N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

vendredi 13 novembre 2009

Un coeur qui bat 24 images par seconde

A cause d'Ofelia (ou grâce à elle, je vous laisse choisir la formule que vous préférez, selon que vous êtes positif ou négatif), voilà quelques jours que je cogite sur un questionnaire cinématographique. Ayant envie de me prêter au jeu avec le sérieux qui me caractérise, je vais tenter de ne citer qu'un film à chaque question, tout en ayant conscience alors que mes réponses ne sont finalement que des échantillons de mes pensées... Mais j'aime l'idée d'échantillons, je n'écris peut-être que ça, d'ailleurs.

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La nuit américaine, Truffaut

1- Un film que vous regardiez étant jeune et qui vous remplit de souvenirs:
Mes parents (surtout ma mère) raffolaient du
 
Grand chemin de Jean-Loup Hubert. Ça me fascinait et m'impressionnait, parce que mon regard d'enfant ne voyait pas la même chose que les autres membres de la famille et que le chagrin des différents personnages m'interpelait beaucoup. C'était un beau film, très triste (et ce merveilleux outil qu'est internet m'apprend qu'Anémone et Richard Bohringer ont tous les deux eu le César pour ce film. Y'avait de quoi).

2- Un film que vous connaissez absolument par cœur:
Comme ma
Copine, je connais par cœur La cité de la peur d'Alain Berbérian. Beaucoup des répliques ont d'ailleurs rejoint notre lexique familial, Oh, je suis sotte, c'est du suédois / J'ai dormi dans la chambre du bas parce que j'avais prêté mon pull / Aucun lien, fils unique, etc, etc. Culte.

3- Un film qui a bouleversé votre jeunesse:
"Bouleversé" n'est pas le mot juste, mais je m'en voudrais de parler de ma jeunesse sans citer La famille Addams (de Barry Sonnenfeld). Ce film faisait partie du top trois de mes terreurs (avec Entretien avec un vampire et Les Gremlins), mais dieu que je l'aimais (et les deux autres aussi, by the way). Quand j'y réfléchis, d'ailleurs, je trouve que je me suis plutôt bien sortie de cette enfance traumatisante. Encore aujourd'hui, on entend parfois chez nous, au moment où ma mère nous sert, le cultissime "Allez, Mercredi, joue avec ta nourriture".

4- Un film que vous auriez aimé écrire/produire:
Virgin suicides de Sofia Coppola me paraît un bon choix; c'est un film tellement troublant, d'une beauté sidérante (ces couleurs, cette musique, ces filles, bon sang, ces cinq filles...), d'une pureté saisissante. Mais tellement cruel, aussi.

http://3.bp.blogspot.com/_iJOT1XhFiBw/ScAv0N7wjrI/AAAAAAAAB1A/zk6KiJoU3bM/s400/164790_virgin_suicides2.jpg

5- Un film qui vous a donné envie de faire du cinéma:
Il faut savoir que dès mon plus jeune âge, après avoir renoncé à mon rêve ultime qui était de devenir balayeuse de rue (ne riez pas, je suis très sérieuse), je voulais être actrice (écrivain aussi, mais ça, personne ne me demande d'en parler aujourd'hui). Aucun film particulier n'est à l'origine de cette envie, je voulais juste que ma sensibilité exacerbée me rapporte de l'argent. Par contre, je peux vous dire que le film qui m'a définitivement fait aimer le cinéma, et qui a fait que c'est devenu une passion pour moi, c'est Le cinquième élément de Luc Besson. Un déclic - et tout à fait entre nous, heureusement que je l'ai eu.

6- Un film que vous avez regardé plus d'une fois:
(inutile de préciser qu'ils sont légion. Oh, zut, je le précise) American beauty (de Sam Mendes). "Il y a tellement de beauté dans le monde que ça en est insoutenable. Et mon cœur est sur le point d'exploser..."

7- Le film que vous avez vu en dernier au cinéma:
Vol au-dessus d'un nid de coucou, de Milos Forman. Non, mauvaises langues, je ne suis pas allée pour la dernière fois au cinéma en 1975 (je n'étais même pas née) (râlez, râlez), mais hier après-midi. C'est l'avantage des petites salles d'art et essai (il fallait bien qu'elles en aient un, d'avantage) : elles projettent de vieux films. Sur le coup, j'ai beaucoup aimé. En sortant de là, j'ai eu l'impression que le monde entier était fou. Puis en y repensant, je me suis dit que c'était sans doute un chef-d'œuvre. Quel bonheur d'avoir pu le découvrir sur grand écran...

http://abcd.ville-larochesuryon.fr/lrsy/files/u9/vol_au_dessous_d_un_nid_de_coucou.jpg

8- Un film dont vous avez regretté d'avoir payé la place:
Sans aucune hésitation, Inland empire de David Lynch. C'était en début d'après-midi dans une salle d'art et essai. Autant dire qu'on n'était pas nombreux - entre dix et quinze. Le film commence, on ne comprend rien mais c'est normal : c'est du Lynch.
Seulement, ça continue sur cette lancée. Une personne abandonne, quitte la salle. Suivie par une autre. Et une autre. Je n'en pouvais plus, personnellement, et je savais que le calvaire allait durer pendant près de 3h. Je me suis accrochée comme une folle à un gars assis au rang précédent, en me disant : Tant qu'il reste, je reste. (je sais que le principe est absurde, pas besoin de me le préciser). Manque de pot, après plus d'une heure de film, il a jeté l'éponge.
J'ai tenu vaillamment. Je ne me le suis toujours pas pardonnée.

9- Un film qui vous fait réfléchir sur la vie:
Rois et reine, chef-d'œuvre absolu d'Arnaud Desplechin, dont le discours a la fâcheuse tendance de me bouleverser. La liberté de vie qu'incarne Mathieu Almaric est éblouissante.

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10- Un film qui vous a donné envie de tomber amoureuse:
Il y en a des millions, mais je citerai Eternal sunshine of the spotless mind de Michel Gondry parce que j'aurais honte de ne pas le caser dans ce questionnaire. Et parce qu'on a beau faire, on ne peut pas effacer un amour ancré en nous.

11- Un film qui vous a fait tordre de rire:
Histoire de varier les réponses (j'aurais pu écrire la même qu'à la question 2), je vais vous avouer que le dernier film à m'avoir réellement fait rire est Sept ans de réflexion de Billy Wilder, revu dernièrement. Tom Ewell y est complètement délirant; et on ne peut pas dire qu'il soit en mauvaise compagnie dans ce film...

12- Un film qui vous a révélé un acteur que vous suivez à présent:
Kate Winslet m'a éblouie dans Titanic (J. Cameron), et plus je regarde ses films, plus je suis convaincue de sa valeur et de son talent.

13- Un film qui vous a fait pleurer comme une madeleine:
Un peu comme Ofelia, je n'ai pas le droit de pleurer devant un film (sinon, c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres). Evidemment, parfois, ça dérape. J'ai pleuré pendant une demi-heure après avoir vu Créatures célestes de Peter Jackson, par exemple.

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14- Un film dont vous avez aimé un personnage en particulier:
Je trouve cela un peu curieux parce qu'à partir du moment où j'aime un film, on peut supposer que les acteurs y sont pour quelque chose, non ? Mais jouons le jeu jusqu'au bout, j'aime beaucoup le personnage interprété par Christian Bale dans Le nouveau monde (T. Mallick) - l'homme qui parvient à épouser Pocahontas tout en ayant conscience qu'il ne sera jamais autant aimé que John Smith. L'homme qui accepte qu'une part de son cœur appartienne à un autre.

15- Un film que vous regardez chaque année:
Pour survivre à décembre (mon mois détesté), il n'y a pas 36 remèdes, mais : Love actually de Richard Curtis. Pour l'humour, pour le casting, pour le romantisme, pour le costume de pieuvre à la fin. A regarder dans un plaid, avec des chocolats et une boisson chaude. Et sans homme à proximité, évidemment.

Et si Filmaoueg nous parlait des films importants pour elle ? Allez, oh, dis, cède !

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mercredi 4 novembre 2009

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille

Vous vous souvenez aussi bien que moi de César, et de la trahison de son propre fils. Moi aussi, j'ai été trahie. Comme on n'a décidément aucun ami sur terre, cette fois la trahison vient de Caro[line]. Oui, tu quoque, filiae. Décidant de me relever de cette attaque frontale, j'ai serré les dents, et répondu au énième tag qui circule actuellement, et qui a été mis en route par Emma (ce qui est bien, c'est qu'on connaît donc la fautive : ça permet de centraliser les désirs de vengeance).

1. Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (eh oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature)
Je trouve la parenthèse très vexante. Qui ose croire que je n'ai aucun don littéraire ? Et pire, comment pouvez-vous croire que je serai capable de raconter les moindres détails de ma vie à un inconnu, pour qu'il se les approprie, les déforme encore plus que moi (car évidemment, mes propres souvenirs sont faussés avec le temps et ma subjectivité personnelle, alors ajoutez dessus la subjectivité d'un autre, et je ne me reconnaitrai plus), pour qu'il livre un texte larmoyant et soporifique ? Non, non. J'exige d'être seule responsable de ce flop littéraire.

2. Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaine de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)
Daniel Craig, vous voulez dire l'acteur bodybuildé qui ressemble à Poutine et à un nazi (oui, les deux à la fois, ça ne doit pas être facile tous les jours) ? Vraiment, vous ne cessez de me décevoir. Je ne suis pas attirée par ce genre de créature. N'importe quel livre vaut mieux que la compagnie de cet homme froid et sans charme (je serais même prête à feindre de l'intérêt pour un roman de Jane Austen).
Donnez-moi Johnny Depp ou Hugh Grant (liste non exhaustive), et là, je pourrais même en oublier que je sais lire.

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3. C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)
Eh bien, mon autobiographie. What else ?

4. Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?
La pause lecture idéale, c'est celle qui inonde mon cœur de bien-être et de sérénité, celle qui me donne envie de gambader de joie dans une clairière ensoleillée. Celle qui fait briller mon esprit et mes rêves de mille feux. La pause lecture idéale, c'est un instant d'amour.
Je suis désolée, je n'ai pas pu m'empêcher.

5. Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui  ?
Si vous saviez avec quelle intensité j'ai cherché un personnage à détruire... Je voudrais bien sauver Gavroche en éliminant le tireur responsable de sa mort, mais ça ferait de moi un nouvel Achéron Adès (vous savez, enfin, celui qui kidnappe les personnages de roman, ce qui en modifie fatalement l'intrigue); et j'ai déjà tellement mal au cœur de savoir qu'un personnage de Martin Chuzzlewit a disparu à cause de lui, que je n'ai pas envie que mes actes aient la moindre incidence sur le moindre livre.

6. Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?
Permettez-moi de raconter ma vie (ça vous donnera un avant-goût de mon autobiographie, bande de chanceux) : une nuit, j'ai rêvé que Voldemort en avait après ma vie. Je peux vous dire que c'est particulièrement angoissant de savoir qu'à chaque instant de notre existence, quelqu'un cherche à nous exterminer, en espérant nous faire souffrir le plus possible (sinon, c'est moins amusant).
Rien que pour ça, non, je suis contente qu'il soit mort. Je dors mieux.

7. Jusqu’où êtes-vous allé pour un livre ?
Vous voyez le petit logo Alapage, à gauche ?
Ces rigolos ont cru qu'un partenariat avec mon humble personne pourrait avoir un impact sur leur vente (personnellement, j'en ris encore). J'ai accepté de leur vendre mon âme, pour recevoir en contre-partie le livre de mon choix - en l'occurrence, une anthologie de Bukowski qui fait 1525 pages. J'en bave rien que de l'écrire.
Le pacte m'oblige à écrire un billet sur le livre, et y intégrer un magnifique lien vers Alapage. J'espère évidemment que vous ne cliquerez pas dessus.

8. Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)
Eh bien justement, je passerais bien un moment avec Bukowski. Je voudrais qu'il me parle de son épitaphe :

bukowski

Puis j'ajouterai qu'il pourrait quand même m'offrir une bière, tant qu'on y était.

9. Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.
Dans ma grande magnanimité, je vais tenter de répondre sérieusement. La bibliothèque de mes rêves, déjà, contiendrait tous mes livres (et pas une partie chez Untel, une autre chez Bidule, comme en ce moment). La pièce serait baignée de lumière (je me fiche des conditions de conservation, je ne possède rien de précieux), et en levant les yeux, je verrais au choix l'océan se déchaîner, ou la lande anglaise, ou Notre-Dame-de-Paris. Je ne suis pas encore bien fixée, comme vous pouvez le remarquer. Mon fauteuil-canapé serait tellement confortable que son accès serait réservé aux happy few (qui comprendraient : mon chat, mon amoureux et moi. Personne d'autre). Et la plus belle théière du monde exhalerait une douce odeur de thé rouge à la vanille (mon obsession actuelle), que je dégusterais à petites gorgées. Peut-être même que Chopin s'échapperait des enceintes placées en haut de mes étagères.
Le téléphone serait banni de cet havre de paix, dont la description est hautement ridicule, j'en conviens. Vous vouliez du cliché, vous en avez eu.

10. Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?
Euh, brûler des bouquins, c'est pratiquement anecdotique comparé à ce qu'il a brûlé d'autre, non ?
...
Il y a quelqu'un qui avait proposé Suicide, mode d'emploi. Je ne peux qu'acquiescer - à condition que cette saleté de dictateur mette immédiatement en pratique les précieux conseils distillés. Attendre d'être vaincu pour se suicider, c'est vraiment une idée de loser.

Et s'il refuse, je demanderai à Achéron Adès de le retirer des manuels d'Histoire.

***

Et maintenant, je suis censée refiler la punition à quelqu'un (en général, celui que je désigne ne fait jamais le tag, à croire que c'est une tradition). De fait, Lilly, ça t'intéressait de ne pas y répondre ?

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samedi 31 octobre 2009

Est-ce que Dieu est dans votre vie, là ?

feuillesLes individus normaux qui ont la chance d'avoir le week-end pour eux profitent généralement du samedi matin pour dormir un peu plus tard que d'habitude, traîner pendant le petit déjeuner, se laver un peu plus tranquillement. La normalité me fait cruellement défaut puisque tel un individu hautement stupide, j'ai fait sonner mon réveil pour aller à la piscine. Je peux vous dire que, du fond de mon lit, ça me restait en travers de la gorge. Mais depuis que j'ai découvert qu'il y avait peu de monde, le samedi matin, à l'ouverture de la piscine, j'essaie de prendre sur moi et de m'y rendre gaiement.
Gaiement, il faut le dire vite. Déjà, je m'interdis d'y aller en bus, ce qui m'ajoute en plus un trajet à pied. Marcher, ça va, je peux le tolérer - sauf quand c'est pour me rendre dans un lieu aussi désagréable, qui pue le chlore. Donc, je marche en bougonnant. Vingt minutes de bouderie intense.
Ce matin, hélas, une charmante jeune femme vient rompre la monotonie de mon trajet. J'arrête la musique qui divertissait mes oreilles, pensant qu'elle allait me demander le chemin pour se rendre je-ne-sais-où. Sa voix est aimable.
"Excusez-moi de vous déranger, mais j'aimerais vous poser une question : croyez-vous que la Bible soit mise en pratique au quotidien ?"
Il fallait que ça tombe sur toi. Une chrétienne, dans la rue, un samedi à 9h. Je regrette presque de lui apprendre que je ne suis pas croyante.
"Ah. Mais n'avez-vous jamais lu la Bible, au moins comme simple référence culturelle ?"
J'ai envie de lui répondre que je ne sais pas lire, ou que je préfère les histoires de vampire, ou que je ne projette aucunement de me cultiver, mais je m'entends dire que, non, je trouve ce texte trop impressionnant. Elle croit que c'est à cause de son aura religieuse, alors qu'en réalité, c'est parce qu'il y a trop de pages, et que c'est écrit tout petit.
"Permettez-moi quand même de partager quelques pensées avec vous."
Vas-y. De toute façon, je n'ai pas envie de nager, je suis prête à tout pour y échapper, même écouter ton discours d'illuminée. Elle sort une petite brochure, me lit ce passage :
Par ailleurs, les principes divins dans la Bible nous enseignent un mode de vie qui procure des bienfaits d'ordre physique (j'écoute, intéressée : et si c'était un moyen d'échapper à la natation ?)
.
Par exemple, 'être modéré dans ses habitudes' favorise une bonne santé (je commence à la regarder de manière suspecte). 'Se purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit' évite bien des maladies (je me tais, mais n'en pense pas moins). En outre, l'application des conseils divins consignés dans la Bible contribue à la réussite d'un mariage et au respect de soi (presque envie de lui demander si la Bible fait aussi revenir l'être aimé, et règle les problèmes d'argent mais curieusement, je m'abstiens).
Je scrute son visage. Elle croit à ce qu'elle vient de me lire. Et moi, hilare intérieurement, pense qu'en moins d'une minute, elle a éclairci tout le problème de mon existence. Mais oui, bien sûr, si je suis tombée malade, c'est parce que mon âme est impure et que je ne crois pas en Dieu. La réponse était si simple, il faudra que je pense à appeler mon médecin lundi, il sera content d'apprendre que j'ai trouvé la solution parfaite.
J'ai envie qu'elle me donne son prospectus (ce qu'elle fera, d'ailleurs), parce que je pense à cette amie friande de ces discours mystiques, qu'elle stocke dans ses toilettes, au point d'en tapisser les murs (la première fois, ça surprend. Puis la deuxième fois, vous vous installez sur les toilettes, et vous vous marrez).
La jeune Témoin de Jéhovah me souhaite une bonne journée et je poursuis ma route.
Plus loin, je croise une maman chat avec deux bébés. A vue de nez, ils ont au moins deux mois. Le petit noir et blanc est à croquer : petit, fluet, il ravive en moi le goût que je porte aux animaux qui ont l'air malheureux ou tristes. Je me retiens d'aller les caresser (la piscine, la piscine !), pense à
Caro[line] et au futur chat que je finirai bien par adopter, quand ma vie sera, disons, un peu plus stable. S'ils sont encore là au retour, je m'approcherai (évidemment, ils auront déguerpi entre-temps).
A la piscine, il ne s'est rien passé d'intéressant. J'ai continué de bougonner dans l'eau, et en en sortant, parce qu'il me reste encore quatre malheureux billets d'entrée. Soit quatre semaines de torture.
Une fois rhabillée, j'entends un homme du personnel raconter à une vieille nageuse que si l'eau est si froide, c'est parce qu'ils viennent de la changer. Ils la changent souvent. Le mardi, des écoles viennent investir les lieux.
"Et sur 100 gamins, il y en a bien 30 qui pissent dans l'eau. Je vous assure, on voit l'eau prendre une teinte jaunâtre."
Oh, non. Je me rends chaque semaine dans une piscine où tout le monde fait pipi. Après, on s'étonne que je sois misanthrope.
Sur le chemin du retour, je bougonne encore. Je photographie quelques feuilles mortes, et me rappelle que je dois me vernir les ongles en noir. C'est qu'
Erzébeth Bathory est de sortie, ce soir.

(la photo n'est pas de moi, parce que mon téléphone portable n'a su faire que des clichés ridicules. Mais ça m'a donné envie de me promener en forêt, c'est malin).

Posté par erzebeth à 11:59 - égocentrisme - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 10 octobre 2009

Depuis, j'ai aussi acheté des chaussures

monroe12 Si je tenais un blog digne de ce nom, je devrais vous gratifier d'un billet de lecture, mais ne cherchez pas, la machine est toujours rouillée.
Je suis sûre que c'est à cause des tags qu'on m'a infligés en pagaille ces derniers temps; c'est mauvais pour la santé, je l'ai toujours dit. Ou du moins pensé.
Je ne baisse pas les bras pour autant. J'ai juste environ 34 problèmes urgents à régler pour essayer d'alléger mon esprit (et mon inconscient, parce que les rêves tordus, merci bien), et une fois que je serai un peu plus détendue et disponible, j'espère que ce blog va de nouveau ressembler à quelque chose.
(non, je plaisante)
(il n'a jamais ressemblé à rien, le pauvre)
(mais je l'aime comme ça)

A part ça, si vous voulez savoir, ma copine Sophie est partie vivre au Canada, et autant lundi soir j'avais trop bu pour être réellement triste (au restaurant, on a quand même réussi à partir dans un fou rire avec une simple phrase comme : "Alors ça, c'est une tomate séchée ou je ne m'y connais pas". Surtout que c'était du poivron rouge), autant mardi soir, j'étais à jeun, et assez triste. C'était peut-être mercredi, remarquez. Mais qu'importe.
Je fumais ma seconde cigarette de l'année (je fais ça quand je suis très triste et quand je sais où j'ai caché mon paquet, les deux éléments se rencontrant finalement assez peu, tant mieux pour mes poumons), accoudée à la fenêtre, en regardant mon quartier. La nuit était en train de tomber, et en scrutant un immeuble un peu plus loin ou encore les maisons avoisinantes, je captais certains gestes. La femme qui rentre chez elle, allume le séjour. Sort fermer les volets quelques minutes plus tard. Les jeunes sur leur balcon (ils boivent ? ils fument ?) qui décident finalement de rentrer (il fait froid ? ils ont faim ?). Je regarde ces petites vies se mouvoir sous mes yeux, et cela me plait. J'aime ces instants fugaces, j'aime imaginer la vie des autres. Leurs habitudes. J'ai besoin de sentir que d'autres vivent près de moi.

A part ça, la semaine a été longue, et inintéressante. Mais dans le cadre de mon défi "Un cadeau par semaine" (instauré le 23 septembre, suite à une bonne nouvelle que je fête donc de manière élargie dans le temps), je me suis retrouvée dans un magasin de vêtements. En réalité, j'avais surtout besoin de m'acheter des chaussures, mais la logique féminine reste nébuleuse même pour ses propres représentantes. J'ai acheté un haut noir (ce qui est très, très original de ma part - pour tout vous dire, alors que je passais mes dernières vacances chez ma sœur, au moment d'accrocher une lessive, elle a rétorqué : "Mais c'est pas possible, là, j'ai l'impression de loger une gothique !"). Au moment de passer en caisse, la vendeuse a jugé bon de me cirer les pompes (j'ai horreur de ça) : "Quel excellent choix, il est vraiment très beau".
Oui, bah, si tu le dis.
"Si je peux me permettre, comme c'est un haut très original, je vous conseille de le porter avec un pantalon assez classique, une coupe droite ou une coupe [mot incompréhensible de moi-même], et ajoutez aussi un petit gilet de garçon de café, ça fera un look très sympa. Hihi."
J'ai dû me retenir de vomir.
Elle a cru que j'étais une fashion victim. La drôle. Alors que je ne comprenais même pas le langage qu'elle employait, alors que je veux tout, sauf un look très sympa. Intérieurement, je me suis dit : Penser à ne plus retourner dans ce magasin.
Mais j'y retournerai quand même, je le sais. Et je porterai mon haut avec ce que je veux, bordel.

Avant d'achever ce billet inutile, une anecdote de travail.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, je travaille en bibliothèque. Donc, fatalement, il y a des moments où je me retrouve à enregistrer les prêts des mignons petits étudiants qui veulent réfléchir et potasser depuis chez eux avec les beaux ouvrages qu'on met à leur disposition. Evidemment, parmi ces étudiants, il y a des étrangers.
Vendredi, une gentille petite Espagnole (ou Italienne, hein, ne soyez pas pointilleux), s'approche de moi avec une pile de livres et, maîtrisant mal les pronoms français (comme je la comprends), me demande :
"Je peux vous emprunter ?"
Il m'a fallu tout mon sang-froid pour ne pas partir dans un fou rire, et pour ne pas lui répondre que, bien qu'elle me paraissait adorable, je n'étais pas empruntable (je suis une exclue du prêt, moi, madame), et que je pouvais encore être utile professionnellement à mes collègues.
Mais, à elle seule, elle venait de sauver cette semaine ô combien pénible.

Maintenant, sachez que ce billet n'est mis en ligne que pour me faire honte (= "ohmondieu, comment puis-je afficher de telles conneries aux yeux de gens qui me connaissent"), ce qui devrait avoir pour effet kiss-cool de m'inciter à écrire rapidement un billet de lecture.
Avouez que c'est habile.
A fort bientôt, donc !

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vendredi 25 septembre 2009

Hello, it's me

Parmi les nombreuses malédictions que je me coltine, il y a celle du tag. C'est un genre de loi de Murphy : si quelqu'un tague Fashion, la pauvre lectrice se croit obligée de me taguer à son tour. Systématiquement. Autrement, peut-être qu'il lui arriverait quelque chose de très grave, comme la disparition instantanée (et irrémédiable) du Docteur. On ne sait pas. Et il vaut mieux ne pas savoir.
En attendant, je suis maudite à mon tour; il paraît que je dois dresser mon portrait en répondant aux questions par des titres de livres lus dans l'année. J'ai pris exemple sur Fashion : j'ai triché, en élargissant le choix sur tous les livres lus depuis que ce blog est ouvert. Non parce que cette année, c'est un peu la misère littéraire, et même si je suis vaillante, je ne pouvais autrement pas survivre à un tag aussi contraignant.
Allons-y pour vivre ensemble un moment passionnant :

    *  Décris-toi : Comment rater complètement sa vie (en onze leçons). Je n'en suis qu'à mes premiers pas. C'est un travail de longue haleine que de tout rater; mais je m'accroche, et garde espoir d'y arriver.

   * Comment te sens-tu ? Hyper fatiguée, mais malheureusement, je n'ai lu aucun roman avec un tel titre. Alors, je vais mentir en disant que je me sens Au coeur des ténèbres. Mais en réalité, je n'oserais pas m'aventurer aussi loin (je n'ai aucun sens de l'orientation, et pour trouver la sortie, après, merci bien).

    * Décris là où tu vis actuellement : A la croisée des mondes. Sur le point de passer d'un monde à l'autre, d'ailleurs. Zut, il faut que je prépare mon sac.

    * Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu ?  J'irais peut-être faire un clin d'œil à  Notre-Dame de Paris. En tout cas, ne comptez pas sur moi pour accepter un Rendez-vous à Bagdad. C'est, euh, trop loin. Oui, excellente excuse (je suis fière de moi).

    * Ton moyen de transport préféré : L'Orient-Express, sans conteste. (je dis ça mais je n'ai aucun souvenir de ce livre, si ce n'est que ça se passe dans un train. J'ai retenu l'essentiel, non ?)

    * Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Après un grand instant de réflexion, je dirais Lolita. Elle mérite bien ça, la pauvre.

    * Toi et tes amis, vous êtes : Nous ne sommes pas séparés, même si l'une d'entre nous a la curieuse idée de partir vivre au Canada (vais-je oser affronter l'avion pour lui rendre visite un jour, that is the question, je lui ai promis que oui, mais j'ai comme un doute).

    * Comment est le temps ? Mitigé. Le matin, on peut scruter une Lumière pâle sur les collines; l'après-midi, on pourrait s'aventurer à construire un Château de sable (superbe), tellement il fait chaud.

    * Ton moment préféré de la journée : Autant en emporte le vent. Aucun rapport, oui, mais je voulais absolument caser ce merveilleux roman dans ce tag, c'est si beau, tous les prétextes sont bons pour en parler.

    * Qu'est la vie pour toi ? Notre petite vie cernée de rêves. Si elle n'était pas aussi bien cernée, elle serait difficile à vivre, je trouve.

    * Ta peur : Trouver Un cadavre dans la bibliothèque. Ce serait très pénible à gérer, je pense. Mais au dernier entretien que j'ai passé, on m'a plutôt demandé "Que feriez-vous en cas d'inondation ?", et non pas "Que feriez-vous si vous trouviez un cadavre dans la bibliothèque ?", donc j'imagine que c'est plutôt rare. Du moins, je l'espère.

    * Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? Appelez-moi par mon prénom. Je vous laisse méditer.

    * Pensée du jour : Les femmes qui lisent sont dangereuses - mais celles qui ne lisent pas le sont encore plus.

    * Comment aimerais-tu mourir ? Comme Roméo et Juliette, évidemment ! What else ? (je découvre au passage l'utilité des Harlequin : ils collent parfaitement aux tags. Et ils sont aussi superflus l'un que l'autre)

    * La condition actuelle de mon âme : Le présent d'incertitude. Encore, toujours. Je ne sais pas si c'est une mauvaise chose.

Caro[line] et Levraoueg auraient-elles envie de se prêter au jeu ?
(
Miss Wonderland, j'aurais bien voulu t'ajouter, mais je crains que tu interprètes cela comme une malédiction en chaîne - si je te tague à chaque fois que je suis taguée, notre amour peut en pâtir. Ce serait fâcheux, parce que je ne sais toujours pas cuisiner et que j'ai besoin de toi pour manger).
(j'espère ne pas paraître trop laconique, mais je trouvais que les titres se suffisaient. Si vous avez envie de rire, allez (re)lire les réponses de Fashion !)

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vendredi 18 septembre 2009

Erratum

Suite à un certain billet musical, j'ai été victime de menaces.
Evidemment, l'individu menaçant est par définition rusé, il ne fait pas cela à la vue de tous. Non, il attend que sa victime (innocente et inoffensive, cela va de soi) soit totalement désarmée avant de porter son coup.
Il paraîtrait que j'ai des goûts musicaux déplorables. Je vous offre une version édulcorée des propos qui ont réellement été échangés, j'ai peur que vos oreilles si pures en soient autrement choquées.
On m'a menacée des pires horreurs si je ne publiais pas de démenti.
(j'exagère un petit peu, parce que je suis innocente, inoffensive et pleurnicharde)

Puis je me suis souvenue d'une des règles fondamentales de la féminité (j'espère que vous la connaissez) : Toujours nier.
Toujours. Nier.

(exemple en contexte : "Chéri, non, je t'assure, ce n'est pas moi qui ai accroché la voiture avec celle de quelqu'un d'autre, je l'ai retrouvée comme ça sur le parking après avoir fait les courses. Si on commandait par internet, on n'aurait pas ce genre de problème, tu vois"
Dans ce cas, vous avez la réfutation d'un événement (car c'est bien la femme qui a accroché la voiture avec une autre déjà garée), et une accusation sous-jacente envers l'homme qui pensait nous piéger alors que, hé, non, on est finalement plus rusées)

La négation est tout un art, qu'il faut pratiquer avec méticulosité.
Je suis une femme. Je ne conduis pas, mais je vais quand même nier devant vous.

Ceci est un démenti officiel

Non, je n'écoute pas Britney Spears.
Mes réponses au tag ne sont pas représentatives de ce qu'on peut trouver dans ma discothèque.
Madonna ? Connais pas.
Je t'assure qu'on m'a forcée à répondre tout ça, je n'y suis pour rien, je voulais juste me plier à l'exercice pour m'intégrer dans ce cruel monde qu'est la blogosphère.
Je préfère écouter Tom Waits que Charles Aznavour. Je te le promets, même si je risque de devenir dépressive au bout de la deuxième chanson.
Je promets aussi d'écouter de la musique en rentrant chez moi le soir, et je m'accompagnerai d'un verre de vin blanc pour équilibrer la balance (la musique me rend triste mais j'ai oublié de te dire, l'alcool me fait rire. Bon compromis, non ?).

Suis-je pardonnée ? 

Une preuve supplémentaire, peut-être ?

Alors, ce sera en vidéo, parce que je n'ai pas trouvé la version que je voulais chez l'affreux deezer.

La qualité est fort moyenne, mais ça n'enlève rien à la chanson et à l'interprétation.

Tu vois, qu'il reste un petit espoir !

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mercredi 16 septembre 2009

Do you believe in fairies ?

« Chaque fois qu'un enfant dit: « Je ne crois pas aux fées », il y a quelque part une petite fée qui meurt. » [James Matthew Barrie, in Peter Pan]

Aujourd'hui, interdisons aux enfants de dire des bêtises.

Aujourd'hui est une journée un peu particulière.

Je pensais essayer d'écrire quelques phrases, récolter quelques pépites, couper, découper, recoller... mais le temps et les mots me manquent.
C'est un billet entièrement égoïste; dédié à elle, dédié à moi. Nos trésors sont personnels; elle a ses secrets et j'ai les miens.
Toutes les deux, aujourd'hui, on se brûle. J'ai son précieux assentiment, elle a mon amitié, mon soutien. Si tant est que ça a la moindre valeur...

Ce montage, en guise de guimauve, pour toutes les deux.

images
Cliquez pour agrandir

Un jour, je me vengerai des quais de gare. En attendant, je [...]
Say quick that you believe. If you believe, clap your hands !

Posté par erzebeth à 09:00 - égocentrisme - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 4 septembre 2009

... and some people dance

yann_tiersen

* Devinez qui sort un nouveau livre, ce mois-ci !
... Certes, ils sont assez nombreux dans ce cas, et c'est pénible. Mais je vous parle de quelqu'un qui mérite vraiment qu'on parle de lui. Un nouveau journal d'Henry Bauchau
vient compléter ceux qui ont déjà été publiés :  Les années difficiles. Il recoupe les années 1972-1983, période où Henry Bauchau est obligé de fermer son Institut suisse pour rejoindre Paris. Période où il va abandonner l'art plastique, faute de temps. Période aussi, où il va rencontrer Lionel, ce jeune patient qui deviendra Orion dans L'enfant bleu.
J'en connais une qui va se faire un beau cadeau...

* Puisque l'on parle du plus grand écrivain belge actuellement vivant (je précise vivant pour ne pas froisser Zappy, qui a des goûts bizarres), je me permets d'ajouter que toute la semaine, de 20h à 20h30, il a parlé à voix nue sur France Culture (Henry Bauchau, pas Zappy. Ne mélangez pas tout, quand même). Il reste donc une dernière émission ce soir. Je n'ai écouté que le début, pour l'instant, le cœur pincé d'entendre cette voix chevrotante. Mais j'admire son courage d'avoir accepté un tel entretien, à son âge. J'écouterai ce trésor.

* Mercredi, une place du centre ville.
Une jeune femme vêtue d'une robe rose joue du piano. Là, dehors. Assise sur un tabouret. Un piano qui doit peser 200 kilos a été posé, là, à la sortie du métro. Et elle joue.
Elle joue Yann Tiersen.
Yann Tiersen m'a toujours donné envie de pleurer, et de l'entendre jouer, là, dans ce lieu où les gens se bousculent, de voir ce décor à la fois si poétique et si féroce, ça pourrait me liquéfier, alors je ne ralentis qu'un instant et continue ma route, en prenant soin, toutefois, d'emprisonner cette image dans mes jolis souvenirs.

* Chez le kiné, il y a longtemps, si longtemps, les portes étaient minces entre les différentes pièces. Et j'entendais la vieille dame, à côté, raconter ses malheurs, ses douleurs, sa dépendance, avant de conclure ainsi : « Vous savez, je ne suis on ne peut plus heureuse. »
Ça aide à relativiser certaines choses.

* Une jeune fille sort de la bibliothèque et les portiques se mettent à sonner.
Revenez, s'il vous plaît. Avez-vous des livres d'une autre bibliothèque ?
Oui, elle en sort un, gros, aux couleurs anglaises (si), je comprends qu'elle lit en VO et de l'endroit où je me trouve, j'essaie d'en décrypter le titre.
Elle rosit (que c'est pénible, un système antivol, vous n'imaginez même pas), on vérifie, tout va bien, merci Mademoiselle, je vous rends votre livre.
J'ai le temps d'en croiser la couverture. Elle lit Gone with the wind.
Je souris.

* « Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon. » Je vous laisse, j'ai de la lecture.

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lundi 17 août 2009

And now, I REALLY go to sleep

Hier, figurez-vous que j'ai vu aux informations que les cambrioleurs raffolaient de Facebook, particulièrement en été, parce que tout le monde y annonce son départ imminent en vacances, et sa probable date de retour...
Tant de jours pour que certains esprits malhonnêtes vous repèrent, et viennent visiter votre appartement (ou votre maison, bande de chanceux) afin de vous délester de quelques objets de valeur.
...
J'espère que cette information de première qualité finira par rendre totalement paranoïaques ceux qui ne l'étaient pas encore.

aCette petite introduction n'est qu'une anecdote pour vous spécifier mon retour (je fais parfois preuve d'une éloquence qui m'émeut particulièrement). Soit. En toute logique, c'est le moment opportun pour reprendre un rythme un peu plus soutenu par ici, pour vous raconter mes visites trépidantes (j'ai tenu une heure dans un musée. Pas plus) et mes folles soirées (je ne sais pas si vous avez déjà dû mimer Lady Di (parfaitement) dans votre vie, mais sachez que ce n'est pas évident), ou pour éventuellement vous faire part de mes lectures (raté, je suis sur le même roman depuis 18 jours, et je n'ai rien lu d'autre) (ah si, mais en fait, non), mais j'ai finalement décidé de fermer les rideaux quelques jours, afin de récupérer un peu d'énergie tant que c'est encore possible. Visuellement, à l'heure actuelle, je ressemble au gilet-serpillère que Thérèse offre à Pierre Mortez pour lui souhaiter un joyeux Noël (je vous laisse deviner tout seul d'où sort cette merveilleuse référence culturelle).
Pour ne pas vous laisser entièrement démunis, je vous invite à admirer le dessin qui orne ce billet; il est d'Agnès Brontë, c'est une petite douceur que j'ai découverte grâce à une amie.
Pour terminer, quelques plages musicales qui synthétisent un peu mon été; oui, il y a un intrus dedans, mais c'est plus fort que moi, j'ai mauvais goût, un point c'est tout.
J'aime énormément
 
Sia, que je n'ai découverte que récemment, tenez, je vous ajoute même sa reprise d'I go to sleep, qui sonne très joliment, non ?
Quant à
Michael Jackson, nous sommes deux à savoir pourquoi ce titre se trouve là, et cela me paraît bien suffisant.

A lundi prochain !

Posté par erzebeth à 19:26 - égocentrisme - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 31 juillet 2009

We need a holiday !

Afin de fêter avec vous l'arrivée officielle de mes vacances (et mon départ imminent, parce que je l'ai bien mérité), j'ai décidé de vous mettre à contribution, parce que certaines questions me turlupinent allègrement.
Mais évidemment, un billet n.u.l. ne le serait qu'à moitié sans une illustration, alors attention, accrochez-vous, voici le début de la fin de ce blog :

DSCN2881

Oui, Caro[line], c'est le clin d'œil qui t'est adressé. Quand j'ai parlé de cochon, tu as osé me défier de mettre des chatons sur mon blog. C'est fait.
(sachez que j'ai failli adopter le petit blanc puis, choquée d'avoir moi-même eu une telle idée, je l'ai abandonnée)
(maintenant, je me concentre sur le plus foncé)

Fermons la parenthèse animale, ouvrons-en une plus technique.
Je voulais savoir ce que vous pensez de ce blog. Pas du contenu (je ne sais que trop ce que j'y raconte d'inutile), mais plus du contenant, de la forme.
- En avez-vous marre de cette bannière toute triste ? (moi, pas)
- Préfèreriez-vous d'autres couleurs pour le fond du blog, pour l'écriture des billets ?
- Avez-vous envie que je cède à la nouvelle mode des tags ? (en sachant que si je m'y mettais, ce serait de manière sérieuse, parce que je ne pourrais jamais atteindre l'humour de Fashion ou de Mo)
- Aimeriez-vous plus d'images, moins d'images ? Plus de catégories (les miennes sont foireuses, certaines sont totalement abandonnées, j'en ai conscience) ?
- J'ai aussi un problème avec les commentaires; je les trouve mal faits chez Canalblog, parce qu'on identifie mal les réponses du bloggueur (moi, en l'occurrence), parce qu'on ne peut effectivement pas savoir par mail si j'ai répondu à votre petit passage... Est-ce que ça vous gêne ? Êtes-vous capable de surmonter cette petite déficience technique, ou c'est un peu pénible ?
- Voudriez-vous plus d'infos techniques dans les billets de lecture (par exemple, nombre de pages du roman, pourquoi pas l'ISBN (un détail qu'on ne retrouve que chez les bibliothécaires, ça me fait toujours sourire), ou, je ne sais pas, n'importe quoi d'autre) ?
Je vous écoute. Sur tout ça, et sur le reste. J'aimerais améliorer cette enveloppe blogguesque, mais je manque d'idée, et j'aime entendre les avis des autres.
Mais que deux choses soient claires :
- le nom du blog ne changera pas. Je tiens à rester n.u.l.l.e.
- je vous lirai avec grande attention, certes, mais je reste malgré tout maître des lieux, et si changements il y a, ils ne seront peut-être pas (totalement) conformes à vos désirs.

La parole est à vous !

Posté par erzebeth à 09:25 - égocentrisme - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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