliation intense (l'autre prof m'a descendue en flèche sans s'arrêter et mon directeur n'a même pas tenté une seule seconde de me soutenir, j'ai beaucoup apprécié). Ca m'a dégoûtée de l'écriture mais je me suis réinscrite pour avoir les bourses et j'ai choisi de travailler sur Bauchau parce que ça me tenait vraiment à coeur. Mon nouveau directeur était un homme totalement amorphe, qui n'a jamais pris la peine de se renseigner sur mon auteur ni sur mon thème (plus ou moins l'art-thérapie), et qui n'a jamais su me donner le moindre conseil même quand je venais lui en quémander. Puis bon, j'ai fait un blocage et j'ai trouvé un boulot à temps plein, j'ai renoncé.
    Mais ça me fait encore chier, et je n'exclus toujours pas de m'y (re)mettre un jour, parce que je crois que ça me serait très bénéfique.
    Donc bon, pas les mêmes galères que toi, mais un dégoût blasé du corps professoral, qui peut toucher plus d'argent quand ils acceptent de suivre des élèves, mais qui ne foutent rien derrière.

    * Caro[line], tu me refais la même en allemand ?
    Charlotte ist die Beste ! Forever.

    Posté par erzébeth, mercredi 12 mai 2010 à 20:25
  • bon, comme je suis une briseuse de couple je dis: bouuuuhhhh elle aime pas les Hauts...!!!

    Posté par Choupynette, mercredi 12 mai 2010 à 20:57
  • C'est super décevant pour toi Je ne comprends pas des profs pareils ! Mais oui, tu as raison de t'accrocher à ton sujet. Termine le quand tu te sentiras prête, et envoie ton mémoire relié à ton prof avec une bombe-surprise de ton invention.

    En fait je n'ai pas eu le choix concernant ma directrice de recherche : comme on était déjà fin novembre et que j'étais à l'étranger, c'était compliqué de contacter un nouveau prof et de repartir à zéro.
    Du coup j'ai fait mon mémoire sur l'utopie dans "L'île des Gauchers" d'Alexandre Jardin (au moins j'étais tranquille, yavait aucune étude sur le sujet ^_^).

    Posté par Louise Paradise, mercredi 12 mai 2010 à 21:05
  • * Choupynette, c'est pas bientôt fini de jouer les coquines, non mais !!

    * Louise Paradise, ce serait génial de faire une telle surprise à mon ancien directeur, mais bon, ça signifierait aussi se réinscrire en fac (pour faire une vraie soutenance et valider mon master 2), or, j'ai pas envie de payer. Tout bêtement.

    C'est bien, "L'île des gauchers" ? Jamais lu. Ca t'a quand même un peu intéressé de travailler dessus ? Pourquoi tu ferais pas une bombe-surprise, toi aussi, en écrivant ton super mémoire de la mort ?

    Posté par erzébeth, jeudi 13 mai 2010 à 21:21
  • Tu n'as pas moyen d'avoir des aides/bourses ?
    Oui j'ai bien aimé ce livre. Pas mal d'intertextualité, des références à "Alice, de l'autre côté du miroir", à Gulliver, à l'Amant de Lady Chatterley (me suis marrée sur celle-là), au mythe de l'Atlantide... C'est pas très conventionnel comme roman, mais le travail m'avait plu. En tout cas c'était plus fun/funky que les mémoires de mes camarades qui travaillaient sur la mort chez Tardieu, ou l'absence chez Ionesco.

    J'y pense, pour la monde. Surtout que la prof de litté comparée m'a plantée sur d'autres trucs. Vengeance globale, vengeance totale !
    Tiens moi au courant, on pourra faire un envoi groupé.

    Posté par Louise Paradise, jeudi 13 mai 2010 à 23:25
  • *la bombe, pas la monde

    Posté par Louise Paradise, jeudi 13 mai 2010 à 23:27
  • * Louise Paradise, je peux éventuellement répondre à ta première question si tu y tiens, mais plutôt en privé, tu sais bien que Big Brother est partout, ou alors c'est juste que j'aime pas aborder certains en public. Ou les deux.

    Certains étudiants sont désespérants avec leurs sujets pire que banaux, je me rappelle d'une qui travaillait sur le lyrisme chez Chateaubriand (bravo, merveilleux, fantastique) et une autre qui a pondu un truc sur la femme chez Balzac. Alors là, si on n'atteint pas des sommets de platitude, je ne m'appelle pas Erzie.
    (bon, je ne m'appelle PAS Erzie, mais ne nous attardons pas sur ce détail).
    On se vengera, va. Mais par contre, je suis confuse, tu n'as pas réussi à me donner envie de lire "L'île des gauchers", un roman que j'ai en grippe pour aucune raison valable.

    Posté par erzébeth, vendredi 14 mai 2010 à 17:46
  • Il faut justement que je relise le roman de Emily pour le challenge de Mea. Cela me fait un peu peur car je l'avais adoré lorsque j'étais jeune mais quand est-il maintenant? je pense effectivement que la sauvagerie de la lande n'est pas pour rien dans le caractère de Heathcliff.

    Posté par Titine, vendredi 14 mai 2010 à 18:15
  • C'est dommage, parce que c'est complètement barré comme bouquin C'est une utopie basée sur l'amour et ce qui tourne autour (la séduction, les relations sexuelles - uniques voire multiples,...). Pas un "chef d'oeuvre" comparé aux classiques étudiés par d'autres, mais il est intéressant. Surtout qu'on dépasse la "réponse utopique classique" dans celui-là, ce que j'avais apprécié (en gros le Bonheur n'est pas en soi, mais en 1+1=1).

    Chateaubriand et Balzac, sérieux ? Et après l'autre connasse me prend la tête avec Boris Vian ?!
    Tu me diras, c'est comme l'importance de Proust à l'étranger. Si tu regardes les programmes de cours de Français dans les facs, ya TOUJOURS un cours sur Proust. Alors que je ne l'ai jamais étudié en France, à part un vague extrait au lycée qui m'a dégoûtée à vie je crois.

    Bon j'arrête de raconter ma vie.
    Si tu veux me raconter la tienne : titania-scave@hotmail.fr :p

    Posté par Louise Paradise, vendredi 14 mai 2010 à 19:23
  • Les filles, je suis effarée par vos directeurs. Je n'ai jamais eu ce problème et mes amis non plus - par contre, des directeurs durs à attraper entre trois réunions, quatre colloques et cinquante étudiants, oui.
    Du coup, je serai encore plus conscience. Il en va de l'honneur de ma profession.
    (j'ai l'air de rigoler, là, mais si ça peut vous rassurer de savoir qu'on est quelques-uns à faire les choses à peu près bien... Evidemment, on n'est pas encore mandarins. Je crois qu'on ne le sera jamais: Mandarin, c'est un état d'esprit)

    A part ça, je n'ai pas aimé les Hauts de Hurlevent, et détester Heathcliff. Non mais, qu'est-ce qu'elles lui trouvent, toutes?
    Un billet un jour, peut-être.

    Posté par Mo, samedi 15 mai 2010 à 13:45
  • * Titine, effectivement, avec une relecture, ça passe ou ça casse ! Mais à mon avis, tu peux y retrouver de belles émotions de ta première lecture, je te le souhaite en tout cas !

    * Louise Paradise, tu as fait des études de lettres modernes ? Et tu aurais échappé à Proust ? Il faisait partie de nos cours obligatoires (et je n'ai jamais quitté la France). Et c'était bien. Je te le jure.
    Et c'est certain que de nombreux mémoires ne servent strictement à rien parce qu'ils rabâchent des sujets vus et revus, tu le sais le problème de ta prof, c'est peut-être juste qu'elle aimait pas E. Brontë, et voilà, elle voulait pas se mêler à ça. C'est moche, c'est nul, mais je suis sûre que ça arrive.
    Pour "L'île des gauchers", j'essaierai d'y penser malgré tout, même si je ne suis pas sûre de saisir toutes les références.

    * Mo, tout n'est pas noir non plus, il y avait 2-3 trois directeurs de recherche qui étaient très impliqués, et qui suivaient sérieusement leurs élèves, c'est ceux-là qui sauve l'honneur de la profession, oui, et je sais que tu en feras partie
    Pour les Hauts, je suis quand même moins déçue que toi, mais j'aimerais bien lire ton billet, du coup !

    Posté par erzébeth, samedi 15 mai 2010 à 21:46
  • Jamais étudié Proust non plus. Ils l'ont peut-être fait en première année cela dit, mais je n'étais pas là. Je demanderai.
    Pour ma prof, non, le pire c'est que je pense qu'elle aurait été motivée si je lui avais trouvé son fichu roman.
    Pour "L'île des Gauchers", te force pas hein. On ne vit qu'une fois, on n'a pas de temps à perdre à faire des trucs qui ne nous branchent pas

    Posté par Louise Paradise, dimanche 16 mai 2010 à 02:08
  • Louise, j'aime bien ton dernier commentaire sur "L'île des gauchers" alors que tu as un peu tenté de me mettre une pression effroyable en un autre lieu. Ne mens pas, j'ai des témoins.

    Posté par erzébeth, mardi 18 mai 2010 à 21:37
  • Une belle claque pour moi mais je te comprends. Ils sont complètement tarés ces deux amants soi disant éternels.

    Posté par Theoma, mardi 18 mai 2010 à 23:02
  • * Theoma, pour l'éternité, on peut au moins la leur souhaiter, ils sont réunis dans la mort, mais enfin, on connaît destin plus heureux
    Et je comprends aussi très, très bien que ce livre puisse être ressenti comme une vraie claque.

    Posté par erzébeth, samedi 22 mai 2010 à 12:55
  • C'était pas de la pression :p

    Posté par Louise Paradise, samedi 22 mai 2010 à 21:24

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