lundi 18 août
A propos d'un certain pique-nique...

On m'a obligée à y aller. Je vous assure; on ne peut pas contredire certaines personnes surtout quand elles vous demandent ça en souriant, et en allongeant des arguments de choc.
Si tu ne viens pas, tu vas le regretter ta vie entière
Surtout que tu pourras rencontrer Lamousmé (pfff !)
Tu n'es pas obligée de parler à tout le monde
En plus, il y aura des bonbons !
N'en jetez plus, la coupe est pleine - et me voilà, pauvre petite travailleuse, à laisser en plan ma collègue préférée, dimanche midi, parce que j'étais trop pressée pour m'occuper des derniers clients avec elle (mais je culpabilise, n'ayez crainte).
C'est en sortant des vestiaires (dont je rêve qu'ils soient aérés un jour, mais je suis une fille exigeante, j'en conviens) que j'ai appris l'absence de Lamousmé, malade. Est-ce une bonne excuse pour ne pas venir rencontrer sa nounouillette préférée ? Allez, oui... mais j'ai été très déçue par cette nouvelle.
Je suis arrivée sur les lieux du pique-nique :
- sans appeler Caroline en larmes (je n'ai aucun sens de l'orientation, et j'ai osé partir sans plan de Paris. J'ai craint d'arriver après le départ de tous les convives).
- en repérant les bloggueurs de loin (c'était le seul grand groupe installé sur les jolies pelouses)
- avec un retard minime. C'est vrai, arriver avec deux heures de décalage, est-ce que ça compte ? Pure bagatelle !
J'ai décidé de ne rien raconter pour faire des jalouses (n'est-ce pas, Lamousmé, n'est-ce pas Cuné...), pour faire regretter aux vacancières de ne pas avoir pu être là (n'est-ce pas Amanda, Mo, Praline et les autres...), bref, pour que vous vous arrangiez afin d'être là, absolument, l'année prochaine.
Il y avait du chocolat, des livres et du soleil. Il y avait un nouveau-né qui a fait fureur (et on le comprend : le petit bonhomme de Tamara est vraiment irrésistible). Il y avait des cigarettes (attention, Fumer tue... ahah. Je ne pouvais pas passer à côté, désolée), du vin et des conversations très vivantes sur les hommes (la théorie de Fashion sur l'homme qui court est absolument hilarante, et terriblement juste), sur certains auteurs et certaines séries, sur des histoires de girafe et de macaques, sur les gens bizarres qui n'aiment pas le chocolat (on en avait deux specimen parmi nous - et l'une des deux a osé boire ensuite un café au chocolat blanc, voyez comme les bloggueuses peuvent être étranges !)
Quant aux rencontres en elles-mêmes, elles ont évidemment été nombreuses... puisque je ne connaissais "que" Fashion et Caro[line]. Il a fallu ce pique-nique parisien pour que je rencontre enfin une lectrice toulousaine (Yue Yin en l'occurrence. Who else ?). Amusant, non ?
Il y avait des bloggueurs-lecteurs, un blogueur-éditeur (qui, j'espère, ne m'en voudra pas si j'écris bientôt des billets sur les petites caissières... (!!)), une blogueuse-écrivain (qui nous a quittés dans l'après-midi pour aller écrire la suite du Cercle du Phénix, n'est-ce pas ?), un écrivain "tout court" qui a fait fureur sur les blogs dernièrement parce que sélectionné pour le prix Landerneau avec son roman Fume et tue (d'ailleurs, les filles, l'une d'entre vous va devoir se sacrifier pour me prêter son roman; à la bibliothèque, il ne peut être que consulté sur place... affligeant). Antoine Laurain est charmant, même s'il n'a jamais lu Jasper Fforde. Ceci dit, moi non plus.
Après le pique-nique, les quelques Happy few qui restaient ont migré vers un Starbucks (c'était un baptême pour beaucoup d'entre nous), où je me suis brûlée la langue avec un chocolat parfumé au caramel, mais ça valait bien le coup que je sacrifie un peu de ma personne pour boire dans un grand gobelet, comme dans les films américains (on a les rêves qu'on peut; j'en ai réalisé un et j'en suis fort fière). Et comme le Starbucks était (comme par hasard !) à quelques mètres de la célèbre librairie de Sam, nous ne pouvions pas faire l'impasse sur une petite visite... il s'y est passé des choses incroyables, que seule Caro[line] peut raconter, je crois.
(et pour celles qui ne connaissaient pas (on en a parlé chez Sam) : le blog de Maliki, un incontournable dans les blogs-bd ! Mais commencez par le début, ou vous allez vous perdre parmi les personnages...)
Ce billet part un peu dans tous les sens, mais ce n'est pas facile de parler de tout ça; pour exprimer les choses clairement, c'était une après-midi chaleureuse, amusante, surprenante, agréable; vraiment agréable. L'initiative de Caro[line] était excellente ! Merci de m'avoir convaincue de venir; je ne le regrette pas une seule seconde ! J'y étais, et c'était bien.
samedi 16 août
Martine au travail
(même si je ne m'appelle toujours pas Martine. Hé non.)
"Il y a du monde quand même, tu ne trouves pas ?"
"Je suis ravie que tu fasses cette réflexion parce que je me disais justement intérieurement qu'il y a du monde, quand même. Pas sûre d'avoir très envie d'y aller."
Ca a commencé comme ça; ça a continué avec une chemise blanche, taille 44. J'étais peu flattée, déjà que le costume est moche, si en plus il est trop grand, ça devient désespérant.
La cerise sur le gâteau, c'est le badge. J'aurais dû leur donner un faux prénom. Retrouver le mien sur un badge de supermarché relève de la torture pure et simple. Je souris malgré tout.
Il paraît que les caissières doivent sourire, je m'exécute.
Il y aurait probablement beaucoup de choses à dire sur le métier, sur le personnel du magasin et sur (bien entendu) les clients... Une vieille dame me le disait un jour : "Vous devez en apprendre beaucoup sur la nature humaine, derrière votre caisse".
Oui et non.
Je crois qu'on peut apprendre tout autant en observant les gens dans le métro, au restaurant, dans un centre de vacances ou dans une bibliothèque. Si on le veut, l'humain est un spectacle permanent.
Permanent et épuisant.
Bonjour Monsieur, vous avez la carte du magasin ?
Payer avec deux cartes bleues différentes, et une troisième partie en espèces ? C'est possible, bien sûr.
Vous n'auriez pas un peu de monnaie ?
J'aurais besoin d'une carte d'identité, s'il vous plaît.
Allez-y, Madame, vous pouvez taper votre code.
Merci.
Bonne journée.
Au revoir !
Une caissière, ça écoute. Qu'on lui parle directement, ou que les clients se parlent entre eux. On écoute aussi quand la personne est au téléphone, et se contrefiche de nous lancer le moindre regard. On écoute les cris des enfants (mais comment peuvent-ils être aussi mal élevés ?). On écoute le silence des clients qui écoutent leur musique. Il me paraît légèrement impoli de ne pas quitter ses écouteurs, mais peut-être est-ce vieux jeu de penser ça. J'ai le droit, je suis vieille.
Le métier n'est pas gratifiant. Il est aussi stressant et ennuyeux.
Ne riez pas - je vous assure que les premiers jours, on se demande comment on va gérer tout cet argent. On nous le donne, on le garde dans notre caisse, un responsable vient ramasser de temps en temps et gare à toi si le compte n'est pas juste. Le soir, le verdict tombe. La première fois que j'ai entendu "C'est parfait !", j'ai demandé à ce qu'on me répète ce compliment. Je n'en ai pas tellement l'habitude.
J'ai mis du temps à comprendre les règles du jeu. Nous étions heureusement quelques-unes à démarrer en même temps. A connaître les mêmes inquiétudes, les mêmes bafouilles. Ca rassure.
Je pourrais commencer par vous parler de ma formation, elle a été terriblement réjouissante.
Le premier jour (cela s'étalait sur trois jours), j'ai eu de la chance. Ma formatrice était une caissière adorable, qui m'expliquait clairement les choses quand j'en avais besoin. Les premiers pas derrière une caisse sont paralysants et, j'ose l'avouer, amusants.
On a toutes rêvé de jouer à la marchande, non ?
Au début, c'est rigolo de chercher les code-barres, de se rendre compte que la machine les lit, de voir que l'écran nous précise aussi combien il faut rendre.
Mais l'amusement cesse vite - à la moindre chose qui sort de l'ordinaire. Monsieur a des bons de réduction. Mademoiselle veut une facture. Ce code-barres ne passe pas. Oups, je me suis trompée dans ce que je devais taper, non ?
Le premier jour, la femme était vraiment gentille. Elle avait du vernis sophistiqué sur ses pieds (comprendre : en plus d'une couleur de fond, elle avait collé des petites étoiles. J'ai dit que c'était sophistiqué, pas de bon goût !). Le travail est vite épuisant. J'ai la gorge sèche, je ne rêve que de rentrer et de dormir; mais ça va. A peu près.
Le deuxième jour, on m'a mise avec une étudiante. Chouette, pourrait-on penser : quelqu'un d'à peu près mon âge (à quatre ans près... mon dieu, les amis, je suis vraiment vieille), qui sourit tout le temps, ça devrait bien se passer. Mais c'est l'étudiante la plus bavarde du monde. Je n'arrivais pas à suivre mes mouvements et sa conversation. Puis, comment peut-on parler aussi vite ? Il me fallait toujours quelques secondes de battement, pour me repasser ses phrases au ralenti. Mais j'ai continué à apprendre avec elle, et c'était l'essentiel.
Le troisième jour, ce fut une échatombe absolue. Maria a beau vivre en France depuis plus de quinze ans (du moins, elle est caissière depuis ce nombre d'années-là... comment fait-elle, oui, je me le demande aussi), je disais, elle a beau vivre ici depuis plus d'une décennie, elle parle excessivement mal le français. Allez comprendre l'accent yougoslave, vous... Une torture.
Elle parle mal aux clients - mais finalement, peu importe : ses paroles sont incompréhensibles, et les clients ne se rendent pas compte de ce qu'elle leur dit. Même quand elle leur demande la carte du magasin.
J'ai passé cinq heures atroces avec elle. Par chance (?), elle partait en vacances le lendemain. En partant, elle m'a "fait le bisou" (j'étais aux anges), en me disant "Peut-être que tu reviendras l'année prochaine".
Ou peut-être pas, tiens.
Le quatrième jour - et tous les autres qui ont suivi, on m'a laissée seule derrière la caisse.
Il y a eu des dérapages.
Des erreurs amusantes, d'autres moins (un jour, j'ai "égaré" 100 euros). Des embrouilles, des hésitations, des incertitudes. Des petites hontes, parfois. Du découragement (comment une fille nulle pourrait y parvenir ? et si elle n'y parvient pas, que va-t-elle faire de sa vie ?).
Il y a eu des nuits angoissées, des remarques du gentil responsable qui voulait m'aider et que je ne voulais pas décevoir; il y a eu des moments où je me suis dit que ce n'était pas un métier facile. Tout dépend, aussi, de l'emplacement du magasin (et donc de sa fréquentation) et de ses horaires d'ouverture. Mais, oui, ce n'est pas facile. Le rythme peut être soutenu, le travail éprouvant et peu flexible (vouloir faire pipi en dehors de la pause ? impossible). Il faut faire avec des clients pas toujours commodes, avec un fond sonore énervant (ah ! la musique dans les magasins...), avec divers aléas (nettoyer la sauce tomate qui explose justement à notre caisse, supporter les sautes d'humeur des collègues, gérer une rupture de stock de sachets, courir après le prix d'un article, savoir recadrer les esclandres des clients, etc...); c'est un travail qui demande de la patience, une bonne santé dorsale, un don inné pour sourire en permanence (mais ça, vous l'avez remarqué ? en caisse, c'est assez rare. Vous répéteriez cinq cent fois la même chose dans la journée, vous en auriez un peu marre aussi), une certaine anesthésie - oui, il faut être anesthésié pour supporter ce travail pendant deux, cinq, dix ans.
Et moi qui me plains pour un mois, rien qu'un mois...
Mais c'est long, un mois, derrière une caisse orange, dans des locaux peu réjouissants. Puis je suis mal assise, il n'y a pas de place pour mes longues jambes. Puis j'ai faim, et je n'ai pas le droit de manger. Puis j'ai besoin d'un vigil, et il n'arrive pas. Puis je n'ai pas envie de converser avec les autres caissières, mais il le faut ou on va me dire que je suis impolie. Puis ce client sent mauvais. Puis je me sens ridicule, avec cette chemise. Plus les jours passent, et plus je me sens moche. L'impression d'être moins que rien, dans ce costume. De quitter le monde normal des humains, pour rejoindre une dimension parallèle, celle des caissières. Je trouve que, derrière notre tapis roulant, on paraît un peu moins humain. Etrange sensation. Je deviens une entité qui affiche son prénom, et son sourire (ça aide à faire oublier les erreurs).
Il y aurait beaucoup de choses à dire, comme pour de nombreux métiers de toute façon. Pas sûre pour autant que ça vaille la peine d'en faire un livre. Mais j'y jetterai un oeil, avec plaisir, dès que septembre sera là.
J'ai bien des choses à vous raconter, j'espère le faire bientôt. Il serait dommage de s'en priver ! (il faut juste que j'écrive. Hum.)
En attendant, je vous souhaite une bonne journée Messieurs-dames, au revoir !
jeudi 14 août
L'heure est grave
Oui, il se passe de drôles de choses dans la vie.
Comme le fait que je porte chaque jour une chemise blanche, alors qu'il faudrait me payer pour porter cette couleur (ah, on me dit que je suis justement payée pour ça... faites comme si je n'avais rien dit, donc).
Comme le fait aussi que je prends parfois le métro, et qu'il peut y arriver que j'y lise quelque chose d'hilarant - Comment rater complètement sa vie en onze leçons (de Dominique Noguez). Juste avant de descendre, je lis un paragraphe intitulé "Rien à foutre des autres", où on trouve notamment ces phrases-là :
"Ne cherchez jamais à mieux connaître quelqu'un que vous ne connaissez pas. Si vous ne pouvez échapper au contact avec les autres, soyez renfrogné, grincheux, rogue, ronchonneur, râleur, voire asocial."
Je partais justement rencontrer Caro[line] et Fashion...
Non, je ne raconterai rien. Des choses graves se sont dites (Caroline et moi n'avons jamais vu le moindre Indiana Jones), des choses sérieuses (on milite toutes les trois pour les blogs à bannière), des choses culturelles (devinez qui de nous trois a lu l'intégrale de La petite maison dans la prairie ? et plusieurs fois, en plus !). Vous regrettez de ne pas avoir pu être là, et vous avez raison. C'était tellement bien que ça ne me dérangeait presque pas de partir travailler ensuite (comme si c'était un peu le prix à payer pour ces quelques heures fort agréables).
Puis, quand je suis rentrée, tard, fourbue, affamée, mal coiffée (...), j'ai fait la connaissance du nouvel amour de ma vie (non, je ne suis pas une matérialiste) : Humphrey.

Je vous sens jaloux pour la deuxième fois depuis le début de ce billet - et encore une fois, vous avez raison. Je ne suis pas sûre que ce soit là son nom définitif, donc vos conseils (judicieux) sont les bienvenus (même si je m'autorise à me moquer en cachette !). Humphrey va me changer la vie, Humphrey n'a aucune maladie d'écran (contrairement à son prédécesseur, qui a l'agonie longue et douloureuse), Humphrey est beau, Humphrey est grand, Humphrey est neuf et Humphrey is mine.
Toujours contrairement à son prédécesseur, Humphrey parvient à se connecter à Internet sans rechigner. C'est trop d'honneur et de bonheur pour moi. De fait, après avoir pris le temps de dormir (beaucoup) et travailler (trop), je pourrai venir lire vos blogs. Et, écrire sur le mien (je devrais lister tout ce que je dois vous raconter sur mon job d'été, j'ai peur d'oublier quelques perles). Bref, je vais pouvoir me connecter normalement, quand je veux, sans déranger qui que ce soit.
Entre ça (la connexion + surtout ce magnifique nouvel ordinateur), les belles rencontres et la saison 4 de Desperate Housewives, on pourrait presque croire que l'été est réussi.
Si je commence à être positive, où va-t-on ?
mercredi 13 août
Promenades - épisode 1 ?
Parmi les étapes incontournables de la capitale, il y a évidemment ceci :
(Vous la reconnaissez ?)
C'est à la fois fascinant et angoissant de voir la foule agglutinée à ses pieds, attendant sagement pour payer des sommes astronomiques et pouvoir dire ensuite "J'y suis monté".
Mais la Tour Eiffel reste remarquable, et sans cette horde de touristes, elle est même très jolie... - quoiqu'elle porte très mal les étoiles européennes. Une horreur. Si vous avez l'occasion, dans les cinq prochains mois, d'aller à la capitale, rendez quand même visite à la Tour, en pleine nuit, et allez l'admirer côté Champs-de-Mars - vous n'y verrez pas les étoiles, et son habit bleuté lui va à ravir.
D'autres pas m'ont menée au parc Monceaux, assez petit finalement mais follement agréable (du moins si on n'a rien contre les mauvaises odeurs et les couples amoureux. Je ne dis pas que les deux sont liés, mais les deux m'insupportent, et les deux se sentent visiblement chez eux dans les allées du parc).
De nombreux Parisiens poussent le vice à courir dans le grand cercle du parc, ce sont des fous; je ne comprends pas comment on peut se livrer à une pratique aussi barbare (bien que cela me fasse beaucoup rire. Je suis cruelle). Il y a quelques coins vraiment jolis :
Ces magnifiques photos sont agrandissables; profitez-en !
Et puis, c'est toujours bon d'observer les gens, qui en disent long sur eux rien qu'avec leur apparence. Une femme d'apparence bourgeoise lisait attentivement sur un banc, d'où elle avait vue sur les colonnes. En m'approchant, j'ai vu qu'elle était plongée dans un roman de Guillaume Musso; comme quoi, même les bourgeois peuvent avoir mauvais goût.
(Ceci est une plaisanterie; que personne ne vienne dans les commentaires dire que cet homme écrit de bons romans, ou qu'on a le droit d'aimer tout et n'importe quoi).
De loin, on aperçoit l'Arc de Triomphe, mais les jambes commencent à être douloureuses, et la fatigue est tenace.
La promenade a été agréable et amusante; qu'espérer de plus ? Une place assise dans le métro ?
Il y en a eu.
(PS : je n'ai dit nulle part que ce blog était un réceptacle de mots intéressants; je le précise afin qu'aucune plainte ne se fasse entendre).
mardi 05 août
Martine à Paris
Je ne m'appelle pas Martine; si j'évoque la célèbre petite fille dans le titre du billet, c'est parce que je pense qu'elle aurait l'air aussi gourde que moi si elle venait dans la capitale; les mots suivants le prouvent, je crois)
Je suis un tantinet absente depuis quelques jours (depuis le 30 juillet exactement), pour diverses raisons, notamment parce que mon ordinateur s'obstine à ne pas se connecter alors qu'il y arrive très bien en temps normal. Etant donné que, là où j'ai échoué pour le mois d'août, je suis la personne la mieux calée en informatique, je vous laisse imaginer l'ampleur des dégâts. Il va falloir que je me fasse à cette douloureuse réalité : oui, je suis crevée, et non, je ne peux pas rester longtemps connectée. Moins 20 points pour le moral. Et quand on sait quel niveau il atteignait déjà avant cette joyeuse nouvelle... non, je me tais. Le frisson qui me parcourt en dit déjà bien assez.
Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé un peu de temps pour écrire un billet inutile, et je saute évidemment sur l'occasion.
* * *
Dimanche et lundi, je me suis bien amusée (admirez ce magnifique jeu de mots, il m'a bien fallu quatre secondes pour y penser).
Comme tout le monde le sait (?), la plupart des musées de France ouvrent gratuitement leurs portes au public, le premier dimanche de chaque mois (avec des exceptions, comme toujours, ou ce ne serait pas bien amusant). Les collections permanentes sont donc ainsi accessibles librement - pour les expositions temporaires, ne rêvez pas, il faut payer.
Dimanche donc, nous avions la possibilité d'aller visiter un musée - un, pas plus (cette idée que les gens ont de travailler le dimanche...). Après moultes interrogations, nous avons décidé d'aller visiter le musée du Quai Branly.
Apparemment, d'autres gens avaient eu la même idée que nous, mais l'attente reste humaine (les panneaux annonçaient 2h d'attente (!), qui ont finalement été réduites à 20 minutes)
Comme chacun le sait (?), c'est le musée des arts premiers, regroupant des œuvres d'art africaines, asiatiques, océaniques et américaines. Sur le papier, ça avait presque l'air alléchant. Faire le tour du monde en une après-midi...
Mais, dès le début, on a senti qu'on n'allait pas être séduits. C'est inexplicable; les locaux sont moches, mal arrangés, et les collections sont, comment dire... probablement excessivement intéressantes, quand on s'y connaît un peu, ou quand on aime voir des masques de bois derrière une vitrine. Tout ceci est sans doute une question de culture - la nôtre n'était franchement pas réceptive à ce qui nous entourait, et j'irai même jusqu'à avouer qu'on a eu la moquerie facile.
C'est mal, je sais. Je culpabilise presque quand je vois que Praline a consacré un billet, tout récemment à ce musée.
Nous sommes de mauvais visiteurs.
Lundi, parce que je ne travaillais pas, parce que c'était le dernier jour pour cette exposition, et parce que je ne voulais pas la rater, je suis partie au musée Guimet visiter l'exposition consacrée à Hokusai, qu'on connaît essentiellement grâce à ceci :

La Vague
(accessoirement couverture de l'édition Actes-Sud/Babel d'Œdipe sur la route,
un roman d'Henry Bauchau dans lequel on retrouve cette thématique de la vague...)
Le musée ouvre à 10h, j'y étais à 10h35. Vous allez rire : je croyais qu'il n'y aurait personne. Je pensais que les gens travaillaient le lundi, que les Parisiens étaient en vacances et que les touristes n'étaient pas forcément informés (et puis, quand on vient une semaine à Paris, on va plutôt aux Champs-Elysées, non ?).
Une attende de 2h30 était annoncée. Vu la file et vu l'allure avec laquelle elle avançait, j'imaginais que leur pronostic paraissait juste. J'ai attendu quelques minutes - une demi-heure, en réalité. Je ne savais pas quoi faire. Renoncer ? Persévérer ?
J'ai horreur de renoncer. Surtout que c'était ma seule chance de voir cette Vague, et l'œuvre d'Hokusai. Je ne sais pas prendre de décisions; les gens autour semblaient décidés à attendre, coûte que coûte, bien que certains se plaignaient.
On avançait, tout doucement. Mais je suis partie. Leur pronostic n'était pas totalement juste, je pense que l'attente était plutôt d'1h30 à 2h. Mais je n'avais pas la patience de persévérer. Je savais que même si j'étais restée, j'aurais atteint les portes du musée avec un tel agacement que je n'aurais pas pu profiter pleinement de ce que j'aurais pu voir. Et puis, cette foule...
Je n'ai pas vu La Vague, je n'ai pas vu le reste. Praline, Mo (et d'autres, j'en suis sûre; mais ma mémoire est une flaque) m'avaient donné envie, je m'étais promis d'y aller. Une horrible déception, parce que la provinciale que je suis s'imaginait qu'en un claquement de doigts, elle obtiendrait ce qu'elle voudrait...
Laissez-moi rire !
En tout cas, j'en tire une leçon : je ne tenterai plus de musée cet été. J'espère voir deux maisons d'écrivains, mais je n'en ferai pas plus. Hors-saison, ce sera plus abordable.
Voilà donc où j'en suis...
Je n'ai pour l'instant aucune envie d'écrire des bêtises sur ce que je fais, donc il faut s'attendre à un avenir silencieux pour le blog; même si j'essaierai, de temps en temps, de livrer des billets hautement passionnants, comme celui-ci.
A bientôt !
mardi 29 juillet
En partance
Les Tournesols de Monet
Mon grand plaisir dans la vie est de me contredire sans arrêt. Ca permet de ne pas prendre de décision fixe, d'adapter mon point de vue selon les circonstances. Ne pas devoir trancher, voilà un bonheur délicieux.
C'est ainsi que j'ai horreur de l'été et que je déteste les vacances d'été. N'étant pas encore engagée dans la vie active, les vacances m'ont toujours paru trop longues. Que faire de ces deux mois de liberté ? Ca s'aggrave à l'université; la mienne nous offre plus de quatre mois et demi de congés. Une torture, quand on n'aime pas les vacances.
Et pourtant (voilà ma contradiction du jour), j'avais une envie folle de partir. Le fait de ne pas pouvoir a révélé des symptômes angoissants : même le bord de mer m'attirait (moi qui n'ai plus porté de maillot de bain depuis cinq ans), je rêvais de brûler au soleil (je suis pâle douze mois par an), j'avais envie de monoï, de barbecue, de repas pris sur la terrasse (j'ai horreur de manger dehors). Je rêvais de jouer les touristes, de partir, loin, d'oublier tout le reste et de faire tout ce que je ne fais jamais (et que je n'aime pas faire). Je n'ai pas pu, ce n'est pas grave, je commence à en avoir l'habitude.
J'ai essayé de compenser avec ces petits clichés qui font, à mes yeux, qu'un été est réussi. Enfant, qu'est-ce que j'aimais ?
Les cahiers de vacances. Je dévorais ça; mes parents craignaient presque de m'emmener avec eux quand ils partaient au supermarché. Je filais droit au rayon des cahiers de vacances (c'est facile : il était à l'entrée du magasin) et j'y restais tant qu'on ne m'autorisait pas à en avoir un. Je les faisais tous, chaque été; Passeport, Hachette, Nathan... j'essayais de me restreindre, de ne faire que quelques pages par jour, mais c'était plus fort que moi, j'adorais réviser le français, les maths, l'histoire. Venait toujours un moment où j'avais fait tous les cahiers disponibles sur le marché; c'était terrible. Ca l'a été encore plus quand j'ai commencé à grandir, et qu'il n'existait plus de cahiers de vacances à mon niveau. Il m'est même arrivé une année de demander à un enfant avec qui je passais quelques jours, de me prêter son cahier de vacances pour que je le fasse à sa place. Bien qu'il n'aimait pas ça, il n'a pas voulu me faire plaisir. Je déteste les enfants.
Il y avait d'autres petits bonheur, en été. Comme les fruits : abricots, pêches, pastèques... mais surtout, les melons. Essayez de trouver quelque chose de meilleur qu'un melon mûr, sucré, parfumé; ça n'existe pas. J'avais le droit de manger la moitié d'un melon, sans partager. Divin.
Un autre de mes petits péchés, légèrement plus calorique : la glace; mais pas n'importe laquelle ! La meilleure glace au monde, depuis des décennies et pour des millénaires encore, est la glace menthe, avec des copeaux de chocolat. Personne n'a le droit de me contredire sur ce point; ça relève presque de l'attachement sentimental. Entre cette glace et moi, c'est pour la vie. On mangeait des glaces, on dormait à la belle étoile. Oui, enfant, je trouvais encore quelques bienfaits à l'été.
Maintenant, j'essaie d'en protéger certains rituels. Un été sans cerises, sans melons, sans couchers très tardifs, sans tournesols et sans glace à la menthe n'est pas un véritable été.
J'ai mangé du melon (plusieurs fois). Je me suis couchée tard, jusqu'à en avoir mal à la tête. J'ai dégusté de la glace. J'ai admiré les champs de fleurs jaunes. Ca ressemble à un été presque réussi, non ?
Les vacances se terminent dans quelques heures. Même si je n'ai pas fini de m'en plaindre, c'est mieux comme ça. J'aurai au moins l'impression de faire quelque chose. Comme je ne suis pas partie en vacances, je me suis arrangée (en fait non, c'est presque dû au hasard) pour aller travailler ailleurs. Aux portes d'une ville où les gens partent en vacances. Comme ça, quand j'aurai du temps libre, je me mettrai dans la peau d'une touriste. Et si vous êtes sages, je vous en ferai profiter de temps en temps, en essayant de vous rendre jaloux (évidemment).
Dans les prochains jours, je vous servirai quelques billets écrits d'avance. Quand la petite réserve se videra, j'aviserai. Le mois d'août est assez chargé, et ce blog ne fait pas partie de mes priorités; je risque donc de me taire assez rapidement. En attendant, bel été à vous !
vendredi 18 juillet
Mes essentiels
Yspaddaden a profité de mon absence non remarquée (car j'avais pensé à tout, avec ces billets cinématographiques programmés à l'avance) pour me taguer. J'ai horreur de ce mot, mais en revanche j'aime beaucoup parler de moi, alors pourquoi m'en priver quand on me le demande si gentiment ?
Aujourd'hui, il faut répondre à ceci :
Je ne suis rien sans...
... eh bien ce n'est pas facile. J'ai eu quelques jours pour réfléchir à cette question existentielle, mais ça ne m'a pas aidée pour autant. Qu'est-ce qui m'est indispensable ?
Internet, assurément. Les quatre mois et demi que j'ai passés dernièrement à me battre pour enfin installer une connexion chez moi en sont la preuve : pendant cette longue attente, j'ai tellement déprimé que je faisais du point de croix pour m'occuper. Une terrible épreuve.
Je ne sors jamais sans un miroir de poche, une lime à ongles, un labello (le classique, bien sûr. Les autres ne valent rien) et cette bague où mon prénom est gravé en arabe, un cadeau qu'on m'a ramené de Tunisie.
Tout ceci démontre mon caractère matérialiste, mais je serais de toute façon de mauvaise foi si je tentais de le nier...
Je ne suis rien sans des aliments caloriques à proximité : bonbons, biscuits, glaces, bonbons (je les cite deux fois car j'ai vendu mon âme à ces sucreries alors que je ne savais même pas encore parler)... Je ne sais pas résister à l'appel de la calorie, pour mon plus grand désarroi.
Je ne suis rien sans quelques P.R.M. en réserve, ce que je vous traduis immédiatement : Petits Remonte-Moral. Qu'ils aient la forme de films, livres, pots de caramel au beurre salé ou autre, les P.R.M. sont indispensables en cas d'urgence. Ils ne guérissent pas tout, mais ils ont un pouvoir consolateur non négligeable.
Si vous attendez de moi que j'écrive la fameuse phrase "je ne suis rien sans un livre", la voici donc (et tant pis pour le manque absolu d'originalité) : je crois que je ne suis rien sans un livre. Ce sont des compagnons infaillibles; j'aime avoir un livre à portée de main, c'est rassurant.
La liste est loin d'être exhaustive bien entendu, je pourrais ajouter que je ne suis rien sans quelques personnes, sans certains espoirs et sans mes inquiétudes (ne plus m'alarmer pour tout et son contraire, quelle horreur !), je ne suis rien sans éclats de rire et sans mes souvenirs, oui, je pourrais ajouter ces choses-là et bien d'autres, mais il faut bien que ce billet se termine...
Caro[line], ça t'intéresserait de répondre ?
(je ne le propose qu'à une personne, je ne sais pas bien qui a déjà répondu ou non...)
jeudi 17 juillet
La lecture de ce billet peut provoquer un sentiment de jalousie
C'est le cœur léger que j'ai quitté ma ville vendredi dernier, du moins aussi léger qu'il puisse l'être dans une telle situation : je m'étais levée avant 6h (ce qui n'augure jamais rien de bon) et j'avais l'impression de partir à l'abattoir (ne cherchez pas). Finalement, on se rend compte que la légèreté était toute relative mais enfin, je me consolais un peu en me rappelant qu'à mon retour, je trouverai normalement un courrier de Fashion.
Et, devinez ?
A mon retour, j'ai trouvé un courrier de Fashion. Elle tenait à me remercier d'avoir monopolisé son blog pendant tout un week-end et d'avoir par la même occasion gagné le fameux Jeu de la PAL qu'elle avait organisé...
C'est ainsi que je devins la fière propriétaire de ces petites merveilles :
A savoir :
- une jolie carte théinée (j'ai oublié de photographier l'enveloppe; tant pis pour vous, parce qu'elle était jolie aussi)
- un marque-page tellement classe qu'il est glissé dans une pochette plastique
- deux petits carnets irrésistibles que je ne quitte plus même s'ils sont trop-jolis-pour-écrire-dedans (horreur, malheur : j'ai quand même déjà "inauguré" le Carnet de Bonnes Idées, mais je rassure tout le monde, je n'y ai écrit que des pensées hautement culturelles)
Il y avait aussi ceci :
Un magnet Magritte, parce que mon frigo le vaut bien.
J'ai une chance inouïe, nous sommes bien d'accord. Dans un élan de spontanéité, j'ai failli ajouter que vous pourriez vous aussi recevoir de si jolis paquets si vous jouiez chez Fashion, mais malheureusement, si je participe, vous avez peu de chance de gagner. Triste, hein ?
Je ferai tout mon possible, la prochaine fois, pour qu'une autre personne soit gâtée (remarquez que je ne promets rien). Mais, en attendant : merci Fashion !!
samedi 05 juillet
Bouleversification
Il s'est passé des choses folles, cette semaine, vraiment folles (et je ne parle pas seulement de l'actualité), ces folies ont atteint leur paroxysme hier, et j'étais trop fébrile, inquiète, soulagée pour écrire quoi que ce soit pour ces pages, alors il n'y aura pas de billet, ni aujourd'hui, ni demain, je prends l'air, je ne lis plus de toute façon, ça y est, je prends peur, des envies de pleurer et de rire en même temps, c'est très curieux, et pourtant rien n'est fait, mon dieu, rien n'est fait. Alors, ce week-end, je suis ailleurs, une petite boule dans le ventre, tout se mélange, chut, il ne faut pas que j'y pense, non, il ne faut pas y penser. Retour à la normale lundi, promis. En attendant, je vous laisse avec une petite chanson, histoire de, pas le temps de trouver quelque chose qui conviendrait mieux, alors...
Alors, à bientôt.
Découvrez Frou Frou!
vendredi 13 juin
Lire (def): reconnaître les signes graphiques d'une langue
Parce que je sais lire, et parce que j'ose inconsciemment m'en vanter dans ces pages, Praline a eu l'extrême amabilité de me proposer un questionnaire qui concerne... la lecture.
A priori, ça ne devrait pas me déranger; j'aime raconter des choses inutiles sur moi, c'est l'une de mes grandes passions dans la vie (d'ailleurs, savez-vous que mon premier poisson rouge s'appelait Bidule, et que j'ai toujours un miroir dans mon sac ?), seulement je trouve que ce questionnaire (qui a fait le tour complet de la blogosphère) manque cruellement d'originalité et d'intérêt. Mes lectures, mes affinités, on les devine en partie dans mes billets, non ?
Mais comme je suis occupée ces jours-ci, ça m'arrangeait plutôt bien de ne pas avoir à réfléchir trop longtemps sur un billet. Donc...
Où et quand ?
Mais pourquoi cette question est écrite aussi méchamment, j'ai l'impression d'être interrogée par la police, ça ne sonnait donc pas élégamment de dire "Où et quand lis-je" ?
(effectivement, ce n'est pas joli; mais plus correct. La correction serait-elle donc moche ?)
(vous voyez, les questionnaires sont mauvais pour ma santé)
Excusez-moi; je reprends. Enfin, je prends, tout simplement, parce qu'on ne peut pas dire que ça ait déjà réellement commencé.
Je lis peu à l'extérieur de chez moi, si ce n'est dans le train, au cinéma si j'arrive un peu tôt, à la fac, ou quand je passe quelques jours ailleurs. Je ne suis pas une lectrice de métro, tout simplement parce que j'ai la chance d'avoir des trajets très courts, et que je n'aime pas lire seulement cinq-six pages et devoir refermer le livre. Pourtant, j'ai pratiquement toujours un livre avec moi - au cas où.
Mon grand rêve est de lire au "travail" (je suis vacataire en bibliothèque) mais je ne peux pas sortir mon livre sans me sentir coupable, même s'il n'y a rien à faire.
Quand est-ce que je lis ? Eh bien, quand j'en ai envie. Curieux, non ? Ça peut être pendant les repas, n'importe quand dans la journée, dans le bain (j'adore. Mais je n'ai pas de baignoire) et le soir, évidemment, calée dans mon lit...
Comment je choisis mes lectures ?
De mille façons; je suis essentiellement mes propres conseils et ceux qu'on me prodigue directement. Si un ami me dit qu'il aime Raymond Queneau, j'essaierai d'en savoir plus sur ce goût-là, et ça peut me donner envie de relire cet auteur. J'aime aussi m'inspirer des auteurs "fétiches" des autres. Parce que les coups de cœur, on connaît, c'est sincère sur le moment, mais perdurent-ils ? J'aime les livres qui laissent des marques, longtemps. Les coups de cœur réitérés pour un auteur. Par exemple, Cuné aime Pat Conroy et son enthousiasme répété me donne envie de lire Pat Conroy.
Je choisis mes lectures en fonction de ce que j'ai pu lire/entendre sur tel auteur, que ce soit dans les blogs ou dans mon entourage... Je choisis en flânant dans les rayons de bibliothèques - parce que oui, c'est un fait : je n'achète pratiquement pas de livres. Du coup, je ne vois pas l'intérêt de traîner en librairie, alors je le fais en bibliothèque. Là, il n'y a pas de frustration, pas de restriction budgétaire : tous les livres me sont accessibles. Un paradis, que les bibliothèques.
« ... il y a les tapis blancs, il y a la bibliothèque, et tous ces livres que je regarde, tous ces livres dans lesquels j’aimerais disparaître pour oublier ce que je suis. » [Nina Bouraoui, Mes mauvaises pensées]
Quels styles de lecture ?
On continue dans les questions nominales, si j'ai bien compris...
Je ne sais pas répondre; il faut regarder un peu dans l'index de mes lectures. Je crois que j'aime essentiellement la littérature des XIXe et XXe siècles. Les "classiques" ne me font pas peur, et heureusement sinon je n'aurais pas fait les bonnes études. J'ai une préférence très nette pour les romans, mais j'essaie de ne pas me cloisonner, d'être curieuse de tout, enfin, j'aimerais... J'ai l'impression d'avoir appris à lire hier, j'ai toujours énormément de difficultés à définir mes goûts. Je n'ai pas encore assez lu pour répondre.
- et je suis curieuse de tous les genres, aussi, que la littérature soit "blanche" ou "noire", polar, fantasy, que l'auteur soit étranger ou français, mort ou vivant...
Ce que j'attends de mes lectures
Mes attentes changent à chaque livre que j'ouvre. Ce que j'attends, finalement, est que le livre m'apporte quelque chose, toujours, même si ce n'est pas ce à quoi je m'attendais.
« Les livres ont ce pouvoir d’annuler le monde, d’étouffer les cris ; ce sont des livres-murailles, il y a plusieurs façons de quitter la vie, les livres sont de cette drogue. » [Nina Bouraoui, Mes mauvaises pensées]
Mes petites manies
Chaque soir, je compte mes livres pour être sûre qu'ils sont encore tous là, et je les classe par dégradés de couleurs.
Non mais vraiment...
J'avoue, j'ai bien une petite manie. Il faudrait que vous voyiez ma mère en train de m'imiter, c'est excessivement drôle : je suis maniaque du dos des livres. Mais vraiment maniaque. Il ne faut surtout pas qu'il y ait la moindre pliure sur le dos (ce qui devient très difficile quand le livre est épais, mais j'ai de l'entraînement). A la fin, le livre a l'air aussi neuf qu'un livre neuf.
Je me rends bien compte que c'est un peu bête, mais... enfin ! il y a quand même des livres que j'ai abîmés, mais je l'ai toujours fait avec mon propre consentement. Un exemple ? Mon Ragoût du septuagénaire (ah, Bukowski...) a un peu vécu, et j'aime ça (voyez comme la femme est un être paradoxal et incompréhensible).
Voilà, je pense, ma seule manie. Après, j'ai des pratiques spécifiques, mais ça ne me semble pas être des manies au sens strict du terme : oui, j'écris dans mes livres (parfois même au stylo ! tenez, dans mon Bukowski, justement...), je corne les pages si je n'ai pas de crayon à proximité et que je veux retenir un passage, et... je crois que c'est tout.
Au pire, si j'oublie quelque chose, je pourrai toujours le rajouter dans le prochain questionnaire qui circulera...
Mo, accepterais-tu de répondre ? Tu m'as dit cette semaine que c'était bien d'être curieux, alors...







