lundi 03 décembre
Un coup d'oeil sur le reste du monde
Il arrive qu'on se promène dans les rayons d'un magasin, et qu'on ait le coup de foudre absolu pour ce qui se présente à notre regard. C'est ainsi que je suis devenue propriétaire des deux plus belles tasses du monde, mais ce n'est absolument le sujet de mon billet du jour; je voulais plutôt parler d'un autre coup de cœur absolu que j'ai eu, devant une carte postale.
Sur le panneau que je regardais, les couleurs étaient chaudes, les dessins soignés; il fallait prendre le temps de s'arrêter sur chacune des cartes pour vraiment les différencier. Et, il y en a une qui s'est merveilleusement détachée du lot :

(pardon pour l'angle en biais - mais cette carte brille, et il a fallu jongler pour ne pas qu'elle soit défigurée par le flash)
Il y a quelque chose qui m'attirait terriblement dans ce dessin; cette femme, sublime, présente et à la fois semblant attendre autre chose... Puis j'ai lu le titre du tableau originel : La réponse est dans les fleurs.
Moi qui ne fais que ça (attendre une réponse), j'ai décidé d'y voir un signe : cette carte, ce dessin, ce titre, m'étaient destinés (un peu prétentieuse, l'acheteuse de cartes postales, je suis bien d'accord avec vous).
Tout ça m'a donné envie de me renseigner un peu sur l'artiste aux couleurs chaudes (ce qui n'est pas toujours le cas, comme je l'ai découvert par la suite).
Elle s'appelle Delphine Cossais, et son travail est sublime du début à la fin.
"J’estime faire de la peinture comme on mène un combat, avec acharnement." a-t-elle expliqué, il y a quelques années de cela. Son parcours est celui d'une autodidacte; elle a bien fait un an aux Beaux-Arts mais, frustrée de ne pas y trouver l'enseignement technique qu'elle espérait, elle abandonne et se forme elle-même.
Une de ses grandes sources d'inspiration est Frida Kahlo, qu'on connaît bien mieux en France depuis qu'un film lui a été consacré (Frida, de Julie Taymor avec Salma Hayek dans le rôle-titre). Cette information m'a encore plus conquise, étant admiratrice du travail torturé de Frida Kahlo...
Mais ici, rien de "douloureux" ! De ce que j'ai pu apercevoir des œuvres de Delphine Cossais, son art me paraît plus léger, beaucoup moins tourné vers la souffrance... Peindre est absolument vital pour la jeune artiste (je vous laisse compter : elle a eu 18 ans en 1990). Longtemps obligée de concilier travail diurne (faut bien vivre...), vie de famille et travaux de peinture, elle décide en 2002 de se consacrer entièrement à la peinture, abandonnant alors son job de vendeuse (mais elle n'a pas abandonné au passage sa famille, je le précise au cas où pour ceux qui s'en inquiéteraient).
Ce besoin de peindre est constant chez Delphine Cossais, elle ne ressent pas de lassitude; elle s'enferme dans son minuscule atelier, 8 à 10 heures par jour, et ce chaque jour de la semaine.
Elle expose régulièrement dans sa région (qui est la Loire-Atlantique si je ne m'abuse).
Pour finir, je voudrais citer Delphine Cossais, qui cite elle-même un homme dont elle a oublié le nom : « Il n’y a qu’une seule cause valable de se battre sur terre, celle de se battre pour réaliser ses rêves … » C'est peut-être bateau, mais en tout cas ça lui a plutôt bien réussi.
Je tiens mes quelques informations du site de la Galerie Jamault
Si vous voulez admirer d'autres œuvres de Delphine Cossais (vous auriez vraiment tort de vous en priver), faites un tour sur son blog, où elle montre des toiles sublimes.
Et soyez attentifs la prochaine fois que vous irez dans une carterie...
vendredi 14 septembre
C'est tout pour aujourd'hui !
Normalement, si j'avais été moins fainéante, une double critique de livres aurait dû être mise en ligne aujourd'hui; seulement, comme Benjamin Biolay, "A mesure que le temps passe, je mesure le temps qui passe" et j'en oublie de prendre le temps d'écrire quelques mots. Pas de livre aujourd'hui, donc; j'aurais pu me rabattre sur des anecdotes de ma vie fantastique, mais je ne suis pas assez inconsciente pour encore me laisser aller, de fait cette hypothèse est aussi écartée. Mais que faire, que dire ? (est-ce que je mime correctement l'angoisse, ou je ne suis pas encore très crédible ?)
J'ai en tout cas trouvé une réponse : laisser les autres parler de nous (/moi). C'est là qu'interviennent les Shadoks. Alors, pourquoi eux plus que d'autres, honnêtement, ça ne vous regarde pas (surtout que je n'ai pas la réponse) et puis, argument irréfutable : les Shadoks, c'est bien. La preuve en images :

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Voilà qu'en toute innocence, j'ai pu parler de moi; le troisième dessin est un hommage à mon travail actuel, qui me pétrifie d'ennui.
Tout ça, c'est bien beau, mais ça manque de mouvement, alors histoire d'être un peu plus précise, je ne résiste pas à l'envie d'inclure le premier épisode de la série (à l'origine, la vidéo était intégrée dans le billet, ce n'est visiblement plus possible, toutes mes confuses)
Celui qui arrive à le regarder sans sourire une seule fois n'a pas de coeur (j'ai cherché une véritable menace, en vain comme vous avez pu le remarquer. Je suis très nulle en menaces, je promets de rapidement progresser).
dimanche 05 août
Une petite pensée
Parce que le hasard, cette chimère, m'a menée hier sur les traces de la beauté fragile qu'était Marilyn, je me suis mise à penser à elle, et à cette nuit dont elle est restée prisonnière.
J'ai découvert un étrange site, très inégal dans son contenu, mais certains portraits m'ont tellement plu que je les dépose ici, comme une pensée mélancolique.
jeudi 19 juillet
Sans lever la main -
Comme tout le monde, il y a des peintres que je n'aime pas (je fais un concours de lieux communs, et je gagne à chaque billet). Le premier qui me vient à l'esprit est Picasso. Mon oeil n'est sans doute pas assez exercé pour "capter" ses oeuvres. Même son physique m'est antipathique (ce qui est stupide). Pourtant, il sera question de lui dans ce billet, de lui et de quelques-unes de ses oeuvres, que j'ai découvertes par hasard. Ici, pas de peinture, pas de visages tordus dans tous les sens.
Pablo Picasso s'est exercé aux dessins en un trait. Sans lever son crayon (- stylo - pinceau...) du papier, il dessine des hommes, des animaux... Il joue et son amusement se répercute sur celui qui regarde, observe... voire, s'émerveille.

Arlequin et Arlequin avec bâton, (1918)
"Dans chaque enfant, il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant."

Cheval et dompteur-jongleur, (1920)
"Un tableau ne vit que par celui qui le regarde."

Coq, (1918) et Têtes de taureaux, (1956)
"J'ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant."
"Si l'on sait exactement ce qu'on va faire, à quoi bon le faire ?"

Croquis au crayon pour "Mercure", (1924)
- les dessins et citations sont extraits de Picasso en un trait, éditions Palette, 2004
lundi 25 juin
(découverte)
Pour être aussi belle, sûre que c'est une fée.
Morgane est une poupée créée par Héloïse, je les ai rencontrées hier, au détour d'un sentier ombragé. Il y a une telle candeur, une telle pureté, dans le regard de Morgane, que j'ai succombé dès que je l'ai aperçue. On l'imagine volontiers belle et intelligente. Grâcieuse. Je pourrais passer des heures à l'observer. Son visage à la fois enfantin et profond recèle des secrets, c'est évident. Sa créatrice, Héloïse, a dû murmurer quelques douceurs à son oreille. Il ne peut pas en être autrement - des murmures qui l'ont rendue idéale et vivante, elle, l'enfant de résine.
Elle enivre, cette petite fée, elle nous emmène, loin de nos vies nauséabondes, elle tourne sur elle-même et sa robe s'envole, elle éclate d'un petit rire cristallin. Morgane doit boire le thé l'après-midi, et faire une révérence devant les gens importants. Cette Morgane est un rêve en soi.
mercredi 23 mai
Troublant ?
Allez savoir comment, je suis tombée sur ce site et notamment sur une galerie de tableaux, tous retouchés pour laisser entrer en leur sein quelques fantômes... Cette réécriture picturale m'a interpellée :
Ce fantôme marque l'absence. Mais cette absence est-elle dûe à une perte, ou a-t-elle toujours été présente (oui, j'ai conscience de ce que je viens d'écrire) ? Cette femme accoudée à la fenêtre pourrait être le fantôme d'une soeur disparue trop tôt, ou d'une amie. Elle reviendrait l'après-midi, veillant à ce que tout aille bien pour cette jeune fille désormais seule. Son regard est protecteur. Pourtant, quand on observe attention la robe blanche, les tournesols, on se dit que cette jeune fille occupée ne porte pas de souvenirs endeuillés - et le fantôme, tout à coup, devient celui d'une amie imaginaire, qui l'accompagne, lui tient compagnie, l'aide à combler la solitude de ces longues heures qu'elle passe, seule...
Le tableau original est de George Leslie Dunlop :
Le regard bienveillant de la robe bleue est toujours présent. Est-ce elle qui a amené les fleurs à son amie qu'elle visite ?
Je ne peux m'empêcher de vous faire part d'un second tableau fantômatique :
Le créateur de cette transformation a intitulé son tableau "Lost love", mais je ne serais pas aussi catégorique que lui. La demoiselle vient-elle de perdre celui qu'elle aimait ? Son calme, sa tenue colorée, le rose sur ses joues n'abondent pas dans ce sens. Mais le fantôme est troublant; qui est-il ? L'homme qu'elle aime secrètement, et qu'elle imagine à ses pieds (si seulement elle osait lui parler !) ? Une figure d'ange, pour la guider dans sa quête amoureuse ? Elle ne le regarde pas. Elle imagine réellement sa présence, ne lève même pas les yeux vers cette forme qu'elle a créée. Le savoir près d'elle lui suffit. Lui, en revanche, l'observe attentivement.
J'ignore de qui est ce tableau (si quelqu'un le (re)connaît...); en voici une reproduction :
Cela brouille toutes mes hypothèses farfelues. J'aimerais savoir ce qu'ils se disent (est-il responsable du rougissement de la demoiselle ?), ce qu'ils pensent. Savoir pourquoi il est assis sur le sol, et non à la même hauteur que la jeune fille. Est-il amoureux, est-ce un frère protecteur, un ami ? Le paysage semble superbe, derrière eux; ils ne s'en émeuvent pas. Ils se tourneront peut-être vers lui dans quelques instants, mais, en attendant, l'enjeu entre eux n'appelle pas à la diversion. Si je connaissais seulement le titre original, il serait déjà un indice, un outil de compréhension...
Si vous avez envie de rencontrer d'autres fantômes, c'est ici ou là.
C'est parfois "juste" beau; mais souvent énigmatique. Cette transparence apporte une réelle profondeur aux tableaux et aux histoires qu'ils racontent.












