N.u.l.l.e.

Nouvel Univers Lunatique et Lacunaire d'Erzébeth

lundi 28 mai 2007

The end has no end

L'amour aux temps du choléra
de Gabriel Garcia Marquez (1985)
traduit de l'espagnol par Annie Morvan

Prenez un grand auteur vivant et accessoirement prix Nobel, ajoutez l'un de ses romans les plus connus que vous lisez attentivement alors que le vent gronde dehors et que la pluie s'écrase avec force sur vos fenêtres, et vous obtenez ainsi une fille bien embêtée au moment d'écrire quelques mots sur ce qu'elle vient de lire.
D'accord, je sors la même rengaine chaque fois, mais chaque fois je me dis qu'elle est justifiée pour ce livre précis, et que j'ai bien le droit de me plaindre quand même, de toute façon, je me plains et j'écris quand même donc vous, ne vous plaignez pas, ce n'est pas comme ce billet cinématographique que je dois écrire depuis dix jours et que j'écrirai au moment où je m'y attendrai le moins.
Bref, L'amour aux temps du choléra.

sur_un_banc
David Broglin

Tomber amoureux, ça ne se commande pas. Florentino ne s'y attendait certainement pas, mais voilà, quand il croise Fermina, c'est le coup de foudre. Ils sont jeunes, il est pauvre, elle est la fille d'un homme aux revenus douteux, ils s'écrivent, ils se croisent, ils se frôlent et Fermina en épouse un autre. La raison a ses raisons que le coeur ne connaît pas (j'ai totalement honte de ce que je viens d'écrire, je viens de toucher le fond. Pardon au si divertissant Pascal). Fermina passera sa vie aux côtés de Juvenal Urbino, un médecin réputé et respecté de leur petite ville.
Puis, un jour (c'est en fait par là que le roman commence), à la suite d'un drame, certains de ces protagonistes se souviennent. Ils sont vieux maintenant, ils ont plus de soixante-dix ans, mais ils ne sont pas éteints pour autant. Alors Gabriel Garcia Marquez embarque le lecteur vers ce passé de cinquante années où ces différentes figures (et bien d'autres !) se sont croisées, dans ce cadre des Caraïbes, jusqu'aux années 1930.

Alors bien sûr, quand on écrit comme Garcia Marquez, on peut se permettre de mettre l'action au second plan pour privilégier, peaufiner, faire étinceler un style littéraire à en faire pleurer bon nombre d'écrivains que l'on peut trouver actuellement dans les librairies. Non, nous ne citerons personne. Tout le charme du roman vient de ces phrases exotiques, drôles, émouvantes, captivantes, lentes ou étonnantes... L'auteur passe du graveleux au romantique, des sentiments à la matérialité du corps (le portrait des trois protagonistes, vieux, est saisissant de réalisme, et tellement touchant !), du rêve au quotidien perméable aux embêtements.
C'est un roman d'amour, et un roman de choléra à sa façon, en cela le pluriel du titre, "aux temps du choléra" est habilement trouvé mais je ne dirai rien là-dessus.
Ce livre, même s'il retrace plus de cinquante ans de vie, est très contemplatif, et cette langueur, renforcée par le style très travaillé du romancier, fait que l'adhésion au texte n'est assurément pas gagné. C'est beau mais je peux comprendre qu'on trouve ça ennuyeux. Pour ma part, j'ai dégusté mes instants de lecture, consciente d'avoir un livre fort agréable dans les mains, mais je ne sais pas encore ce que je vais en tirer. Des souvenirs forts ? L'image finale ? Tout ? Rien ? Je ne le saurai que dans quelques semaines, dans quelques mois; de fait, je me garderais bien de parler de "chef-d'oeuvre" comme tant d'autres. J'attends.
D'ici là, je regarde passer les navires au drapeau jaune qui naviguent sur le fleuve...

« Il était encore trop jeune pour savoir que la mémoire du cœur efface les mauvais souvenirs et embellit les bons, et que c’est grâce à cet artifice que l’on parvient à accepter le passé. »

Posté par erzebeth à 23:28 - lecture - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    dès tes premiers mots...tu auras compris que je n'ai pas lu!!!! mais là j'ai quand même un peu honte!! ;o)

    Posté par lamousmé, mercredi 30 mai 2007 à 11:03
  • Ah non, faut pas avoir honte !!! C'est un ressenti interdit sur ces pages, tu ne le savais pas ?
    Ce livre, même s'il est très beau, n'est pas indispensable, crois-moi !

    Posté par erzébeth, mercredi 30 mai 2007 à 17:13

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